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Le triomphe de la vérité

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Entretien avec Ulrich Alohoutadé: « Nous voulons crânement jouer sur nos valeurs à cette Can junior »


Ulrich Alohoutadé, le sélectionneur de l’équipe nationale junior

La sélection nationale junior du Bénin affute ses armes pour aborder la phase finale de la Can/ Algérie 2013 dans de bonnes conditions. En regroupement depuis, Ulrich Alohoutadé nous fait le point de cette préparation. Pour lui, son équipe à tous les arguments pour aller au second tour de la compétition. Mais, il va falloir beaucoup travailler.

L’événement précis : Vous avez établi un plan de préparation que vous essayez d’exécuter avec l’équipe nationale junior. Dites-nous les aspects sur lesquels vous misez dans ce plan de préparation ?

Ulrich Alohoutadé : Nous n’avons pas un aspect prioritaire. En matière de préparation d’une équipe, tout est important. Surtout que c’est nous-mêmes qui avons prévu ce plan, je crois que nous n’avons qu’à suivre pour permettre aux joueurs d’être au mieux de leur forme.

Vous avez prévu des séances vidéo. Est-ce votre méthode pour connaitre vos adversaires ?

Les vidéos que nous visualisons ne concernent pas pour le moment les matches des équipes que nous allons affronter à cette Can. Il s’agit d’abord de nos propres matches livrés et ceux des grandes équipes. C’est pour nous une manière de revenir sur le comportement tactique de l’équipe, de chaque joueur afin de pouvoir corriger ce qui est à corriger.

Donc vous ne vous intéressez pas encore à l’étude du jeu de vos adversaires.

Vous savez, le football est universel et je ne crois pas que les équipes qui seront présentes à cette Can inventeront de nouveaux jeux. Les tactiques de jeu, nous les connaissons. Seule, l’amélioration que chacun fera de ces tactiques lui donnera la victoire. Le football se joue à 11 contre 11 sur un terrain que nous connaissons tous. De ce fait, je dis, nous avons intérêt à nous préparer comme une grande équipe  au lieu de vouloir maîtriser le jeu de l’équipe adverse. En son temps, on y fera recours. Car, toute équipe a une philosophie de jeu, mais n’a pas toujours les mêmes joueurs. Nous ne voulons donc pas perdre notre temps sur ce plan qui est pour moi minime dans la préparation.

Quel aspect de jeu vos joueurs ont-ils déjà maîtrisé, selon vous ?

L’envie de jouer, l’engagement dans le jeu, la détermination et surtout le jeu défensif. Dans plusieurs de nos matchs revus, il a été constaté qu’ils aiment empêcher l’adversaire de jouer.

Et que leur manque t-il à présent ou qu’est ce que vous travaillez encore avec eux ?

Nous continuons de travailler chaque jour que Dieu fait. Et nous insistons sur la technique, parce qu’il faut le reconnaitre, n’ayant pas de grandes écoles de football, où il faut travailler beaucoup de choses dès le jeune âge, nous n’avons pas des joueurs aussi techniquement au point. Alors, nous essayons d’améliorer cela avec les jeunes afin qu’ils puissent très rapidement s’adapter aux schémas tactiques que nous allons leur proposer à chaque match.

A vous entendre, on a envie de dire que l’équipe travaille doublement pour avoir un résultat meilleur…

C’est un peu cela. Nous devons nous adapter parce que c’est ce que nous avons maintenant. Si avec cela on a réussi à se qualifier pour la phase finale, je crois que nous pouvons aussi nous tirer de notre poule. Et c’est d’ailleurs ce pourquoi, nous insistons beaucoup sur le travail. Car, c’est cela qui nous avait permis de nous qualifier et il sera encore le seul à nous permettre d’aller loin dans cette compétition.

Y a-t-il des joueurs que vous avez remarqués et qui vont être intégrés au groupe plus tard ?

On nous a parlé des joueurs évoluant à l’étranger que nous n’avons pas encore vu jouer. C’est une fois en France qu’ils vont nous rejoindre et où nous saurons effectivement s’ils sont des renforts ou des accompagnateurs. Quand on parle de renfort, c’est que ces joueurs sont plus forts que ceux que nous avons là. Dans le cas contraire, ils ne pourront pas être de la partie parce qu’il sera inutile de casser un groupe en y introduisant de nouveaux éléments à qui on reprendra tout à zéro.

Parlant de renfort, dites-nous lequel des compartiments vous renforcerez en priorité ?

C’est l’attaque. On joue pour marquer des buts, mais il se fait que pour le moment en dehors des comportements acceptables quant à la participation au jeu de cette partie de l’équipe, nous manquons beaucoup d’occasions de buts. Or, c’est le but qui vous permet d’avoir la victoire. Donc, si on trouve de bons attaquants, nous n’allons pas hésiter à les prendre pour étoffer l’équipe. Quand on ne va pas trouver, on fera avec et c’est pourquoi nous travaillons beaucoup avec ceux qui sont là pour qu’ils puissent s’améliorer.

La présélection d’Ulrich Quenum a quel caractère, selon vous ?

 Ulrich est un jeune qui a du talent. Et la meilleure manière de le lui démontrer est de lui faire appel. Ce que nous avons fait. Il lui revient maintenant de bien se comporter et je crois que dès qu’il va démontrer qu’il a les capacités de supporter les charges d’un junior, nous n’hésiterons pas à l’emmener avec nous. L’équipe est là pour accepter tous ceux qui peuvent l’aider à aller plus loin. Ulrich n’est pas seul. Il y a d’autres que nous avons aussi présélectionnés et que nous surveillons de près.

Quelle est la prochaine sortie en vue pour la sélection vu que celle programmée contre le Swaziland n’a plus tenu?

Si tout va bien, nous allons voyager d’ici le 14 février sur le Nigeria pour affronter leur équipe junior. A notre retour, si cela tenait également, nous allons recevoir le Gabon à Cotonou le 16 février et le 18 février, on joue un autre match avant de nous préparer pour la France.

Quel pourcentage avez-vous déjà atteint dans l’exécution de votre plan de préparation ?

Nous sommes déjà au-delà des 50%. Et je pense que nous allons évoluer dès que nous allons atterrir en France parce que c’est là que va se dérouler le gros lot de la préparation.

Au poste des gardiens de but, il est constaté que vous mettez Hessou en N°2 quand l’équipe évolue à Porto Novo et Glodjinon en N°2 à l’extérieur. Pourquoi ces choix ?

C’est pour montrer à tous les gardiens qu’ils pourront être dans les buts d’un jour à l’autre. Le choix n’est nullement fait en fonction de la région ni par peur envers qui que ce soit.

Il est indéniable qu’Allagbé est le N°1 des gardiens. Alors qui de Hessou ou de Glodjinon est le N°2 ?

Les deux se valent. Ils ont des aptitudes de grands gardiens et il va falloir que l’un arrive à se montrer plus fort que l’autre. Sinon, ce sera toujours le même schéma.

Est-ce que cela veut dire que vous prévoyez retenir trois gardiens ?

Pour le moment nous ne savons encore rien. Mais, il ne servira à rien de laisser un joueur quand vous savez qu’il sera utile à votre équipe. Nous allons pour une compétition et il faut prendre toutes les précautions.

Au milieu de terrain, vous utilisez deux récupérateurs. Mama et Bonou que certains estiment trop courts pour jouer le rôle que vous leur confiez. Avez-vous un schéma pour leur permettre de mieux s’exprimer ?

S’ils ont pu conduire notre milieu de terrain depuis les éliminatoires à ce jour, malgré leurs tailles, c’est bien parce qu’ils le méritent. S’il y avait mieux qu’eux, on les aurait déjà sélectionnés. Ils sont de tailles courtes, mais quand ils arrivent à combler nos attentes, c’est qu’il faut qu’on leur fasse confiance. Alors, nous ne nous plaignons pas de leurs tailles. Ce qu’on souhaite, c’est qu’ils soient toujours en forme pour pouvoir se donner comme ils le font en attendant que d’autres joueurs se révèlent à nous comme étant meilleurs qu’eux.

Il y a votre poulain Naïm Djibril qui a rejoint le groupe…

Oui, il est venu le début de cette semaine. Lui, c’est un milieu de terrain offensif. C’est comme je vous le disais, nous sommes ouverts à tout joueur qui a quelque chose qu’on estime qu’il peut apporter à l’équipe. Il a été vu et supervisé dans le championnat. Ses performances font montre d’un progrès remarquable, alors, nous sommes allés le chercher pour qu’il vienne se donner en équipe nationale.

David Djigla, ce jeune semble perdre un peu son football ?

Pas tout à fait. Il est vrai que le joueur, entre temps, n’était plus trop étincellent mais, ca va maintenant. On espère qu’il va vite retrouver son meilleur niveau, surtout physiquement. Car,  vous savez que le championnat n’est pas tellement huppé au plan physique. Et à voir où il joue actuellement, la deuxième division, il est normal que son niveau régresse. Mais il lui faut travailler encore.

L’absence d’un excentré gauche qui soit pur gaucher n’est-il pas un handicap pour l’équipe ?

Je ne pense pas. En tant qu’entraineur, nous nous adaptons aux joueurs dont nous disposons. Dans le tout le championnat, il n’y a aucun gaucher comme vous le dites qui soit un excentré gauche brillant. Il est alors clair qu’on ne peut pas l’inventer. De là, nous ne pourrons faire qu’avec les joueurs que nous avons.

Au niveau de l’encadrement technique que vous dirigez, on voit souvent avec vous le doyen Expédit Dossou Gbété et Soumaila Oumorou. Sont-ils dans l’encadrement ?

C’est un bon constat. Il y a effectivement d’autres entraineurs qui nous accompagnent dans nos tâches. Mais, je ne saurais vous dire s’ils sont dans le staff ou pas. Toujours est-il que nous avons du retard par rapport à un certain nombre de choses qu’il faut qu’on corrige. En principe, nous devons avoir un staff technique élargi où il y aura des techniciens pour nous aider à superviser les équipes adverses. Mais ce n’est pas le cas. Et on voudrait bien que cela change afin que nos staffs soient complets comme le veut le professionnalisme.

Propos recueillis par Anselme HOUENOUKPO (Coll.)

 

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