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Le triomphe de la vérité

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Diaspora béninoise: Hervé Toukoui : l’exemple d’un béninois qui s’impose en Afrique du Sud


Difficultés linguistiques et d’obtention du titre de séjour, cherté du logement, chômage récurrent, coût de vie très élevé, insécurité résistante et xénophobie par moments : c’est le chapelet des grandes équations pour  les étrangers dans le pays de Mandela. Face à cette situation, des Béninois s’en sortent et parviennent à s’imposer dans le monde des affaires. Hervé Toukoui, jeune béninois, homme d’affaires vivant en Afrique du Sud  depuis bientôt une dizaine d’années fait partie de ces centaines de Béninois sur le Zululand qui ont fini par maitriser le terrain sud-africain sur lequel il faut jouer pour réussir sa vie en terre étrangère et se mettre à la disposition d’ autres compatriotes voulant gagner leur avenir dans ce pays africain avec de grandes opportunités.

Hervé Toukoui

 «  Quand je suis descendu en Afrique du Sud, je n’avais sur moi que 20 rands (environ $3 dollars USA soit 1300 Frs CFA) » confie Herve Toukoui qui aujourd’hui a l’air d’être à l’aise même si les hommes d’affaires ne sont jamais satisfaits. « En tout cas, je remercie Dieu de nous avoir donné le peu dont on pouvait avoir besoin et de toujours nous éclairer pour d’autres opportunités à saisir et utiliser » confesse-t-il. Mais pour en arriver, le chemin a été de vraie croix.

 Comment s’en sortir avec 3 dollars américains en Afrique du Sud ?

« Je ne savais réellement pas où aller et quoi faire dès ma descente de l’avion. Soudain, l’idée de l’ambassade ressurgit dans ma tête » c’est ainsi que Hervé Toukoui se rendit à la capitale politique Sud-Africaine où se trouve la représentation diplomatique du Bénin. Le personnel sur place a cotisé des sous pour payer le transport qu’il a risqué emprunter alors qu’il n’en avait que 20 rands en poche. Ensuite le personnel l’aide à trouver le logement pour un mois. Ainsi commence la vie en Afrique du Sud. Etudiant en sciences économiques, son premier job en Afrique du Sud fut la mécanique où il est payé 500 rands par mois (environ 30 000f Cfa), une somme absolument insignifiante pour vivre même pour une semaine en Afrique du Sud. Ne payant pas le loyer, il essaya d’économiser et après décider de vendre ses habits pour se payer des cours de comptabilité. Entre temps reconverti musulman, il parvint à décrocher au sein de la communauté musulmane, un travail en tant que assistant comptable. « Une grande maison de fabrication de médicaments qui à l’embauche lui touche une voiture de service et une maison. C’est à ce niveau que j’ai pris gout au pays après toutes difficultés du début et surtout celles d’obtention du titre de séjour. » Mais dans ses difficultés, Hervé dit avoir toujours eu le soutien de l’ambassade du Bénin a Pretoria ; « Come Bankolé, un agent consulaire et premier contact à l’ambassade m’a été d’une aide inoubliable pas financièrement mais moralement. Ce qu’il fait d’ailleurs tous les béninois qui se rendent à notre ambassade pour quelque problème que ce soit » témoigne-t-il. Il continue et ajoute que « l’entraide est très importante entre compatriotes »

 Faire profiter les autres compatriotes de nos opportunités est un devoir patriotique !

On n’est rien sans les autres et le reconnaître et un geste fort de gratitude et de grâce. « Je dois ma réussite ici,  si c’en est une,  aux hommes et je m’engage à faire profiter de mes opportunités et avantages aux autres frères et sœurs qui ont besoin de soutien pour les réalisations des objectifs précis » déclare Hervé. Pour le prouver, il indique que 5% de son salaire et de ses business sont dédiés pour aider des béninois en Afrique du Sud. « Nous essayons d’assister nos compatriotes qui se rapprochent de nous en terme d’obtention de papiers de séjour, du logement et de première embauche de survie : c’est ce qui est primordial en Afrique du Sud et c’est à quoi nous dédions une partie de nos revenus » informe-t-il. Mais l’aide ne s’arrête pas seulement là car des gens éprouvent de vifs désirs d’études et c’est avec « joie que nous les y aidons ». « Je ne suis pas prêt a citer des noms mais je puis dire que personnellement j’ai aidé des gens qui aujourd’hui s’en sortent et font ma fierté parce qu’ils peuvent contribuer à réduire la pauvreté au pays en soutenant leurs familles » s’en réjouit- il avant d’ajouter qu’il a mis un appartement entier a la disposition de certains footballeurs qui viennent en Afrique du Sud pour se trouver des contrats dans de clubs. « En attendant qu’ils trouvent des contrats, nous assurons leurs logistiques mensuellement. » confie-t-il. Toujours est-il que des comportements malsains et des propos désobligeants ne manquent pas de venir pour entacher nos efforts et détruire l’ambiance relationnelle. Mais Hervé évite de parler des mauvaises choses car pour lui « nous ne devons pas nous accentuer sur les mauvaises choses mais nous devons y travailler pour les rendre positifs et agréables. Partout où il y a des hommes, des prises de bec, des mésententes ne manquent jamais et nous travaillons à dialoguer avec tout le monde au profit de tout le monde et surtout au profit de nos parents au pays qui espèrent beaucoup de nous. »

Aujourd’hui la communauté des béninois vivant en Afrique du Sud dispose de deux associations : la plus ancienne Association des Béninois Résidant en Afrique du Sud (ABREAS) et la nouvelle crée officiellement début 2010 ; Comité des Béninois Résidant en Afrique du Sud (COBREAS). Cet état de choses témoigne déjà de la diversité des opinions au sein de la communauté béninoise en Afrique du Sud mais pour Hervé Toukoui « la diversité des opinions est un atout pour avoir des actions communes fortes ». Et dans un pays de grandes opportunités et de grandes notions du développement, le choc des idées est important pour mettre en pratique des idées et projets.

 En quoi l’Afrique du Sud est-elle vraiment une destination à conseiller ?

« Si vous pouvez trouver la réponse à cette question en parlant des pays européens, je pense que forcément, cette réponse doit s’appliquer au pays de Mandela » évoque Hervé. L’Afrique du Sud a un système éducatif tres performant et varié qui est conseillé aux jeunes étudiants qui veulent poursuivre leurs études, confie Hervé. Il explique aussi que le pays n’a rien à envier aux pays développés qui font jeter nos compatriotes africains dans les mers en risquant leur vie et compromettant celle de leurs parents. « Toutes les opportunités qu’on peut trouver dans un pays européen sont en Afrique du Sud même si ici on ne parle pas en terme de euro. » ajoute-il. Il explique que l’avantage que les béninois ont ici, c’est de comprendre l’anglais qui est un atout dans les demandes d’emploi et demande que l’Etat soutienne la jeunesse qui risque leur vie en allant chercher des moyens a l’étranger pour venir investir dans leur pays car pour lui « les béninois qui sont ici cherchent l’argent pour aller investir au pays ».

 Le Bénin comme l’Afrique du Sud, un jour est bien possible !

Pour Hervé Toukoui, le Bénin peut devenir un jour comme l’Afrique du Sud ; « Il faut permettre, favoriser et assister les béninois de l’extérieur qui veulent investir au pays, combattre la corruption de la vraie manière, promouvoir la jeunesse, développer l’entrepreneuriat : sont les conditions qui peuvent me permettre d’affirmer si le Bénin peut devenir comme l’Afrique du Sud. A priori, ma réponse est affirmative si ces conditions sont respectées. »

Dans son explication, il revient sur le climat de réalisations des projets au pays et indique qu’il est en mesure d’amener des projets au Bénin avec des investisseurs blancs Sud-africains mais des difficultés d’obtention d’autorisation et d’exécution sont énormes. Il déclare que « beaucoup de projets que nous voulions réaliser ont été exécutés au Togo voisin puisque les conditions étaient dures au Bénin ».

Présentement il serait encore en négociation avec des investisseurs qui veulent construire des logements sociaux, des barrages électriques, des raffineries pour contribuer a améliorer l’image du Bénin « mais si les démarche d’autorisation de la mise en œuvre se noient dans la lenteur administrative et la gangrène de la corruption, je risque de perdre la confiance de ces gens sérieux et honnêtes ». Il finit et demande que l’Etat et son gouvernement permettent et favorisent sans lourde procédure administrative l’exécution des projets venant des béninois de l’extérieur et leurs partenaires.

 Espéra Donouvossi : (Correspondant de Presse en Afrique du Sud).

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