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Le triomphe de la vérité

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Décryptage de la masse salariale et appréciation des 45% du critère de convergence:Les syndicats déclenchent la guerre des chiffres et confondent le gouvernement


La grande salle de conférence de la bourse du travail de Cotonou a abrité hier mardi 19 juillet 2011 un géant meeting organisé par les centrales et confédérations syndicales de notre pays. A cette occasion, les travailleurs ont passé au crible l’argumentaire du gouvernement sur la masse salariale et le dépassement du critère de convergence. Aussi, les Secrétaires généraux de ces centrales syndicales ont-ils manifesté leurs indignations contre les propos du ministre de l’intérieur, de la sécurité publique et des cultes Benoît Dègla et la façon dont le chef de l’Etat gère la grève en cours dans l’administration publique.

« 1% des travailleurs ne peut prendre en otage tout le peuple. Ces travailleurs sont hors la loi ». Ces propos du ministre de l’intérieur Benoit Dègla, qui résument bien la teneur de la rencontre des travailleurs hier, est la goutte d’eau qui a débordé le vase dans le rang des centrales et confédérations syndicales. Ces Secrétaires généraux ont tenu à faire savoir à l’opinion nationale, ce que réellement consomment ces « 1% » de travailleurs dénoncés par le gouvernement.

Quid des 270.000.000.000 avancé par le gouvernement ?

Selon le gouvernement, la masse salariale budgétisée s’élève à 270 milliards Fcfa. Procédant au décryptage de ce chiffre avancé par le gouvernement, les syndicalistes relèvent et soutiennent le caractère non fondé de ces données. En se référant aux chiffres du budget de 2010 entièrement exécuté et considérant que la diffusion des dotations budgétaires et des dépenses engagées ne constituent nullement des secrets et que le budget une fois voté devrait être disponible, même sur Internet pour permettre aux citoyens de suivre la consommation des crédits, les travailleurs estiment que « le montant de 270 000 000 000 brandi par le gouvernement est faux ainsi que les 45% du critère de convergence qu’on aurait dépassé ».

 Selon les centrales syndicales, en 2010 les dotations budgétaires sont de 220 465 603 000 de fcfa alors que les engagements au 31 décembre 2010 font 205 753 473 848. Il se dégage donc suivant leur raisonnement une disponibilité sur la masse salariale non engagée de 14 558 000 192 de fcfa. Elles concluent alors à un gonflement des dotations budgétaires par le gouvernement et s’interrogent sur les profondes raisons.

 Enumérant par ailleurs la composition des travailleurs et des lignes dont le traitement fait la masse salariale à savoir les agents civils, militaires, sapeurs pompiers, policiers, des institutions, des gens de maison, et des occasionnels, des fonctionnaires en instance d’affectation, rappels de traitements, Indemnités, primes, cotisations sociales des personnels sous statut ( FNRB), allocations familiales, cotisations sociales des personnels hors statut ( CNSS), autres dépenses éventuelles du personnel, les syndicats ont tenu à présenter le contenu des « 1% » vilipendés par le gouvernement.

 Et confrontant les 270 milliards brandis par le gouvernement aux 205 milliards dégagés par les syndicats comme dotations non engagées au compte de l’année 2010, les centrales syndicales estiment que le Bénin est à moins de 35% par rapport à ses ressources intérieures, loin donc des 45% soulevés par le gouvernement.

Non aux propos belliqueux

En plus de l’augmentation du point indiciaire de 1,25 que réclame les travailleurs du ministère des finance et du bras de fer engagé par le gouvernement contre les travailleurs grévistes, les centrales syndicales ont crié leur mécontentement par rapport aux propos du ministre de l’intérieur et la façon dont le chef de l’Etat est en train de gérer la situation.

Scandant des cris hostiles contre le régime de la refondation, les secrétaires généraux des centrales syndicales se disent très fâchés et mettent en garde le ministre Benoît Dègla. Selon Laurent Mètongnon de la Fesyntra-finances, cette déclaration belliqueuse, contraste bien avec la réalité des faits et l’on est amené à se poser la question de savoir si l’ancien législateur devenu ministre de l’intérieur, de la sécurité publique et des cultes a bien mesuré la portée du mot « hors-la-loi » ?

« Les travailleurs du Bénin en général, ceux du ministère des finances en particulier, élèvent une vive protestation contre ces propos fascistes et préviennent qu’un homme déclaré hors-la-loi est un homme recherché, un criminel, un homme à abattre à tout instant » a-t-il poursuivi.

Par conséquent , ajoute Laurent Mètongnon , « les travailleurs du Bénin, ceux des finances en particulier, prennent l’opinion nationale et internationale à témoin, pour dire jusqu’à la fin du deuxième mandat du Président Boni Yayi, si un travailleur , un responsable syndical ou des membres de leurs familles disparaissent, sont agressés dans la rue, inquiétés de n’importe quelle façon, le Ministre Benoît Dègla, le Président Boni Yayi et les membres du gouvernement seront tenus pour responsables.

Il faut noter par ailleurs que le mouvement de grève des 72 heures lancé par la Fesyntra-finances a été largement suivi dans les structures sous tutelle du ministère des finances. Du Trésor à la Douane puis l’Impôt, les bureaux des services sont hermétiquement fermés, les engins et véhicules administratifs sont soigneusement garés sur les parkings.

Yannick SOMALON (Coll.)

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