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Le triomphe de la vérité

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Visite au Bénin du Chef d’Etat tchadien :Le port béninois dans le viseur d’Idriss Déby


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Le Président Déby et la délégation gouvernementale lors de la visite au port de Cotonou

Le Président tchadien était en visite officielle au Bénin du 6 au 7 juillet. Mais l’homme fort tchadien ne s’était pas déplacé pour les grandes performances démocratiques du Bénin ou les atouts économiques ou financiers de ses opérateurs économiques à investir dans le pétrole tchadien.

 Tout comme le Président chinois Hun Jintao ne saurait recevoir son homologue soudanais Omar El Béchir sans penser aux puits pétrolifères du Soudan ou comme le français Nicolas Sarkozy ne se déplacerait au Niger sans voir du côté des gisements de l’uranium, Idriss Itno Déby n’était sans doute pas au Bénin en villégiature.

Quand bien son arrivée serait soutendue par une invitation du Président Boni Yayi, l’homme en Chef d’Etat expérimenté et averti, sait mieux que quiconque que même les partenariats sud-sud sont porteurs d’impacts économiques insoupçonnés. Les questions de bonne gouvernance des deux Etats ou la situation politique et économique en Afrique et dans le reste du monde évoquées dans le communiqué conjoint paraissent bien protocolaires et accessoires. Pas plus que le lancement d’une tente amphithéâtre fut-elle d’une grande importance pour le Bénin, ne sauraient fonder une visite d’un Chef d’Etat. Ce sont donc des raisons accessoires qui dissimulent la principale.

Pour s’en convaincre, il suffit revisiter entre les lignes du Communiqué conjoint qui a sanctionné la visite du Chef d’Etat tchadien au Bénin. Aux points 5 et 9 de ce communiqué, les échanges et négociations entre les deux Etats ont revêtu un caractère concret et pratique qui tranche fondamentalement avec l’allure théorique, protocolaire et de civilité des conclusions de cette visite. A ces rounds, c’est plutôt le port autonome de Cotonou qui focalise l’attention du Chef d’Etat tchadien.

L’homme ne s’est pas contenté des accords-cadres ou généraux de principe. Il a plutôt adopté une attitude d’épicier dans les négociations relatives à l’exploitation du Port Autonome de Cotonou (PAC) afin de bien faire ce que sans doute ses opérateurs économiques lui ont soufflé comme juste et bon pour leurs affaires.

Il l’a si bien fait qu’il « a manifesté le souhait de se voir attribuer en lieu et place du site déjà octroyé, un nouveau domaine de superficie équivalente avec une façade maritime » souhaitant pour d’autres détails que « …la durée de la mise à disposition soit prolongée de cinq (05) à quinze (15) ans compte tenu de l’importance des investissements qu’elle compte réaliser ».

 A cet effet, un Avenant au Protocole d’Accord relatif à l’utilisation du Port de Cotonou pour le transit des marchandises à destination ou en provenance du Tchad, signé entre la République du Bénin et la République du Tchad le 25 avril 2008 est même convenu. Par ailleurs, le refus subtile opposé par le Bénin au Président tchadien attaché avant tout aux intérêts de son pays, velouté dans un langage diplomatique distillé par le communiqué, à propos de sa requête de « … mise à disposition d’un nouveau domaine doté de façade maritime », conforte la thèse que dans cette visite, de grands intérêts sont en jeu.

 Ces intérêts pour Idriss Déby sont logés au Port Autonome de Cotonou. Il ne peut en être d’ailleurs autrement quand ont sait le statut de pays enclavé du Tchad et le rôle de couloir vers la mer que le Bénin a toujours joué pour les pays de l’inter-land.

Médard GANDONOU

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