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Le triomphe de la vérité

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Magasine:Comment gérer ses sentiments au travail ?


Comme dans votre vie privée, au travail vous pouvez créer des amitiés, gérer des conflits ou encore amorcer une histoire d’amour. Difficile alors d’éloigner vos sentiments de vos obligations professionnelles. Et pourtant il y a bien des situations où la maitrise de l’affect est primordiale au risque de voir empirer les choses, la preuve par 4…

Situation 1 : Votre patron veut devenir votre ami

Ça commence par un déjeuner entre collègue, les langues se délient, vous sortez du cadre professionnel : vous parlez de vos enfants, de votre mari, qui est fan de foot. Ca tombe bien, comme votre boss. Et voilà qu’il vous propose de « regarder un match à la maison », une occasion de rencontrer « votre adorable famille »…Il vous demande sur Facebook, puis se met à commenter vos photos à Punta Cana…Ok vous êtes amis sur facebook, mais en réalité vous ne voulez pas l’être dans la vraie vie !

La solution : Le mélange des genres est dangereux. Car si aujourd’hui tout se passe bien, lorsqu’il y aura un souci dans votre travail, votre boss sera bien votre supérieur, celui qui vous remettra en place si besoin, et ce, peu importe si la veille vous trinquiez ensemble. D’où la nécessité de garder une certaine distance. Vous ne pouvez pas le bannir de Facebook, mais vous pouvez déjà réduire sa visibilité sur votre compte. Ne répondez pas aux textos ou aux appels sur votre portable et préférez des réponses via votre boite mail ou téléphone pro, pour recadrer la relation. S’il insiste pour le match de foot, proposez de le regarder dans la salle de réunion avec vos collègues. Le but étant de ne jamais trop s’éloigner du cadre professionnel.

Situation 2 : Vous montez en grade, vos collègues passent sous vos ordres

Vous vous entendiez bien avec tout le monde, boute-en-train de la troupe, vous n’étiez jamais seule à votre pause cigarette ou au déjeuner. Ca c’était avant, que vous soyez promue manager. Depuis tout a changé : c’est à peine si vous vous incrustez à la salle de déjeuner, vous n’êtes plus dans la boucle des mails d’humour…et vos anciens collègues hésitent même à vous « vouvoyer » !

La solution : le mieux aurait été de réunir vos collègues avant « l’officialisation de votre promotion » pour les prévenir et leur expliquer vous ne changerait pas d’attitude pour autant. Vous pouvez convoquer vos ex-collègues un par un et leur demander leur ressenti, dénouer les malentendus, ressentir les potentielles jalousies, et restaurer un climat de confiance pour le bien-être de l’équipe. Laissez le temps faire son œuvre, ils ont aussi besoin d’un moment pour digérer les choses, c’est normal.

Situation 3 : Votre BF (best friend) collègue est devenue votre pire ennemie

Avant, vous vous réjouissez d’aller au travail juste dans la perspective de la retrouver, rires et confidences assurées. Avant, même lorsque la foudre du patron s’abattait sur vous, elle était toujours là pour vous remonter le moral, vous proposant même une virée shopping à l’heure du déj’. Mais depuis votre embrouille pour une broutille, elle est devenue votre ennemie jurée, colportant ragots et médisances. Vous trainez les pieds pour aller au travail, au bord de la crise de nerfs.

La solution : le dialogue ! Prenez-la à part et parlez-lui en « adulte ». Expliquez lui que vous regrettez cette situation, qu’elle est néfaste pour vous deux, et qu’elle n’est pas productive pour votre travail. Soit vous tentez une réconciliation, soit vous vous limitez à des échanges cordiaux « bonjour », « au revoir » et pourquoi pas lui rendre service si besoin. Elle sera décontenancée face à votre comportement responsable et devrait lâcher du leste. Essayez de poser quelques jours de congés pour prendre de la distance et repartir sur de nouvelles bases à votre retour.

Situation 4 : Vous avez une relation amoureuse avec votre supérieur

C’est la situation la plus extrême de l’affect au travail ! Vous aviez toujours eu le béguin pour lui, mais depuis ce pot au service commercial, l’alcool aidant sûrement, vous avez atteri dans ses bras ! Depuis vous filez le grand amour, passionnel et fusionnel, celui qu’on a envie de crier par-dessus les toits, mais chuuut, c’est votre boss, et gare aux rivalités…

La solution : la discrétion est de mise dans toutes les situations, que votre relation soit officielle ou officieuse. Si les ragots sont trop présents et qu’ils peuvent vous nuire, dites les choses franchement, sans rentrer dans le détail. Tout dépend ensuite du sérieux de votre relation. La vigilance est de mise également pour éviter les traitements de faveurs qui pourraient vous décrédibiliser. En cas de rupture, évitez les situations dramatiques et ne divulguez jamais les dessous de votre intimité. Si l’histoire est trop compliquée, que les sentiments prennent le dessus sur votre travail, alors il faudrait peut-être envisager que l’un de vous deux parte de la société…

Merci à Catherine Deschamps, consultante et coach au cabinet de recrutement Robert Walters Solutions.

Par Karima Peyronie

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Interview d’Elisa Brune, auteure de “La Révolution du plaisir féminin : sexualité et orgasme”

«Volupté bien ordonnée commence par soi-même »

N’en déplaise aux discours ambiants, jouir n’est pas une mince affaire. Cela sous-entend de connaître son corps, de l’avoir apprivoisé pour savoir ce qui le fait (vraiment) vibrer. Dans un livre passionnant (1), l’essayiste Elisa Brune a suivi la piste de la quête du plaisir sexuel sous toutes ses formes. Elle prône un hédonisme sincère, loin des clichés médiatiques. Interview.

 

Quels sont les indices qui vous permettent d’affirmer qu’une révolution sexuelle est en marche ?

Elisa Brune. – Il est possible de parler aujourd’hui de plaisir et d’orgasme. Le dernier bastion de l’intimité est en train de se découvrir au regard et à l’analyse, et le paysage est bien plus diversifié qu’on ne pouvait l’imaginer. À une époque pas si éloignée, les femmes restaient seules avec leurs questions. Aujourd’hui, elles considèrent l’accès au plaisir comme un droit, en tout cas comme quelque chose qui les concerne directement, et non plus comme une espèce de rumeur ou de mystère qui plane.

Qu’est-ce qui vous a le plus surprise dans votre enquête ?

J’ai été surprise par le chemin difficile que représente encore le plaisir pour beaucoup de femmes. Je suis étonnée de voir combien de couples ne font presque jamais l’amour, contrairement au matraquage qu’on nous vend dans les médias. Les femmes peinent à briser le silence qui entoure ces questions dans le couple. Elles sont toujours très inhibées par tout ce qui traîne dans notre culture, sur ce qui est convenable ou pas et sur cette attitude quasi obligatoire de s’occuper d’abord de l’homme.

Que pensez-vous d’une instauration, à l’école, d’une éducation, si ce n’est sexuelle, mais au moins à la connaissance du corps, pour combler ce vide ?

Dans un monde idéal, cela devrait faire partie de l’éducation de base. Au moins que les jeunes aient des bases correctes d’anatomie. En l’absence de cela, la seule lueur d’espoir réside dans le développement d’une éducation sexuelle pour adultes. Des formations plus ou moins poussées, comme celles que j’ai vues en Californie, dans des love shops, qui se développent également en Europe. Ces cours de rattrapage sont les bienvenus, mais demandent des personnes qui possèdent une formation d’éducateur sexuel… et ils sont rares. On est encore dans un analphabétisme sur ces questions.

Quels profils de femmes avez-vous rencontrés dans ces « cours de rattrapage » dont vous parlez ?

Un condensé de la société. J’ai été très heureusement surprise, j’ai vu des assemblées très disparates en termes d’âges ou de profils socioculturels, de l’adolescente à la femme de 60 ans.

Est-ce que la norme, en matière de sexualité, pèse aussi et de quelle manière ?

Il faudrait sortir de l’idée qu’il y a un mode d’emploi, une norme, quelque chose à suivre et à réussir. Il y a parfois le danger d’aller dans un excès inverse, de se soumettre à une morale jouisseuse. On voit des adolescentes qui ont des comportements débridés sans que cela leur convienne. Elles cherchent à être une image, un bon coup. C’est le même processus qu’avant, on veut toujours être la bonne fille ! En agissant ainsi, elles s’oublient, se nient. Elles n’écoutent pas leur corps, ce qui pourrait le faire chanter.

Dans votre livre, vous écrivez aussi que les femmes doivent se débarrasser du syndrome du prince charmant. De quoi s’agit-il ?

C’est le terrible héritage du romantisme. La femme attend que l’homme arrive avec sa science, mais précisément, il n’y connaît rien ! Les femmes pensent que le plaisir sexuel vient en cadeau avec l’amour. Or c’est presque l’inverse qui se produit. Il amène un stress émotionnel et des complexes vis-à-vis de ce qu’on voudrait montrer à l’autre.

Vous estimez, dans le livre, que le plaisir se perfectionne, comme la pratique d’un instrument. C’est-à-dire ?

Le plaisir s’apprend et suppose des connaissances théoriques et anatomiques. La masturbation est indispensable pour mettre en place les circuits du plaisir dans le cerveau. La sexualité devrait être une exploration. Nos représentations du sexe sont extrêmement stéréotypées alors qu’il y a une incroyable diversification possible.

C’est l’un des seuls lieux d’activité où nous n’avons aucune directive, aucun patron, ni agent de police. C’est le dernier endroit où l’on peut être libre. Alors, pourquoi n’en profite-t-on pas ?

Est-ce par paresse ?

Oui, il y a les pesanteurs, la routine, mais aussi un manque d’imagination notable. Les femmes se plaignent de ne plus avoir de désir, mais comment en avoir si l’on fait l’amour chaque fois de la même façon, en fin de soirée, fatiguée, sans être investie ? Or, en une soirée, une femme peut redevenir désirante simplement parce qu’elle a changé de procédure. Il ne faut pas oublier son corps. Si l’on ne fait rien, il s’endort et devient progressivement un bloc de béton.

Source : Lefigaro.fr/madame.

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