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Le triomphe de la vérité

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Bonaventure Aké Natondé: « On peut envisager les élections communales et locales pour octobre ou novembre prochain »


L’ancien ministre et député des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), Bonaventure Aké Natondé était hier l’invité de l’émission dominicale « Zone Franche » de Canal 3. Il y a passé en revue divers sujets de l’actualité nationale, en l’occurrence, la correction de la Lépi, la loi sur la parité homme-femme et l’an 2 du deuxième quinquennat du président Boni Yayi.

Quel bilan pour la 6ème législature ? Pour l’honorable Bonaventure Aké Natondé, environ deux années après son démarrage, la 6ème législature peut se targuer d’avoir contribué à doter le Bénin de lois qualitatives pour soutenir les reformes envisagées par le Chef de l’Etat et poser les jalons du développement du Bénin. Il en est ainsi, à ses yeux, des lois relatives à la lutte contre la corruption et infractions connexes, aux violences faites aux femmes et aux filles, aux unités administratives, à la loi référendaire, au Code de procédure pénale, au Code foncier et domanial, etc… Ainsi, pour lui, la 6ème législature est très productive de lois de bonne facture.

Pourquoi le rejet de la loi sur la parité homme-femme ?A en croire le député élu dans la 24ème circonscription électorale, le report sine die de la loi sur la parité était d’autant plus inévitable que « si on prend une loi sur la parité, elle sera cassée par la Cour constitutionnelle ». Préconisant, en effet, d’œuvrer à un meilleur accès aux besoins fondamentaux telle que l’instruction, Aké Natondé estime que la parité électorale n’est pas réaliste et une loi sur cette question ne saurait être mise en œuvre. « Il faut tenir compte de la culture africaine. La question de la parité n’avantage pas la femme elle-même. Si la loi était votée, elle ne serait pas applicable. Je ne veux pas qu’on jette un regard de pitié sur la femme », dira-t-il en substance. Aussi, rejette-t-il la référence au cas rwandais. Car, estime-t-il, « en matière de démocratie, le Bénin n’a rien à apprendre du Rwanda ».

Pourquoi une loi pour restreindre la liberté de grève ? Ancien ministre de l’enseignement secondaire et de la formation professionnelle, Bonaventure Aké Natondé applaudit la volonté du gouvernement de réglementer le droit de grève à travers un projet de loi. Cela est d’autant plus nécessaire à ses yeux qu’on « ne peut pas construire un pays avec des grèves perlées. Il faut absolument réglementer les grèves. On ne peut pas permettre à une poignée de personnes de prendre le pays en otage ». Aussi, reconnaissant la nécessité du dialogue social, le ministre Aké Natondé estime que « la constitution garantit le droit de grève mais il doit être réglementé ». Dans ce même sillage, le promoteur de la Haute Ecole de commerce et de management (HECM) s’oppose à l’augmentation de l’âge de la retraite à 60 ans en lieu et place des 55 ans ou des (30) ans de service actuellement en vigueur dans la fonction publique. Pour lui, une telle loi serait préjudiciable à l’accès des jeunes à la fonction publique béninoise.

Quelles perspectives pour la correction de la Lépi ? Ancien membre du groupe de travail sur la Liste électorale permanente informatisée (Lépi), l’honorable Aké Natondé estime que le processus de correction de cet outil électoral se déroule bien. Il en est ainsi, selon lui, au regard de la prise en compte des différentes observations sur les rapports relatifs à la Lépi et l’effectivité de la désignation des membres du Conseil d’orientation et de supervision (COS). Aussi, fait-il observer, « les recommandations de l’OIF ont été bien prises en compte, on n’a mis aucun rapport de côté » avant d’entrevoir le démarrage, dans les prochains jours, de l’audit participatif à travers l’affichage de Lépi sur toute l’étendue du territoire national, la prise en compte des laissés pour compte, l’intégration des nouveaux électeurs, l’impression de nouvelles cartes d’électeurs. Quant au retard accusé dans le processus, il estime que « on ne pouvait pas l’accélérer sans l’avis de la Cour constitutionnelle et la promulgation de la loi par le Président de la République ». Aussi, le report des prochaines élections communales et locales ne constitue-t-il pas, à ses yeux, une préparation psychologique des Béninois à un éventuel report de l’élection présidentielle de 2016. Quant à la date de la tenue des prochaines élections de proximité, Aké Natondé demeure évasif : « on peut envisager les élections pour octobre ou novembre prochain ». Cet état de fait qui consacre une culture du report des élections au Bénin, estime-t-il, « c’est la faute aux acteurs politiques ». Et pour inverser cette tendance préjudiciable à l’image de la démocratie béninoise, l’avènement d’un code électoral sera, à ses yeux, salutaire. D’ailleurs, révèle-t-il, le projet de code électoral qui mobilise les parlementaires comporte en son sein de nombreuses innovations salutaires. Il s’agit de la publication des résultats dans les arrondissements, l’exigence d’un niveau minimal d’instruction aux élus locaux.

Quel bilan pour l’An 2 de Boni Yayi II ? « On a vu la volonté affichée par le président Yayi de conduire les reformes et d’affronter les défis ». Ainsi, pour lui, les deux premières années du deuxième quinquennat de Boni Yayi mettent en évidence l’engagement du Chef de l’Etat à placer le Bénin sur les rails du développement. Il en est ainsi au regard des reformes engagées malgré les résistances observées. Aussi, malgré certaines critiques observées dans le rang des bailleurs de fonds, Natondé Aké salue les efforts du gouvernement sous la houlette de son chef. « Il faut que le développement soit endogène », préconise-t-il.

Quelles perspectives pour les trois prochaines années ? Le succès des trois prochaines années du régime Boni Yayi passe par la satisfaction de trois conditions, selon Bonaventure Aké Natondé. Il s’agit, selon lui, de « mettre la jeunesse au travail à travers la promotion de l’auto-emploi, de lutter contre la corruption et la cherté de la vie ».

« Le titre ne fait pas le leader », dixit Natondé Aké aux cadres d’Agonlin

La guerre de leadership qui mine les cadres de la région Agonlin, membres de la mouvance présidentielle, n’est pas prête de s’estomper. Ainsi, au cours de sa sortie médiatique d’hier, l’honorable Aké   Natondé a mis à jour la féroce rivalité qui oppose les partisans de Boni Yayi dans cette région. « J’ai l’impression que la gouvernance politique commence à lui – le Chef de l’Etat – échapper. Quelques uns sont dans le sérail du Chef de l’Etat et veulent la place de leader. Le titre n’a jamais fait le leader », a-t-il ainsi lancé à l’endroit des cadres de la région Agonlin. Affirmant cependant jouir de bonnes relations avec les autres cadres de la région, il n’a pas manqué de reconnaître qu’« il y a quelques petits problèmes de leadership ». Pointé du doigt par l’ancien ministre Roger Dovonou, Aké Natondé a également mis à profit sa sortie médiatique pour s’inscrire en faux contre l’éviction de son conseiller politique avant d’estimer qu’à son encontre la « persécution est totale » de la part de ses détracteurs.

Wandji A.

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