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Le triomphe de la vérité

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Développement des filières agricoles au Bénin:Le karité en quête d’une renaissance


Le karité, une solution intéressante à l’importation massive et onéreuse des huiles végétales au Bénin

Connu sous le nom de Butyrosperme Parkii en l’honneur du voyageur Mungo Park qui le rencontra pour la première fois au Mali le 23 juillet 1796, le karité est un arbre essentiellement africain dont les amandes servent à produire un beurre aux multiples usages. Seize pays figurent au nombre des producteurs du karité et ses dérivés : le Bénin, le Burkina-Faso, le Cameroun, la république Centrafricaine, la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Ghana, la Guinée, le Mali, le Niger, le Nigéria, l’Ouganda, le Sénégal, le Soudan, le Tchad, le Togo.

La production mondiale de noix a nettement progressé, passant de 169 000 tonnes en 1961 à environ 900 000 tonnes en 2006. En Afrique de l’ouest, les pays producteurs sont par ordre d’importance le Nigéria, 63%, le Mali 12%, le Burkina Faso, 10%, le Ghana, 9 %, la Côte d’Ivoire 5 %, le Bénin 2 %, et le Togo avec 1%. Toujours dans la même région essentiellement 6 pays figurent au rang des exportateurs des produits de karité: le Burkina-Faso (26 %), le Ghana, (19 %), le Bénin (13%), le Mali (12%), la Côte d’Ivoire (11%) et le Togo (7%).

Très prisé sur le plan mondial depuis quelques années après que l’Union européenne par la Directive n° 2000/36 ait autorisé la substitution des graisses par du beurre de karité dans le chocolat, le karité est devenu un devenu une importante source de devises pour les pays producteurs. Egalement utilisé dans la cosmétique et la pharmacologie, le karité est principalement importé par la Suède, le Royaume Uni, l‘Indonésie, le Japon, l’Inde, le Danemark et les Etats-Unis.

Au Bénin cependant, malgré les efforts des acteurs qui s’échinent tant bien que mal à en assurer la production, le karité est frappé d’un ensemble de difficultés et peine à se positionner sur le marché international et à soutenir la concurrence des pays comme le Burkina-Faso et le Ghana qui, à eux seuls, se taillent plus de 45% des parts du marché ouest africain. Victime d’une mauvaise politique et d’une désorganisation, le secteur du karité au Bénin est supplanté par d’autres filières agricoles malgré la crise qui secoue ces dernières.

En dépit de son fort potentiel, le secteur ne décolle pas et selon le consultant Abdoulaye Chérif Mamoudou, « Le Bénin a une capacité de production estimée à 85 000 tonnes par an mais seules 42 .000 tonnes sont réellement produites ». Les raisons aussi diverses et multiples en sont une mauvaise organisation des acteurs, la faible mécanisation, l’absence d’une réglementation qui soumet l’arbre à tous les dangers, notamment l’abattage, les feux de brousse, le non respect des normes qui empêchent le karité béninois de soutenir la concurrence sur le marché international, mais aussi la corruption dont sont victimes les transporteurs.

La récente rencontre sur le karité tenue à Cotonou grâce à l’initiative louable de l’Agence béninoise de promotion des échanges commerciaux (ABEPEC) a permis aux acteurs béninois du karité de faire l’état des lieux du secteur et d’analyser les voies et moyens indispensables à adopter afin que le karité du Bénin sorte de sa léthargie sous régionale et puisse jouer pleinement sa partition.

Edifiés par les témoignages des acteurs étrangers présents à ladite conférence, et surtout par l’exemple du Burkina-Faso qui a fait du karité son 4ème produit d’exportation après le coton, le bétail et l’or ces acteurs ont pu mesurer l’ampleur des difficultés traversées par les autres.

Avec la mise sur pied de l’Alliance nationale du karité, l’espoir renaît autour d’un secteur dont la réussite ne dépend que de la volonté de la totalité de tous les acteurs impliqués, depuis les ramasseuses jusqu’aux exportateurs.

Flore S. NOBIME (Coll.)

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2 thoughts on “Développement des filières agricoles au Bénin:Le karité en quête d’une renaissance

  1. Soja Bénin

    Félicitation pour ce bel article sur la filière karité. L’Association des Industrielles de la filière oléagineuses de UEMOA doit se saisir de cette opportunité pour amener les acteurs à développer une stratégie de mise à niveau des actions concourant à la promotion et à l’accroissement des revenus des acteurs Industries.
    Patrice SEWADE
    Consultant Agro-industriel
    Patsewade@yahoo.fr

  2. KOUAGOU Amos

    Bonjour;
    Je suis producteur de beurre de karité et commerçant de noix de karité dans le nord-ouest du bénin.Je travaille avec des groupements de femmes.
    J’ai besoins de partenaires pour développer mon activité.

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