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Le triomphe de la vérité

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Littérature:L’Afrique après les indépendances : La vie et demie de Sony LabouTansi, une illustration vivante


L’écrivan Sony Labou Tansi

L’année 1960 a été, pour la plupart des pays africains, jadis sous le joug pesant de la France, une période de libération. Les anciennes colonies françaises ont eu droit à une autonomie de gestion de leurs affaires. Mais une autonomie hypothéquée ou du moins une indépendance brisée car, « l’ancien maître est parti laissant ses disciples noirs pires que lui ». L’Afrique après les indépendances. Cette question a été abordée par plusieurs écrivains noirs dont Sony Labou Tansi. Celui-ci a publié en 1979 ‘’La vie et demie’’ où il a mis à nu la barbarie des nouveaux maîtres du continent noir.

La vie et demie de Sony LabouTansi est une écriture dérangeante dans laquelle sont développés les thèmes de révolte, de violence, de vengeance. En effet, c’est un roman qui relate la malheureuse histoire d’un pays fictif, la Katamalanasie. Dans ce pays, un Guide Providentiel dicte sa loi et impose sa dictature. Il n’hésite pas à mettre fin au parcours terrestre de ses opposants dont le principal est Martial. Il a fait subir à ce dernier les peines de ce monde en utilisant toutes les armes qu’il détient jusqu’à le tuer.

Mais Martial qui « ne veut pas mourir cette mort » vient chaque fois perturber les jours et les nuits de son bourreau devenant ainsi un fantôme à sa poursuite. Sa fille Chaïdana le vengera plus tard. Elle se prostituera avec les différents collaborateurs du Guide Providentiel et les tuera tour à tour. Elle a connu plus d’une dizaine de mariages et deux cent quatre identités. Plusieurs générations vont connaître cette lutte si bien que les successeurs du Guide Providentiel ont peu ou prou participé à son œuvre sanguinaire.

Voilà pour la petite histoire. Aucune création, dit-on, n’est faite ex nihilo. Il faut toujours s’inspirer de quelque chose, d’un fait ou d’une situation. La vie et demie serait bien une photographie de l’Afrique après 1960. Une Afrique en proie à la dictature de ses premiers dirigeants, en proie aux multiples coups d’Etats. L’auteur a utilisé sans gêne les sujets autrefois tabous : le cannibalisme, la sexualité, le viol.

Cela traduirait sa passion de révéler les animosités, les atrocités qui ont régné dans le continent ayant vu le premier homme quelques heures après son indépendance. Suite à la mort du premier Guide Providentiel, aucun de ses successeurs n’a eu le tendre cœur de faire humer au peuple katamalanasien un bon air. Ils ont tous agi dans la même direction que lui, torturant et massacrant la population. C’est dire alors que, l’Afrique au lendemain des indépendances a connu des chefs d’Etats dictateurs, violeurs des droits humains et qui n’ont aucun sens de pitié.

De même, cela prouve que le continent des hommes noirs fut le réceptacle des coups d’Etats accompagnés de changements réguliers de régimes politiques. Plus proche de l’auteur, par exemple, il y a le feuilleton Patrice LUMUMBA et Sese Seko Mobutu. Le second a renversé le régime du premier et a instauré au Congo une dictature notoire. Le peuple, sous son règne est resté malheureux. Car, il n’hésitait pas à faire exécuter politiciens, étudiants et autres.

A sa mort, sa fortune est évaluée à cinq ou six milliards de dollars alors qu’il a laissé une dette publique qui est de treize milliards. Ces présidents africains indélicats aux doigts belliqueux et au cœur dur et qui s’enrichissent sur le dos du peuple tout en le torturant sont nombreux. Sony Labou Tansi a su donc extérioriser quelques uns de leurs comportements inhumains à travers les guides de la Katamalanasie dans La vie et demie.

Esckil AGBO (Coll.)

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