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Le triomphe de la vérité

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Dr Galilou Abdoulaye, Directeur des bourses et secours universitaires (DBSU) au siège de l’événement précis: « Le gouvernement injecte plus de 10 milliards dans les bourses et secours universitaires »


100_1801Dr. Abdoulaye Galilou, Directeur des bourses et secours universitaires (DBSU) nous expose « Sous l’Arbre à Palabres » les principales réformes et les défis de son institution. Reçu par toute l’équipe de la rédaction de L’Evénement Précis, cet homme affable et sans complexe évoque aussi sa vie : un exemple de détermination.

Et si on en parlait

L’état de la Direction des Bourses et Secours Universitaires ?
La Direction des Bourses et Secours Universitaires se porte très bien. Très bien. Je sais de quoi je parle. Disons que pour la toute première fois, nous sommes en train de tenir le pari qui est que nous allons faire tout possible pour qu’avant le démarrage des vacances, 90% des étudiants puissent voir leurs noms sortir sur une liste en tant que boursiers ou secourus. Et je vous avoue qu’on est à un taux de plus de 98%. Et c’est pourquoi, je dis que la DBSU se porte très bien. Comme vous le savez le payement se fait à travers une chaîne. Et dans cette chaîne, il y a des maillons dont la DBSU en est un. Sur ce plan la DBSU a joué correctement sa partition qui est de sortir les listes pour que les étudiants concernés soient payés par Ecobank à travers le COUS. C’est bien une réforme. Auparavant, cela ne se passait pas de la sorte. Des fois, c’est au retour des vacances qu’on arrive à prendre ses sous. Cela fait partie des conséquences heureuses des réformes mises en place par notre ministre, le professeur François Abiola et de façon générale par le gouvernement du Docteur Boni Yayi.

La bancarisation des bourses et secours
Quand on parle de bancarisation, je peux dire que c’est déjà généralisé. Ceci parce que la bancarisation veut dire le payement des bourses et secours par la banque et cela se fait déjà, non seulement à l’UAC mais aussi à l’Université de Parakou. Donc on peut dire que c’est généralisé. Il faut préciser que le budget est de 9 à 10 milliards en moyenne. Cette année, cela est estimé à neuf milliards trois cent millions contre dix milliards l’année dernière.
 Ecobank préfinance ?
Ce n’est pas Ecobank qui paie. Au fait, la bancarisation est arrivée pour régler le problème récurrent qui est le retard dans le payement des bourses et secours universitaires. Lorsqu’on a fait une analyse, on s’est rendu compte qu’il y a des moments où l’Etat n’a pas les moyens ou a des difficultés pour payer à temps les bourses et secours des étudiants. Alors, il fallait entrer en collaboration avec une banque qui puisse avoir quelque chose, au cas où la situation se présenterait. Mais pour le moment, l’Etat n’est même pas encore arrivé à ce niveau là. L’Etat continue régulièrement de déposer les sous. Les fonds sont déposés à Ecobank au nom des centres des œuvres universitaires (Cous) qui donnent l’ordre de virement et de payement. Pour le moment, on n’a pas encore une situation où l’Etat est en rupture de payement.

Pourquoi le choix de Ecobank?

Ecobank n’a pas été choisi au hasard. Cette bancarisation s’inscrit dans le cadre d’un contrat entre Ecobank et le CENOU, il y a plus de dix ans. Vous savez que Ecobank est la toute première banque à s’installer à l’université pendant que les autres banques refusaient parce qu’elles avaient une image négative des étudiants. Pendant ce temps, Ecobank a eu le courage de venir s’installer. Donc c’est dans le cadre de ce contrat préexistant qu’Ecobank a été choisi pour la bancarisation. La question que beaucoup d’étudiants se posent est de savoir si c’est le gouvernement qui paie leurs bourses et secours. Il faut dire que certains le savent, mais beaucoup ne le savent pas. En réalité, le rôle de la DBSU n’est pas de le faire savoir aux étudiants. 100_1818

Réactions des étudiants
La réforme est dans sa phase expérimentale et il faut dire qu’on a commencé seulement en janvier. Nous sommes dans le septième mois après son démarrage et tout se passe comme prévu. Et d’aucuns estiment que les étudiants font la queue pour prendre les cartes. Mais, il est normal qu’ils fassent la queue. Car ce n’est pas comme dans les années antérieures où on se bouscule devant les guichets du COUS avant de prendre l’argent. Je crois qu’il faut de la discipline dans la chose. Pour ce qui est de la question de la fluidité, il faut faire comprendre que je ne suis pas signataire du contrat. C’est un contrat entre les COUS et la banque. Même si c’est dix personnes qui veulent prendre leurs cartes, il est normal qu’ils fassent les rangs. Mais il y a une question de discipline. Toutefois, je peux demander à Ecobank de multiplier leurs guichets pour que les choses soient plus rapides.

Questions de délai et de démarche
Tout à l’heure j’ai dit que la DBSU a pour mission de faire sortir les listes et de les transmettre à Ecobank, par le biais des COUS. Donc, c’est dire que quand on parle de délai, cela dépend. C’est une chaîne. L’étudiant qui dépose son dossier commence déjà par compter. Dès que les listes sont envoyées à la banque, on a deux semaines au plus pour sortir les cartes, d’après ce que la banque nous a dit. En principe dès que la liste sort et que l’étudiant prend sa carte, il peut déjà aller à la banque retirer ses sous. Il peut à chaque mois aller dans un guichet prendre sa bourse. Mais j’ai appris qu’il y aurait eu rupture à un moment donné au niveau de la banque. Mais lorsque je l’ai appris j’ai relancé les gens de Ecobank et qui m’ont dit effectivement qu’ils ont eu un problème mais que c’est déjà réglé. Je crois qu’il faut dire la vérité. Il y a de la lenteur au niveau du traitement des listes entre Ecobank et les COUS. Les COUS sont obligés de faire un appel de fonds au ministère des finances qui, à son tour, cherche les fonds et c’est lorsque les fonds sont trouvés, qu’ils sont remis à la banque. Tout ceci parce que l’argent n’est pas disponible quelque part où il faut aller prendre. Je crois que c’est à ce niveau qu’il y a un peu de problème. Beaucoup se demandent si c’est Ecobank qui préfinance et après l’Etat paie ? Il faut dire que le préfinancement s’appelle un découvert. C’est une mesure au cas où l’Etat n’arrivait pas à trouver à temps les sous. Et là on dit, Ecobank, en attendant, il faut préfinancer les listes qui sont à votre niveau. Mais nous ne sommes pas encore arrivés à ce niveau.

Intérêts d’Ecobank dans cette réforme ?
Si je vous dis que dans l’immédiat la banque ne gagne rien vous n’allez pas me croire. La banque ne gagne rien dans l’immédiat. Ce que la banque gagne, c’est cette élite qui est un client potentiel à long terme pour Ecobank. Actuellement il y a plus de 30.000 boursiers et secourus qui ont déjà leurs comptes ouverts à Ecobank. Au terme de leurs études au moins 20.000 parmi eux peuvent garder leurs comptes. Et en ce moment, ces étudiants seront traités comme des clients ordinaires. On va leur appliquer toutes les taxes. Mais pour le moment, ils sont exemptés de tout cela. Quand on sort les pourcentages, on se rend compte que ce que Ecobank gagne est complètement insignifiant comparativement à ce qu’elle devrait gagner s’il s’était agi de ses clients ordinaires.

Les bourses
Dans une faculté, la bourse est de 29 750 FCFA et dans une école, elle est de 33 060 F environs. En médecine, elle est 39675 en cinquième année et de 52.235F en sixième année. Le secours est de 132 250 F. Ce taux a évolué par rapport aux années antérieures. Au moment où moi je percevais les bourses, c’était à 21 500 F. un étudiant qui a eu 11 de moyenne au Bac, est déjà secouru, à condition qu’il ne soit pas âgé de plus de 24 ans pendant l’année d’obtention du Bac. Par contre, un étudiant qui a pu avoir la mention Bien au moins et qui est âgé de vingt ans au plus, a d’office droit à une bourse dans une faculté. Mais si entretemps, il a eu la chance d’être sélectionné comme boursier dans une école, il est automatiquement boursier, quelle que soit la moyenne qu’il a obtenue au Bac. Ceux-là qui n’ont pas eu la chance d’être sélectionnés parce qu’ils ont certainement mal choisi la filière et qui ont la mention Bien au moins et qui sont âgés de vingt ans au plus au 31 décembre 2013, ils ont automatiquement droit à la bourse dans une faculté. Pour ce qui est des étudiants qui sont premiers de leur série au plan national, premier du sexe masculin et premier du sexe féminin, ils bénéficient de la bourse d’excellence. A condition qu’ils soient âgés de 18 ans au plus à l’année d’obtention du Bac. Chaque année, comme vous le savez, nous en identifions. L’année dernière, nous avons eu jusqu’à neuf. C’est une très bonne bourse, parce que le bachelier qui a eu cette chance-là a la liberté de choisir là où il veut aller étudier. Et la plupart de nos enfants vont au Canada. Ils ont la latitude de choisir une filière qui n’est pas au Bénin. Quant au premier de tous les premiers, il est de toutes les façons premier d’une série. Il est donc pris en compte parmi les premiers de sa série. Un étudiant bénéficiaire d’une bourse d’excellence qui va au Canada coûte plus de dix millions par an à l’Etat. Parce que l’Etat béninois le supporte à 100%.

Le retour des boursiers d’excellence
C’est une question très importante. Nos enquêtes ont révélé que la plupart de ces enfants ne reviennent plus au pays. Et comme vous le savez, le Canada comme la plupart des pays américains et européens ont mis en place des systèmes de captage des cerveaux de nos pays sous-développés. En citant tout à l’heure les conditions d’attribution des bourses, il y en a une que je n’ai pas citée : c’est l’engagement notarié du bénéficiaire à revenir servir son pays. Nous, nous faisons ce que nous devons faire. Chaque étudiant bénéficiaire d’une telle bourse prend l’engagement de revenir servir son pays à la fin de sa formation. La bourse d’excellence existe depuis les années 90. D’après mes informations, depuis 1975 que notre université existe, tous ceux qui sont bénéficiaires d’une bourse pour aller étudier à l’étranger étaient astreints à la signature d’un engagement de venir travailler pendant dix ans au pays. Mais cela n’a jamais été respecté d’après les informations que j’ai eues. Ce n’est pas une raison pour toujours continuer dans ce sens-là. Je suis d’accord avec vous. Comme vous savez, le pays est comme il est. Moi je dis que le retour et l’obtention d’un job dépendent du dynamisme de l’étudiant. Si vous avez obtenu votre diplôme pour venir dormir dans votre chambre, le boulot ne va pas venir vous chercher là où vous êtes.

Les conditions de retour
Il y a toujours à faire dans un pays en voie de développement comme le Bénin. Mais il faut reconnaitre que les conditions pour obtenir un emploi dans un pays comme le Bénin sont très difficiles. Ce n’est pas la même chose qu’en Europe. Or, en Europe, avant même d’avoir fini, il y a déjà des entreprises qui vous font des clins d’œil. Vous êtes suivi dès la première année. Et avant même de finir, on vous donne la main et votre boulot est garanti. Avec le système de recrutement des cerveaux des pays sous-développés organisé par les pays développés, le Canada et les Etats-Unis par exemple, le choix est net. Entre le boulot qui vous attend et ici le boulot qu’il faut chercher d’abord avec la sueur au front, le choix est clair. Mais, moi je le dis, ce n’est pas une raison fondamentale. Quand on aime son pays et qu’on sait que c’est des sous qui proviennent des Béninois qui ont servi à vous former, je crois qu’il faut mettre l’intérêt de son pays au-dessus des intérêts particuliers et égoïstes. En réalité, ce que nous connaissons, c’est qu’à la fin de leur formation, ces étudiants nous écrivent pour demander un billet retour, parce que la bourse prend en compte le billet aller et retour. C’est quand ils finissent maintenant et que nous leur délivrons le billet retour, qu’on essaie d’imaginer qu’ils vont revenir, même s’ils ne vont pas revenir. Certains peuvent revenir s’en servir pour les vacances alors qu’ils ont déjà préparé le terrain là-bas. Donc il n’y a pas de dispositions pour pouvoir les contrôler.

100_1873Les fraudes dans les allocations
Cela fait partie des préjugés. Quand j’étais étudiant, j’ai entendu dire ce que vous dites là. Lorsque moi je suis venu, effectivement, j’ai essayé de voir si ce que les gens disent est vrai. Parce que, en tant que sociologue, il faut prendre tous ces préjugés comme étant des pistes. Et je vous avoue qu’il y a beaucoup de ces préjugés qui sont vrais. Il y a effectivement des réseaux de fraude. Et lorsque moi j’ai fini de mettre en place ma machine d’investigation, j’ai mis hors d’état de nuire, je n’oserais pas dire 100%, mais en tout cas 98% de ces réseaux-là. Et c’est ça qui m’a poussé à faire des réformes.

Les réformes à la DBSU
Depuis deux ans, nous avons initié des reformes que nous sommes en train d’appliquer. La première réforme, vous savez, le renouvellement de la bourse était automatique. C’est-à-dire qu’un étudiant boursier de deuxième année par exemple qui passe en troisième année, n’avait pas besoin de fournir de dossier pour qu’on puisse lui renouveler la bourse. C’était automatique. Nous avons dit qu’il n’en est pas question. Vous savez, parmi les étudiants, il y en a qui décèdent. Les frères s’engagent à prendre la bourse à leur place. Il y en a qui voyagent, d’autres qui obtiennent des bourses pour aller à l’extérieur. Il y avait beaucoup de cas qui font qu’il y avait des manques-à-gagner à l’Etat. Nous avons dit qu’il faut un dossier, même léger, qui nous permettra d’avoir une traçabilité dans l’évolution de l’étudiant. Je ne veux pas vous dire combien on a fait gagner à l’Etat lorsqu’on a fermé ce trou-là. Il y a eu certains qui ont tenté de remettre en cause cette réforme, mais parmi les associations d’étudiants, il y en a qui sont quand même responsables. La deuxième réforme a consisté à mettre en place un système de suivi des résultats académiques. Vous vous imaginez qu’on nous envoie d’abord des PV dans lesquels l’étudiant redouble. Automatiquement, on ne renouvelle pas la bourse. Lorsque la liste sort et que l’étudiant voit son nom parmi les défavorables, on le voit quelque temps après revenir avec un autre bulletin où, cette fois-ci, il a la moyenne qu’il faut. Il y a au niveau des scolarités, des réseaux dans ce sens-là. Alors, nous avons mis en place un comité qui a fait en sorte que ce système ne peut plus marcher. Troisième réforme, vous allez remarquer que depuis deux ans maintenant, il y a un changement au niveau des dossiers. Avant, ils étaient mis dans une chemise-dossier simple. Maintenant, c’est une chemise-dossier à rabat, en carton avec des informations sur l’étudiant. Ce qui permet alors de le suivre de la première année jusqu’à la fin de la formation. Ceci nous permet de savoir s’il est dans une situation de fraude ou pas. Je ne vais pas dire qu’il y a zéro fraude. C’est pourquoi nous avons prévu une boite à suggestions. Si un étudiants constate que l’un de ses amis n’a pas droit à la bourse, et, curieusement son nom est sorti, il n’a qu’à nous l’écrire sous anonymat.

Les réseaux de copinage
Vous savez, on est au Bénin. Avec le temps que j’ai eu à faire, à ce poste, je sais déjà ce que nous sommes en tant que Béninois. En ce qui concerne par exemple la bourse d’excellence, on ne peut jamais la donner à quelqu’un qui n’y a pas droit. Jamais. Si l’enfant n’a pas été premier de sa série au plan national, comment est-ce que ça va se faire. Bientôt, nous allons demander au Directeur de l’office du baccalauréat de nous envoyer le classement national. Et c’est ça qui nous permet d’identifier ceux qui méritent la bourse d’excellence. Là où les gens se plaignent surtout, c’est lorsque quelqu’un dit : « Regardez moi, j’ai la mention Bien et telle personne qui a eu la mention Assez bien a été sélectionnée alors que moi je n’ai pas été sélectionné ». Bientôt, il y aura les séances d’orientation. Les bacheliers seront invités à déposer leurs dossiers. C’est là que tout se joue. Comment ça se fait ? Un bachelier est appelé à choisir trois filières. Il y a une commission qui travaille sur la base des relevés de notes pour identifier dans chaque filière la moyenne en tenant compte des matières principales. Je donne un exemple, la médecine. On peut dire qu’à ce niveau, il faut nécessairement la SVT, les mathématiques ou peut-être l’Anglais. On calcule une moyenne là. Les étudiants qui ont choisi la médecine, on les classe en fonction de leur moyenne dans cette filière-là. Donc on fait la moyenne arithmétique des trois matières de base plus la moyenne obtenue au bac et on obtient une moyenne. On fait alors un classement de tous les bacheliers qui ont postulé au niveau de la médecine. On les sélectionne ensuite en fonction du quota de bourse affectée à cette filière. Ceux-là qui ne seront pas dans cette fourchette-là n’ont pas la chance d’être retenus. Là où les étudiants font d’erreur, c’est qu’au lieu de choisir trois filières, ils choisissent une seule filière trois fois. Parce que quand vous choisissez une filière et qu’il se trouve que dans cette filière, vous n’avez pas la moyenne requise, on regarde votre deuxième choix. Peut-être que dans ce deuxième choix-là, vous êtes dans la fourchette. On vous sélectionne, alors que vous avez la mention Assez Bien. L’autre qui a la mention Bien et qui a fait un seul choix et qui n’a pas eu la chance d’être sélectionné, en se comparant à son ami qui a eu la mention assez Bien, il va dire qu’il y a eu fraude. Et là commencent les racontars.

Baisse du niveau des étudiants
J’avoue que franchement la dernière fois je corrigeais les copies. J’étais en présence des amis et je n’ai pas pu m’empêcher de partager mes sentiments avec eux, parce que c’était vraiment déplorable. Le niveau a complètement baissé. Il faut dire la vérité. C’était les copies des étudiants de la troisième année qui disent : « les problèmes principals ». Plus loin encore, je vois un autre qui écrit « l’ascent » au lieu de « l’accent ». J’étais dépassé et j’ai dit : « Où allons-nous ? Que faut-il faire ?». J’avoue que la faute n’est pas seulement aux enfants. La responsabilité est partagée. Il faut dire la vérité. Les enseignants ont eux aussi leur part de responsabilité. S’il ne tenait qu’à moi, c’est tout le système éducatif qu’il faut revoir.

100_1896Forum sur l’enseignement
Il y a un forum national sur l’enseignement qui est prévu pour bientôt. Il faudra revoir le système éducatif à partir du primaire jusqu’à l’université. Et là, on va faire la part des choses. Tout n’est pas négatif. On va se rendre compte qu’il y a des points forts et des points faibles. Aujourd’hui, l’emploi n’est pas lié au diplôme. Le diplôme est là pour éveiller le récipiendaire. Pour lui donner une ouverture d’esprit par rapport à celui qui n’a pas été à l’école. Il lui revient d’exploiter cette ressource qu’il a sur lui. Au niveau du département de sociologie-anthropologie, il y a de nouveaux cours comme le développement communautaire que j’ai initié. Je l’ai fait alors que je n’avais pas moi-même reçu ce cours quand j’étais étudiant. Quand j’ai fini, j’ai dû me battre à travers les projets, les ONG, etc. C’est ce qui m’a permis de comprendre quelles sont les réalités actuelles du marché de l’emploi et par conséquent de quel profil le marché de l’emploi a besoin. D’où l’idée d’insérer ce cours qui permettra aux étudiants d’être des acteurs actifs de développement à travers les ONG et les projets de développement à la base. Ce cours existe en licence professionnelle depuis trois ans à l’Université de Parakou et depuis deux ans à l’université d’Abomey-Calavi. C’est un exemple que je donne parmi tant d’autres. C’est dire que nous sommes conscients de ces faiblesses. Nous sommes conscients de la nécessité d’adapter les filières de formation aux emplois. Sinon, nous sommes appelés à disparaître.

Revalorisation du statut des enseignants
Il y a un peu d’exagération. Il faut dire qu’il y a eu une revalorisation du statut des enseignants grâce à notre ministre, le professeur Abiola. Il faut l’en féliciter. Au niveau de l’université, nous sommes de plus en plus conscients qu’il ne suffit pas de réclamer ses droits. Dès lors qu’on a déjà les droits, il faut se consacrer à ses devoirs. C’est pourquoi, après la formation, il faut renforcer la capacité pédagogique de ceux-là qui sont appelés à donner les cours. Et ça n’a rien à voir avec l’âge.

Carte d’identité

Spécialiste du développement communautaire
Né en 1967 à Parakou, Abdoulaye Galilou est le fils de l’un des plus grands imams de la ville de Parakou. Docteur en Sociologie depuis 2003, il a fait sa thèse grâce à une bourse100_1897 allemande DAD. Même pour décrocher son Diplôme d’Etude Approfondie (DEA) à Dakar au Sénégal, il a dû se battre des pieds et des mains. Comme si c’était hier, il se souvient encore des conditions de ses études au Sénégal. « Il ne fallait pas compter sur les parents. Mes parents sont des paysans, ils n’étaient pas riches ». Il raconte alors une petite anecdote. « Lorsque je partais pour Dakar, j’étais allé dire au revoir à mon père. J’étais déjà sorti de sa case et partais quand il a envoyé un enfant pour me rappeler. Et lorsque je suis revenu, il me dit : « l’argent que tu as réuni pour aller à Dakar, donne-le moi. J’ai besoin d’argent ». J’ai réfléchi un moment et sans hésiter, je lui ai remis les fonds. Il en a pris juste mille francs et m’a dit : « Va, tu as toute ma bénédiction ». Mais si l’enseignement est apparu pour lui comme un hasard du destin, son attachement au développement communautaire lui, ne l’est pas. Depuis l’Université nationale du Bénin d’où il obtient sa Maîtrise, il s’apercevait déjà comme un candidat au chômage. Et c’est justement pour cela qu’il a dû s’investir dans les organisations à la base pour prendre son destin en main. « Au moment où nous étions à l’Université, on ne s’attendait pas vraiment à un boulot en fin de cursus. On savait que c’était le chômage qui nous attendait. C’est alors qu’on avait déjà commencé par travailler avec les ONG, et autres structures », raconte-t-il. Et c’est justement cela qui lui fera toucher du doigt, les réels besoins des populations. Ce sera également le tremplin de son obsession pour le développement communautaire. « Ça m’a permis de découvrir les réels problèmes de la population à la base. C’est surtout ce qui m’a donné le goût. Alors je me suis dit qu’il faut pour mon pays un développement à la base », justifie-t-il. Pionnier de l’avènement du régime Yayi à travers sa structure ALKAWALI qu’il a animée ensemble avec le Député Rachidi Gbadamassi et l’ancien député Samou Adambi, Abdoulaye Galilou a pu obtenir le retour de l’ascenseur de son engagement politique. En 2008 en effet et ce jusqu’à ce jour, l’homme a été promu au poste de Directeur des Bourses et Secours Universitaires (DBSU).

Intimité
Musulman convaincu

Marié et père de 4 enfants, le Directeur des bourses et secours universitaires est un musulman fervent. « Je n’ai jamais pris de la bière dans ma vie. Ma boisson préférée reste et demeure l’eau plate », nous confie-t-il. Mais il est aussi un amoureux de foot. C’est un ancien sociétaire de Postel-FC. La fidélité, c’est ce qui le caractérise en amitié. « Moi je suis quelqu’un qui est très fidèle en amitié. De sorte que quand j’ai fréquenté les bancs avec quelqu’un que j’ai vu il y a longtemps, lorsqu’on se revoit après des années, c’est toute une émotion qui m’anime et j’accueille cette personne avec joie et j’ai envie de lui donner tout », confesse-t-il. Son plat préféré, comme tout bon ressortissant de Parakou, c’est l’igname pilée.

La Rédaction

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2 thoughts on “Dr Galilou Abdoulaye, Directeur des bourses et secours universitaires (DBSU) au siège de l’événement précis: « Le gouvernement injecte plus de 10 milliards dans les bourses et secours universitaires »

  1. HOUANOU

    Bonjour monsieur. veillez bien vouloir m’escuser mais je constate depuis qu’il y a des noms de certains camarades etudiants qui devaient deja etre afficher depuis mais qui ne le sont pas encore.comme preuve je peux vous fournir une liste de noms.Tenez,verifiez par exemple les dossiers des etudiants de lettres modernes 2 deposés dans la vague des dépots du mois d’avril.Rien n’est encore afficher jusqu’à présent. je sais qu’aucune œuvre humaine n’est parfaite.C’est pourquoi je vous demande humblement de passer à cette vérification pour le soulagement de cette vague d’étudiants.Très amicalement merci.

  2. mohamed

    les etudiants KONATE Djibril et BIAOU simon boursiers respectivement en GE et en IG à l iut de parakou n ont pa encore perçu leur bourse de l année 2012-2013.ce n est pa normal

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