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Le triomphe de la vérité

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Edito: Rédigeons l’acte de décès


Logo facebookLe dialogue secteur public-secteur privé est pratiquement au point mort. Sébastien Ajavon l’a martelé mercredi dernier face aux représentants des centrales syndicales. Depuis que la commission ad hoc mise sur pied pour élaborer un avant-projet de loi sur ce partenariat vital, a déposé son rapport, c’est le statu quo.      Et près d’un an après la table ronde historique d’octobre 2012, tout se passe comme si rien n’a bougé. En réalité, cette table ronde secteur public-secteur privé financée pour une bonne part par le PNUD, était censée lever une bonne partie des goulots d’étranglement de l’entrepreneuriat au Bénin. Elle devait surtout servir à donner aux investisseurs nationaux et internationaux une meilleure image du climat des affaires chez nous. Et les recommandations nées de cette concertation ont été saluées par tous les acteurs comme des pas de géants, si elles étaient mises en application. Je me rappelle encore des assurances formelles de Boni Yayi, à la clôture des travaux le 31 octobre 2012 : «  Je me donne un délai de deux semaines, pas plus, et la nation tout entière saura que nous sommes venus pour travailler. » Effet d’annonce ? Volonté de faire du sensationnel devant tous ces espoirs qui se dressaient devant lui ? Bien malin qui pourrait répondre à ces interrogations basiques. Au lieu des deux semaines que le Chef de l’Etat s’était lui-même données, c’est pratiquement un an qui s’est écoulé sans qu’aucun résultat tangible ne sorte.      Les coups de gueule du président du patronat béninois viennent dénoncer chaque fois l’immobilisme de l’administration publique, un des nombreux maux déjà stigmatisés lors de ces assises. Pire encore, les espoirs extraordinaires suscités par la participation effective et continue du Chef de l’Etat aux trois jours de travaux se sont estompés. Mercredi, Sébastien Ajavon s’est publiquement offusqué des débats « inutiles » qui se font autour de la révision de la constitution. Au moment où les choses jugées « sérieuses » attendent désespérément.   Faut-il pour autant accuser le seul président de la république ? Non, assurément. Les lenteurs inhérentes au fonctionnement de l’administration publique béninoise ne datent pas de l’avènement du changement. Elles ne prennent leur source que dans les dispositions réglementaires et législatives alambiquées construites depuis des lustres dans une fonction publique cultivant l’immobilisme. Mais elles sont aussi redevables à l’incompétence d’une bonne partie des cadres recrutés suivant des critères régionaux et politiques, loin de tous les standards qui ont développé les pays que nous imitons. Elles proviennent enfin de la peur du secteur privé considéré à tort comme l’apanage des capitalistes voraces et sans scrupule. La politisation outrancière de ces dernières années est venue se greffer sur tous ces maux.  Dans ces conditions, les responsables en charge de la promotion du secteur privé sont les premiers surpris par les contreperformances du Bénin dans les rapports Doing Business. Car, malgré les efforts qu’ils font, la situation peine à changer. Et l’horizon est bouché. A quand, demain ? se demandent-ils.      « L’âge d’or est pour demain, quand tous les salauds crèveront », dirait l’évêque Henry dans Le devoir de violence de Yambo Ouologuem (1968). Non, sans aller jusqu’à cette extrémité, il faut admettre que les immobilismes suicidaires, les politicailleries inutiles et l’absence béante d’une culture économique réelle au sein des élites sont des drames permanents. Ils détruisent les souffrances et surtout les espoirs des investisseurs. Qu’ils soient nationaux ou étrangers, ce sont les vraies victimes du système. Un système qui tue les bons, anéantit les meilleurs et promeut les médiocres.     Les cris de douleur poussés hier par des hommes politiques pour dénoncer les nuisances aggravées du politique dans les affaires, constituent pratiquement les rares exemples d’une vie politique elle-même désorientée. L’on n’y évoque l’économie, la création d’emplois, le secteur privé, le poids des impôts qu’à titre d’instrument de discours. Le débat public au Bénin est entièrement envahi par les arrangements politiques. Les perspectives d’accélération ou d’amélioration ne peuvent provenir en tout cas que du Chef de l’Etat. Elu, en effet, sur un programme économique basé sur l’émergence, il a le devoir, plus que les petits fonctionnaires véreux qui bloquent les dossiers dans l’administration et plus que quiconque, de mettre en place tous les mécanismes nécessaires à la réalisation de ce programme économique. Et surtout, il a le devoir (urgent) de se mettre au service de l’essentiel…

Par Olivier ALLOCHEME

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