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Le triomphe de la vérité

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Gigantesque marche sur la préfecture de l’Atlantique-Littoral: Plus de 5.000 travailleurs réclament la tête de Placide Azandé


100_7778Enseignants, travailleurs des Ministères, membres de la société civile, conducteurs de taxi-moto, élèves et étudiants des départements de l’Atlantique-Littoral, de l’Ouémé-Plateau, du Mono-Couffo et du Zou étaient, hier mardi, dans les rues de Cotonou pour réclamer la démission du préfet des départements de l’Atlantique-Littoral, Placide Azandé. Il sonnait environs 10 heures 15 minutes quand les travailleurs conduits par les secrétaires généraux de la Cosi-Bénin, la Csa-Bénin, la Cgtb, la Cstb, la Cspib et la Fesyntra-finances ont pris le départ de la Bourse du travail. A l’entrée, une horde de forces de l’ordre, policiers et gendarmes confondus étaient en place pour l’encadrement. La marche « pacifique » a effectivement démarré. Vuvuzélas, branchages et pancartes en mains, la foule a pris la direction du carrefour Saint Michel scandant et chantant des  propos hostiles au régime et au préfet Azandé. On pouvait entendre « Yayi héééloué ! Yayi héééloué ! Azandé héééloué ! Azandé héééloué ! Azandé démission ! Azandé démission ! Tu as tué l’école béninoise !». Au carrefour Unafrica, il était environs 10h 27 mn, les décibels montent de plus bel. L’effectif augmente avec d’autres militants. On danse, on marche et on crie. Au carrefour Saint Michel, la tension reste la même. Ça crie dans tous les sens. Les manifestants chantent déjà la victoire. « On a maintenu notre liberté chèrement acquise », commente Laurent Mètongnon de la Fesyntra-Finances. Après une bonne trentaine de minutes de marche, les manifestants arrivent au carrefour Steinmetz, à la descente du passage supérieur. Il sonnait 10h 57mn. La foule impressionne les travailleurs qui sont restés dans leurs bureaux. Ils ont choisi vivre l’événement par les fenêtres. D’aucuns agitent depuis leurs bureaux la main en signe de félicitation à leurs camarades et collègues. Dans les yeux, on lit la joie. Le secrétaire général de Csa-Bénin, Dieudonné Lokossou déclare : « nous vivons la marche de 1989 ».

 Azandé absent, les travailleurs laissent leur message

C’est exactement à 11 h que la foule échoue à la préfecture de l’Atlantique-Littoral. Mais, une autre équipe de forces de sécurité empêche l’entrée dans l’enceinte de la préfecture. L’heure sera à une animation. Les travailleurs réclament le préfet en personne. L’hymne national intervient pour exprimer le caractère patriotique et pacifique de la marche. Quelques minutes après, une délégation se présente conduite par le chef service de la tutelle, Delphin Tokpon qui informe que le préfet est hors du département. Le secrétaire général de la Csa-Bénin, Dieudonné Lokossou l’annonce aux manifestants. Les travailleurs protestent. « On veut Placide Azandé ou on passe la journée ici », hurlent les manifestants. La tension monte. Les secrétaires généraux se concertent. Enfin, il est décidé de lire la motion. C’est Laurent Mètongnon qui est désigné pour le faire. Au nom de tous les travailleurs, le secrétaire général de la Fesyntra-Finances condamne la surdité, l’insensibilité, la désinvolture du préfet face aux cris de cœur et de détresse des populations, des élèves, des étudiants, des parents d’élèves, de la diaspora pour n’avoir pas démissionné depuis lors. En fustigeant  les dérives dont ils ont fait preuve face aux libertés démocratiques ainsi que la violation des droits de l’homme, les travailleurs exigent la démission sans délai du préfet, ainsi que de ‘’son bras exécutant’’, le commissaire central de la ville de Cotonou, Pierre Agossadou. Dans le cas contraire, ils les portent responsables des déconvenues de cette grève qui, selon eux, ruine l’administration publique béninoise. En réalité, cette marche fait suite à celle du 27 décembre 2013 réprimée par les forces de l’ordre, aujourd’hui, source de la paralysie de l’administration publique depuis le 07 janvier 2014.

Emmanuel GBETO

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