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Le triomphe de la vérité

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4 ans après les Etats Généraux de la Santé:Le ministère de la santé et le comité de suivi évaluent la mise en œuvre des recommandations


La ministre de la santé, Dorothée Akoko Kindé Gazard

Ce dimanche 13 novembre 2011, sur la chaîne privée Canal 3 Bénin, la ministre de la santé n’est pas allée du dos de la cuillère pour dénoncer les maux qui minent le secteur de la santé au Bénin. Pour Dorothée Akoko Kindé Gazard, il n’y aura pas de développement sans la santé.

 Du contentieux des pharmaciens à la lutte contre les cabinets médicaux illégaux, en passant par la mise en œuvre de la gratuité des soins liés au paludisme chez les enfants et les femmes enceintes, le Régime Assurance Maladie Universelle (Ramu), le ministre de la santé n’a rien occulté dans se rendez-vous avec les téléspectateurs.

 Occasion pour Mme Gazard de partager avec le peuple béninois ses ambitions pour le secteur de la santé en général et pour les populations en particulier. Lire à travers ce dossier l’intégralité de ces propos.

« ….la loi sera dite en ce qui concerne le dossier Ubipharm…. »

J’estime que c’est un dossier très sensible qui relève du ministère de la santé et mon cabinet et moi-même nous sommes entrain de nous pencher sur ce problème. Ce dossier est devenu un dossier politique. Tout le monde s’en saisit. Je pense que c’est un dossier très sensible.

 Je voudrais inviter chaque protagoniste et leurs supporteurs à dépassionner le débat. Nous, nous sommes sereins au ministère de la santé et nous allons dire tout simplement le droit parce que notre pays est régi par des textes. La distribution ou l’exercice en clientèle privée est attachée à un professionnel de la santé. Ne peut être grossiste qui veut. Pour être un grossiste, il faut avoir un agrément et être pharmacien.

Nous avons au ministère de la santé une cellule technique où il faut adresser une requête à la commission technique à travers l’ordre des pharmaciens. Mais je ne voudrais pas donner tout ce détail là sur la place publique. Ce dossier date d’au moins deux ans et ce n’est pas en deux mois que nous allons le régler ; il faut être serein, donner la possibilité aux vrais professionnels de se pencher sur ce dossier et de trouver des solutions idoines.

Etat des lieux à sa prise de fonction !

Je voudrais reconnaître ici que le système de santé que j’ai retrouvé n’est pas celui que j’ai laissé en 2006. Notre système de santé est caractérisé par la démotivation, les grèves récurrentes et nous pensons qu’il faut rapidement corriger le tir. C’est pour cela que nous avons effectué dès notre prise de fonction des visites dans plusieurs hôpitaux pour nous convaincre davantage de ce qui est dit. Et qu’est ce que nous avons rencontré sur le terrain.

Des agents de santé complètement démotivés, la vétusté des installations, des équipements non fonctionnels. Au vu de cela, nous avons rencontré le personnel à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. Que ce soit les directeurs départementaux les anciens ou ceux qui sont sur place, les médecins coordonnateurs, les infirmiers, les sages femmes et tout le reste des professionnels de la santé pour nous entretenir avec eux et nous avons compris qu’il n’avait pas l’homme qu’il faut à la place qu’il faut.

 En effet, Pour être directeur départemental de la santé par exemple, il faut être un médecin ou un médecin de santé publique. On ne peut pas mettre un chirurgien à la tête de la direction départementale de la santé. Il faut qu’il soit un professionnel ayant une vision globale, holistique avec les approches de santé publique. Et quand on est médecin, il faut aussi avoir la capacité pour diriger, il faut apprendre la gestion des hôpitaux.

Je dirai donc que par rapport à la nomination des directeurs, des responsables de santé, nous avons défini un profil. Et le Chef de l’Etat étant soucieux de ce qui se passe dans le secteur de la santé, nous a autorisée à mettre en place une nouvelle équipe. Et c’est ce que nous avons fait depuis environs dix semaines.

« …tous les ministres qui se sont succédé ont fait ce qu’ils pouvaient… »

Je voudrais dire que tous les ministres qui se sont succédé ont fait ce qu’ils pouvaient ; mais on dit souvent qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. Il faut que ce soit toute la corporation qui soit suffisamment motivée pour garantir à la population des soins de qualité dans notre département. Mais, il n’y a pas les acteurs de santé, nous avons parlé des équipements. Qui livre les équipements ? Ce n’est pas le personnel.

Nous avons des sociétés qui livrent les équipements. D’abord dans notre code de marché public, nous disons qu’il faut attribuer les marchés à part tous les critères au moins disant. Le moins disant en ce qui concerne les équipements n’est pas forcément celui qui a les équipements de bonne qualité. Nous avons des sociétés qui vont peut être ramasser des pièces détachées et font l’assemblage pour nous livrer des équipements qui ne sont pas fonctionnels…

Dans le secteur, il faut assainir. Notre pyramide sanitaire est triple. Nous avons un niveau central du ministère de la santé, le niveau départemental à travers les directions départementales de la santé et enfin le niveau périphérique à travers les zones sanitaires qui sont au nombre de 34. Chaque zone sanitaire dispose d’une équipe d’encadrement de zone, d’un hôpital de zone et les centres de santé de commune.

Aujourd’hui, nous pourrons dire qu’au Bénin nous disposons d’une couverture en infrastructures sanitaires d’au moins 80%. Dans notre plan des ressources humaines, nous envisageons d’ici à l’année 2012 d’installer des spécialistes dans ces hôpitaux de zones. Parce que lorsqu’on prend un hôpital de zone, c’est un hôpital qui est érigé à proximité de plusieurs communes et qui doit les desservir. Un hôpital de zone doit avoir un minimum de spécialistes : un chirurgien, un gynécologue, un médecin pédiatre, un médecin spécialiste de la médecine interne. Mais aujourd’hui nous pouvons dire que nous n’avons pas ce personnel qualifié.

Redéployez le personnel sanitaire

Chaque année, nous avons une cinquantaine de médecins qui sortent de la faculté des sciences de la santé et de l’Université de Parakou. Mais depuis 1988, l’Etat a cessé, faute de moyens certainement, de recruter systématiquement les médecins qui sortent. Et bien, ces médecins sont laissés sur le carreau pendant que les centres de santé sont vides. A l’issue des grèves, le Chef de l’Etat a accepté que l’on reverse certaines catégories de professionnels dans la fonction publique.

Mais paradoxalement au ministère de la santé, sur environs 10 000 agents qui ont été ou qui seront versés, nous avons 500 qualifiés et ce n’est pas du tout suffisant pour animer un service de qualité. Nous avons reversé par exemple des secrétaires, des agents d’entretiens… Mais les vrais spécialistes n’ont pas été reversés. Ceux qui ont été reversés, c’est des gens que nous appelons mesure sociale.

C’est des gens qui dans la communauté étaient recrutés sur les fonds propres pour pouvoir gérer d’autres situations. Par exemple, les agents d’entretiens… Tout ce personnel est aujourd’hui reversé en contractuels de l’Etat. Ce qui plombe le secteur. Cela bouche la possibilité de recruter du personnel qualifié. Mais nous n’allons pas nous arrêter à cela. Nous prendrons soin d’attirer l’attention du gouvernement.

Et nous voulons proposer dans notre plan de développement des ressources humaines que la motivation sera graduelle. Plus on s’éloigne de Cotonou, plus il faut des motivations subséquentes pour permettre de fidéliser ceux qui acceptent d’aller travailler dans les zones reculées.

Un dialogue social instauré

Je suis foncièrement contre la grève dans le secteur santé et surtout la grève sans service minimum. Nous devons garantir ce service minimum quels que soient les combats que nous menons. Tout se fait dans le dialogue avec les partenaires sociaux. Nous avons beau mené des reformes.

S’il n’y a pas des agents au travail, les réformes ne serviraient à rien dans notre secteur. C’est pour cela que dès notre prise de fonction, nous avons mis en place le cadre de concertation de dialogue et nous venons de tenir la semaine dernière notre deuxième réunion statutaire. En moins de 6 mois nous avons tenu déjà 2 réunions alors qu’il faut 3 réunions pour l’année. Nous sommes en dialogue permanent avec les partenaires sociaux.

 Nous avons planifié la libération des primes qui leur sont dûes parce que le gouvernement a pris des engagements et nous sommes tenus de payer ces primes au fur et à mesure que nous améliorons les recettes de l’Etat et nous les recevons tout comme pour dire que toutes les guerres finissent autour d’une table. Alors n’allons pas en guerre, négocions au départ, planifions tout ce que nous voulons faire même si nous n’avons pas les ressources.

 En planifiant, je crois qu’on pourrait venir à bout des différentes revendications. Et la plupart sont des revendications légitimes. Mais nous sommes un secteur de la santé et il faut faire très attention à la santé des populations. Les populations ne devraient pas mourir du fait des agents de santé.

Le sang sera bientôt disponible dans tout le Bénin

D’abord par rapport au sang, c’est pour moi une priorité en tant que ministre de la santé. Ce n’est pas normal que les gens meurent faute de sang. Et avec tout mon cabinet, nous venons de créer l’agence nationale de la transfusion sanguine. Je mentirais à la population en disant que d’ici la semaine prochaine, le sang sera disponible partout. Mais à travers cette agence qu’est ce que nous allons faire ?

Nous allons sécuriser les ressources pour pouvoir acheter les intrants pour qualifier le sang. On ne transfuge pas n’importe quelle qualité de sang. Il faut prélever le sang, l’analyser. Nous sommes entrain de mettre en place une stratégie pour améliorer la collecte de sang en ciblant d’autres groupes. Les étudiants par exemple. Nous allons négocier avec eux pour que une fois tous les quatre ou cinq mois, chaque étudiants puisse donner du sang. Les corps constitués, les militaires…

Nous allons déplacer les sites de collecte même au marché sur toute l’étendue du territoire. Mais lorsque que nous avons collecté le sang, il faut venir le sécuriser et l’analyser. Et c’est là où le bât blesse. Nous n’avons toujours pas les réactifs pour sécuriser le sang. Le sang est là collecté mais on ne peut pas le transfuser puisqu’il faut aller voir s’il n’y a pas des maladies dans le sang. Donc c’est ce que nous sommes entrain de nous atteler à faire à travers l’agence nationale de la transfusion sanguine.

Je voudrais dire à toute la population que mon cabinet et moi-même sommes sensibles au problème de sang. Le centre national de transfusion sanguine était un démembrement de la direction du médicament. Mais aujourd’hui l’agence a une autonomie financière. Donc lorsque l’agence aura son budget, l’agence aura à faire des approvisionnements sur toute l’année.

 Ce qui n’était pas le cas et souvent il y a des manques de réactifs pour qualifier le sang. Mais je dois dire également autre chose : Nous cédons le sang aujourd’hui à 2000 Ffca et pour qualifier le sang tout ce que le ministère de la santé investit va au-delà de 10 000 Fcfa.

Place à la bonne gouvernance… avec le guide de bonnes pratiques

Il faudrait que nous ayons la bonne gouvernance dans le secteur. Cette bonne gouvernance n’existe plus et elle est même décriée par les propres acteurs du système de santé. Il n’y a plus de leadership. Nous devrons remettre les agents de santé au travail. Nous voulons supplier la population que les réformes que nous sommes en train de mettre en place aboutissent. Notre ambition est qu’il n’y ait plus de mort du fait des insuffisances du personnel médical.

Et nous y veillons, d’abord par le recyclage et je vais vous annoncer un évènement très important qui aura lieu d’ici la fin de l’année. Nous venons d’élaborer un document que nous allons appeler le guide de bonnes pratiques dans le secteur de la santé. C’est un guide qui nous informe sur les normes que nous avons élaborées en deux volets. Un 1er volet pour le personnel de la santé et un 2ème volet pour les usagers…

Les soins dans un centre de santé commencent par l’accueil. Et lorsque l’accueil est correctement fait et lorsque vous accueillez le malade avec tout le sourire déjà, il se sent rassuré. Les usagers doivent savoir à quoi s’attendre en fréquentant nos centres de santé. Et nous voulons dire aux usagers qu’il est temps de dénoncer les pratiques. C’est pour cela que nous avons programmé de mettre en place au ministère de la santé un numéro que nous appellerons « SOS Santé ».

Nous sommes déjà en pourparlers avec le ministère de la communication. Et 24h/24h, on va pouvoir se renseigner sur ce qui se passe dans les centres de santé. C’est le drame dans notre pays où on ne sanctionne pas. Mais nous pensons qu’il faille sanctionner et les usagers devraient nous aider à arriver à la sanction. Nous pouvons prendre exemple de cet enfant qui a été amputé dans le département de l’Ouémé.

Aujourd’hui ce médecin est en prison. Et tous les acteurs qui sont intervenus dans ce centre sont déjà passés devant le juge. Il faut que la population nous aide en dénonçant à visage découvert ce qui se passe dans nos formations sanitaires si non nous n’allons jamais corriger. Nous avons conscience de ce qu’il y a de la vénalité dans nos centres de santé.

Poursuivre et parfaire les initiatives de gratuité

Nous avons déjà à travers plusieurs initiatives du Chef de l’Etat, le Dr Thomas Boni Yayi garanti les soins dans certains services de nos formations sanitaires. Nous pouvons citer par exemple la gratuité de la césarienne. Nous avons un paquet que nous appelons le kit de césarienne qui est disponible dans tous les hôpitaux qualifiés pour donner cette prestation. La gratuité des soins liés au paludisme est également une initiative du Chef de l’Etat que je voudrais saluer.

Le Dr Boni Yayi est soucieux de la santé des couches déshéritées. Le paludisme sévit dans les couches les plus pauvres. Le paludisme rend davantage pauvre. Donc cette gratuité est saluée par les populations mais également par la communauté internationale. Ainsi, lorsqu’une maman se présente avec son enfant dans un centre de santé, il faut retenir qu’on doit lui faire le test de diagnostic du paludisme.

Et nous avons un outil formidable aujourd’hui. C’est le test de diagnostic rapide. Nous n’avons plus besoin de microscopique, nous n’avons plus besoin d’énergie électrique pour faire du diagnostic du paludisme. Avant on faisait des prélèvements sanguins. Avant il fallait aller au laboratoire, disposer d’un microscope. Et si vous n’avez pas d’énergie électrique, vous n’avez pas de microscope. Certes, il y a des microscopes solaires.

Mais aujourd’hui c’est une avancée considérable dans le diagnostic du paludisme. C’est un peu comme le test de grossesse que nous achetons en pharmacie. Il y a la gratuité quand on n’a la confirmation que c’est du paludisme. C’est vrai que pendant longtemps, les agents de santé à travers les différentes stratégies ont recommandés que l’on traite toute fièvre. Mais aujourd’hui puisque nous voulons tendre vers l’élimination du paludisme, il faut donc être sûr que c’est effectivement le paludisme que nous traitons.

C’est pour cela que j’ai demandé à mes collaborateurs d’intensifier la communication pour informer les populations. Au-delà de la gratuité du paludisme, nous voulons instituer un paquet minimum d’intervention. Nous sommes en train d’évoluer dans notre système de santé. Il s’agira donc de prendre en charge aussi bien le paludisme que les diarrhées, les infections respiratoires aigües. Et ceci, grâce au Régime Assurance Maladie Universelle (Ramu) qui sera bientôt lancé.

Pour le paludisme grave, nous avons même prévu que la transfusion sanguine, s’il est nécessaire sera prise en charge. Et je dis qu’il faut changer de paradigme et il faut le suivi régulier. Pour moi c’est la tolérance zéro décès chez un enfant. Lorsqu’un enfant est admis à l’hôpital il faut tout faire pour le sauver.

 Et il faut également que les populations commencent à s’interroger sur les causes de décès. Nous devons chercher à savoir de quoi est morte une personne chère à nous. Nous demandons à nos agents de santé qu’ils doivent garantir les soins de santé de qualité aux populations.

Que retenir du Ramu ?

L’assurance maladie est une innovation du chef de l’Etat qui a donné des instructions pour que le Régime Assurance Maladie Universelle soit une réalité dans notre pays d’ici la fin de l’année 2011. C’est vrai que nous avons déjà plusieurs initiatives de régime d’assurance au Bénin. Par exemple, il y a des privés qui ont des mutuelles qui offrent l’assurance, il y a la caisse de sécurité sociale, et les mutuelles communautaires.

Il y a plusieurs initiatives qui seront reversées dans le Ramu pour pouvoir mieux organiser toutes ces initiatives. Une agence a été créée il y a dix semaines pour mettre en œuvre le Ramu et nous sommes actuellement dans le processus d’élaboration des textes et nous avons même faire adopter une loi sur le Régime Assurance Maladie.

Nous aurons les contrats qui se feront directement au niveau de l’agence nationale, nous aurons les démembrements départementaux et périphériques selon la pyramide sanitaire. Et il y va de l’intérêt des usagers de souscrire à une action parce que ce sera une contribution maudite qui sera peut-être mensuelle pour avoir un paquet de soins. C’est vrai que nous lançons cette initiative avec une subvention de l’Etat et les trois premières années c’est l’Etat qui va garantir le financement de cette assurance en espérant que bientôt les populations pourront elles-mêmes commencer par y souscrire et ainsi, l’Etat pourra se retirer progressivement.

Et comme nous sommes un pays pauvre, nous avons défini par avance le paquet de soins, les catégories et classes de médicaments qui pourraient être pris en charge par le Ramu. Lorsque le Ramu sera lancé, la gratuité du paludisme va rentrer dans le cadre de l’assurance maladie, de même que la gratuité de la césarienne.

Un exemple de soin qui ne sera pas remboursé lorsque nous prenons un cancer, qui sera difficile à gérer nous avons pris des dispositions pour que les malades soient traités et ceci en fonction des revenus des individus. Nous comptons sur la contribution des médias pour que d’ici à deux semaines, il y aura des conférences, des tables rondes pour expliquer ce qu’est l’Assurance Maladie Universelle.

…nous allons purement et simplement vers la fermeture des centres illégaux…

Je pense que c’est vraiment un drame dans notre secteur. Et nous sommes prêts à combattre ce phénomène. Nous avons déjà commencé par mener des actions dans un passé récent en demandant que la commission technique fasse son travail à travers les différents ordres professionnels (médecins, sage-femme, infirmiers, stomatologues, chirurgiens, anesthésiste, laborantins) etc… Pour ouvrir un centre de santé, il y a un cheminement, je veux parler aussi bien des infirmiers que des médecins.

Les infirmiers d’abord doivent s’inscrire à l’ordre des infirmiers. Deuxième chose, pour ouvrir éventuellement un cabinet de soins, il faut demander l’autorisation de l’exercice en clientèle privé. Un infirmier ne peut ouvrir un cabinet médical que lorsqu’il a l’autorisation du ministère de la santé.

Et un infirmier ne consulte pas, il n’hospitalise pas, il est un exécutant des soins. Donc, il demande l’autorisation d’exercice en clientèle privée en apportant la preuve qu’il n’exerce dans aucune structure publique. La troisième chose, il doit avoir l’autorisation d’ouverture d’un cabinet de soins. Voilà les trois étapes pour avoir un cabinet de santé. Aujourd’hui, c’est la pagaille. Et notre combat c’est d’abord de montrer à la population les centres qui sont reconnus par le ministère de la santé.

Nous allons mettre sur ces centres des plaques distinctives qui attestent que ces centres de santé ont reçu l’agrément du ministère de la santé et sont reconnus par l’Etat. Nous allons distinguer les plaques des infirmiers qui peuvent donner des soins des plaques des cabinets où il y a un médecin qualifié. Et la population doit pouvoir apprendre à connaître ces signes. Et nous allons purement et simplement vers la fermeture des centres illégaux parce qu’il y a une loi qui régit l’exercice en clientèle privée.

Nous avons dans le Borgou 60% des cabinets médicaux qui sont illégaux et à Cotonou, plus de 70% des cabinets n’ont pas d’autorisation ni d’agrément. C’est un drame et c’est pour cela que nous sommes en train de mettre en place le dispositif pour réglementer le secteur. En principe selon les textes, le médecin peut faire de la clientèle privée mais dans le centre public où il travaille.

Il peut travailler et faire de la consultation privée dans les hôpitaux. Et normalement, les médecins ne devraient pas avoir des cabinets privés. En perspective, nous pensons également garantir les soins 24 h sur 24 dans nos formations sanitaires. C’est une fourmilière mais nous allons y arriver.

Mot de fin

« Je voudrais dire aux agents de santé que parmi nous il y en a qui 24 h sur 24h travaillent pour sauver des vies humaines malgré les conditions d’exercice difficile. Mais à côté de ceux là, il y a d’autres qui sont décriés. Pour ceux là je voudrais leur demander d’aimer leur profession, d’aimer ce qu’ils font et d’aimer leur prochain afin de garantir les soins de santé de qualité. Quant à vous chers journalistes j’espère pouvoir compter sur vous pour améliorer l’Etat de santé des populations.

Mon ambition est de tout faire pour qu’aucun béninois ne meurt dans nos centres de santé du fait de la défaillance des agents de santé et je ferais tout pour qu’il en soit ainsi pour améliorer la qualité de nos prestations. Je voudrais terminer en rendant hommage au chef de l’Etat qui est très proche du secteur de la santé pour toutes les initiatives de gratuité qu’il a mis en place et bientôt le Régime d’assurance maladie universelle ».

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