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Le triomphe de la vérité

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Entretien avec le Directeur des services législatifs de l’Assemblée Nationale:Isaac FAYOMI passe au scanner le projet de révision de la Constitution


Reçu sur l’émission « Echos de l’Assemblée Nationale », de la Radio Bénin Culture, le Directeur des Services législatifs de l’Assemblée Nationale, Isaac FAYOMI parle du projet de révision de la Constitution qui alimente actuellement toutes les polémiques. Magistrat de formation, l’homme revient sur les réelles motivations de cette question d’intérêt national qui continue d’agiter l’opinion publique. De son regard de technicien, Isaac FAYOMI fait un point des éléments nouveaux qui constitueront l’ossature de la nouvelle Constitution. Dans cet entretien, le Directeur des services législatifs du Parlement a, de par ses observations, rassuré le peuple sur l’opportunité de la révision de la loi fondamentale tout en apportant des clarifications à certains amalgames.

 

Directeur des Services législatifs de l’Assemblée nationale, Isaac Fayomi

M. le DSL, vous n’êtes pas étranger à cette émission, néanmoins je vous prie de bien vouloir vous présenter davantage à nos auditeurs.

Monsieur Isaac FAYOMI : Merci Monsieur le journaliste. On me nomme Isaac FAYOMI. Je suis magistrat de formation comme vous l’avez annoncé. Je suis aux commandes de la Direction des services législatifs de l’Assemblée Nationale. En Avril dernier, j’étais ici justement pour entretenir vos auditeurs sur la mission de l’Assemblée Nationale et surtout sur le rôle du député. Vous vous rappelez n’est-ce pas ?

Revenons au sujet qui préoccupe nos auditeurs et surtout l’opinion nationale. Il paraît que les députés de la 6ème législature ont une bonne batterie de lois qui mettront à mal les fonctionnaires dans les jours à venir ! Après la loi sur la corruption, aujourd’hui les syndicats soupçonnent les députés de vouloir écarter la grève du dispositif législatif béninois. Les douaniers, les policiers et d’autres corps en kaki ne seront pas épargnés. Plus sérieux, il y a la révision de la Constitution. Tout ceci fait peur au peuple. Alors, vous qui êtes au centre des procédures parlementaires, dites nous : A quoi doit-on s’attendre dans les prochaines semaines à l’Assemblée Nationale ?

Merci Monsieur Florent. Il n’y a pas de quoi avoir peur. Les députés sont élus par le peuple, ils sont d’ailleurs des représentants de la Nation. Alors dans la normalité, un député ne peut pas vouloir du mal à son peuple. Donc je crois qu’il y a de l’amalgame dans tout ce qui se dit actuellement. Si le député est un élu du peuple et a reçu mandat du peuple, je ne pense pas qu’il puisse mettre à mal son peuple ou le pays. Revenons au problème posé. Vous avez parlé de la loi sur la corruption, je ne souhaite pas en parler maintenant. Car il mérite une émission spéciale compte tenu de son volume, de son importance et de ce qu’on en dit. Je souhaite qu’on trouve un autre temps pour en parler. Pour le reste je suis à votre disposition…

D’abord cette loi portant conditions de recours au référendum. Quel est son contenu ? C’est la voie ouverte à la révision de la Constitution….apprenons-nous M. Isaac FAYOMI.

Non, je dirai tout de suite que les gens se trompent. Il faut définir ce qu’on entend par référendum.

C’est quoi alors ?

La loi référendaire est un thème juridique, naturellement du droit constitutionnel. Le référendum c’est quoi ? C’est le procédé de la démocratie semi-directe par lequel le peuple collabore à l’élaboration de la loi qui ne devient parfaite qu’après son consentement. C’est à dire qu’on demande également l’opinion du peuple par voie de consultation. Il y a plusieurs sortes de référendums. Il ne faut pas qu’on se trompe parce que tel que les gens parlent, le référendum conduit directement à la révision de la Constitution. Erreur ! J’aborderai seulement deux sortes de référendums : le référendum constituant et le référendum de consultation.

Le référendum constituant. Qu’est-ce qu’on peut y retenir concrètement ?

Le référendum constituant. Il s’agit du référendum qui porte sur l’adoption ou la révision de la Constitution d’un pays.

Comme ce sera le cas très bientôt ?

Prenez patience. On y arrivera tout à l’heure. Le second que j’appelle le référendum de consultation, comme son nom l’indique, sert à consulter. C’est à titre d’enquête sur le principe d’une mesure envisagée par les gouvernants afin de tenir compte de la volonté populaire. Alors je voudrais préciser qu’ à titre d’illustration, le Gouvernement peut décider de demander au peuple s’il faut supprimer ou non la peine de mort.

Ce n’est que par la voie de consultation qu’on pourra recueillir l’avis du peuple. C’est vrai que cette possibilité que je viens d’énoncer n’est plus de mise. Vous le savez parce que le Bénin est désormais cité parmi les pays abolitionnistes de la peine de mort. C’est juste un exemple pour illustrer mes propos.

Le référendum est donc la voie ouverte pour obtenir l’adhésion du peuple, son consentement sur un sujet donné. Alors revenons au cas précis de la Constitution. Si vous voulez, on peut en parler.

Oui. Vous venez de baliser le terrain de la notion du référendum. Mais les auditeurs s’impatientent et je suis également de ceux là qui voudraient savoir si la révision de la Constitution sera amorcée à travers cette loi sur le référendum?

Je crois que les gens font l’amalgame. Il y a une confusion totale qu’il faut clarifier. Je vais vous raconter une petite anecdote. J’ai été approché par un Béninois en Guinée Equatoriale qui m’a dit : « il paraît que vos députés s’apprêtent à réviser la Constitution en y introduisant que désormais au Bénin il n’y aura plus de droit de grève… ».

Vous voyez jusqu’où l’amalgame est parti ! Il s’agit pourtant de deux dossiers complètement différents. Sur la loi référendaire, je réponds qu’il n’est pas une initiative nouvelle. Souvenez-vous. A l’article 159 de la constitution du 11 Décembre, il est dit : « La présente Constitution sera soumise au référendum ». C’était en 1990 déjà. Et l’article poursuit : « les dispositions nécessaires à son application feront l’objet soit de loi votée par le Haut Conseil de la République soit de décret pris en Conseil des Ministres. Les attributions dévolues par la présente Constitution à la Cour Constitutionnelle seront exercées par le Haut Conseil de la République jusqu’à l’installation des institutions nouvelles ». A l’article 154 pour être plus complet sur la question de la révision et du référendum, on lit : «l’initiative de révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République après décision prise en Conseil des Ministres et aux membres de l’Assemblée Nationale. Pour être pris en considération, le projet ou la proposition de révision doit être voté à la majorité des ¾ des membres composants l’Assemblée Nationale. La révision n’est acquise qu’après avoir été approuvée par référendum…» Vous voyez que le référendum revient encore ! « Sauf si le projet ou la proposition en cause a été approuvé à la majorité des 4/5 des membres composant l’Assemblée Nationale ».

Par respect à la Constitution de décembre 1990, le Président Soglo a pris l’initiative de transmettre à l’Assemblée Nationale par décret 94-230 du 18 Juillet 1994, c’est-à-dire quatre ans pratiquement après l’adoption de notre Constitution. Le Président Soglo disais-je, a transmis un projet de loi organique sur les conditions de recours au référendum car il s’agit d’une exigence constitutionnelle. Le Président de la République d’alors a soumis ce projet. Parce que, le projet de loi vient du Gouvernement et la proposition de loi vient de l’Assemblée Nationale.

Là également il y a quelques amalgames qui se font aujourd’hui, on ne sait pas si ce sont les députés qui ont proposé la loi sur le référendum ou si c’est le Gouvernement, juste pour dire oui chers élus du peuple, aidez nous à pouvoir réviser la Constitution. Cela mérite des clarifications, M. FAYOMI !

Du point de vue de la procédure parlementaire, dès qu’un projet est transmis au Président de l’Assemblée, après une étude sommaire sur la recevabilité, le projet est affecté à la Commission compétente. Ce dossier en son temps avait été affecté à la Commission des lois.

Mais pourquoi cela n’avait pas été traité ?

Comme je l’avais dit au cours de la précédente émission, une législature de quatre ans est tellement vite passée. Mieux, c’est une question de priorité pour les législatures. Je ne saurais dire avec exactitude les raisons du non traitement d’un dossier de 1994, seulement, si un dossier vient à un mauvais moment et si ce n’est pas la priorité en ce moment, le mandat de la législature passe sans que la loi ne subisse le moindre examen. Il est effectivement étonnant que ce projet ait traîné depuis la première législature. C’est quand même heureux qu’à la sixième législature, un groupe de députés ait estimé qu’aujourd’hui, il faille doter notre pays d’une loi référendaire.

On ne peut pas passer à l’étape de référendum, donc de consultation populaire sans avoir au préalable, une loi référendaire. C’est donc ce qui explique aujourd’hui cette initiative d’un groupe de députés. Ce n’est donc pas venu en l’air. A titre de rappel, elle fait partie d’une série de textes qui devraient accompagner la Constitution. Huit lois organiques et vingt lois ordinaires sont prévues pour compléter ou préciser certains points de la Constitution. De tout cela, il ne reste que deux lois organiques et neuf lois ordinaires à élaborer. Il ne faudrait pas que nous ayons un vide juridique dans le système après vingt-et-un ans. Alors, une telle proposition de loi vient bien à propos.

Concernant la révision de la Constitution, que comporte la loi que le peuple ignore ?

Je crois qu’aujourd’hui si nous interrogeons notre peuple, tout le monde veut de la révision de la Constitution. J’entends même dire : Pas de révision opportuniste, ce qui veut dire que dans une certaine mesure, on est d’accord.

Le peuple a par exemple envie de voir institutionnaliser la CENA et pour ce faire, il faut avoir recours à la Constitution. Ce que veut le peuple c’est que cette révision ne soit pas taillée sur mesure au profit de quelqu’un. C’est peut-être l’occasion de vous dire qu’une loi, que ce soit un projet ou une proposition, a nécessairement besoin d’une justification qu’on appelle : exposé des motifs.

Si nous prenons la loi sur la révision de la Constitution, l’exposé des motifs a déjà balisé le terrain pour éviter un certain nombre de dérapages. Par rapport à cette révision, tout le monde doit être à l’aise. « Les orientations données par le Chef de l’Etat aux membres de la commission se résument notamment à préserver à tout point de vue, les options fondamentales énoncées à la Conférence nationale des forces vives de février 1990 considérées comme socle de notre Constitution. Il s’agit de : L’Etat de droit, la démocratie libérale, la forme républicaine de l’Etat, le multipartisme intégral, la nature présidentielle du régime, la limitation du mandat du Président de la République, l’âge des candidats à l’élection du Président de la République. Voilà donc comment le terrain a été balisé. Ce n’est pas toute la Constitution du Bénin qui sera révisée. C’est certains titres et parties qui ont été identifiés et je peux vous dire qu’il sera question d’introduire dans la Constitution certaines institutions……

En tout cas, de l’avis du Président de la République, ces éléments fondamentaux que la Commission a relevés feront, de l’avis du Président de la République et sur la base de ce que j’ai lu dans l’exposé des motifs, l’objet d’une large consultation.

D’aucuns estiment toujours qu’il s’agit d’une révision taillée sur mesure, qu’il y a anguille sous roche…etc. Ce n’est pas votre avis ?

Je pense qu’il y a eu un déficit de communication. Je comprends que le peuple ignore la procédure parlementaire et qu’il faut l’éclairer. Quand un projet de loi est déposé au parlement, il fait l’objet d’étude en Commission. Et le travail au niveau des commissions se déroule à huis clos. C’est la Plénière qui est ouverte au public. Je comprends donc que le peuple n’ait pas accès à certains documents. Si c’est le cas, il est excusé. Et tous ceux qui parlent aujourd’hui sont également excusés. Je voudrais dire qu’il n’y a pas matière à craindre. Et pour cause.

Quand je prends le titre premier : « De l’Etat et de la souveraineté », contenu dans le projet de révision. Ça n’a fait que réaffirmer un certain nombre de principes déjà connus. Il est introduit cependant que l’organisation des élections des représentants du peuple tant sur le plan national que local et le référendum sont confiés à une commission qu’on appelle CENA. Il est également réaffirmé la question de la LEPI. Selon moi, on ne peut pas dire que parce qu’on n’a pas réglé définitivement la question de la LEPI, parce qu’il a des oubliés…., on ne peut la faire transparaître dans une loi. Ce n’est pas possible.

La question de la LEPI par exemple était déjà dans la loi électorale bien avant sa mise en place. Il est question aujourd’hui de revoir cet outil. Je crois qu’en la mettant déjà dans ce projet de révision, ce n’est que justice. Ce faisant, cela doit obliger les gouvernants à aller plus vite et mieux. Au titre deuxième du projet ; s’agissant des droits et des devoirs de la personne humaine, c’est important de vous dire qu’il n’était pas inscrit dans notre Constitution, le principe que les crimes économiques et les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles. Cela veut dire qu’il n’est plus question de dire que dans un délai de 10 ans, si aucune action n’est engagée contre un auteur, on ne peut plus poursuivre quelqu’un qui se serait rendu coupable de l’une quelconque des infractions contenues dans la loi sur la corruption par exemple. Plus sérieux, des articles du projet de loi mentionnent que la loi pénale est rétroactive en ce qui concerne ces infractions.

Pour la protection de l’homme, il est introduit dans ce projet de loi, que « nul n’a le droit d’empêcher un gardé à vue de se faire examiner par un médecin de son choix ». Ce n’était pas dit dans la première mouture de la Constitution du 11 décembre 1990. C’est fondamental de le souligner. Encore plus sérieux, on dit que « nul ne peut être soumis à la détention préventive pour une période excédant six mois renouvelables au plus deux fois que par décision motivée du juge d’instruction ». Au-delà de ce délai, toute nouvelle prorogation exceptionnelle ne peut intervenir que par décision motivée de la Chambre d’accusation, les parties dûment entendues. Tout cela juste pour mieux protéger le mis en cause.

Visiblement, on empiète désormais un tout petit peu sur les prérogatives des Magistrats.

Non. Je crois que ce qu’il faut rechercher, c’est que le Pouvoir doit mettre les moyens nécessaires pour éviter un certain nombre de choses. Vous savez, aujourd’hui, les Cabinets d’instruction ont sur eux, beaucoup de dossiers. Vous ne vous imaginez pas le nombre de places prévues dans les prisons ? Il ne s’agit pas d’introduire ces dispositions qui garantissent les droits à une bonne défense et de laisser travailler les Magistrats dans les conditions difficiles qui sont aujourd’hui les leurs.

Au niveau du titre troisième du projet, il semble que la question du désistement des candidats pendant les élect

Avant d’en arriver là, laissez-moi vous dire, puisque c’est ce qui fait l’actualité, que l’article 31 nouveau de ce projet de loi a prévu que « L’Etat reconnaît et garantit le droit de grève… ». Vous savez ! Déjà avec la commission technique de relecture, il a été introduit cette disposition à savoir : « En aucun cas, le droit de grève ne doit pas porter atteinte à la liberté du travail, ni mettre en péril, la sécurité de la Nation et la santé des populations ». Vous voyez que depuis 2009, l’équipe des experts commis, toutes tendances confondues a introduit ces dispositions restrictives.

Mais si déjà dans une Constitution, on y met ces restrictions au point d’empêcher pratiquement tout mouvement de grève, on peut dire qu’il y a péril en la demeure !

Non. Je vais vous dire quelque chose. La proposition de loi qui a été déposée à l’Assemblée Nationale a été affectée à la Commission compétente. Elle a été étudiée en commission, examinée en Plénière par les 83 députés et après cela est passé au contrôle de constitutionnalité. La Cour a dit que cela ne viole pas les libertés fondamentales. N’oubliez pas l’élan avec son slogan de : « Touche pas à ma Constitution ». Des citoyens se sont levés dans ce pays pour exprimer leurs doléances. Vous ne pensez pas qu’à l’heure où nous parlons, des groupes de citoyens pourraient s’organiser pour exprimer aux députés en son temps leurs doléances ? La grève est une arme pour le travailleur et personne n’est contre cela.

Il y a actuellement une proposition de loi portant règles générales sur l’exercice du droit de grève en République du Bénin dans le stock de l’Assemblée Nationale. Elle sera probablement programmée pour la session budgétaire d’octobre. Revenons maintenant à votre préoccupation du départ liée à la question des désistements des candidats pendant les élections. Vous vous souvenez de la situation du désistement de certains candidats lors des Présidentielles de 2001.

Vous savez bien ce que cela a causé comme problème. Et mieux, il est prévu dans notre Constitution qu’en cas de mise en accusation du Président de la République devant la Haute Cour de justice, que son intérim est assuré par le Président de la Cour Constitutionnelle.

D’accord. Supposons qu’après l’examen du dossier, on constate que le Président mis en accusation n’a rien fait. Qu’est ce qui va alors se passer. C’est un problème qui est posé et le projet de révision l’a résolu en disant que dans ce cas, ce dernier reprend sa fonction. L’autre question réglée par le projet, c’est l’obligation de représentation équitable de la majorité et de l’opposition des forces politiques représentées à l’Assemblée Nationale dans le Bureau du Parlement.

 C’est important car cela veut dire que notre Constitution prévoit désormais qu’à l’Assemblée, le Bureau doit comporter une certaine représentativité équitable de la majorité et de l’opposition des forces politiques. Vous convenez avec moi que c’est une question qui a toujours divisé les membres du Parlement à chaque Législature lorsqu’il s’agit d’élire les membres du Bureau de l’Assemblée nationale.

Mais c’est une question fondamentale. Même la Cour Constitutionnelle a dû préciser certains concepts sur la problématique de la majorité et de la minorité et le débat s’est toujours posé à chaque législature. Qu’en dites vous ?

Je suis d’accord avec vous mais rappelez vous ! Toute à l’heure, j’ai dit que la Constitution est la loi des lois. Le règlement intérieur de l’Assemblée Nationale fait bloc avec la Constitution.. Si cette disposition est acceptée et le peuple approuve cela c’est dire qu’il va s’imposer aux différentes législatures. Donc il n’a pas de crainte à ce niveau parce que ce n’est pas dit dans un décret, dans une loi ordinaire mais plutôt dans la Constitution.

C’est vrai quand vous dites que ce n’est pas bien défini. Et je suis de votre avis parce que le règlement intérieur a parlé de représentation de la configuration politique de l’Assemblée Nationale. C’est ce qui est dans le règlement intérieur et il a fallu une décision de la Cour Constitutionnelle pour situer la représentation nationale sur ce qu’il fallait entendre par Majorité/Minorité.

 Maintenant, je dis que le projet de Constitution de l’Assemblée Nationale dispose que le Bureau de l’Assemblée Nationale doit refléter la représentation équitable de la majorité et de l’opposition des forces politiques représentant l’opinion nationale. C’est bien dit et je crois qu’il n’y a pas de malaise à ce niveau là.

Toujours au niveau de l’Assemblée nationale, on dit que la fonction du député est protégée par l’immunité parlementaire. Est-ce qu’on peut avoir quelques détails de cet aspect ?

En réalité c’est sur la base de ce qui a été vécu et je crois que vous parlez de la fonction de député La question de l’immunité est simple. Un député est exclu de poursuite dans certains cas sauf si c’est la fragrance. Il est dit et réaffirmé que l’immunité parlementaire est destinée à empêcher toute entrave arbitraire à la fonction de député. C’est important de le dire. C’est-à-dire qu’il ne faut pas que les gens viennent se refugier à l’Assemblée Nationale.

Ce n’est pas possible et quand c’est dire de cette manière là, je crois qu’il sera difficile pour les collègues même de jouir de leur honorabilité quand la Constitution pose des principes claires comme celui-là. Je crois que si la politique politicienne ne s’y mêle pas, ils doivent prendre des sanctions quand un collègue porte entrave aux lois de la République….

Toute entrave par l’Assemblée nationale au déroulement normal de la procédure pénale entraine une suspension de la prescription. Cela veut dire que si les députés commencent par faire du dilatoire parce que c’est leur collègue qui est concerné par un dossier, le temps qu’ils veulent faire perdre ne fera pas écouler le délai. La prescription sera interrompue…etc.

Parlant de l’institutionnalisation de la Cour des comptes et de la CENA où on prévoit désormais une CENA permanente avec à l’appui 17 membres. Par rapport à la Cour des comptes, qu’est ce qu’il faut retenir ?

Avant d’aller plus loin, je voudrais dire ceci. J’ai entendu que l’article 42 sera modifié. Quand je vous ai lu toute à l’heure l’exposé des motifs, j’ai dit que l’âge de 40 à 70 ans des candidats ne sera pas touché.

La question du mandat fait aussi partie des questions exclues par le Chef de l’Etat. Donc pour ceux qui parlent de l’article 42, qu’ils sachent que nulle part cette disposition n’est touchée. Je tiens à repréciser cela. Maintenant revenant à notre Cour des comptes.

Vous savez, la Chambres des comptes était logée à la Cour suprême et nous avons des Présidents de Chambres. Cette Chambre sortira de la Cour suprême et deviendra une Cour des comptes. Elle devient donc la plus haute juridiction en matière de la gestion des fonds publics.

Quand nous savons ce qu’on appelle l’utilisation des fonds publics et de la vérification des comptes de l’Etat et quand nous voyons les comptes qui sont approuvés très tardivement par l’Assemblée Nationale….Il est quand même nécessaire d’en faire une Cour et là en faisant une Cour à part, la Cour des Comptes est donc présidée par un président, par des présidents des chambres, des conseillers….

 Donc ce serait une Cour à part entière et qui doit pouvoir travailler comme cela ce doit. Moi je pense que c’est une directive heureuse qui doit permettre de mieux contrôler les finances publiques et n’oubliez pas qu’il aura une loi organique qui doit déterminer l’organisation et le fonctionnement de la Cour des comptes.

En tant que Béninois quelle est votre appréciation par rapport au caractère permanent qu’on donnerait désormais à la CENA ?

Je suis d’accord pour plusieurs raisons. Rappelez-vous, nous connaissons tous bien les difficiles rapports qui existent souvent entre l’Exécutif et les différents présidents de Commission électorale quand le budget est déposé. Tous les présidents de ces commissions en ont parlé. Il y a aussi les ressources qu’on injecte dans les élections et la reprise à chaque fois, ce qui fait constater qu’il y a la fuite des expériences. Et rappelez-vous ! En la matière, le Bénin n’a pas innové car dans certains pays, il y a une structure des élections.

Donc moi je pense que rendre pérennes les expériences, a un intérêt certain pour notre pays. Pour ce qui concerne la question de la durée des mandats est contenue dans la le projet. Mais permettez qu’on en parle pas, car il y a des dispositions sur lesquelles on ne peut pas opiner maintenant parce que ce dossier va évoluer et peut-être que le peuple sera appelé à se prononcer par voie de consultation.

Le peuple nous dira si effectivement il faut une CENA permanente. Donc je pense en tant que citoyen que tel que cela a été élaboré, cela peut nous aider à mieux organiser les élections surtout que le souci qui a guidé les initiateurs, c’est de tout faire pour avoir une CENA plus technique que politique et moins onéreuse. Cela est fondamental.

Et l’opinion doit rester éveillée pour empêcher les dérapages. Je me rappelle quand la loi sur le découpage territorial a été transmise, il y a eu des pétitions qui sont déposées où des citoyens ont protesté, voulant que leur localité soit érigée en département. Donc c’est pour dire que la voie est ouverte à toute suggestion pourvu que cela suive les normes requises.

Et n’oubliez pas que les députés sont issus des circonscriptions électorales et c’est des Béninois qui les ont élus. C’est l’occasion de vous dire que j’ai écouté ce matin, un citoyen sur une chaîne, proposer un délai pour toute révision. C’est un citoyen et c’est son opinion. C’est pour dire que tout citoyen conscient et convaincu de ce qui se fait dans son pays peut intervenir par les voix appropriées.

N’est ce pas une révision opportuniste comme le pensent certains auditeurs ? Vous infirmez quoi !

C’est l’occasion pour moi de le dire tout haut. Je crois que nous parlons de la même chose. Si c’est la projet transmis en 2009 à l’Assemblée, je certifie qu’il ne comporte que ce que je viens de vous exposer. Je ne suis pas arrivé pour prendre la défense d’un dossier car vous m’avez invité en tant que cadre technique de l’Assemblée Nationale. On dit que la CENA est une nécessité qu’il faut l’institutionnaliser, qu’il faut réaffirmer l’indépendance de la Cour des comptes, qu’il faut réserver à tout prix de places à l’opposition au sein du Bureau de l’Assemblée Nationale… !

 Alors en quoi ces aspects sont opportunistes. ? Il semble que nous sommes très soupçonneux et méfiants l’un à l’égard de l’autre parlant des Béninois. Je suis un technicien dans mon domaine. Je ne vais que vous dire la vérité.

Votre mot de fin pour conclure cette émission M. FAYOMI.

Je vous remercie pour m’avoir invité sur votre plateau pour essayer d’expliquer certains dossiers. J’espère avoir donné satisfaction à vos auditeurs. Que ceux qui n’ont pas obtenu de réponse souhaitée à leurs préoccupations acceptent mes excuses. Je crois que le peuple a soif d’informations. Nous devons être à son écoute. C’est la seule manière de prouver à ce peuple que quelque chose de bien se déroule à l’Hémicycle. Merci à tout le personnel d’appui qui nous a accompagné tout au long de l’émission.

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