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Le triomphe de la vérité

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Eugène Azatassou Coordonnateur FCBE, invité de Sous l’Arbre à Palabres: « Le peuple ne commettra pas avec Boni Yayi, l’erreur de 1996 »


Sans protocole et sans se faire prier, l’Invité qui a accepté affronter les questions du comité de rédaction du Quotidien l’Evénement Précis au titre de votre rubrique préférée « Sous l’Arbre à Palabres » se nomme Eugène Azatassou. Coordonnateur National de l’Alliance politique la plus en vue de la mouvance présidentielle soutenant les actions du Chef de l’Etat Boni Yayi, la Fcbe, M. Azatassou est aussi Maire de l’ilot politique que représente la Commune d’Agbangnizoun au cœur du plateau d’Abomey acquis entièrement à la cause de l’opposition en occurrence la Renaissance du Bénin. Dans cet entretien à bâton rompu, l’homme dont l’ascension à la tête de l’Alliance est perçu par nombre de Béninois comme un hasard, démontre son parcours. Dans cet entretien, il apprécie les quatre années de pouvoir sous le Changement pour entrevoir l’avenir avec sérénité et assurance. L’opposition n’est pas sortie indemne de cet exercice du premier ardent défenseur de la cause de Boni Yayi. Un entretien qui lève par ailleurs, un coin de voile sur l’intimité de l’homme qui cache derrière l’apparence sévère de son faciès, un homme aimable et courtois  mais surtout très engagé.

  Le pays va mal, selon l’opposition

Lorsque l’opposition estime que le pays va très mal, elle est dans son rôle. Mais j’aurais souhaité qu’en tant que béninois capable de diriger, qu’on soit un peu objectif. Actuellement dans la situation socioéconomique du Bénin, il y a deux composantes qu’il faut prendre en compte. Il y a cette crise sévère qui s’apparente à celle de 1929 qui a vu le déclenchement de la 2ème guerre mondiale. Une crise qui sévit dans le monde actuel  dont les effets sont perceptibles dans tous les autres pays du monde comme l’Irlande, la Grèce, l’Afrique du Sud etc. Cette crise a atteint de plein fouet le Bénin parce que nous sommes dans le monde qui est un village planétaire. Aussi parce que nous sommes à côté du Nigeria qui occupe une place financière capitale en Afrique de l’ouest. Aussi  parce que nous sommes alliés au Franc Cfa. Cette crise en effet est alimentaire, politique et surtout financière. Donc il y a ce premier handicap.  La situation de mévente et autres est donc arrivée sous cette crise qui sévit de la même manière dans le monde. L’autre dimension de la situation actuelle est que nous nous trouvons dans un pays qui a promis l’émergence au peuple. Et nous avons un gouvernement qui  y travaille et a entrepris beaucoup de choses notamment  beaucoup de chantiers ouverts. Quand bien même un béninois aspire au pouvoir, il ne peut estimer que le gouvernement ne fait rien. Je pense que c’est légitime de rechercher le pourvoir quand on l’a perdu. C’est légitime de rechercher le pouvoir quand on ne le possède pas. Mais le conseil que je donnerai est d’être plus objectif dans cette quête pour que le peuple puisse voir la légitimité de votre aspiration.

 L’Agriculture, un désaveu cinglant à l’opposition

Le gouvernement a créé des conditions pour la production agricole. Cela a commencé par le coton avec plus ou moins de bonheur et c’est parce que ce secteur était en difficulté depuis longtemps et tous les efforts ont été sans consécration. Je crois que la reforme doit continuer et le chef de l’Etat poursuit des actions dans ce sens. Mais en dehors du coton, le secteur agricole a porté de bons rendements cette année. Je crois qu’en ce qui concerne nos céréales, on a de réels  motifs de satisfaction. Mais nous pouvons mieux, seulement le problème est que nous ne produisons  pas en quantité industrielle. C’est ce qui fait que nous nous sommes livrés à la crise. Mais vous vous rappelez que le gouvernement très sensible à la situation sociale, avait procédé par ce qu’on appelle les subventions. Et tout l’argent des citoyens allait dans cette subvention. On avait l’impression que le gouvernement béninois subventionnait l’univers entier puisque lorsque les produits viennent d’ailleurs, c’est ce lieu de fabrication que vous subventionnez et quand c’est de plus en plus chère, c’est que vous faites écouler la richesse du pays. Mais à un moment donné, je crois que ces subventions ont été réduites et surtout dans un certain nombre de secteurs. Cela a permis  de relancer d’autres secteurs de l’économie.

 Quel bilan après 4 ans de gestion ?

Après 4 ans, je dirai que beaucoup de chantiers ont été ouverts. C’est vrai qu’avec la crise on ne s’en aperçoit pas aisément. Mais des villes comme Porto-Novo, Parakou, Lokossa et autres sont des exemples d’un effort louable du gouvernement. Quant aux infrastructures routières, il y a d’autres chantiers qui sont ouverts. Les routes qui sont plus proches des populations surtout au niveau des campagnes restent à faire. A ce niveau tout l’effort reste à consentir. Donc on ne peut pas dire que rien n’est fait.  C’est un chantier ouvert et ce chantier sera poursuivi car l’homme qui l’a ouvert est toujours là et il est capable de l’achever. C’est la preuve que nous entrons dans l’émergence. Cela veut dire que dans tous les secteurs, il y a des  chantiers. Si vous prenez le secteur des micros crédits,  c’est aussi un chantier. De l’argent a été distribué aux femmes pour s’insérer dans le commerce. C’est clair que 30.000 fcfa, 50.000 fcfa ne peuvent pas permettre aux femmes  de s’insérer conséquemment dans le système commercial. Donc c’est un chantier. C’est dire que les femmes qui savent s’organiser on doit pourvoir les aider à aller plus loin.

 La bonne question pour 2011 !

Alors la question qu’il faut se poser  en 2011 est de demander s’il faut fermer ou poursuivre tous ces chantiers ouverts. Moi je pense que le peuple béninois répondra que cela doit être poursuivi.

 Et la mécanisation de l’agriculture ?

L’objectif de la mécanisation, c’est de travailler le sol à grande échelle car avec la houe et le coupe-coupe, la production est limitée. Aujourd’hui avec des machines, quelles soient en bon état ou en mauvais état, l’intention est de vite cultiver le sol à grand échelle.  C’est ce que moi je retiens. Et je sais que  c’est par la production  que nous aurons  la victoire sur la crise, car les Béninois mangeront à leur faim. C’est une vision qui va de paire avec la politique de construction des voies car même si certains ont dit   qu’on ne mange pas les pavées, on sait bien que les pavées permettent le transort rapide des marchandises. Quand vous passez deux heures, trois ou quatre dans un bouchon cela ralentit l’économie du pays.

  Quelques reproches à la gestion de Boni Yayi

Ce qui a mal marché sous ce régime, je parlerai plutôt beaucoup plus de moi-même. Parce que je voudrais que chaque béninois dise que voilà un homme qui a une vision pour le pays. Qu’est ce qu’il faut faire pour l’aider. Ce qui a mal marché, je dirai par exemple la rapidité d’organisation politique, l’accompagnement de tout ce qui est fait. Tout cela n’a pas bien marché et cela n’est pas la faute au Chef de l’Etat. C’est la faute à chacun de nous et surtout aux hommes politiques. C’est Boni Yayi qui est élu, c’est vrai mais il  ne  peut pas travailler seul. Il est tenu de travailler avec des hommes et tout le monde est tenu de l’accompagner. Je parle en qualité du maire d’Agbangnizoun. Si on me laisse seul en tant que maire de cette commune travailler, sans m’accompagner, vous verrez que la localité ne va jamais évoluer.

 Et les différents scandales financiers !

Vous  avez parlé des scandales. Vous savez la corruption allait à pas grandissant dans notre pays. Le peuple était fatigué et a estimé que le seul qui pourra sauver la nation est le docteur Boni Yayi. Le peuple était fatigué des dysfonctionnements au sein des administrations.  Une correction a été faite. Et c’est l’une des attentes des populations. J’ai pensé  que la façon dont la corruption était ancrée depuis le bas au sommet, croire qu’un seul homme ferait disparaître cela à l’aide d’un bâton magique c’est des illusions. Le peuple doit savoir que ce qu’il est possible de faire est de jeter des jalons, ouvrir des pistes et de les suivre du début jusqu’à la fin. je crois que le chef de l’Etat l’a fait en mettant en place des organismes de contrôle, les IGM, IGF, IGE…et en les mettant au travail sur les dossiers brûlants de l’Etat. J’ai reçu l’Ige à la mairie de Agbangnizoun pourtant je suis le Coordonnateur de la Fcbe. Donc en les mettant en œuvre indistinctement en  ne tenant pas   compte des positions politiques, je crois que c’est la meilleure manière. Il a montré le chemin en mettant des collaborateurs dans des positions où ils ne peuvent pas entraver la manifestation de la vérité. Il ne s’agit pas  seulement de découvrir des dossiers, il s’agit que les responsabilités soient situées. À ce niveau c’est la réforme judiciaire qui n’a pas encore totalement suivie. Je suppose que ça va être le second volet de l’acte du chef de l’Etat.  Ceux qui sont sur le secteur de la justice doivent aider le Chef de l’Etat à mieux réussir sur ce volet. Compte tenu du contexte, l’apparition des affaires ne me parait pas moi une chose qu’il faut mal comprendre.  L’attente du peuple peut être légitime. Mais on ne peut pas s’attendre à ce que la mauvaise gouvernance disparaisse par un coup de bâton magique comme je l’avais dit si haut. Ce à quoi on peut s’attendre est que ces pratiques soient traitées pour qu’on puisse prendre un autre tournant. La mauvaise gestion n’est pas un phénomène imaginaire. Ce sont les hommes qui sont à la base de cela et ces hommes ont toutes les facultés pour contourner tout ce que l’on met en place. A partir de ce moment, il faut chercher des voies et moyens pour l’éradiquer. C’est ça l’essentiel à mon avis.

 Une mouvance ou des mouvances…..

Je ne sais pas ce que vous appelez des mouvances. Quelles que soient les conditions, ce sera une  mouvance. Etant entendu que dans la mouvance, il y a plusieurs partis et regroupement de force politique, social et culturel. Actuellement il y une organisation d’artisans qui soutiennent le chef de l’Etat. L’alliance Fcbe est déjà constituée de plusieurs partis et organisations. Même s’il y a des forces qui viennent s’ajouter, ce sera la mouvance même s’il y a des problèmes internes. Que le parti qui n’a pas de problème interne vienne nous jeter la première pierre.

 Guerre de leadership entre Fcbe et Umpp

L’Umpp est un cadre de concertation où nous nous retrouvons pour nous concerter. Je ne suis pas membre du bureau. Je suis seulement coordonnateur de la Fcbe. C’est l’honorable Grégoire Laourou qui a été désigné par  les membres. Il faut vous dire que l’Umpp est né du fait que plusieurs partis veulent soutenir le Chef de l’Etat mais ne veulent pas se reconnaître membre Fcbe. Or dans nos textes de base, la chose était prévue. Il faut mettre tout le monde à l’aise si tant est qu’il veut être de la mouvance. Nous discutons entre nous et faisons nos planifications ensemble. L’alliance Fcbe n’est pas un parti politique donc il peut recevoir en son sein d’autres partis. La mouvance est un cadre de concertation.  Ce ne serait pas bon qu’on crée un parti à l’intérieur d’un parti mais à l’intérieur d’une alliance, je crois que la chose est faisable. La Fcbe fait son bonhomme de chemin. Nous nous sommes appelés à mettre en place des structures qui sont verticales, horizontales. Parfois on en a jusqu’au village et arrondissement.  Dans beaucoup de villages, il a des gens qui répondent aux Fcbe. Ce qui me semble capital, c’est le quadrillage politique sur le terrain ou le combat comme le diraient les autres, le combat face à face sur le terrain à la base.

  Les Fcbe ont-ils les moyens d’amener Yayi en 2011 ?

Ce n’est pas la Fcbe qui amènera Boni Yayi en 2011, mais plutôt les populations qui continuent de croire en lui. Le peuple béninois est un peuple conscient et le moment venu il prendra sa décision on a confiance. Le travail que nous faisons va compter. Le Chef de l’Etat n’a pas parlé de sa candidature mais nous on se bat pour qu’ils reviennent. Si jamais il voulait se détourner, nous nous allons pousser dans le dos pour qu’il revienne. On va mettre les populations béninoises à sa trousse pour qu’il continue ses œuvres salvatrices. Il va poursuivre les chantiers qu’il a ouverts.

 Le candidat unique de  l’UN Houngbédji

Je dois dire que cette fois ça été plus loin que d’habitude. Les autres fois on n’a pas été jusqu’à ce niveau. En ce qui me concerne, je m’y attendais. Je ne vois pas beaucoup d’hommes qui ne seront pas près à tout en demandant pardon sans expliquer le pourquoi. Ils  se sont entendus pour démettre le président Soglo. Mais malheureusement ça ne suffira pas pour 2011. La vie est faite de tout. Dans ce schéma nous faisons aussi un travail politique. Quand vous prenez le candidat unique, son rêve ce n’est plus d’être maire, ni député. Son rêve c’est d’être chef d’Etat. Alors il a manifesté ce rêve depuis. S’il a été premier ministre, c’était en vision de cela.

L’autre chose est que ce sont des voix d’hommes qu’on met ensemble lors des élections. Je crois que c’est des hommes qui voteront et non des pierres et je ne suis pas dans cette logique d’addition mécanique de voix de 2006 pour conclure à l’élection de Me Adrien Houngbédji. Je ne dirai pas qu’il sera élu au premier tour mais il faut savoir que le peuple ne recommencera pas constamment l’erreur de 1996. Il l’avait fait sous prétexte qu’on ne mangera pas du pavée. Il y  avait une crise et on s’en est prévalu pour insinuer c’est lui qui avait amené la dévaluation. On ne peut pas dire que tout ce que Yayi a fait est rose. Il faut le prendre dans sa dimension d’homme. Il mérite de critique comme tous. J’ai entendu dire qu’au lieu de construire des échangeurs, il vaut mieux aller fermer les baffons. Or on a vu ce que la fermeture des baffons a donné dans ce pays. La fermeture du baffons de Houéyiho a été un véritable problème aux populations d’Agla.

 Et les aveux de Boni Yayi face aux syndicalistes ….

C’est un syndicaliste qui, à la sortie d’une audience  a dit que le Chef de l’Etat a renoncé aux élections en 2011. Ne prenez pas ces informations de cette manière. Je pense que mon analyse personnelle quand vous sortez du bureau d’une personnalité de ce rang, on sort en faisant le point de ce qui vous a amenés. Si vous avez un peu d’estime pour votre patron vous devez comprendre qu’il a dit certaines choses sous l’effet de la colère qui ne serait pas nécessaire de redire dehors. Cette déclaration prouve que ses relations avec le chef de l’Etat ne sont pas des relations d’amitié. C’est des relations un peu conflictuelles et dans cet état d’esprit, je suis obligé de prendre avec des pincettes tout ce que lui-même dit. Il peut prolonger ce que l’autre a dit de la façon dont lui, il a compris. Il ne nous a pas déroulé un magnétophone, on n’a pas entendu les thèmes précis. Par conséquent, j’ai compris qu’il y a eu de l’énervement de la part du Chef de l’Etat face aux enseignants intransigeants malgré  la  situation  économique dans laquelle le pays est et qu’on sait. Il faut avoir fait un certain nombre de sorties. Mais le Chef de l’Etat ne pourra pas dire  qu’il ne sera pas candidat en 2011. A qui il laissera tous les chantiers ouverts ? A qui il laissera toute sa grande vision pour l’émergence du Bénin ? Vous me direz que tout le monde peut diriger le Bénin. Le coordonnateur national des Fcbe que je suis,  n’est pas prêt pour diriger le Bénin en 2011. Je ne serai pas candidat.  Cette affirmation, vous pouvez la prendre fermement car elle vient de moi. Mais ce que vous n’avez pas entendu du Docteur Boni Yayi lui-même, n’essayez pas de l’utiliser. Ce ne serait pas  bien. On est 8 millions de Béninois d’accord, mais on en a eu parmi eux qui ont pillé à bras le corps le pays. Le Chef de l’Etat, c’est l’un des 8 millions de personnes qui a une certaine vision, qui a abattu un certain travail et il faut qu’il le poursuive tout simplement. Comme ça, il amènera le Bénin à un point où n’importe quel autre des 8 millions de Béninois pourra  le prendre puisque le mandat n’est pas indéterminé.

 L’exploit des Fcbe à Agbangnizoun !

On vit en prenant des moyens chez certain de nos militants. C’est comme ça que nous vivons. Non. On a fait un certain travail, mais le plus important, ce n’est pas le travail qu’on a fait. L’important, c’est que les populations d’Agbangnizoun se sont données à un moment donné, une autre orientation. Donc, je  leur rends hommage  pour  avoir choisi à un moment de s’orienter autrement. Ce n’est pas facile à un homme d’abord, ensuite à une population, à tout un peuple. Vous savez, à une certaine époque, Agbangninzoun était à 97%, voir 98% Renaissance du Bénin. C’était déjà ancré dans les habitudes, dans le sang. Si la population n’avait pas décidé  de se réorienter, on   aurait suivi massivement la même voie, on aurait eu d’autres personnes à la tête de la Municipalité. Donc, Agbangninzoun aurait pu voter autrement. D’abord aux présidentielles, le score fait  par le Chef de l’Etat actuel était élogieux. C’est vrai que la Rb  nous avait battus. Mais on avait réalisé un score appréciable. Aux Législatives, le score a encore remonté davantage et puis encore davantage aux communales.

 Les candidatures sérieuses en 2011

Nous prenons toutes les candidatures au sérieux parce que ce sont des personnalités qui font déjà le travail de terrain. Nous les rencontrons sur le terrain d’ailleurs. Donc nous les prenons au sérieux. Nous disons au peuple béninois de prendre tout ça au sérieux et de ne pas rigoler avec parce qu’on risque d’être surpris et de se retrouver à une situation qu’on n’a pas voulu.  La situation serait  délicate dans le cas où on serait obligé de faire confiance à d’autres qui pourrait arrêter tous ces chantiers aujourd’hui ouverts par le Chef de l’Etat actuel. Lui, il fait ses 5 ans en plus, il achève et puis les autres pourront venir après.

 Et la candidature de Bio Tchané

Moi je n’ai pas à penser  ou non que le Président de la Boad soit candidat. Je pense que le Président Abdoulaye Bio Tchané est un citoyen béninois. Il jouit de tous ses droits civiques, donc il peut être candidat. C’est son analyse personnelle qui le fera candidat ou non aux élections présidentielles de 2011. Il faut penser aux alliances, c’est sûr. Moi je n’ai pas à vous dire là maintenant les alliances auxquelles nous pensons. Il ne manquerait que ça. Je ne peux pas vous dire non plus si le Président Bio Tchané sera candidat ou non. Ce sera à lui personnellement de le dire. Je le connais personnellement. Je l’ai vu aussi en tant que ministre. Je sais aussi que c’est un homme très important. Il décidera de ce que sa conscience lui dira.

 Les interdictions de manifestations

Les interdictions de manifestations ont été évoquées  comme des atteintes à la démocratie. Ce que je voulais dire, c’est que l’administration a le pouvoir d’analyser une situation donnée et de dire telle manifestation peut conduire au trouble à l’ordre public. L’administration, dans tous les pays du monde, même les plus démocratiques a ce pouvoir qui est en même temps un devoir qu’elle peut exercer à divers endroits. Il faut le reconnaître d’abord. Dans la mesure où ça peut être pris en compte, cela peut frapper indistinctement. Par exemple, le Conseil des ministres a pris récemment la décision, à cause du recensement, qu’il n’y ait pas de manifestations. J’estime que c’est une décision administrative qui est opportune. Ce qu’il faut demander aux responsables de l’administration, c’est que,  dans ce domaine, une analyse soit bien faite pour que les décisions ne reposent pas sur l’arbitraire. C’est tout ce qu’on peut demander et c’est à eux d’intérioriser cela et de le faire peser dans leurs décisions. Mais on ne peut pas leur ôter le pouvoir de prendre des mesures d’ordre sécuritaire par rapport à telles ou telles autres manifestations.

 Le séjour à la tête de la Fcbe

A la tête de la Fcbe, je suis élu pour trois ans. Je le suis depuis octobre 2008.  En dehors des installations de nos structures que nous avons effectuées dans toutes les localités du pays, nous avons animé un peu la vie politique, mais de façon conséquente. Je vous disais tout à l’heure qu’il y avait des difficultés. Nous avons animé la vie politique à notre manière, mais ce que nous avons surtout fait, c’est le quadrillage du terrain avec les difficultés qui l’accompagnent. Ce n’est pas nécessairement vrai de dire qu’à la Fcbe, on ne cotisait pas. Je vais vous dire pourquoi ce n’est pas nécessairement vrai. Je vous dis que nous comptions sur nos militants qui ont un peu plus de moyens que d’autres. Dans la mesure des moyens qu’ils ont, nous pouvons avoir leur aide pour organiser les activités. C’est tout ce que je peux répondre.

 Azatassou à la tête de Fcbe, un hasard ?

S’il faut parler de Fcbe et du soutien au Chef de l’Etat, je suis depuis 2004 où le parti auquel j’appartiens, le Mouvement pour le Développement et la Liberté a décidé  de soutenir le candidat Boni Yayi.  J’ai fait le travail principalement dans le Zou. La campagne présidentielle à Agbangninzoun, c’est moi qui l’ai gérée en 2006. Et depuis, je suis dans les structures. Cela veut dire que je peux être bien à la tête des Fcbe comme ça aurait pu être d’autres. C’est vrai que je n’étais pas le plus souvent en vue par rapport à d’autres. Mais c’est le Congrès qui a estimé que celui qu’il fallait pour la période là, que ce soit quelqu’un comme moi.

 Fcbe malade dans le Zou

Qu’est-ce qui vous fait dire que la Fcbe est malade dans le Zou ? Le député Eloi Aho est toujours un député Fcbe. A un moment donné, il peut faire des déclarations en exprimant ce qui est dans sa conscience comme d’autres le font. Mais ça ne veut pas dire qu’ils ne sont plus Fcbe. En ce qui concerne les autres choses dont vous parlez, je vous ai dit que Fcbe est un regroupement de partis et de mouvements politiques. Donc, quelqu’un qui crée son parti, s’il ne sort pas du regroupement, il est toujours dans les normes. Nous ne sommes pas un parti. Donc le parti de Francis Aguénoukoun,  ce n’est pas un phénomène extraordinaire puisqu’il n’a jamais déclaré que son parti est créé en dehors de Fcbe. Convergence 2011 est un mouvement membre de Fcbe et son Président Edgar Soukpon peut vous le confirmer. Le ministre Zinzindohoué quant à lui, se charge d’animer les structures du regroupement que nous constituons, je veux parler des  Fcbe. 

  Boni Yayi à Agbangnizoun : hasard ou gratitude aux électeurs ?

Je sais que le Chef de l’Etat est proche des populations en général. Maintenant, il se fait qu’Agbangninzoun a été sinistré. Beaucoup d’arbres ont été déracinés, des toitures enlevées,  beaucoup de sans abris enregistrés avec un décès à la clé. Le Chef de l’Etat ayant appris ça a voulu nous assister et nous dire sa compassion. C’est vrai qu’il y a eu tornade à Covè, mais comprenez quand même que le Chef de l’Etat ne peut pas aller à tous les lieux de sinistres. Il a un calendrier à gérer et on ne peut pas lui exiger cela.  Il peut se rendre symboliquement à un endroit donné pour manifester sa compassion avec l’ensemble du peuple béninois.

La crise de royauté à Abomey

Je suis du Plateau d’Abomey.  Au niveau de la royauté actuellement, il y a une crise. C’est clair que les princes sont à pied d’œuvre pour régler la crise et je pense que cela va arranger les populations. Il y a des solutions qui sont envisagées, j’espère qu’elles vont aboutir pour le bonheur des populations. C’est vrai qu’il y a un roi actuellement élu qui siège au Palais central, mais il y a aussi un débat autour et je crois que les princes s’affairent afin que les esprits se calment.

 Le combat de Fcbe pour la Lépi

Nous avons mené beaucoup de combats pour la réalisation de la Lépi. Nous avons déjà fait une déclaration. Mais ça a été coïncidé par un événement qui a fait que la Presse n’en avait pas beaucoup  parlé. Nous avons fait récemment une seconde déclaration. Nous avons fait également beaucoup de séances de travail avec l’Union fait la nation, des structures comme la Cps et la Miréna. Nous avons constamment donné nos points de vue pour pouvoir faire évoluer les choses. Maintenant je suis heureux que la seconde phase du recensement ait démarré. J’ai appris que l’Union fait la nation a fait passer un communiqué pour appeler ses militants à aller s’inscrire. C’est une bonne chose. Je sais que ce sont des hommes intelligents qui savent réfléchir. Je n’attendais pas qu’ils restent dans cette position de boycott jusqu’à la fin. Parce que, si vous êtes candidat et que vos militants ne prennent pas les cartes d’électeurs, je me demande ce que ça va donner comme résultats. Je les félicite donc pour cette avancée et je voudrais demander qu’ils coopèrent maintenant et que leurs militants au niveau de la Cps réintègrent  les différentes structures. Je suis heureux qu’ils aient maintenant compris qu’il faut utiliser les articles 8 et 22 qui stipulent que toutes les formations politiques peuvent suivre la Lépi dans tous ces compartiments.

 En guise de conclusion

Je voudrais vous remercier pour m’avoir invité sous votre rubrique et de permettre d’intervenir sur des sujets d’actualité et autres et pour faire connaître davantage la vision de l’alliance Fcbe sur les sujets préoccupants de la Nation. Je sais que c’est un travail formidable que vous venez d’accomplir à ma faveur. Je demanderais de continuer dans ce sens. Ça permet de mener le débat politique et de faire connaître les points de vue car c’est avec le débat qu’on peut faire enraciner la paix sociale. Vous y avez beaucoup contribué et je vous en remercie.

 Carnet d’Identité : Un homme aux convictions imperturbables

Marqué par plusieurs événements douloureux dans sa vie d’enfance, Eugène Azatassou ne révèle  quasiment jamais avec précision, son année de naissance.  En complicité avec ses parents, il gardera l’année 1951 comme celle de sa naissance même si précisément, il est né en 1950. Né d’un père Grand féticheur célèbre d’un village d’Agbangnizoun,  cela ne l’épargnera pas pour autant des péripéties de la vie. Tristement, l’homme raconte :  » Il y a eu beaucoup d’événements qui se sont passés à ma naissance. Par exemple, j’ai perdu ma mère quand je marchais à quatre pattes « . Le  » petit Eugène  » va alors apprendre à connaître la vie aux côtés de sa grande sœur qui était enseignante et qui va justement décidé de son acte de naissance pour fixer sa date de naissance vers 1951. Mais tout ceci, ne l’a pas empêché d’accomplir son destin. Alors commença pour lui l’aventure de la vie où au terme il sera nanti d’un Doctorat de 3ème cycle à Toulouse en France. Et pourtant quelques décenies à l’avance, rien ne présageait d’un avenir aussi radieux au  » petit  » Eugène Azatassou qui aura mis pour la première fois pied à l’école à la Mission catholique. Il sera d’ailleurs à divers endroits dans son cursus scolaire étant donné qu’il était resté aux côtés de sa grande sœur institutrice qui tout le temps est affectée dans différentes régions du pays. Ainsi, de Toviklin dans le Mono-Couffo en passant par Pénessoulou entre Djougou et Bassila, Eugène Azatassou finira par obtenir son entrée en 6ème à Glazoué avant de poursuivre ses études secondaires au Collège Monseigneur Steinmetz de Bohicon. C’était en 1964. 4ans après, il obtient son Bepc et s’inscrit au Lycée Béhanzin où il obtiendra avec mention  » Assez bien « , son Baccalauréat série C. Par la suite, il fera 3 ans à l’Université du Dahomey avant de s’envoler sur Toulouse, en France où il obtiendra son diplôme d’étude approfondie avant de retourner au bercail pour intégrer le département des  » Mathématiques  » à l’Université du Dahomey. Mais très ambitieux, le jeune Azatassou de l’époque refuse de se limiter à ce diplôme. Alors, il retourna à Toulouse pour préparer une thèse de  3ème cycle, à laquelle il réussit brillamment avant de revenir au pays pour continuer à servir au département des  » Mathématiques jusqu’à ce jour « . Cela fait aujourd’hui 31 ans qu’il enseigne.  Il entreprendra d’abord de militer dans les associations d’élèves, d’étudiants  puis dans les associations de développement et les organisations syndicales. A l’époque, la Révolution battait son plein. Comme la plupart des jeunes de sa génération qui partagent le désir de changer ce système politique basé surtout sur l’arbitraire, la torture et les exactions de toute sorte, Eugène Azatassou fera également l’expérience de Ségbana où il a séjourné pendant 4 ans bien comptés séparé de sa famille. Mais pour autant, l’homme ne regrette pas ses souffrances. Il propose d’ailleurs que l’histoire soit enseignée à la génération montante afin qu’elle puisse  apprendre qu’on peut accepter vivre le pire  pour faire valoir ses convictions.

 » Moi je ne suis pas des gens qui apprécient l’histoire en la ramenant à notre vie d’aujourd’hui. Je replace toujours l’histoire dans son contexte. Personne ne nous obligeait à faire ce qu’on a fait. On avait une certaine conviction et par conséquent, on ne peut pas dire que c’était à oublier. Je dis non. Il faut nécessairement enseigner l’histoire aux générations montantes pour leur montrer qu’il faut être déterminé et convaincu « , déclare-t-il. Et c’est fort de ses convictions que  l’homme s’est investi dans l’avènement du changement dès 2004 avec son parti  » Le mouvement pour le développement et la liberté. Il raconte les motifs du choix de son parti sur le candidat de l’époque, Docteur Boni Yayi :  » En 2006, il était donc posé la problématique de la succession à la tête de l’Etat, étant donné que les deux grands Chefs d’Etat que nous ayons connu, je veux parler du Général Mathieu Kérékou et du Président Nicéphore Soglo,  n’étaient plus qualifiés pour être Présidents de la République. Il fallait alors que le peuple béninois puisse choisir un homme qui pourra réellement prendre leur place  pour l’amener vers le développement. On s’est dit alors entre cadres que celui qui succèdera à eux soit un homme de cœur  pouvant conduire le pays vers le développement. C’est ainsi que nous nous sommes dits, qu’au lieu de rester uniquement dans les associations de développement et dans les syndicats, il faut qu’on aille mettre le pied dans quelque chose d’autre qui puisse nous permettre de réaliser cette forme de politique. D’où la création de notre parti  » Mouvement pour le développement et la liberté  » dirigé par le Président Rigobert Azon. D’abord, on a commencé par faire un travail de terrain avant d’en arriver là où je suis actuellement, c’est-à-dire le choix du Docteur Boni Yayi, candidat en 2006 et puis ma candidature pour les communales de 2008, et aujourd’hui coordonnateur national des Fcbe « . Mais il faut retenir que l’homme était avant tout, un membre actif du parti communiste du Bénin sans pour autant partager la vision du régime communiste du camarade Mathieu Kérékou. C’est cela d’ailleurs qui lui a valu ses années de séjour à Ségbana.

 La Rédaction

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One thought on “Eugène Azatassou Coordonnateur FCBE, invité de Sous l’Arbre à Palabres: « Le peuple ne commettra pas avec Boni Yayi, l’erreur de 1996 »

  1. AZA ALTERNANCE

    ENVIE DE RIRE hihihiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
    mr AZATASSOU FAIT RIRE………….

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