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Le triomphe de la vérité

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Entretien avec le Consul général du Bénin à Paris, Joseph Victor Ménard de Pognon:« Après sa certification, le consulat général du Bénin à Paris sert désormais de référence dans le monde»


Ambassadeur Joseph Victor Ménard de Pognon: «Nous avons décidé de relever le défi de ramener nos compatriotes dans leur maison.»

Depuis le 25 avril dernier, le Consulat général du Bénin à Paris est le premier consulat certifié ISO 9001-2008 dans le monde. Ainsi, en prélude à la remise officielle du diplôme consacrant ce succès à Paris, le principal artisan de cet exploit, l’ambassadeur Joseph Victor Ménard de Pognon explique le long processus qui a abouti à cette prouesse de la diplomatie béninoise. Pour lui, cette certification fait du Consulat général du Bénin à Paris une référence dans le paysage diplomatique mondial.

L’Evénement Précis : Excellence, comment se porte le Consulat général du Bénin à Paris que vous dirigez ?

Ambassadeur Joseph Victor Ménard de Pognon : Le consulat général du Bénin à Paris se porte très bien. Il est là pour la diaspora béninoise de France. Il faut préciser qu’il y a une différence entre un consulat général et une ambassade. Les deux n’ont pas les mêmes attributions. Les attributions sont distinctes et bien séparées. Le Consulat général a un rôle administratif et s’occupe fondamentalement donc de la communauté béninoise de France tandis que l’ambassade a un rôle politique. L’ambassade s’occupe des questions de coopération bilatérale ou multilatérale.

Qu’est-ce qui a conduit à la certification du Consulat général du Bénin à Paris ?

Le consulat général du Bénin a été certifié ISO 9001-2008 le 25 avril 2012. Il s’agit d’une distinction qui consacre les prestations du consulat général à la qualité, à l’efficacité et à l’efficience. C’est ce que veut dire globalement une certification de cette norme ISO 9001-2008. Parce qu’en fait, il existe plusieurs normes de certification qui parlent des questions de qualité, d’efficacité et d’efficience. En d’autres termes, les prestations du consulat général du Bénin à Paris ont été reconnues pour être des prestations de qualité qui répondent à un certain nombre de règles qui sont incluses dans la spécification 9001-2008.

Quelles sont les raisons qui vous ont conduit à braver les multiples exigences de la norme 9001-2008 pour aboutir à ce résultat ?

Nous nous sommes assigné un objectif, celui de changer les choses. Vous savez, l’une des grandes orientations donnée par le Chef de l’Etat en matière de gestion des diasporas béninoises à l’étranger, c’est de procéder à une meilleure gestion de nos communautés à l’étranger, d’améliorer l’image de marque du Bénin à l’étranger. Et lorsque nous avons pris fonction, nous étions attachés à ces directives-là et nous avons dit que pendant notre passage à la tête du consulat général du Bénin à Paris, nous allons faire quelque chose de bien.

Donc, nous avons dit que nous irons à la certification. C’est nous-mêmes qui avons décidé d’aller à la certification. C’est un processus long et nous avons été accompagnés dans l’optique de la certification depuis le 10 janvier 2010. Nous avons été donc formés pendant deux ans et demi. On aurait pu échouer. Nous sommes allés et nous nous sommes entourés de formateurs. C’est à la suite d’un audit que nous avons été certifiés le 25 avril dernier.

 De façon concrète, comment l’usager du consulat ressent-il l’efficacité et l’efficience dans vos actions?

Aujourd’hui, lorsque vous allez demander un document consulaire, il y a les spécifications sur comment nous traitons ces documents, les délais dans lesquels nous traitons ces documents et vous verrez une certaine qualité. Lorsque nous disons que nous remettons par exemple une pièce sollicitée dans l’intervalle de deux jours francs, c’est deux jours francs.

 C’est-à-dire que si vous venez dans l’intervalle de deux jours francs et que vous n’avez pas le document comme nous l’avons dit, ça veut dire que nos actions sont contraires à ce que nous avons dit. Et ça, c’est contraire aux critères de qualité. Indépendamment de ça, lorsque vous rentrez au consulat général du Bénin aujourd’hui, il y a d’abord l’aspect physique des locaux qui a été travaillé. Il faut que je vous dise qu’avant de devenir consulat général, les usagers étaient mal traités.

 Même nos compatriotes étaient mal traités alors qu’ils vont dans leur consulat qui est chez eux. Et de plus en plus, ils ont commencé à s’éloigner de leur consulat jusqu’au moment où en 2006, le gouvernement béninois a décidé d’ériger le service consulaire de l’ambassade en consulat général. A partir de cet instant, nous nous sommes fixés des objectifs. Nous avons décidé de relever le défi de ramener nos compatriotes dans leur maison.

Et pour y parvenir, il faudrait se comporter de manière à les attirer. Donc, c’est ce que nous avons à faire avant même de décider d’aller à la certification. Nous avions déjà commencé à faire un certain nombre de changements d’un point de vue de l’accueil aussi bien physique que téléphonique, changement dans notre style de travail ; ce qui était totalement contraire à ce qui se faisait avant. Les gens, lorsqu’ils devraient se rendre au consulat, c’était malgré eux parce que l’accueil était très désagréable.

Maintenant, c’est devenu leur consulat et de plus en plus nous recevons beaucoup de félicitations et d’encouragements de la part de nos propres compatriotes qui se sentent – et ils le disent- heureux et fiers d’être béninois et fiers d’aller dans leur consulat. Ça a contribué à cette distinction internationale.

Est-ce qu’il ne faut pas craindre qu’après cette certification, le Consulat général dorme sur ses lauriers ?

Lorsque vous allez à la certification, vous entrez dans le viseur de tout le monde, c’est-à-dire que les usagers ont le droit et la possibilité de vous faire des reproches. Et les certificateurs aussi ont des systèmes parallèles pour contrôler que vous respectez exactement les normes. Entre autres choses, j’avais parlé du délai- mais en dehors du délai, il y aussi le fait que, pas exemple, lorsque vous venez déposer une pièce au consulat et que vous voulez la retirer, il y a un certain nombre de critères à respecter pour la retirer.

Et c’est rigoureux. Lorsque vous venez solliciter une pièce, vous être enregistré dans notre base de données, l’heure à laquelle vous venez retirer est connue de manière à ce qu’il y ait une visibilité, une traçabilité de tout ce que vous faites. Et tout cela se fait avec un style qualitatif très élevé. Il y a aussi le fait que vous vous engagez à améliorer de manière quotidienne et permanente ce que vous avez. Le niveau auquel vous êtes arrivé, vous ne pouvez pas vous asseoir à ce niveau-là et croiser les bras et dire que c’est terminé. La certification vous oblige à chercher de manière permanente et quotidienne à améliorer le niveau auquel vous êtes parvenu.

 Mais cela ne veut pas dire que lorsqu’on est certifié, on ne peut pas avoir quelques dysfonctionnements. Mais, c’est que lorsqu’on entre dans uns structure certifiée, il y a un certain nombre de pré-requis qu’on doit voir aussi bien dans le comportement des agents qui y travaillent que dans les services fournis effectivement.

Quelles sont les autorités attendues à la cérémonie de remise de cette distinction ?

Nous avons été certifiés depuis le 25 avril 2012 et il y a une cérémonie de remise officielle de diplôme qui a lieu ce vendredi 20 juillet 2012 dans les locaux du consulat général du Bénin à Paris. Une délégation officielle du Bénin se rend à cette cérémonie et la cérémonie comptera avec la présence des personnels des missions diplomatique et consulaire du Bénin en France que sont l’ambassade, la Délégation permanente du Bénin à l’UNESCO, le consulat général lui-même ainsi qu’avec la présence des présidents des associations de béninois résidants en France et les représentants de certaines missions diplomatiques et consulaires étrangères amies du Bénin.

De façon concrète, quel profit en tire la diplomatie béninoise ?

Ce n’est pas à des retombées matérielles ou financières qu’il faut s’attendre, c’est un prestige. Non seulement, c’est un prestige, mais le consulat général du Bénin sert désormais de référence parce que nous sommes le premier consulat général à être certifié à cette norme là dans le monde. Ce n’est pas nous qui l’avons dit, ce sont les certificateurs eux-mêmes qui l’ont dit. Donc, nous servons quand même de référence au Bénin et dans le monde. Ce n’est pas pour nous vanter.

 Mais ce que nous avons fait, c’est pour notre pays, c’est pour la diplomatie béninoise. Et donc, c’est le succès non seulement de la diplomatie béninoise mais c’est aussi le succès, l’honneur et la gloire de notre cher pays le Bénin.

Quelles sont vos perspectives au Consulat général du Bénin à Paris ?

Il ne faudra plus jamais que nous descendions en déça du niveau auquel nous sommes arrivés. C’est très important. J’en profite pour dire que la certification n’est pas une fin en soi. Il faut savoir la maintenir parce qu’annuellement, vous faites l’objet d’un audit et les usagers peuvent porter plainte aux certificateurs en cas de défaillance pour dire que le Consulat n’est pas à la hauteur. Les certificateurs ont leurs structures parallèles pour vous épier.

Au bout d’un an, ils font un audit qui est réédité une deuxième fois. Et au bout de la troisième année, ils reviennent. La certification s’obtient pour trois ans initialement. Si au bout de trois ans, vous ne la méritez pas, on vous la retire. Ça, c’est la dernière des choses que nous n’aurions pas souhaité qu’il se passe avec nous.

Quel est votre appel en direction des autres consulats et représentations diplomatiques désireuses de vous emboîter le pas ?

J’exhorterai les autres consulats ou ambassades du Bénin qui souhaiteraient nous emboîter le pas à du courage et à la volonté ferme de parvenir à ça, c’est-à-dire que si vous n’avez pas la volonté d’y parvenir et que vous ne vous mettez pas à l’œuvre, vous ne pouvez pas y parvenir.

Pour la propre expérience que nous avons eue, au cours de la formation de deux ans et demi, je disais aux formateurs qu’on va l’arrêter parce que les exigences sont trop élevées et je ne pense pas que nous puissions parvenir un jour à bon port. Et c’est eux qui me disaient qu’on a les aptitudes ici, vous avez un personnel qui est non seulement qualifié mais disponible et nous sommes sûrs que vous parviendrez au bout de cela.

Donc, il faut avoir la volonté, le courage, de l’abnégation et il faut toujours chercher à aller de l’avant. Donc, je pense qu’avec ces qualités-là, ils y parviendront. Mais la réalité, c’est que ce n’est pas banal, ce n’est pas facile.

Entretien réalisé par

Jean-Claude DOSSA

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