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Le triomphe de la vérité

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Wabi GOMEZ, ex-coach des Ecureuils au siège de l’événement précis: « Le football béninois est malade des tares de ses responsables »


100_5210Une fois n’est pas coutume. Votre rubrique tant adulée est allée pêcher un gros poisson du football béninois. Il s’agit du technicien Wabi Gomez. C’est lui jusque-là, le seul sélectionneur national à avoir qualifié les Ecureuils du Bénin pour une Coupe d’Afrique des nations de football. Il est rentré désormais dans le cercle très fermé des entraineurs africains à le faire. Malgré cette belle performance avec la 2ème qualification du pays à cette messe continentale, le propriétaire de cette réussite n’a pas été récompensé. Il a été traité de tous les mots aussi bien dans les médias que par le public sportif béninois et les membres de la fédération béninoise de football. En tout et pour toute récompense, sa femme a eu la jambe amputée et lui-même est désormais plongé dans une vie misérable. Pourtant, il garde toujours son sang-froid et croit que la justice divine va l’emporter et va le réhabiliter un jour avant sa mort. Nous sommes allés le dénicher à Atrokpocodji dans l’arrondissement de Godomey où il vit actuellement avec son épouse malade depuis qu’il est revenu de sa dernière expérience au Gabon. Ici, il parle à cœur ouvert des manœuvres d’Anjorin Moucharafou,  de sa vie d’entraineur en équipe nationale et en clubs sans oublier sa vie familiale. Il dit tout sans détours ! Lisez plutôt, c’est passionnant. 

Et si on en parlait

Trois ans de crise à la Fbf

Je ne pourrai pas m’attarder sur les détails. Je vais seulement vous dire que j’étais entre temps au Togo, depuis la déception que j’ai connue, la grande frustration que j’ai connue par rapport à la gestion des Ecureuils. J’étais allé refaire ma santé au Togo grâce au président de la fédération togolaise de football que vous connaissez tous, M. Gabriel Améyi. Quand j’entendis par la presse internationale RFI et AFRICA 24 que le comité exécutif de la Fédération avec à sa tête Moucharafou Anjorin , se séparait de Denis Goavec et me confiait à nouveau les rênes de la sélection nationale, soutenant que j’étais le seul technicien béninois capable de qualifier le Bénin puisque l’ayant déjà fait auparavant. J’étais surpris de l’entendre de la part d’un homme qui avait toujours clamé le contraire. L’imbroglio qui existait alors m’a poussé à nouveau à repartir au Togo. J’étais très loin de tout ce qui se passait. Je reviens là, du GABON, ça fait juste deux semaines, et je peux vous dire que je suis quelque part heureux que cette crise ait connu une fin heureuse grâce à la diligence de Madame la ministre des sports et à certaines autorités de bonne volonté qui tiennent à revoir le football, qui tiennent à voir la jeunesse renouer avec le ballon. C’est tout ce que je peux dire. J’apprécie  l’équipe qui est en place et je voudrais qu’elle fasse un gros, gros effort puisque la perfection n’est pas de ce monde. Que tout ce que nous avons vu et entendu au temps du président Anjorin Moucharaf, les manœuvres déstabilisatrices visant à fragiliser la cohésion nationale autour de notre football ne soit plus de mise. Heureusement, aujourd’hui, il y a encore des Béninois qui font confiance aux entraineurs locaux dans un élan de solidarité et qui veulent que le pays avance en football. Dans tous les cas, la tolérance et l’indulgence deviennent des vertus indispensables pour tous les Béninois dont le seul langage commun est le ballon. Pour me résumer, il est vrai que je nourris des sentiments de frustration, d’amertume, de manque de considération et de mépris. Mais je crois encore au développement du football de notre cher pays. Comme disait Albert Einstein : ‘’ N’essayez pas de devenir un homme qui a du succès, essayez de devenir un homme qui a de la valeur’’. C’est vous dire que pendant tout mon parcours comme technicien du football, j’ai toujours donné  le meilleur de moi-même.

Augustin Ahouanvoébla resté tout le temps dans l’équipe d’Anjorin

Tout d’abord, je le félicite pour son élection à la tête de la F.B.F. C’est un monsieur pour qui j’ai beaucoup d’admiration pour son ouverture d’esprit. Personnellement, je pense qu’il est, vu le contexte actuel, l’homme de la situation, premièrement parce qu’il connait bien le milieu et secundo parce qu’il a une vision pour changer et booster le football béninois. Bien vrai, il a côtoyé longtemps Anjorin. Mais, ne dit-on pas que de deux maux, il faut choisir le moindre ? J’ironiserais en disant qu’entre le choléra et la peste, il vaut mieux le choléra. Je reste prudent et sceptique. Car le milieu du football béninois regorge d’intrigues et de beaucoup de vendeurs d’illusions ce qui m’amène à penser qu’on n’est peut-être pas au bout de nos surprises. Comme le disent les anglais : ‘’wait and see ‘’.

Comment les choses se sont passées au Togo

C‘est  une longue histoire. Qu’il vous souvienne, quand le ministre Montcho avait voulu donc de l’expertise locale, d’un staff local, il avait choisi Codjo Edmée que vous connaissez très bien et que je salue au passage. Il était le principal entraineur. J’étais son adjoint. M. Anjorin ne semblait  donc pas épouser ce choix. Juste après les deux premiers matches qu’on a faits à Lomé et à Cotonou où les Ecureuils ont respectivement perdu 2-1 face au TOGO et gagné 2-0 face à la Sierra Léone, il a mis tellement de pression sur Edmée au point où ce dernier a cédé et a démissionné. Or, Anjorin le faisait sciemment pour faire venir un blanc qu’on appelait Didier Notheaux qui devait arriver. Car pour lui, aucun entraineur béninois digne du nom ne pouvait qualifier l’équipe à une phase finale de CAN ; il n’y avait donc que le Blanc pour gérer le football béninois. Conscient de ma longue expérience  accumulée en Côte-D’ivoire et au Gabon avant de rentrer au Bénin, j’ai dit face to face à Anjorin, la main sur le cœur, que j’étais capable moi, Wabi Gomez, de relever ce challenge en qualifiant le Bénin pour sa seconde phase finale de CAN. Et j’étais vraiment prêt à le faire. Il n’avait pas cru à la chose, ce jour-là, à l’hôtel du port où il avait logé Notheaux. C’est ainsi que j’ai pris mes responsabilités avec le collège d’entraineurs que le ministre Théophile Montcho avait mis à l’époque en place, composé de Fortuné Glèlè qui était mon adjoint, de deux anciens dont feu Luc Olivier, Ana Charles comme conseillers et  Ekoué Moise qui était donc notre directeur technique. C’est avec ce collège que je me suis mis au travail et le jour où nous devions aller jouer contre le Mali, Anjorin qui a préféré être commissaire au match au Nigéria laissant ses joueurs orphelins, disait tout bas à qui voulait bien l’entendre que cette équipe-là,  ce staff-là,  reviendrait avec un score de 7-O. J’ai  appelé,  par exemple, Gabriel Afouda qui sur son plateau du samedi [à l’ORTB], veille de match, relayait ce genre de commentaires démoralisant, alors même que nous n’étions pas encore partis de Cotonou. Imaginez un peu dans quel état moral se trouveraient les joueurs. Mais, Dieu merci, avec la prise de conscience collective de mes poulains devant l’enjeu, on a fait un bon match. On devrait revenir avec un score de 1 but à zéro si l’arbitre Ivoirien n’avait pas joué sa partition en permettant à l’équipe malienne de revenir au score à 1-1. Je crois que c’était un bon début qui nous a mis en confiance et on a continué la lutte jusqu’en Sierra Léone où on a qualifié l’équipe grâce à la détermination des joueurs et en particulier d’Oumar TCHOMOGO qui, en bon capitaine, a mené sa troupe au succès.

Grâce à un staff béninois

Bien sûr, nous avons qualifié l’équipe grâce à un staff béninois mais pas avec le concours d’Anjorin. Je le dis parce que tout le temps, nous étions confrontés à des manœuvres déstabilisatrices de sa part. Il organisait une campagne médiatique pour fragiliser le groupe. Tenez-vous bien, les exemples, sont légions, parmi tant d’autres. Je me souviens du scénario qu’il a monté avant la rencontre décisive face au TOGO. Je puis vous dire qu’à trois heures de ce match-là, Anjorin a créé une situation pas du tout gaie par rapport au tee-shirt Mtn que les joueurs devaient porter pour l’échauffement  et comme ce n’était pas des enfants, il y avait Chrysostome, Chitou Rachad, Tchomogo Oumar lui-même, qui s’en étaient plaints en lui disant :« Mais, président, tu nous demandes de porter les tee-shirt Mtn, contre quoi, tu as pris combien ?  Sinon, nous n’allons pas nous échauffer avec les tee-shirts ». Donc, ça a créé tout un désordre à l’Hôtel Alédjo où nous étions à l’époque. J’ai dit à Anjorin que je vais parler aux journalistes et que je vais dire tout haut au président de la république que si nous perdions le match, il en serait le responsable. Il s’est mis sur les deux genoux pour me demander pardon et c’est ainsi que j’ai aplani cette situation. On a joué, et on a remporté de fort belle manière la victoire 4 à 1.

Le Bénin se qualifie et on vous remplace

Même au-delà de ça, après ce match, on devrait aller en Sierra Léone. Mais avant, les Togolais y avaient connu un point noir avec leur avion où ils ont perdu même un ministre. Donc, avant d’aller, chacun avait cette peur et il était dit que si on partait et qu’on jouait, aussitôt le match fini, on devait rentrer. Alors, avec le ministre Galiou Soglo, Anjorin avait trouvé un autre alibi afin  de mobiliser l’avion ; ce qui n’a pas été du goût des joueurs et du staff. Sous prétexte que le président de la république devait nous recevoir en grande pompe, on a mis notre retour au lundi alors que le match s’était joué le vendredi. Moi, j’ai dit, au nom des joueurs, que nous n’avions pas convenu de ça. Il était question juste d’aller jouer et de revenir. Je l’ai dit simplement  parce qu’en tant que meneur d’hommes, je me devais de dire tout haut ce que mes joueurs pensaient tout bas. Chacun de nous avait sa famille et leurs plaintes se justifiaient aisément. Le ministre et Anjorin avaient traduit ça comme de l’insubordination et ont commencé par me déclarer la guerre. Les foudres de leur colère me sont tombés dessus. J’étais devenu persona non grata et pour illustrer mon propos, lorsque nous sommes rentrés le lundi, si vous avez bon souvenir, à la réception, on a donné à mes joueurs chacun cinq millions et moi on m’a donné trois millions rien que pour me manifester le mépris qu’ils avaient à mon encontre.

Dites-nous, est-ce que c’est à cause de ça que Fabisch avait été sollicité ?
En partie, je peux répondre par l’affirmative, vu que mes employeurs ne tenaient plus compte de mes résultats sportifs mais qu’ils avaient juste envie de régler des comptes avec moi. C’est pour moi la seule vraie raison qui explique tous ces acharnements. Il fallait donc me trouver un remplaçant sous des prétextes fallacieux. Peut-être qu’à l’époque vous n’avez pas suivi toute l’histoire. Avant Fabisch, le Ministre Galiou Soglo comme Anjorin en son temps avait en projet de recruter un expatrié pour conduire l’équipe au Ghana. La fédération béninoise toujours avec la méchanceté que manifestait Anjorin à mon égard, est partie à la présidence rencontrer le  président Boni Yayi pour lui dire qu’au Ghana, il y avait Claude le Roy et que pour le Bénin, il fallait aussi un entraineur expatrié. Celui qu’on avait choisi à  l’époque, c’était Philippe Omar Troussier qui, selon certaines indiscrétions, avait de très bonnes relations avec le Ministre. Ils sont allés faire cette proposition  au président de la république qui, avec discernement, s’était opposé catégoriquement. Il est important de rappeler que le sorcier blanc, comme on le surnomme, devait coûter la bagatelle de cent millions de francs CFA pour trois mois d’exercice. Le président de la république n’avait pas donné sa caution à cette injustice. C’est le lieu, pour moi, de lui renouveler mes sincères remerciements et ma gratitude. Suite à cet échec, aussitôt sorti de cet entretien, si je m’en rappelle bien c’était un samedi le ministre Soglo m’appelle et me dit : « M. Gomez, je souhaiterais vous rencontrer le lundi dans mon cabinet parce que vous l’auriez appris par les médias, on a demandé un entraineur expatrié. C’est Anjorin qui m’a appelé lorsque j’étais en France afin de prendre contact avec Troussier ».  Il disait : « Vous êtes un digne fils du Bénin, vous avez réalisé l’exploit de qualifier le pays. Donc, il n’y a pas de raison que je me comporte négativement vis-à-vis de vous, et j’aurais appris que votre femme a eu un accident jusqu’au point où on l’a amputée. Je ne trouverais aucun inconvénient à faire en sorte que votre épouse reçoive des soins de qualité en Allemagne. Ce qui vous permettra, vous aussi, de bénéficier d’un stage de renforcement sur place là-bas. » J’ai répondu : « monsieur le ministre, j’ai compris » et je lui ai traduit mes sincères remerciements. Car, il faut avouer que cette démarche louable du ministre m’avait agréablement surpris. Mais comme je vous l’avais dit auparavant, j’étais sceptique à cause des diverses tractations qui visaient à ne pas laisser le staff local aller au bout.  Pour preuve, quelques jours après, avec la béninoiserie, le Ministère et les membres de la Fédé ont annoncé à notre grand étonnement le recrutement de feu Reinhardt Fabisch. A son arrivée, ils (Anjorin et le ministre) s’attendaient à ce que Fabisch vienne avec son staff ce qui aurait entrainé mon éviction pure et simple du staff des Ecureuils. A leur grande surprise, le technicien allemand leur a dit ceci avec honnêteté et humilité: « Je n’ai jamais qualifié une équipe, j’ai fait le Zimbabwe, et quelques pays. Je n’ai jamais qualifié une équipe et si ce monsieur a pu qualifier les Ecureuils, je lui dois respect et je garde le staff en présence à mes côtés pour la suite des débats ». Donc, c’est ainsi que nous sommes devenus amis, Fabischet moi.

Les promesses du ministre

Non, mes doutes se sont avérés justifiés. Car cette proposition   du Ministre ne s’est jamais réalisée. Et pourtant, selon l’article 9 du  contrat que j’ai signé avec le ministère de la jeunesse et des sports,  il était convenu que si un des membres de ma famille tombait malade, il devait bénéficier d’une prise en charge. Mais à ce niveau, rien n’a été fait et j’ai été donc seul à faire face aux problèmes de ma femme jusqu’à ce jour, je suis seul à gérer son cas.

Le problème de la femme  

C’était à la veille de notre premier match où on devait aller au Togo, le  jeudi 31 Aout 2006. J’étais donc à Kouhounou en plein échauffement avec les Gaspoz et autres puisque, Edmée étant le titulaire, je devais conduire l’échauffement avant de lui céder la place. Alors à l’époque, j’étais à Yagbé à Akpakpa. Je ne sais pas si vous connaissez un certain Aliou à la fédération ? Il est actuellement au ministère de la jeunesse et des sports. C’est lui qui a senti l’accident depuis le siège de la FBF qui se trouvait à Akpakpa. C’était un camion et ma femme, elle, était sur taxi moto. Elle était allée acheter de la pâte dentifrice,  et c’est là que l’accident s’est produit. Il avait mon numéro et il m’a appelé pour m’informer. C’est ainsi que discrètement, j’ai dit à Edmé, de m’excuser, que j’ai une urgence. Je suis allé à l’hôpital avec le kiné Gahito, où les docteurs étaient déjà avec elle. Elle leur avait dit qu’elle est la femme du coach. Ils ont commencé par lui donner les premiers soins. Je ne pouvais pas aussi la laisser seule. Donc, j’ai remis de l’argent à mes enfants, en particulier, à ma grande fille qui était au chevet de sa mère et je suis parti avec les joueurs au Togo répondre de notre mission parce que le drapeau béninois pour moi, est un symbole, une fierté. Il ne fallait pas que je rate d’aller comme un soldat jouer  mon rôle. Donc, quand je suis revenu, aucun membre de la fédération n’est venu me voir pour me soutenir et me remonter le moral. Il n’y avait que mes joueurs et les autres membres du staff qui ont manifesté leur compassion et pour cela je leur dis merci ! Si mes souvenirs sont bons, c’est peut-être l’honorable Ahouanvoébla seul qui est venu me voir à l’hôpital et m’a dit : « Coach, ne t’inquiète pas, on va veiller sur elle ». Mais rien n’a été fait jusqu’à ce jour. Donc, je suis seul face à mes ennuis.

Un procès pour non respect des textes ou dénoncer le contrat

Il s’est passé beaucoup de choses. Moi-même, personnellement, j’ai été déçu de la gestion qui a été faite de ma personne par le ministre Galiou, Eloi Amoussou et Anjorin. J’ai même une lettre de Champéga Laurent que j’ai gardée par rapport à l’indignation qu’il a ressentie en écoutant leurs déclarations sur RFI. Sincèrement, les Béninois, nous sommes méchants et ça, il faut que je vous le dise. On joue aux hypocrites quand on vous voit, mais en réalité, ce qu’on veut faire de vous, c’est qu’on peut vous éliminer à cause de l’argent. Donc, le ministre Galiou, avec toute l’assurance qu’il m’avait donnée à l’époque avec son ami Amoussou son assistant, tous ont fait le jeu pour que quelque part, on me mette de côté par rapport à la gestion qui devait se faire au Ghana. Quel crime avions-nous commis ? Que nous reprochaient-ils ? Autant de questions qui nous taraudent jusqu’aujourd’hui l’esprit. Plus loin après le fiasco de la CAN et après la démission de feu Reinhardt FABISCH, je devais renouer avec le poste de sélectionneur national. Mais, à la surprise générale, le ministre Galiou nomme le technicien belge Patrick Aussems, directeur technique national alors qu’il quittait le CIFAS. Ce dernier initie un voyage de prise de contact avec les joueurs béninois professionnels et pond un rapport qui visait toujours à empêcher le duo Wabi GOMEZ et Fortuné GLELE de gérer les éliminatoires jumelées de  la CAN Angola 2010 et du mondial sud-africain. Pris par le temps et devant parer au plus pressé, la fédération m’adresse une correspondance le 13 mai 2008 m’invitant à produire dans les plus brefs délais la liste des joueurs susceptibles de faire le voyage en Angola en  attendant le recrutement d’un entraineur expatrié. Suite à cette note de service de la F.B.F, j’ai introduit un recours gracieux le 20 Mai au Ministre par rapport à certaines doléances. Et c’est en réponse à ce recours que le 29 mai, le ministère m’adressa une note me signifiant qu’il ne pouvait répondre favorablement à ma demande vu que mon contrat arrivait à terme le 31 mai. Entre temps, à l’issue d’une réunion entre les deux institutions, le même ministère m’adresse une note de service le 27 mai pour me notifier que je dois conduire l’équipe avec Fortuné Glèlè sous la supervision du DTN Aussems en attendant l’aboutissement de la procédure de nomination d’un entraineur principal. Entre autres, je vous informe que j’ai postulé et que mon dossier a été validé par la commission qui avait proposé au ministère le 02 Juin 2008 les trois meilleurs dossiers sur dix-huit au total, dans l’ordre suivant :
1°) AAD DE MOS
2°) WABI GOMEZ
3°) MICHEL DUSSUYER
Mais, au finish, c’est Dussuyer qui sera retenu  bien qu’il soit classé après le Hollandais et moi. Dans cette confusion, j’ai assumé, à la demande de mes supérieurs hiérarchiques les matches contre l’Angola le 30 Mai puis contre l’Ouganda le 8 Juin avant de passer le témoin à Michel Dussuyer. Encore une déception de plus ! Heureusement que les joueurs qui étaient indignés du traitement qu’on m’infligeait depuis un certain temps ont voulu me témoigner toute leur solidarité et affection en m’offrant une fin en apothéose 4 buts à 1 devant l’Ouganda avec la manière.

Il y a des matches que les Béninois retiennent. Vous meniez face à l’Egypte ici 3-0, et vous vous êtes fait rattraper 3-3. Qu’est-ce qui s’est passé ce jour-là?
Là encore, c’est une longue histoire. Nous étions dans la poule de la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Soudan, la Lybie.  Lorsqu’on a fait le premier match contre le Cameroun, c’était Atturquayefio qui avait l’équipe. On est revenu, on nous a battus et qu’est-ce que les gens ont dit ? Défaite honorable. Par la suite, contre le Soudan, nous faisons 1-1 ici. Atturquayefio a senti venir la menace. Et c’est Anjorin lui-même, nous étions encore à l’hôtel de la Plage, qui l’a fait partir sur la pointe des pieds. Et nous nous sommes donc retrouvés orphelins, et joueurs et moi-même qui n’avais pas encore l’aval de la fédération pour conduire le match contre l’Egypte. Atturquayefio est allé au Ghana. Ce n’est pas loin. Il reviendra, il ne reviendra pas ? On a passé une semaine dans ce doute-là. Et c’est le mardi qui suit qu’on me dit « Prends tes responsabilités, vous allez jouer contre l’Egypte ». Et vous savez très bien que l’Egypte avait été battue par la Côte d’Ivoire à domicile. Donc, c’était une équipe revancharde qui était arrivée à Cotonou. Nous, dans l’impréparation, on a essayé avec les éléments qu’on avait à l’époque,  de faire ce résultat qui réjouirait tous les Béninois. Mais on a oublié que l’Egypte est d’un autre calibre. L’Egypte est et sera toujours une équipe redoutée et redoutable. Ce n’était pas n’importe qui, qui jouait contre l’Egypte ! Quand Ahmed Hassan est entré à 3-1, j’ai vu que la physionomie du match a changé. Et par inexpérience et manque de condition physique les Béninois n’ont pas pu conserver leur avance. Le côté gauche par où les gens passaient pour donner des centres, c’était un certain Sagbo Adomè, un joueur des Dragons… Le gardien qu’on avait à l’époque, Maxime Agueh, n’avait pas su lui aussi gérer le match, parce que chaque fois qu’il prenait le ballon il était tellement pressé qu’il relançait, alors qu’on pouvait glaner quelques minutes ou quelques secondes. Malheureusement, c’est arrivé à 3-3. Mais, pendant que les Béninois étaient ici mécontents, moi je les comprends aisément. Je n’étais pas offusquée du fait qu’ils étaient mécontents, parce que quand on va au stade, c’est pour gagner. Mais à côté de ça, les Ivoiriens, les Gabonais, les Camerounais, et même les journalistes de RFI, tous ont dit que le Bénin avait réalisé un exploit. Si vous aviez écouté Rfi, les gens ont salué ce résultat que nous avons fait. Donc, je pense que c’est un match qui en fait m’a mis sur orbite. J’aurais été plus encensé si on avait fait 3-1 ou 3-0. Malheureusement, c’est 3-3. Il faut aussi ajouter que le football béninois est malade des tares de ses responsables à cause des improvisations. Le plus important, c’est qu’on ait pu rivaliser avec une équipe d’un  tel calibre sur le plan africain et au moins on a gagné un point.

Et le match Sierra-Léone – Bénin, 0-2. Est-ce qu’il n’ y a pas eu un peu de négociation ?
Ici ou là-bas ?
Là-bas.
Ça, c’est peut-être encore les manœuvres d’Anjorin. Les joueurs sont là, ils ne sont pas encore morts, ils vous diront qu’ils ont mouillé franchement le maillot parce que les dirigeants d’alors avaient cette manie de prendre toujours la mallette, soit disant qu’on va travailler les arbitres pour qu’ils nous facilitent les débats.

C’est vrai, vous avez les preuves ?
Je vous dis que c’était ça, à l’époque. Dire que le ministère donne peut-être vingt (20) millions, on va voir l’arbitre, on connaît le trio arbitral… Honnêtement, tout ça, c’est pour me discréditer. Tout ça c’est pour dire que les entraîneurs locaux ne faisaient rien. C’est eux qui achetaient les arbitres. Parfois, il arrivait même, avant qu’on parte de l’hôtel, qu’on nous dise « vous aurez un pénalty ». Et pourtant tous les buts inscrits durant les éliminatoires ont été sur des actions de jeu même pas un seul pénalty.

Vous avez des exemples ?
Ce que j’ai connu pendant que j’étais en exercice, c’est ce que je vous raconte.

Et vous avez eu des penalties ?
Aucun ! Aucun pénalty. Reprenez un peu le film de tous les matches qu’on a gérés et vous verrez que les joueurs ont correctement mouillé le maillot. Ils ont joué, ils ont mis le cœur pour faire en sorte qu’on se qualifie

Un salaire de  500.000 francs et salaire…
Ça ne s’est pas amélioré. C’est pour ça que j’ai introduit un recours gracieux auprès du ministre Galiou à l’époque, pour lui demander de revoir tout cela. Parce que c’est quand j’étais adjoint à Atturquayefio qu’on me payait 500.000. Et lorsqu’on m’a titularisé entraîneur principal, on devait donc rehausser, revoir la chose. Et c’est pourquoi, j’ai à l’époque demandé qu’on me paie deux (02) millions de francs CFA. Ça c’est un minimum, parce que lorsque vous prenez les entraineurs expatriés qui viennent d’ailleurs, le moins payé, c’est dix (10) millions de francs CFA par mois. Ils ont la voiture, le domicile, les frais de mission, le téléphone, ils ont tout !

Et vous, vous n’aviez rien de tout cela ?
Absolument rien ! Je faisais tout sur zémidjan. Je partais d’Atrokpocodji pour le stade de Kouhounou. Dieu merci, Pépéripé est un témoin privilégié, puisque lui-même le décriait tout le temps. Ni le ministère, ni la fédération, personne ne s’est penché sur la question.

Le traitement qui est réservé aux entraîneurs locaux
Pour moi, l’explication est toute simple. Vous savez, j’ai fait treize (13) ans en Côte d’Ivoire et je peux vous dire que le seul entraîneur à avoir gagné la coupe malgré ces ‘’sorciers blancs’’, c’est Yéo Martial et tout près de nous chez notre voisin le grand Nigeria KESHI a aussi réussi un grand coup. Yéo Martial est un collègue, nous nous connaissons bien, nous nous respectons. Entraîneurs blancs, entraîneurs africains, nous avons le même destin. C’est un complexe, un manque de confiance  pour nos frères africains. Lorsque vous ne voulez pas travailler dans la transparence et que vous naviguez à vue, ou vous recherchez une victoire du genre l’arbre qui cache la forêt par snobisme vous engagez un Blanc pour justifier vos folles dépenses au lieu de travailler sur la durée. Sans vouloir croire que j’ai la science infuse, j’affirme qu’il faut prendre des décisions claires et faire des choix objectifs. Entraineurs blancs, entraineurs africains nous avons le même destin !

Sinon en termes de résultats…
En termes de résultats, moi j’ai joué contre Troussier à Abidjan. J’avais le Stade d’Abidjan, s’il vous plaît ! Et ça, je pense que Mouf Liadi n’est pas encore mort, il est vivant et vous pourrez lui poser la question. Les Buffles du Borgou étaient venus entre temps, je crois pour la coupe UFOA. Ils étaient venus jouer contre l’ASEC MIMOSA d’Abidjan, et celui qui les avait accompagnés en tant que communicateur, c’était Mouf Liadi. Moi, j’étais au Stade d’Abidjan. Après l’ASEC, l’AFRICA, vous avez le Stade d’Abidjan. Et c’est le Chancelier Koffi Gado qui était la cinquième personnalité de la Côte d’Ivoire qui était mon président d’honneur. On s’asseyait, on faisait des réunions. Le président actif section football était le bâtonnier Me Mondon. Les Ivoiriens me connaissent en tant que Béninois au service de la jeunesse ivoirienne. Lorsque les Buffles étaient arrivés pour jouer contre l’ASEC, la fibre patriotique a fait que je suis allé vers les Buffles, juste pour leur prodiguer quelques conseils. Ce que les policiers n’ont pas apprécié. Ils m’ont arraché mon passeport ce jour-là et ils m’ont envoyé dans la cabine des journalistes. Heureusement que le ministre Fologo était à côté. C’est lui qui a dit « ne créez pas d’incident diplomatique, remettez le passeport de M. Gomez ». Et immédiatement, Boubakar Kanté qui suivait la scène, criait « le coach du Stade d’Abidjan a des ennuis ! ». C’est alors que le vieux Gado m’a dit « rentre chez toi, qu’est-ce que tu vas chercher ? Même si ce sont tes frères, qu’est-ce que tu vas chercher à côté ? Rentre chez toi ». Et Troussier et les siens m’ont dit, si jamais nous partons au Bénin et nous ne sommes pas qualifiés, au retour on te fait la peau. Parce qu’on devait jouer un match de championnat en retard contre l’ASEC. Je crois qu’ils ont fait 0-0 contre le Borgou le dimanche, ils ont été donc qualifiés, parce qu’ils avaient battu le Borgou 1-0 à Abidjan. Et le mercredi où je jouais contre eux, j’ai gagné l’Asec 3-2 avec les Ben Salah, les Didier Otokoré que j’avais à l’époque comme joueurs.

Comment avez-vous quitté le Bénin ?
Je jouais à l’époque à l’ASO de Porto-Novo. Je jouais avec les Bello Nourou, Chidikofan Valère, paix à son âme, Gnonlonfoun Simon, les frères Tronnou, Damien et Cosme, Mimi, AnaniVictor , Adechokan Marouf , Tchètchè Emmanuel,etc… J’avais aussi à l’époque Quenum Etienne qui a fait ses études de médecine au Sénégal. Il arrivait juste pour jouer et le lendemain il repartait. J’avais donc ce groupe-là et j’ai joué à l’Aso de Porto-Novo. On avait comme entraîneur un Blanc, à l’époque, un certain Guy Fabre… Très tôt, je me suis mis à son école. Et comme j’enseignais à l’époque à Louis Hounkarin de Porto-Novo, j’étais enseignant d’EPS, j’avais commencé très tôt à regrouper les jeunes. J’ai regroupé des jeunes dont les Gangbo Lavenir, Adjagba Michel aujourd’hui DAF à la SONAPRA ; je ne sais pas si vous connaissez ces jeunes-là. Je faisais un peu de formation déjà avec les Gbaguidi Daniel. A Djassin, je prenais quelques bons noyaux, les Abass Inoussa, il est aujourd’hui entraineur des Dragons  de l’Ouémé, Adjovi Pamphile qui est encore au Gabon. Je les entretenais déjà les matins avant qu’ils n’aillent au cours. Les témoins que j’avais étaient M. Kouyami François, ministre des sports et le ministre de l’éducation de l’époque, Vincent Guézodjè qui venaient tous les matins jouer au basketball. Ce sont ces deux grandes figures qui m’encourageaient en disant, « Wabi, vraiment c’est bien ce que tu fais. Tu es en train d’assurer la relève pour le football béninois. » Donc, je faisais ça de manière bénévole. J’avais combien comme salaire, 35.000 à Hounkanrin. Je ne connaissais pas les histoires de femmes. Les meilleurs amis que j’avais n’étaient rien que ces enfants-là qui logeaient chez moi, que je nourrissais et qui jouaient au football. Donc, pour moi, c’était déjà un plaisir. Donc, c’est ainsi que, chemin faisant, en 1972 quand l’ASSO de Porto Novo a été championne, nous avons été jouer contre DYTO où on nous a battus. Le président Kérékou a souhaité la fusion de tous les clubs. C’est ainsi qu’on a connu les DRAGONS, REQUINS et autres. Or, vu la pléthore de joueurs qu’il y avait en son temps, à savoir DRAGON, POSTEL, ETOILE de Porto Novo, RESSORT, et autres, et comme je m’étais déjà tracé une voie d’encadrer les jeunes, j’ai continué. C’est ainsi qu’après un stage de la CONFEJES organisé à l’hôtel des députés aujourd’hui INJEPS, où on a passé donc ce stage de deuxième degré africain dont le premier était un Ivoirien, le deuxième un Congolais et moi, le troisième. Mais sur le plan national, j’étais le premier sur une trentaine de Béninois qu’on avait à l’époque intéressé à la chose. Et cela devrait me valoir donc une bourse pour aller à Creps en France. Vous savez, je dis bien que le Béninois est méchant, car moi, je vis ma méchanceté depuis. C’est peut être une malchance ou bien c’est l’ironie du sort… je ne sais pas à quoi je vais l’attribuer. Lorsque la bourse est arrivée, le ministère de l’époque a choisi une déviation. Au lieu de me laisser faire cette formation, on a donné donc cette bourse à un athlète du nom de Goutchouanou David, disant qu’on n’a pas besoin d’avoir un entraineur de football. Il vaut mieux donner ça à un athlète. C’est ainsi que très fâché, j’ai écrit au ministre Kouyami à l’époque. J’ai dit qu’il y a injustice et que je verrai le président Kérékou pour me plaindre. Donc, c’est Kouyami qui finalement, pour rectifier le tir, m’a donné cette chance d’aller à LEIPZIG en RDA avant la réunification, à l’université des sports en Allemagne. Après donc le premier béninois qui a bénéficié donc d’un tel stage,  Dégboué Michel qui était aussi enseignant d’EPS à l’époque. J’étais donc le deuxième avec des figures emblématiques telles que Shérif Souleymane de la Guinée, des Congolais, des Ghanéens pour ne citer que ceux-là. Après l’obtention de mon parchemin, ambitieux que j’étais, je me suis dit qu’il  fallait que je sorte et que j’aille encore apprendre. La Côte d’ivoire étant à l’époque un grand carrefour du football africain qui attirait tous les grands entraineurs d’alors, c’est ainsi que j’ai atterri au Stade d’Abidjan, le 1er avril 1980 quand le Pape faisait sa tournée. J’ai eu la chance de tomber sur Djédjé Benjamin, l’un des anciens entraineurs du Stade d’Abidjan qui était au Ministère de la jeunesse et des sports de la Côte-d’Ivoire. Il m’a orienté immédiatement au stade d’Abidjan où il y avait, à l’époque, mon ainé, Luc Olivier qui a gagné donc la Coupe d’Afrique des Champions au stade d’Abidjan en 1966. Et comme il n’avait plus le temps, il était à cheval entre le stade et Air Afrique, de s’occuper du stade d’Abidjan, ma venue a donc facilité les affaires et c’est ainsi que les stadistes m’ont accepté. J’ai donc commencé avec le stade comme entraineur titulaire. Je suis passé par toutes les catégories. J’ai fait donc l’équipe A, j’ai fait la formation. Je suis allé deux fois à Montpellier, parce que là-bas, le système est conçu autrement. C’est que vous faites la formation et chaque année, il y avait un système de tamis. C’est d’aller jouer les grands tournois en Europe. Et, on avait Mama Ouattara, (paix à son âme), qui était à Montpellier. Il fut joueur de Montpellier. Donc, c’est lui qui nous aidait. J’ai fait deux fois ce tournoi là à Montpellier avec les Ben SALAH, les Didier OTOKORE, les Diarrassouba Salifou, pour ne citer que ceux-là que j’ai gardés en souvenir. Et puis, je suis allé par la suite,  découvrir. Là, ce n’est pas pour me vanter, pour me jeter des fleurs mais je peux vous dire, chers frères, que je suis le premier africain à découvrir le football en salle en France. C’était au Mans, à 200 kilomètres de Paris. Le stade a été invité à un tournoi où j’ai conduit donc l’équipe. Ce qui  m’a permis donc de découvrir le football en salle.

Treize ans à stades d’Abidjan ?

Avec le stade d’Abidjan, je peux te dire que c’est un contrat de fidélité parce que, d’abord à Abidjan, les clubs sont à connotation ethnique. Tu vas à l’Asec, tu ne verras rien que des Baoulé, Baoulé et Agnis. Tu vas à l’Africa, tu ne verras rien que des Bétés. Le stade, c’est un club ouvert à tout le monde, les étrangers, tous. Donc, il était facile pour moi de m’exprimer au Stade que d’aller à l’Africa ou à l’Asec. J’ai failli aller à l’Africa au moment où do Rego Saadou et Hounguè Patati y étaient venus. Ils étaient de passage. Ils sont venus signer un contrat avec l’Africa. J’ai failli parce que Simplice Zinsou De Messè, lorsqu’il avait échos de tout ce que je faisais au stade, m’a invité à Sivomar qu’il dirigeait. C’était Zinsou, le président d’honneur de l’Africa Sport et qui était en rivalité farouche avec l’Asec. Le président Houphouët se servait de lui puisqu’il était son gendre pour un peu calmer les ardeurs des Bétés à l’époque. Donc, il lui mettait beaucoup de sous pour faire de l’Africa un label de qualité. Et il a vraiment réussi sa mission. C’est qu’il a fait en sorte que, finalement, l’Africa ait gagné deux coupes. C’est lui qui a fait venir le feu Rachidi YEKINI,  en son temps, et même Antoine BELL. Donc, voici, j’ai fait effectivement 13 ans de fidélité avec le stade et j’ai marqué mon passage par une Coupe Nationale en 1984 et le titre de vice-champion après le Stella de Yeo Martial la même année. Anjorin a connu DEVEZ par ma personne. DEVEZ était en Guinée, comme entraineur national avec mon ami Chérif Souleymane. Et, vous savez, notre métier a des aléas.  A un moment donné, ça ne marchait plus quand Jean Louis FARAH TOURE, un journaliste ivoirien d’Africa n°1, m’a appelé pour me dire monsieur GOMEZ, « en tant que patron du staff du stade d’Abidjan, je voudrais donc te dire qu’il y a un français du nom de DEVEZ qui est en chômage. Est-ce que tu peux le récupérer chez toi ? J’ai dit qu’il n’y a pas de problème. Donc moi, j’avais été promu directeur technique et lui il était  mon entraineur. C’était un choix managérial afin d’apporter au Stade une autre visibilité.  C’est moi qui l’ai logé. C’est ainsi qu’on a travaillé pour le stade et on a fini 2ème lorsqu’il y a eu cette histoire de palabre entre l’Asec et Ashanti Kotoko. Donc, la CAF a sanctionné la Côte d’ivoire pendant 2 ans. Mais, moi j’avais envie de m’exprimer à un haut niveau. Donc, je ne sais pas comment Anjorin a eu de mes nouvelles. Il est parti d’ici pour aller me chercher en Côte d’Ivoire, pour me dire qu’il y a un club Gabonais, Sogara qui voulait d’un entraineur. Ils n’ont jamais pris d’africain. Mais, ils veulent faire l’expérience d’un expatrié qui vient de l’ouest. Ils ne voulaient pas d’un Gabonais. Moi, j’étais à l’entrainement quand mon téléphone, à la maison, a sonné. Ma femme a pris et c’est Anjorin qui me demande de le rejoindre à l’hôtel Ibis. Donc, je vais effectivement le rejoindre et il me présente donc le club Sogara qui voulait nécessairement que j’arrive parce qu’il devait engager le premier tour de la coupe d’Afrique en 1994. J’ai dit que moi j’aime sincèrement les challenges.  Ainsi très rapidement, j’ai fourni tout ce qu’il fallait et je suis parti là-bas. Et on m’a proposé 1.000.000 FCFA comme salaire par mois. Au delà de l’argent, pour moi, c’est le foot, les résultats que je voulais. Donc, c’est ainsi que je me suis jeté à l’eau au niveau des Gabonais. J’ai fait donc le premier match  contre Pétro Athlético de l’Angola. Le journaliste qui m’avait accompagné à l’époque, s’appelle BADER ZOGO. Il m’a dit « Coach, ce n’est pas facile ici, ce n’est pas facile ici ». Je lui ai dit que  rien n’est facile, ici, sur cette terre. C’est ainsi qu’on est parti donc en Angola et on a fait 0-0 avec les KASSA N’GOMA, feu GERMAIN MENDOME, les GUY MBINA , GUY NZENG, Jonas OGANDAGA, N’GOMA SERGE, IPAYE WASSIU. Anjorin avait ses relations au Gabon et en bon manager, il avait des contacts dans tous les clubs Gabonais. Ainsi, il a aussi trouvé un point de chute à serge DEVEZ au niveau de MBILINGA. Je pense que pour un coup d’essai, c’était un coup de maitre puisque j’ai réussi ce challenge. Cela a renforcé sa notoriété auprès des Gabonais.Vous savez, on a pris un joueur chez Ashanti Kotoko, OLI RAHMAN, 13.000.000 de francs à la signature à Ashanti Kotoko sur sa proposition c’est vous dire combien de fois Anjorin était un manager très pointilleux sur les chiffres. Moi-même, pour m’avoir aidé à arriver à Sogara, il m’a pris 750.000 FCFA .

Les performances
Les performances ? Cette saison là on a fini champion du Gabon à cinq journées du terme. Une première pour l’AS SOGARA et après qu’on a éliminé Pétro Athlético, en coupe des clubs champions, on a éliminé par la suite le WAC Cassablanca et on a échoué de peu devant Zamalek aux portes des demi-finales. Donc, voilà un peu la page que j’ai écrite au Gabon où j’ai aussi fait 13 ans. Pas dans le club. C’est-à-dire que je n’ai pas fait long feu avec Sogara parce qu’il y a eu la dévaluation. Et comme c’est une œuvre purement sociale, le club a été dissout. Et, les Gabonais ne voulant plus me laisser revenir vers ici, Anjorin me proposait pour Eniymba, au Nigéria. Donc, c’est ainsi que je suis allé au FC 105. Là, j’ai connu OBAME YAYA, le père de celui qui joue actuellement, je veux parler de Aubaméyang. Il a été mon joueur, milieu de terrain. Il revenait de l’Italie.  Et, il a fait aussi un passage en France au Havre à l’époque où il a connu Tiehi Joël, qui lui avait déjà parlé de moi. Vous comprenez ? Donc, j’ai fait Fc 105 avec Obame YAYA, Guy NZAMBA Roger, Régis MANON, Albin BOUGANDZE… Enfin, c’était le vivier de l’équipe nationale du Gabon…. Et quand YEO Martial est arrivé en 1996 au Gabon comme directeur technique, les Gabonais l’ont invité donc à renforcer leur staff. Donc, en 1996, il était là. Mais moi, je n’ai pas dit à mes joueurs que je le connaissais. C’est pour vous faire un peu la différence entre nous. Ce que nous avons de méchant au Bénin et les autres ailleurs. J’ai jamais dit à mes joueurs qui partaient de 105 que je connaissais YEO Martial. Ils sont partis et c’est pendant les entrainements que YEO Martial a demandé.  Qui est leur  entraineur ? Ils ont dit WABI GOMEZ. YEO a dit : « Ah ! Il est ici ? Mais, vous avez un bon entraineur, vous savez, ça veut dire ce que ça veut dire ». Mais, quand YEO Martial l’avait dit aux enfants, à ces messieurs là, qui sont revenus vers moi, après la CAN me dire : « Coach, vous n’êtes pas gentil ». Pour revenir au cas du Benin en réalité, moi on m’a crucifié, je n’ai pas refusé de partir mais il aurait fallu qu’on me laisse terminer au moins la CAN. C’est là où on m’a tué, sinon aujourd’hui, je devrais être recherché un peu partout comme KESHI. Vous savez, KESHI a fait mon équipe. Quand vous verrez KESHI, il vous le dira.  J’ai gagné la coupe de Côte d’Ivoire en 1984. Si je dis tout cela, c’est parce que je ne souhaite pas que ceux qui sont là aujourd’hui emboitent le pas à Anjorin. Vous savez, ça, c’est le souvenir que j’ai gardé de l’AS Sogara. Et, je vous assure que lorsque j’éliminais le WAC, pour vous montrer tout ce qui se fait dans les coulisses du football, le président de ce club négociait auprès de ma modeste personne pour que je fasse un classement qui avantagerait son équipe.
Mon épouse est musulmane si bien qu’on lui a offert des chapelets, des tapis. Mais je leur ai dit d’appeler le chef service avec qui ils n’ont qu’à faire le marché et que moi je ne suis pas là pour ça. Mais  Sogara menait  2-0 au Gabon, déjà quand l’entraineur a été relevé de ses fonctions. Alors, je suis un bossu comme lui, donc  on a le même sort.

Le film de Ghana  2008
En 2008, j’ai failli même mourir. Lors du tournoi de l’UEMOA, pendant qu’on faisait le tirage des groupes de la CAN au Ghana, les officiels béninois étaient partis sans moi, l’entraineur. Et     aucun dirigeant n’y était pour la préparation de ce tournoi. Il nous était réservé un voyage d’acte de présence. Il faut dire que le président Anjorin était cruel et qu’il m’en voulait pour ma témérité au point où il m’a laissé à Cotonou alors que j’aurais dû être au Ghana pour la cérémonie de tirage. Son plan diabolique, machiavélique et pervers consistait à discréditer le staff local auprès de l’opinion publique en nous glissant des peaux de bananes à travers le tournoi de l’UEMOA à OUAGA. Tenez-vous bien sans aucune préparation conséquente, dans des conditions dérisoires, le président feint de comprendre la situation en tenant auprès de nous un discours rassurant dans le genre de celui de Pierre de Coubertin. Ce qui compte, ce n’est pas de gagner mais de participer. Et une fois qu’on a le dos tourné lors de notre premier revers contre le Mali, il monte au créneau pour nous trainer dans la boue. Comme, il n’avait toujours pas de mobiles suffisants, il saisit l’occasion du tournoi du Ghana pour enfoncer le clou. Après la demi-finale remportée face aux Emirats Arabes Unis 1 but à 0, en finale face au Ghana où nous menions 2-1 à l’entame de la seconde période le président revêt son costume de manager mercantile peu scrupuleux et demande aux arbitres nigérians de faire en sorte que nous ne gâchions pas la fête des Ghanéens. Mouri qui était à côté comprenant le patois, a entendu que les dirigeants étaient en négociation pour qu’on nous batte. Il a dit que ce n’est pas la peine qu’il aille mouiller le maillot devant un scénario déjà scellé. Finalement,  on nous a battus 4-2. Pour eux, ils ont réussi. C’est-à-dire que tout ça c’est pour montrer que Wabi ne peut pas conduire l’équipe.  Il y a même eu un but entaché d’hors-jeu. Et pourtant je leur disais devant un journaliste qu’avec la qualification, je risque de revenir avec la coupe d’Afrique au Bénin. Et je ressens quelque chose comme l’histoire de Yéo Martial. Je le disais parce que j’avais la conviction que la dynamique qui était là, pouvait nous permettre d’aller loin. On pouvait même aller à la coupe du monde par la suite. Je voyais que les joueurs étaient vraiment acquis à ma cause. Je leur donnais le respect qu’ils méritaient. En tout cas, il y avait une bonne complémentarité, une bonne osmose entre nous.  C’est vrai que j’étais dur, mais j’avais une main de fer dans une paire de gants en velours,  et chaque fois qu’il faut caresser je le fais et s’il faut taper fort je le fais pour que ça marche. C’est après tous les faits précités que les Ecureuils sont rentrés dans la tourmente. Bref, moi je n’ai pas l’habitude de trop parler si bien que je les regardais faire. Par la suite, j’étais tellement fâché que je me suis dit que je ne vais plus saluer le président Anjorin. C’est arrivé au Ghana que le journaliste sportif Pépéripé m’a dit dans un souci de réconciliation de pardonner à mon jeune frère. On est venu pour une compétition et il fallait que tout se passe bien. Mais je vous jure, bon Dieu, qu’après avoir suivi ses conseils, j’ai eu toute une paralysie. C’est pourquoi j’ai dit la dernière fois sur radio Tokpa que les valeurs cardinales n’existent plus parce que quand les gens sont en face de l’argent, ils sont capables de vous tuer.

Le gris-gris et le football
Je vais vous dire honnêtement que, et moi et mes joueurs n’étions pas mêlés à ces choses-là. Mais je sais que les gens prenaient de l’argent rien que pour ça et il y avait des spécialistes de ces affaires là, parce qu’il fallait que les gens mangent. Ils ont créé une filière si bien que l’argent circulait rien que pour cela. C’est un peu moi-même qui faisais mes prières  à l’endroit du Seigneur qui nous a créés, pour ma propre protection. Jamais, je n’avais d’amulettes en poche parce que si les amulettes marchaient, le Bénin serait allé plusieurs fois à la coupe du monde. Il n’y a rien que le travail

Les clubs béninois ont du mal à s’imposer

Je dirai que c’est la mauvaise organisation de notre championnat. L’autre chose est de savoir les projets des clubs. Pour vous dire la vérité, lorsque vous prenez un club comme Coton Sport, c’est du pur professionnalisme qui se fait jusqu’au point où le joueur  n’a même plus envie d’aller à l’étranger, c’est pareil avec leTP MAZEMBE de la RDC, et surtout tous les clubs du Maghreb. C’est ce qui a permis à la Zambie de gagner la coupe d’Afrique avec rien que les locaux.

Propositions pour le succès du football béninois
Je veux dire ceci. Il faut qu’au niveau de la gestion, nous changions. Lorsque vous avez des clubs avec de très bons joueurs et un encadrement  sérieux, vous êtes sûrs de dégager un noyau qui peut représenter valablement le pays. Sur le plan des conditions de travail et de vie, il faut un effort. Je vous donne un exemple. La Côte d’ivoire, en 1980, était venue au Nigéria. Elle a été battue. Le ministre Fologo d’alors a dissout l’équipe nationale pour deux ans d’hibernage. Et pendant ses deux ans, il a envoyé cinq entraineurs ivoiriens au Brésil. Il y avait Gérard Gabo, Nobert Bowé, etc… Mais, ici au Bénin, on brûle les étapes. N’importe qui se lève, il devient entraineur parce  qu’on a besoin d’argent. C’est un comportement à corriger. Donc, il faut qu’on fasse du sérieux dans ce que nous faisons pour notre pays. Si tant est que nous voulons redorer notre blason, et changer le football béninois, il faut mettre un accent sur la formation des joueurs et des entraineurs. Doter les clubs de terrain gazonnés. Former les dirigeants à gérer leurs clubs plutôt comme de véritables entreprises que comme des épiceries. Je peux vous dire que des collègues entraineurs que j’ai côtoyés, exemple de Kablan Sampon sont instructeurs FIFA. C’est-à-dire qu’en même temps que ses dirigeants sont au niveau de la CAF, ils l’ont aidé à monter. Il est instructeur FIFA comme le camerounais Manga Onguené. Au Bénin, qui a bénéficié de cela ?  C’est Anjorin qui est chaque fois le commissaire aux matches pour gagner. Tout cela est aussi un frein pour le football.

Appréciations sur la nouvelle équipe de la FBF
Je crois que depuis quelques jours j’essaie d’écouter les discours d’Augustin Ahouanvoébla. Prions pour que les actes accompagnent  les discours. Si véritablement, il peut poser les actes, c’est-à-dire d’abord, commencer par  la réconciliation des différents camps. Il faut vraiment une réelle réconciliation. Que ceux qui ont  les moyens comme Ajavon reviennent aider le football béninois. Car, vous ne pouvez pas demander à un joueur malade et affamé, de donner le meilleur de lui-même. Un joueur qui n’a pas les fondamentaux techniques et tactiques ne peut pas répondre. Cela suppose qu’il nous faut des moyens.

Interventions des ministres et dirigeants pour imposer des joueurs
C’est l’une de mes luttes avec Anjorin, à l’époque, lui qui voulait donner la part belle  aux joueurs de Soleil FC. Vous vous rappelez qu’il y a un certain Sévi AMOUSSOU et bien d’autres. Je crois que Edmé Codjo va vous confirmer ce que je vous dis parce que moi je ne m’amuse pas avec ma personnalité quand il s’agit du travail.

Les moments de joie  de Wabi Gomez
J’en ai connu. Je peux dire qu’on ne cesse jamais d’apprendre. Le fait de partir du Bénin et de l’Afrique a été un grand atout pour moi. Peut-être que si j’étais resté en Afrique, on ne m’aurait pas connu. J’ai fait tout ce que je pouvais faire en son temps avec Kouyami. J’ai déjà commencé par jouer une coupe d’Afrique avec les Abel Quenum, Coffi Hounnou à l’époque. On avait à l’époque un russe par rapport à la coopération et j’étais son adjoint. Donc, j’ai accompagné les Ahamada, Zohoungbogbo, paix à leurs âmes. C’était les joueurs avec lesquels nous étions partis à Abidjan avec fierté. Ma deuxième fierté était qu’il n’y avait pas de Nigérians et autres nationalités dans l’équipe nationale, si bien que lorsqu’on parlait le patois, le joueur comprenait vite. Aujourd’hui, c’est devenu du mercantilisme.  On a ouvert la voie à tout venant.
Le plus grand choc de Wabi Gomez
Aujourd’hui, je suis confus avec le regret d’être revenu au pays.  J’ai trop de regrets. J’ai fait 13 ans en Côte-d’Ivoire avec  le respect qu’on doit à quelqu’un qui travaille, quelqu’un en qui on reconnait un certain talent.  Vous ne pouvez pas aller au Gabon aujourd’hui et appeler le nom de Wabi Gomez sans qu’on ne vous demande où il est. Lorsqu’on voyait seulement à la télévision Bonaventure Koffi Codjia, l’arbitre international béninois, les Gabonais intelligents qu’ils sont, me disaient avec tout ce que tu fais ici, arrivé au pays et associé à celui là, votre pays le Bénin ira très loin. J’ai même pris le pari avec eux comme quoi, si je rentre vraiment, je ferai qualifier le Bénin pour une grande compétition avant de boucler 5 ans au Bénin. Dieu étant de mon côté, en 2 ans, j’ai qualifié le Bénin pour la Can. C’était en 2007. Mais malheureusement, au lieu de m’accompagner, on n’a fait que me détruire jusqu’au point de rendre celle qui m’a accompagné partout, aujourd’hui, invalide.

Cette expérience, la referiez-vous si c’était à refaire ?
Il n’y a pas de gris-gris pour changer les choses.
Parlez-nous de votre passage au Togo.
C’est un peu malgré moi que je suis allé au Togo parce que le président Améyi était tellement fâché de savoir qu’un entraineur africain a pu qualifier son pays pour la Can et qu’on l’a maltraité comme on me l’a fait. C’est ainsi qu’il m’a tendu la main en me donnant sa carte de visite. Par la suite, il y avait la première compétition des locaux à Abidjan, le CHAN. Il y est allé avec Stephen Keshi. C’est là qu’il s’est plaint qu’il voulait quelqu’un qui allait l’aider à relever le niveau de son club qui occupait la 12ème place dans le championnat au Togo. Alors Keshi lui a dit qu’il y a le vieux Wabi qui est là. C’est ainsi, qu’il a pris contact avec moi. J’ai effectué ce voyage sur Lomé avec un jeune transitaire du nom de Waïdi. Au Togo, les gens s’attendaient à un Blanc. Le secrétaire général du club était venu avec une ardoise me chercher à l’hôtel Ibis. Même placé devant moi, il continuait de me chercher. Et c’est là que Waïdi lui a lancé que celui qu’il veut voir est devant lui. C’est là qu’il nous a confié que pour eux, Gomez, c’est un nom de Blanc et vraiment il s’attendait à rencontrer un Blanc. Après cette rencontre, nous sommes allés à 120 km de Lomé, à Kpalimè où j’ai pris l’équipe. Cette saison là, le club est remonté au classement et on est devenu premier, champion du Togo sous l’ère Rock Gnassingbé. Malheureusement, il y a eu un problème d’un joueur mal utilisé et nous n’avons pas pu jouer la coupe d’afrique ou la ligue des champions.

A quoi est due votre forme athlétique ?
Si vous voyiez mes photos, j’étais plus en forme. Mais maintenant, avec tout ce que j’ai vécu, la méchanceté des hommes, surtout avec une femme qu’on a rendue invalide, je le suis moins. Et dans cette situation, vous vous demandez quel crime vous avez commis en voulant aider votre pays ? Parce que là, on m’a laissé dans une douleur. Or, un entraineur joue avec la mobilité.

Pour corriger tout cela
Non, non, non. Je pense que tous les métiers ont leur risque. Je prends votre exemple. Il y a des moments où vous êtes sur la droite ligne mais pourtant on vous menace. Ce n’est pas pour autant que vous démissionnez. Moi, je suis prêt là où je suis, si tant est qu’on m’appelle pour encore aider le pays. Mais ce que je demande, pour cicatriser un peu la plaie, c’est le cas de mon épouse puisque cela m’a énormément appauvri. Aussi, il faut bien que je parvienne à échanger avec le monde extérieur. C’est ce que j’ai commencé par faire déjà.
Est-ce qu’un coach est forcément un bon numéro 10 ?
Ça, c’est une vraie question
J’ai vu Mourinho qui a des problèmes à jongler
Non, non. Ce n’est pas le fait qu’il jongle mal qui soit important. Vous comprenez, c’est le message qui est important. Le message que vous passez à vos joueurs pourvu qu’ils soient réceptifs et qu’ils adhèrent à ce que vous leur demandez. Qu’ils le fassent de bon cœur, vous réussissez toujours. Ici au Bénin je le dis et le répète, nous avons de la matière. Lorsque je suis sorti, j’ai suivi la finale du tournoi organisé par l’honorable ATAO la fois dernière à Akpakpa, il y a quelques individualités que j’ai vues et qui ont des qualités qui sommeillent en eux. Maintenant, il faut quelqu’un pour les aider à les valoriser. Les mettre en confiance. Mais les autres, ils ont combien de pieds et combien de têtes ? On a des gens. Mais malheureusement, la politique qu’on faisait décourageait tout le monde. Et c’est une politique égocentrique que d’autres mènent. Ils n’en ont que pour leurs nombrils… mon ventre, mon ventre, mon ventre. Je ne peux terminer cet entretien sans féliciter le jeune Oumar Tchomogo qui vient de confirmer que nous avons des valeurs locales dignes de nom avec les deux bons résultats réalisés au Mali et à Porto-Novo. Merci à tous ceux qui ont cru en moi, qui m’ont soutenu et n’ont jamais cessé de croire en moi.

Un souhait pour finir
Que le président Ahounavoébla fasse tout pour que tous les acteurs, tous ceux là qui aiment le foot se retrouvent pour donner une autre dynamique à notre football. Les Béninois ne sont pas bêtes. Sincèrement et si l’on travaille bien à l’intérieur, ce n’est pas la peine de compter sur les joueurs professionnels. Il y a professionnel dans professionnel. Vous comprenez ce que je dis, lorsqu’un joueur joue en 4ème division ou en 6ème division en France, en Belgique, pour moi, ça c’est peut être l’organisation de là bas qui fait qu’on lui fait appel mais si nous nous organisons correctement ici, on a de la matière pour travailler sur place. Pour suivre au quotidien nos joueurs. La Côte d’Ivoire est arrivée à gagner la coupe d’Afrique grâce à une politique. A un moment donné, les joueurs ivoiriens sont devenus des salariés. Le président de la république a donné ordre au ministère que ceux qui ont été sélectionnés sur le plan local, passent à chaque fin du mois prendre 250.000 à 300.000F et ça a boosté, ça a permis à ces enfants de travailler. Vous avez les Loué RUFIN, finalement ça a payé. Si nous voulons prendre des professionnels, il faudrait que ce soit des professionnels de première division, de premier niveau. Et que nos entraineurs aussi bénéficient de formation. Il faut qu’on bénéficie de formation, qu’on ne reste pas figé sur les acquis, c’est-à-dire, le football tourne. Il faut aller à l’école chaque jour que Dieu fait. Et qu’il y ait une bonne compréhension, une belle harmonie entre les dirigeants qui sont là actuellement. Que chacun reste dans son couloir et joue correctement son rôle. Si nous pouvons faire comme ça, je pense que nous allons réussir.

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