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Le triomphe de la vérité

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Confessions de l’Archevêque de Cotonou, Antoine Ganyé au Ministre de la Réforme administrative et institutionnelle « Le Chef de l’Etat doit user de tous ses pouvoirs pour nous retrouver le disparu »


 (L’Archevêque se désole de la perte des valeurs au Bénin et fait des propositions)

L’Archevêque de Cotonou, Monseigneur Antoine Ganyé se désole de la dégringolade éthique qu’enregistre aujourd’hui le Bénin. Il a rencontré lundi dernier dans la soirée, le Ministre de la Réforme administrative et institutionnelle, Bertrand Sogbossi-Boco pour lui faire part de ses soucis au sujet du Bénin d’aujourd’hui. Avec lui, le Prélat a fait le tour d’horizon des différentes réformes engagées par ce ministère pour que le pays retrouve sa dignité. Des propositions édifiantes, l’Archevêque en a fait. A cette même occasion, Monseigneur Antoine Ganyé a reprécisé les points saillants de sa dernière lettre publiée dans la presse et destinée au Chef de l’Etat. Avec prudence, il aborde le dossier Dangnivo et donne son avis sur le sujet. Pour lui, le Chef de l’Etat, détenteur de tous les pouvoirs, doit tout faire pour retrouver le disparu. Lire l’intégralité de ses déclarations.

Le phénomène de la corruption vu par le Prélat

 J’ai été honoré d’accueillir la visite du Ministre de la Réforme administrative et institutionnelle. A tour de rôle, les Directeurs qui travaillent dans ce Ministère ont pris la parole pour dire ce qui les concerne chacun dans son domaine. Cela nous a permis de mieux comprendre ce Ministère. Nous nous sommes rendu compte que ce qui préoccupe le ministère, ce sont les valeurs éthiques qui doivent s’introduire dans les différentes structures qu’ils sont en train de mettre en place pour que chacun travailleur prenne conscience de ce que chaque citoyen est une valeur devant lui. Je leur ai également fait par de ce qui fait mes soucis lorsque je jette un regard sur le Bénin d’aujourd’hui. A ce sujet, nous avons parlé surtout du manque d’amour de plus en plus grandissant dans notre pays. Dans le cœur des Béninois, on ne sent plus que les Béninois portent un sentiment d’amour pour leur patrie, leur nation. Quand on dit nation, on voit le verbe naître. On ne sent plus que c’est donc cette nation qui nous a donné naissance. On ne sent plus aussi cet amour au travail consciencieux, c’est-à-dire un travail qui nous rend heureux, nous épanouit et qui rend l’autre heureux. On sent aujourd’hui que l’argent est devenu un écart entre deux frères. Exemple : aujourd’hui, l’habitude est prise que l’on demande de déposer sur les dossiers que nous déposons dans les administrations, une pierre. Et cette pierre là, c’est l’argent. Dès que je donne ça, on est motivé pour me faire le travail. Faut-il encore que la pierre soit encore grosse, c’est-à-dire suffisant avant que je ne sois pris en considération. Vous voyez là où la valeur humaine est en train de disparaître. Alors, cela veut dire que moi, je ne suis plus moi, c’est la quantité d’argent que je dépose qui fait que je suis quelqu’un alors que quelqu’un, je le suis en dehors de tout argent et de toute monnaie de change. Une monnaie d’échange ne peut pourtant jamais équivaloir à un homme. Nous avons donc parlé de ce manque d’amour pour le citoyen, pour la nation et pour le travail.

La perte du sens du bien commun, un véritable souci pour l’Archevêque

 Nous avons également parlé de la perte du sens du bien commun. L’Etat a mis à notre disposition, un certain nombre d’infrastructures. Je veux parler des routes, des écoles qui sont des biens communs qui appartiennent à tous les citoyens. Et parce qu’ils appartiennent à tous les citoyens, on est tous tenu de les entretenir. Il ne faudra pas que c’est parce que c’est un bien commun, on l’utilise n’importe comment. Le bien commun devrait être utilisé en principe avec respect. Nous savons à quel prix le pays met certaines choses à notre disposition. C’est grâce aux mains tendues par ci par là. Il faudra donc que ce Ministère fasse tout pour que revienne dans nos habitudes, tout ce que nous avons appelé amour et le sens du bien commun. Je dirai même qu’il faut que le Béninois se dise finalement que son pays est une famille pour que nous sachions que ce qui appartient à notre famille, c’est-à-dire le Bénin, nous devrions en prendre soins un peu plus sérieusement.

Le Bénin perd sa dignité

 Nous avons parlé aussi du respect d’une manière générale. Dans un pays bien organisé dont les citoyens sont amoureux de leur dignité, on ne s’envoie pas comme ça des engueulades, des insanités. On le voit à la télévision. Je le disais à quelques grandes personnes de notre pays. Quand nous vous voyons vous battre verbalement à la télévision, cela ne présente pas bien. Quand nous autres nous voyons ça, cela nous paraît sale. Il faut maintenant qu’on apprenne aux enfants de la Maternelle et du Cours primaire et pourquoi pas du Cours secondaire, le respect des grandes personnes. Notre taille peut s’arrêter, mais l’éducation ne s’arrête jamais. Nous avons aussi abordé le civisme. Cela comprend toutes les qualités, toutes les vertus pouvant aider le citoyen à aimer son pays et à être vaillant devant sa patrie. Cela aide également le citoyen à ne pas corrompre sa patrie et à tout faire pour que sa Nation soit digne afin que ce ne soit pas des individus qui émergent, mais toute la patrie qui soit lumineuse et qui rende témoignage aux Béninois et vis versa. Il faudrait donc que suivant le plan du Ministère de la Réforme administrative et institutionnelle, on crée de nouvelles générations d’hommes et de femmes pour notre nation. Nous allons incessamment nous revoir pour continuer les échanges.

Le dossier Dangnivo préoccupe le Prélat à plusieurs titres

 C’est la dernière lettre de l’Evêque de Cotonou sur les événements qu’on est en train de vivre. Nous avons donné tout simplement un conseil au Chef de l’Etat. Nous lui avons demandé de se saisir de ses pouvoirs, de ses ressources humaines et tout le reste, parce que lui, il en a. Nous, nous n’en avons pas. C’est lui qui a tous les pouvoirs et nous l’avons invité à les utiliser pour opérer notre protection, c’est-à-dire celle de tous les citoyens qui sont de ce pays. Lui et son gouvernement ont ce pouvoir là. Et si d’aventure, l’un quelconque de nous disparaissait, nous lui demandons de tout faire pour retrouver celui qui a disparu pour le ramener à la famille béninoise, à la Nation béninoise, ceci à la grande consolation de la famille de ce disparu. Voilà donc les deux points saillants de la lettre que nous avons envoyée. Et ce sont aussi des points bibliques parce que la Bible a bien dit : « Tu ne tueras pas. Au contraire, celui qui tue, je te demanderai compte de son sang. C’est une loi naturelle et elle est plus forte que nos Constitutions puisque elles, ce sont des lois humaines et sont donc sujettes à des relectures. Mais la loi divine, celle non écrite qu’on appelle aussi les lois éternelles sont immuables et ce sont elles qui inspirent toutes nos Constitutions et sont au dessus de toutes les autres lois. Nous avons demandé donc d’appliquer cette loi à tous les citoyens. Nous n’avons pas le droit de faire disparaître quelqu’un. Nous n’avons aucun droit sur la vie de l’autre d’autant plus que nous n’avons aucun droit sur notre propre vie. Dieu nous demandera compte de notre vie et celle des autres. Voilà les trois points que nous avons soulignés dans cette lettre parce que si nous disparaissons et que le Père de la Nation ne court pas pour nous chercher, alors, nous pensons que personne n’est à l’abri. Tout homme peut être kidnappé, séquestré n’importe comment. Et nous avons dit dans la lettre qu’on soit du gouvernement ou de l’Assemblée nationale, de tel ou tel groupe social, notre souci doit être de protéger la vie des citoyens.

 Donatien GBAGUIDI

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One thought on “Confessions de l’Archevêque de Cotonou, Antoine Ganyé au Ministre de la Réforme administrative et institutionnelle « Le Chef de l’Etat doit user de tous ses pouvoirs pour nous retrouver le disparu »

  1. Pierre-Chanel

    paroles d’un sage! on se demandait s’il y avait encore une autorité morale d’audience nationale au Bénin. Les derniers développements dans cette affaire nous rassurent sur ce sujet.

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