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Le triomphe de la vérité

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Editorial:L’embellie des télécoms


Les télécommunications sont désormais au cœur de l’économie. Si l’on ne le savait pas, les pannes récentes de l’Internet nous ont permis de nous en rendre compte. Pire encore, les ennuis des opérateurs Gsm ont touché tout le monde, jusqu’au village le plus reculé. Il n’est même plus de banque ou de maison d’assurance qui ne soit directement reliée au réseau mondial par différentes connexions destinées à assurer la circulation de l’information dans une société que l’on appelle désormais société de l’information.

 Les responsables de Bénin Télécom qui ont assuré pouvoir nous préserver bientôt de tous autres déboires liés à l’internet semblent avoir pris conscience de l’immensité des dommages causés lors de ces interruptions qui paralysent des pans entiers de l’activité économique, et pas des moindres. Banques bloquées, structures de transferts d’argent aux arrêts, opérateurs GSM tournant au ralenti et même les médias obligés de faire face à des dysfonctionnements monstres, ces quelques jours ont affolé tout le monde. Au point qu’on s’est demandé s’il y aura bientôt quelqu’un pour nous en sauver. Il n’y a donc plus de doute, le Bénin est entré de plain-pied dans l’économie du numérique et ne devrait plus jamais en sortir. Et c’est tout bénéfice.

Car en dehors de l’internet géré par des fournisseurs d’accès, les télécoms regroupent aussi le GSM et la transmission de données ainsi que la messagerie. Le Bénin a tiré profit de licences GSM offertes à cinq opérateurs depuis 1999, le dernier en date étant Globacom venu en 2007. Qu’apportent-ils donc à l’économie ? Telle est la question.

D’une façon générale, les recettes issues des télécom représentent en Afrique près de 5 % du PIB. Dans certains pays comme en Namibie, en Ethiopie ou en Zambie, les ménages consacrent jusqu’à 10 % de leurs revenus mensuels à la téléphonie, alors que ce coefficient budgétaire est de l’ordre de 3 % dans les pays développés. On parle de plus en plus de l’explosion du marché des télécommunications qui s’illustre essentiellement à travers le marché du mobile qui connaît un boom extraordinaire ces dernières années. Ceci est largement lié au taux de pénétration de la téléphonie.

 Au Bénin par exemple, le taux de couverture du mobile qui était moins de 1% en 1999 est passé à plus de 50% aujourd’hui. Les télécoms répondent aux besoins des consommateurs mais jouent également le rôle d’accompagnement de la production des autres secteurs d’une économie qui s’est fortement dynamisée. On dira ainsi que la croissance économique d’un pays à forte croissance télécom comme le Bénin sera meilleure que dans d’autres pays qui n’en connaissent pas. Certains économistes défendent même la thèse de l’existence d’une double causalité entre le nombre de lignes téléphoniques et le niveau de développement économique mesuré par le PNB par habitant.

Ce n’est donc par pour rien que des institutions comme la Banque Mondiale voient désormais que le développement des télécom n’est plus une conséquence de la croissance économique mais bien un facteur de celle-ci. Autrement dit, si tu veux développer ton pays, améliore d’abord tes services télécoms. Les sommes colossales dépensées pour lancer les satellites de télécommunications ou installer les infrastructures GSM en sont une preuve tangible qu’aucun Etat sérieux ne peut banaliser.

 Les retombées socio-économiques des technologies se voient aujourd’hui directement à travers les milliers d’emplois créés et l’importance des recettes réalisées. Grâce aux TIC, l’accélération de la diffusion de l’information et son traitement dopent l’activité et jouent un rôle de stimulant pour les agents économiques. Les distances se raccourcissent, les liens se nouent à la vitesse de l’éclair et les affaires se traitent en quelques minutes via téléphone ou par internet.

Il faut donc reconnaître l’effet de ces services sur notre économie, notamment avec la concurrence qui fait rage au sein des différents opérateurs. Rien que dans le secteur des GSM, les prix ont largement chuté, dopant du même coup la consommation individuelle et institutionnelle. Les statistiques tarifaires affichaient en 2000 pour Télécel (devenu Moov) au moins 245fcfa/mn, pour Areeba (devenu MTN) environ 150 fcfa/mn tandis que Libercom ( kwabo) affichait 513 fcfa/mn.

Aujourd’hui, une douzaine d’années après, non seulement les tarifs ont chuté de plus de moitié mais encore la qualité du service s’est largement améliorée. Malgré cette embellie notoire, le coût des communications internationales reste outrageusement prohibitif. C’est le prochain défi.

Olivier ALLOCHEME

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