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Paul Gnimagnon, Président du parti Nep-Mixalodo, invité  » Sous l’arbre à palabres « :  » L’alternance en 2011 doit être porteuse d’une alternative crédible « 


 Paul Gnimagnon, Président du parti Nep-Mixalodo était l’invité de la rubrique atypique du Quotidien l’Evénement Précis  » Sous l’arbre à palabres « . Cet Inspecteur des Douanes, véridique  et engagé, fidèle à sa nature s’est exercé à une appréciation à la loupe de l’état du Bénin sous le régime Yayi. Aussi bien sur le plan politique, économique que démocratique, il a peint un tableau en noir. Pour le rescapé des périodes révolutionnaires le départ du pouvoir actuel s’impose pour 2011. L’ancienne classe politique n’est pas sortie indemne de cet exercice. Mais pour comprendre cet engagement politique aux allures patriotiques qui se dégage des positions de Paul avec tout l’esprit d’indépendance qui le caractérise, il faut remonter à l’histoire personnelle de l’homme. Cet entretien lève un coin de voile sur la personne de Paul Gnimagnon dans ses combats actuels que dans son passé militant pour effleurer même son intimité…

  

L’Etat-FCBE, l’Etat-échec ?

S’agissant de la question que vous posez, la lecture que je fais est très simple. Lorsqu’on n’a pas des motivations fermes et profondes, lorsqu’on se rassemble pour la circonstance parce qu’il y a des intérêts personnels en jeu et que pour les sauvegarder on poursuit les gens qu’on estime être en train de déranger, on ne peut conséquemment rien bâtir de solide.  L’échec que vous constatez vous-mêmes n’est donc pas étonnant. Si l’on a des convictions patriotiques, des convictions fermes, des convictions qui touchent à l’avenir de ce pays, il est clair que quelles que soient les questions, quelles que soient les préoccupations, on doit pouvoir s’entendre. Cela n’a pas été le cas. Vous convenez avec moi que c’est parce que les gens qui se sont rassemblés ont trouvé que certains dérangent et ont trouvé qu’il faut les détruire. Dans ces conditions, on ne peut qu’assister à ces résultats. Voyez bien ceux qui composent cet ensemble dont vous venez de parler, essayez de passer chacun d’eux au peigne fin et vous vous rendrez compte que pour la plupart, ils ne sont pas des hommes de conviction. Il y a certains parmi eux qui ont eu des passés assez intéressants du point de vue de leur participation aux luttes politiques au moment peut-être où ils étaient élèves ou étudiants. Mais depuis un certain temps, ils se sont rendus compte peut-être qu’ils ont perdu le temps. Sinon, on ne peut pas expliquer, pour avoir combattu au sein de l’Union Générale des Elèves et Etudiants du Dahomey (UGEED), au sein du Front d’Actions Commun des Elèves et Etudiants du Nord (FACEEN), au sein de la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (FEANF) et que sais-je encore, que ceux là se retrouvent où ils sont aujourd’hui.

 Les cas ADJAÏ Cica, ADANLIN…confirment-ils  la règle ?

Certaines personnes estiment qu’il ne faut pas se battre contre un adversaire plus fort même si cet adversaire trahit les intérêts de la grande majorité, piétine les intérêts du peuple. Conséquemment, elles se rangent du côté de cet adversaire plus fort, autrement dit, elles s’adonnent elles mêmes à des pratiques honteuses pourvu que leurs intérêts personnels soient sauvegardés. Lorsque vous prenez ma lecture et que vous la rapprochez de l’UMPP, FCBE,  vous allez vous rendre compte aisément de ce que je dis. J’ai eu à rencontrer un membre de l’UMPP à un débat contradictoire sur une chaîne de télévision, monsieur Timothée ADANLIN et je lui ai demandé s’il se sent à l’aise là où il se trouve si nous rappelons qu’il a été syndicaliste, qu’il a pris part à des luttes actives et qu’il a fait la prison. Les idéaux qu’il défendait et ceux qu’il prétend défendre en ce moment, puisqu’il avait distribué à l’occasion  une déclaration de son parti l’UDFP et j’ai trouvé que ce que le parti disait était en contradiction flagrante   avec la position qu’il défend en tant que membre de l’UMPP. Ça, je le lui ai dit et sa réponse était de me dire qu’il a vu beaucoup de choses. Et pour avoir vu beaucoup de choses, il se rend compte que c’est peine perdue que de persévérer dans sa conviction de départ et c’est ce que je constate pour la plupart. Je dirai la même chose de monsieur Amos ELEGBE et de beaucoup d’autres aînés qui sont devenus méconnaissables politiquement

 Les rapports avec l’UN.

Nous ne pouvions pas envoyer des militants de notre parti ou des cadres de notre parti prendre part aux travaux de  la convention parce que nous ne faisons pas partie de l’Union fait la Nation. Nous avons été invités à l’ouverture de la Convention. Donc après la phase protocolaire, ma délégation s’est retournée. Nous soutenons le combat de l’Union fait la Nation parce qu’elle s’oppose aujourd’hui à un régime aux tendances liberticides et s’inscrit notoirement dans la lutte pour l’alternance en 2011. Et pour cela mon Parti NEP-MIXALODO est en partenariat politique avec l’Union fait la Nation et non membre de l’Union.    

Mon parti est né il n’y a pas longtemps, du fait donc de son jeune âge et autres, nous avons estimé qu’il serait trop tôt de se fondre dans un ensemble comme l’Union. Bien sûr, nous aurions pu dire qu’il faut le faire pour profiter de l’expérience des aînés. Ils ont quelque chose que nous n’avons pas. Mais il faut prendre le temps de s’organiser, de s’implanter avant d’entrer dans une union aussi large. Rien ne nous inquiète en particulier, mais j’estime que pour se marier, il faut prendre le temps d’observer sa fiancée. Il ne faut pas se précipiter pour aller faire un mariage parce que c’est pour la vie que vous vous engagez. En tant que formation politique, je le  dis encore, ce sont nos aînés. Pris peut-être individuellement, beaucoup d’entre nous étaient dans la bataille politique avant  beaucoup de membres de l’Union Fait la Nation. Ce n’est pas pour nous vanter, mais il est un fait qu’à NEP-MIXALODO beaucoup étaient en politique avant la conférence des forces vives de la nation de février 1990. Je n’ai pas attendu d’être nommé Directeur Général ou Ministre avant de me lancer dans la politique comme c’est le cas de beaucoup de compatriotes ; si c’est l’enrichissement illicite qui est notre problème, vous savez que je suis inspecteur des douanes, mais je ne suis pas riche. Vous avez connu des douaniers dits patriotes…. J’aurais pu me ranger et avoir aussi des postes. Après avoir créé  le parti, j’aurais pu dire qu’il est de la mouvance présidentielle, qui soutient YAYI et l’aidera à faire 10 ans de mandat. Mais je n’ai rien fait  de cela. Donc, il y a ce trait dominant qu’il faut souligner. Je ne suis pas convaincu qu’en m’appelant au mariage, que nous partageons forcément les mêmes traits de caractère. Et par rapport à ça, je dois prendre mes dispositions. Je vous donne un exemple tout simple. Lorsqu’on a fait les élections communales, plus d’un an et demie après l’installation de mon Chef d’Arrondissement, on a repris les élections  dans mon arrondissement à Adanhondjigon sans motif. Les informations ont permis de savoir que c’est parce que je suis de l’opposition et on voulait montrer que je n’ai pas d’appui. A cette occasion, comment pouvez-vous comprendre que la Renaissance du Bénin qui se dit être de l’opposition puisse faire coalition avec FCBE pour me combattre ? Rien ne l’explique. Cela a été fait malgré que  la RB soit membre de l’Union fait la Nation. Je ne dis pas que c’est à cause d’elle que je ne suis pas allé, mais ce n’est qu’une illustration pour dire qu’il faut faire attention. Donc NEP-MIXALODO a préféré un partenariat politique avec l’Union fait la nation plutôt que d’aller se fondre dans ladite union.

  Appel pour une alternance porteuse d’alternative en 2011

 L’appel qui est celui de NEP-MIXALODO est l’appel de tous les patriotes de ce pays, de tous les démocrates pour une alternance et nous ajoutons une alternance porteuse d’alternative en 2011. Ça veut dire que pour nous, il ne s’agit pas simplement d’un changement d’hommes à la tête de l’Etat. Depuis 1990,  on a eu des changements d’hommes à la tête de notre Etat mais la situation ne s’est pas pour autant améliorée pour la jeunesse, pour le peuple béninois. Et c’est pour cela que nous avons dit que l’alternance en 2011 doit être porteuse d’une alternative crédible pour que l’on sorte du cercle vicieux de la gestion  chaotique, de l’improvisation. Autrement dit, pour nous en tout cas, l’appel que nous avons lancé à la jeunesse, aux patriotes de ce pays, c’est qu’il ne s’agit pas de porter à la tête du Bénin, un homme qui n’est entré en politique que pour l’accomplissement personnel. Si c’est cela, ça ne vaut pas la peine. Cela dit, il y a un dénominateur commun entre l’Union fait la nation et le NEP-MIXALODO, c’est que nous voulons de l’alternance.

Je ne dis pas alternance pour alternance et c’est pourquoi j’ai ajouté alternance porteuse d’une alternative parce que tout réside dans le comportement de l’homme. Lorsque vous prenez les hommes, vous les analysez,  vous pouvez savoir quelles sont leurs motivations profondes lorsqu’ils se déclarent candidats à la Magistrature suprême. C’est parce que nous ne prenons pas suffisamment le temps de chercher ses motivations profondes que nous amenons des gens qui sont loin de satisfaire les intérêts du peuple béninois. Donc pour moi, il ne s’agit pas de  » Otes-toi pour que je m’y mette « , c’est parce que nous sommes convaincus que nous avons quelque chose à donner à ce peuple, nous sommes convaincus qu’il faut qu’il y ait un vrai changement et nous sommes convaincus et on peut le démontrer que nous n’avons jamais couru derrière l’argent.

 La responsabilité des aînés politiques

Je n’en sais rien, je sais tout simplement qu’il s’agit d’aînés qui sont  dans la course depuis un bon moment. Je sais par ailleurs comme tout le monde, et ça, je le dis, la mauvaise gouvernance actuelle qu’ils sont en train de combattre leur est imputable d’une manière ou d’une autre. Et quand je dis que cela leur est imputable, je ne fais pas de distinction parce qu’on peut me dire qu’au niveau de l’Union fait la nation, il n’y a pas que ceux qui ont appelé à voter pour YAYI Boni en 2006. On pensera au Président du PRD, Me Adrien HOUNGBEDJI. Mais je dis que s’ils étaient là depuis 90 et que le peuple a préféré YAYI Boni à eux, c’est qu’ils ont failli quelque part. Je parle aussi de ceux qui ont appelé à voter au 2ème tour. La gestion de YAYI Boni leur est imputable, ils ne peuvent rien dire pour s’en soustraire. Je constate que c’est heureux, parce qu’on dit que  » l’erreur est humaine  » et que c’est  » persévérer dans l’erreur qui est diabolique « . Ils ont compris qu’ils étaient en erreur et de ce point de vue, je me dois de le leur reconnaître, je me dois de rester avec eux parce que j’estime que tous ceux qui veulent de l’alternance en 2011, qu’il s’agisse de l’ensemble de l’Union fait la nation, de Abdoulaye Bio TCHANE ou d’autres, on doit se tenir véritablement la main d’une manière ou d’une autre parce qu’il y a un dénominateur commun qui nous relie.

 Les critères pour une Union politique durable

Oui, évidemment devant les intérêts, l’union est difficile à réaliser. Et puis, de mon point de vue, c’est fondamentalement le nœud auquel il faut s’accrocher. Je ne dirai jamais assez, qu’est-ce qui amène X ou Y à se positionner ? Si c’est parce qu’on pense que la politique est une entreprise à rentabiliser, si c’est parce qu’on pense que c’est le moyen le plus rapide pour s’enrichir, il est clair qu’aucune union ne peut durer. Et si c’est avec cet état d’esprit qu’on a conçu l’Union fait la nation, il est clair qu’à un moment ou à un autre, il aura effritement. Je ne sais pas s’ils en sont encore là. Je présume qu’ils ont véritablement tiré leçon de tout ce qui est arrivé et qu’ils ont commencé à penser qu’aujourd’hui, au-delà de l’individu, il faut voir d’abord la patrie. Pour nous, c’est la patrie d’abord et rien d’autre. Si c’est cela, l’union va durer, mais si ce n’est pas cela, il est clair que d’un moment à un autre, ça va s’effriter et qu’ils se tourneront dos, ce que je ne souhaite pas.

  Les quatre (4) missions essentielles du peuple à Boni YAYI

J’estime qu’en élisant le Chef de l’Etat à la Magistrature suprême en 2006,  notre peuple lui avait confié une mission que je peux résumer en quatre (4) points essentiels. Premièrement, il avait la mission de contribuer au renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit, deuxièmement, il avait à travailler pour la consolidation de l’unité nationale. Troisièmement, il devrait lutter contre la corruption, tout cela devait déboucher sur la relance de l’économie nationale et le bien être social du peuple. Et c’est  par rapport à ça qu’il faut apprécier ce qui se fait. Ce n’est pas par rapport à sa personne. Sur le plan de la démocratie, vous êtes journalistes et vous observez mieux que quiconque les choses et vous pouvez constater que l’homme ne veut voir avec lui que ceux qui ne cessent de l’applaudir. Il n’accepte pas la contradiction. Donc, l’expression plurielle à la faveur de laquelle il a été élu en 2006, il n’en veut plus aujourd’hui. Le consensus prôné à la conférence nationale de février 1990, il n’en veut plus. Dans ces conditions, il est aisé de dire que celui là ne veut pas de la démocratie. Il fait interdire des marches dans ce pays. Il persécute des gens parce qu’ils ne parlent pas le même langage que lui. Mon cas aussi est une illustration. J’étais à l’aéroport, chef de la brigade des douanes. Avec la grève des douaniers, j’avais refusé d’être  » douanier patriote « . Tout à commencer par là. J’ai créé un parti politique et fait une déclaration politique. Une semaine après, on m’a enlevé de mon poste. On m’a sorti de l’administration douanière pour m’affecter au Secrétariat Général du Ministère de l’Economie et des Finances. Suite  à la clameur publique qu’a provoquée cette mesure abusive  répressive et attentatoire à mes droits constitutionnellement reconnus, on m’a ramené à la douane ; mais cette fois-ci, on m’a éloigné de ma famille à moins de deux ans de ma retraite en créant pour moi un poste de Directeur  Régional Adjoint de l’Atacora et de la Donga. Auparavant, ce poste n’a jamais existé. Il s’agit donc d’une affectation politique et non administrative parce qu’à moins de deux ans de ma retraite, rien ne justifie  cet éloignement justement après que je me sois prononcé  en tant que citoyen et en tant que Chef de parti sur la situation  économique de mon pays. Est-ce à dire qu’au niveau de la fonction publique, il y a des postes d’opposants et des postes de non opposants ? On dit que la fonction publique est une et il n’y a aucun texte qui dit que tel secteur ne  doit pas être occupé par tel ou tel autre citoyen. Si vous en avez la compétence, vous l’occupez. C’est donc une affectation punitive. Ce sont des mesures de représailles pour me forcer au silence. Moi j’ai rejoint mon poste et j’ai demandé 3 mois de congés administratifs et j’ai demandé conformément au statut des agents permanents de l’Etat, un an de mise en disponibilité. Donc, je ne dépends plus de personne aujourd’hui. Je me suis libéré pour pouvoir continuer le combat pour lequel je me suis engagé. Les persécutions n’expliquent pas ce que vous dites parce que je ne peux pas dire que je ne savais pas ce qui m’attendait. Vous ne pouvez pas sous le gouvernement de YAYI Boni choisir l’opposition et être surpris des conséquences. Je m’y attendais et je l’ai même dit avant que cela n’arrive beaucoup d’autres choses se complotent contre moi. Je ne vois pas ce qui va me faire peur dans ce Bénin. Si j’ai commencé le combat pour la justice sociale depuis ma classe de 6ème, depuis 1972 donc, si j’ai poursuivi au sein du parti communiste du Dahomey, si j’ai connu la détention politique, je ne sais plus ce qui va me  faire peur. Il n’y a plus rien  qui puisse me surprendre.

 Le mutisme stratégique

C’est une question de préparation parce que cela ne veut pas dire que je ne travaille pas sur le terrain. Il n’y a pas de jour où moi je ne tiens des réunions. J’ai quand même dans le temps envoyé une lettre ouverte au Chef de l’Etat qui n’a d’ailleurs été qu’une confirmation  de ma position. Je me prépare, je vais me prononcer encore. Jusqu’en 2011, je crois qu’il n’est pas question pour mon parti de garder le silence. Le reste n’est qu’une question  de préparation.

 L’Unité nationale à mal !

J’ai bien sûr évoqué quatre (4) points. J’ai parlé de l’unité nationale. Je vais vous rappeler que le SYNTRACEF avait sorti un document à la suite de ses investigations pour voir comment les nominations sont faites à la tête des entreprises dans ce pays. Il est apparu clairement que les nominations sont régionalistes. Les gens parlent de concours, mais aujourd’hui, les affectations dans la douane en particulier, c’est d’abord au niveau de la Présidence de la République. Je ne sais pas pourquoi un Président de la République doit se préoccuper des affectations des cadres. Les textes sont clairs là-dessus. Et quand vous voyez bien, vous verrez qu’on privilégie  certaines régions, même certaines ethnies. Aujourd’hui, prenez, depuis qu’il est arrivé, les résultats des concours passés par exemple à la douane. Les admis pour la plupart, si ce n’est des natifs de telle région, ce serait les parents de certaines catégories de hauts fonctionnaires. Alors, comment vous pouvez être en train de faire ça et dire qu’il aura l’union. C’est vous qui poussez les gens à ne pas s’entendre lorsque vous agissez de cette manière là. Parce que, même si je n’ai pas l’idée, à force de voir les choses se faire de cette manière là, vous me poussez à être contre mon frère. Parce que vous prouvez que pour bénéficier de certaines choses, même pour avoir ce à quoi on a droit, il faut être dans les bonnes grâces,  ou il faut être de telle région, parent du ministre ou de Dg. On ne peut jamais construire l’unité nationale sur cette base là. Je dis donc sur ce plan encore, il a failli. J’ai dit dans ma déclaration politique comment se fait-il que pour la plupart des hauts placés de l’armée, ce n’est que dans une région. Les faits sont là et si vous voulez l’unité, vous devez faire en sorte que les frères du Nord au Sud s’entendent parce que vous n’êtes pas le Président d’une région donnée ou d’une ethnie. Vous êtes le Président du Bénin uni et indivisible. Ce n’est pas les frères béninois qui l’ont voulu ainsi. C’est plutôt le Chef de l’Etat qui nous oppose.

 CEN-SAD, baromètre de la lutte contre la corruption

La lutte contre la corruption, tout le monde a entendu parler du dossier CEN-SAD. On n’en dit quoi encore aujourd’hui ? Lorsque sur des dossiers du genre, de hautes personnalités ou des proches sont impliqués ou sont soupçonnés et que la lumière n’est pas faite ou parce qu’on entend que le dossier est confié à la justice, alors que dans notre pays cela n’est qu’une procédure pour noyer les dossiers, on se demande si réellement, le Chef de l’Etat est engagé dans cette lutte là. En tout cas, je n’ai pas le sentiment qu’il est franchement pour ça. Conséquemment, lorsque la démocratie est mise à mal, lorsqu’il n’y a pas l’unité nationale, lorsqu’il n’y a pas la lutte contre la corruption, aucune relance économique n’est possible. 

L’économie, c’est d’abord la production de richesse

L’économie ce n’est pas exiger de la douane tel montant ; des impôts tel autre montant. Le pays ne pourra jamais se développer sans la production de la richesse, sans la production de la plus value. Mais peut-on aujourd’hui parler de la plus value au Bénin ? Lorsqu’aucun effort n’est déployé vers la transformation de ce que la nature nous a donné, on ne peut réaliser la relance économique. Nous ne pouvons pas dire qu’on n’est pas riche. Nous avons la terre, nous avons la pluviométrie acceptable, nous avons des spécialistes formés dans nos universités, nous avons des ingénieurs agronomes. Nous ne faisons que tâtonner, nous ne faisons que gérer le quotidien. Et on donne l’impression qu’on travaille pour l’économie, c’est faire de grands ouvrages. On a fait de toute façon, mais on en est là. Même les récentes études du Fonds Monétaire International ont prouvé qu’il y a un ralentissement de l’activité économique. Ce n’est pas la douane qui dicte le rythme du trafic commercial. Vous savez bien qu’il s’agit d’une fiscalité de poste. Autrement dit, c’est lorsqu’il y a franchissement de la frontière que les droits sont dus. Si parce que nous gérons mal, parce que la corruption est partout et qu’aucun dirigeant ne cherche à enrayer un temps soit peu cela et que le flux des marchandises baisse, conséquemment, les recettes douanières ne peuvent que baisser. Dans le même cas, vous savez qu’à l’occasion de la promotion immobilière, à l’occasion du Sommet de la CEN-SAD, il y a eu des exonérations. Lorsque le gouvernement décide d’exonérer les droits de douane sur telle  ou telle autre marchandise, vous êtes là, en tant que fonctionnaire de l’Etat pour exécuter. Mais lorsque dans les mêmes circonstances, ceux qui le disent savent très bien qu’ils sont en accointance avec des importateurs qui, profitant de cette mesure, ont non seulement importé pour les travaux en question, mais également ont importé pour d’autres choses, il est clair que des droits qui sont en jeu qui ne peuvent pas être recouvrés. Tout cela suffit pour expliquer la tendance baissière dont on parle. A côté de ça, je dis bien, on a positionné des gens à la tête d’unités sensibles  sachant bien qu’ils ne peuvent pas faire le travail. Je vous demande d’aller faire vos enquêtes, vous constaterez que des gens sont limogés parce qu’il y a eu des pratiques mafieuses. A quel résultat peut-on aboutir lorsque vous qui êtes là,  vous êtes directeur d’une entreprise, directeur général des douanes ou des impôts et vous connaissez mieux que quiconque, le profil de votre personnel et qu’on ne vous laisse pas les positionner, qu’on vous impose de placer telle ou telle autre personne à une unité donnée ? Si le Chef d’entreprise n’a pas la latitude de positionner les gens à des postes selon leurs compétences, quel résultat peut-on avoir. On a donc aussi ce problème de gestion. Mais il y a cette mauvaise gestion parce qu’on est venu pour s’enrichir. Conséquemment, il ne peut jamais y avoir de décollage économique dans ces conditions.

La lutte contre la corruption n’a jamais marché parce que nos dirigeants politiques y ont leur intérêt. La réalité, c’est cela.  A la douane, on vend des postes. C’est ça la réalité et je vous demande de prendre les résultats des concours et vous verrez que la majorité des admis, c’est soit un parent d’un ministre, ou soit le fils de telle ethnie. Si les douaniers sont corrompus, qui les positionne, qui encourage la corruption ? C’est la politique qui encourage la corruption. Il va de soi qu’ils ne peuvent lutter contre la corruption que du bout des lèvres. Ils ne peuvent jamais.

 Ainsi le coton se noie !

Vous constatez que dans le secteur du coton on a mis assez d’argent, ça a été toujours des crocs en jambe des hommes politiques. On ne positionne pas n’importe qui à la tête de ces unités là. Vous devriez comprendre qu’on ne nomme pas quelqu’un à la tête de ces unités parce qu’il peut apporter à la fin du mois des mallettes d’argent, mais on le nomme parce qu’il est compétent. Dans ces conditions, on ne peut assister qu’aux résultats que vous voyez là. 

Les pays sahéliens ont une productivité supérieure à la nôtre. On a crié toutes les fois qu’on aura 600.000 tonnes de coton, mais on en est encore là. Et puis, cultiver du coton, vendre du coton à l’extérieur, je ne sais pas si on peut citer beaucoup de pays où l’achat et la vente ont enclenché le développement. On s’occupe même mal du secteur, puisque c’est dans ce même secteur que vous allez entendre qu’on a livré des intrants périmés. C’est dans ce même secteur que vous allez apprendre qu’il faut mécaniser l’agriculture et on importe les tracteurs avant de chercher les terres. C’est le mécanisme de la corruption et c’est pour ça que je dis que notre peuple, nous devons l’aider, surtout vous les journalistes. Il faut expliquer au peuple qu’il ne faut prendre un homme parce qu’il est de sa région ou de  son ethnie. Si en voyant son parcours, on estime que lui n’a eu de réussite que par l’enrichissement illicite, lui, on ne le prend pas. Tant qu’on n’aura pas cette vertu, on va toujours régresser. Nous avions su que le peuple voulait d’un homme nouveau, mais il n’y avait personne pour expliquer au peuple que cet homme nouveau là est venu pour s’enrichir. En tout cas, c’est ce que moi je constate aujourd’hui.  Et c’est cela qui fait mon combat à moi. C’est pour cela que je dis qu’en 2011, il faudrait qu’il parte. On a parlé des tracteurs à prix d’or et lorsque l’Honorable YAHOUEDEHOU s’en est mis à démontrer la duperie, on a commencé par nous montrer les images des premières heures, juste pour montrer que les tracteurs  ne sont pas tombés en panne. Lorsque vous mettez à côté de ça, la question de l’avion présidentiel, on a commencé par mettre dans l’opinion que cela nous a coûté 5 milliards et c’était juste pour voir la réaction du peuple. On a commencé par filtrer pour voir leur réaction avant de mettre  éventuellement ce montant de côté. Si notre compatriote Rodriguez n’avait pas commencé par parler, vous ne pensez pas qu’on mettrait de côté cet argent pour faire croire que c’est cela qui représente le coût de cet appareil présidentiel ? Où se trouve l’avion aujourd’hui ? Quel usage en fait-on aujourd’hui ? Pensez-vous qu’on peut gérer un Etat comme ça ? Moi, je pense que non. Et qu’est-ce que notre Chef de l’Etat en dit aujourd’hui ? S’il continue de se taire sur ces dossiers, c’est qu’il est complice et coupable. La question n’est pas de dire je reconnais ma responsabilité mais je ne suis pas coupable. Je crois qu’on s’amuse et on ne devrait pas s’amuser en tant que Chef d’Etat.

   La candidature de Bio TCHANE

Bio TCHANE est un citoyen béninois donc, on ne doit en aucune manière le priver de la jouissance de ses droits civiques. De ce point de vue, c’est tout à fait légitime qu’il soit candidat et je sais qu’il est candidat. Comme je vous l’ai dit tantôt, je suis en partenariat politique avec tous ceux qui veulent de l’alternance. Je ne vais pas vous cacher, autant j’ai discuté avec les gens de l’Union fait la Nation, autant, j’ai discuté avec lui. J’encourage tous ceux qui sont dans la logique de l’alternance à foncer et je sais que nous devons nous tenir  les mains. Je suis mal placé pour parler de ses atouts. Parce que si je dois parler de ses atouts, je dois parler de ses faiblesses. Je ne suis pas indiqué pour parler des atouts et des faiblesses des autres.

 Le NEP MIXALODO se prépare à avoir son candidat

Avant notre congrès constitutif, nous avions mis en place déjà des structures. Et ceux qui étaient à notre congrès constitutif ont vu les délégations de Djougou, Natitingou, Savè, de Porto-Novo. Bien sûr, on n’était pas solidement implanté dans toutes les régions du pays. Nous avions mis un temps pour discuter des statuts, de la ligne directrice et tout ça avant notre congrès constitutif. Après le congrès, nous nous sommes attelés à consolider ces bases  et à les élargir. C’est le travail que nous sommes en train de faire en ce moment. J’ai eu à répondre en débat contradictoire à un responsable de formation politique qui me disait qu’il a un parti politique et que son parti n’a pas pour objectif de conquérir le pouvoir mais de soutenir chaque fois un homme. Je lui ai dit qu’il n’a pas alors un parti politique mais  une association. Moi j’ai bel et bien un parti politique qui trouve sa raison d’être dans le travail pour la conquête et la gestion du pouvoir d’Etat. De ce point de vue, le NEP-MIXALODO se prépare à avoir son candidat aux élections présidentielles de 2011.

Vous savez, et tout le monde sait aujourd’hui qu’aucun parti à lui seul ne peut conquérir le pouvoir dans notre pays. Et c’est justement par rapport à cela que lorsque les circonstances l’exigent, on soutient quelqu’un d’autre, on conclut des alliances. Mais un parti qui naît et qui déclare, qui plus est, dit dans ses statuts que ce n’est pas pour la conquête du pouvoir qu’il est né, n’est pas un parti politique. C’est de ce point de vue que je vous dis que NEP -MIXALODO est un parti politique. Le NEP-MIXALODO va être présent aux élections législative et présidentielle de 2011. Le NEP-MIXALODO et son staff se préparent pour cela.

 Les autres bailleurs de NEP- MIXALODO en dehors de Paul GNIMAGNON?

Vous savez, je considère tout simplement, et c’est l’idée que je voudrais partager avec tout le monde, dans un parti politique, il ne doit pas y avoir de bailleur fondateur à qui tout se ramène. Je considère que le combat que je mène est un combat patriotique et le peuple doit me soutenir. J’attends que les militants de mon parti politique, que les sympathisants du parti, les béninois, qu’ils soient opérateurs économiques, qu’ils soient fonctionnaires ou quels que soient leur statut, j’attends leur contribution pour que le combat que nous avons entamé, que ce combat là aboutisse. Il n’y a pas de bailleur en particulier car celui qui donne de l’argent impose ses points de vue au parti. Nous ne sommes pas dans cette logique là à NEP-MIXALODO. Tout le monde ne contribuera pas de la même manière. La contribution se fait sous plusieurs formes. Et si j’ai plus de moyens que Y, il va s’en dire que je vais contribuer plus que lui. Cela ne veut pas dire qu’il est inférieur à moi parce que j’ai contribué plus que lui. Nous n’avons pas un parti entreprise à rentabiliser, propriété d’une personne en particulier. Nous sommes dans un combat politique   d’essence patriotique parce que nous ne nous sommes pas lancés pour aller nous enrichir. Et c’est de ce point de vue que nous demandons des souscriptions, des apports…

    NEP-MIXALODO communistes ?

La réponse est toute simple parce que si les militants et dirigeants de NEP-MIXALODO étaient communistes, ils se seraient retrouvés dans les rangs du Parti Communiste du Bénin ou du Parti Communiste Marxiste Léniniste du Bénin. La différence est nette qu’aucun dirigeant, aucun militant du parti NEP-MIXALODO, n’est communiste. Certains parmi nous ont été communistes mais pour des raisons qui leur sont propres, ont quitté les rangs du mouvement communiste depuis. Je trouve que c’est ce qui les rassemble aujourd’hui au sein d’une autre formation politique dénommée NEP-MIXALODO. Nous sommes de la gauche démocratique, nous sommes des sociaux démocrates. Et ce qui importe pour nous comme valeur essentielle, c’est la lutte pour le bien-être social, pour la justice sociale, c’est la lutte pour l’amélioration des conditions de vie des démunis donc la lutte sans merci contre la corruption et le pillage des ressources nationales. Nous n’avons pas d’autres préoccupations.

Sortie de crise sociale

Je trouve que les professeurs d’université ne sont pas des enfants, ils sont des gens conscients, responsables, ils ont leurs enfants. Et avant de devenir professeurs d’université, ils ont été élèves, étudiants. Je ne pense pas que leur préoccupation soit délibérément de faire du mal à la jeunesse, aux étudiants, à ce pays. Et c’est là le fond du problème. Mais il se pose un problème de crédibilité du gouvernement, interlocuteur en face. Lorsque vous n’arrivez pas à honorer vos engagements, lorsque vous discuté avec les syndicalistes et que vous leur dites des choses, vous ne les considérez pas, lorsque dans votre gouvernement, des ministres tiennent des propos qu’ils ne doivent pas tenir et que vous restez sans réagir, les gens vous observent. Parce que je vais vous dire que tout se tient. C’est la loi de la dialectique, tout se tient. Il n’y a rien qui soit isolé. Et de cette interdépendance, lorsque vous êtes avec X, tel que vous discutez avec lui, les gens observent. Ils se disent qu’à leur tour ce serait pareil.  

Donnez-moi un domaine où il a réussi. Parce que moi j’ai bien dit, avant de commencer, il a été élu avec une mission précise que moi je me suis permis de résumer à ma manière parce qu’il y a des points fondamentaux. Je dis aujourd’hui que tout gouvernement a fait des ouvrages dans ce pays. Et tout dirigeant même vous qui êtes là, on vous prend président de la République aujourd’hui, ça ne coûte rien dans le budget de l’Etat de dépenser tel million, de dépenser tel milliard, envoyer vers l’étranger, venez nous en aide pour construire des routes. Le problème n’est pas là. Donner trente mille (30.000) francs, tout Chef d’Etat est en mesure de le faire puisque ce n’est pas un effort qu’on fournit, c’est dans le budget de l’Etat qu’on dégage ça. Vous êtes en mesure de faire ça. Donc, je ne prends pas cela pour apprécier. Et j’ai dit que le CNHU a été construit en 1960 par Hubert Maga. C’est un ouvrage qui tient encore aujourd’hui. Donc, je m’interdis moi, en tant qu’intellectuel, aspirant au fauteuil présidentiel un jour dans ce pays, de voir les choses terre à terre de cette manière là. Je ne dis pas qu’il ne faut pas de route. Mais lorsque vous venez au pouvoir et qu’il y a avait des problèmes à votre arrivée et que vous ne vous attelez pas à la résolution de ces problèmes et que vous lancez des ouvrages ici et là, il y a quelque chose qui ne va pas.

  Les communistes et la conférence des forces vives de la Nation

 Tous les communistes n’étaient pas contre la Conférence nationale. D’ailleurs, c’est l’une des prises de position qui a fait qu’on n’a plus parlé le même langage. Soit dit en passant. Moi, j’ai salué la Conférence nationale. Beaucoup parmi nous n’étaient pas d’accord et la direction du parti communiste ne voulait pas de cette Conférence nationale ou pensait que c’était un marché de dupes. Non. Cela dit, ce que je dis là, le repère de 1990 me paraît important en ce qu’on a dit, ne gérons plus comme par le passé. Je ne peux plus admettre à partir de ce moment là que les grandes décisions prises ne soient appliquées. Qu’il s’agisse de YAYI Boni, de Nicéphore ou de n’importe qui, de vous, de moi, je n’admets plus que l’on piétine les valeurs républicaines sur lesquelles nous avons décidé de nous appuyer. A partir de ce moment car je demeure convaincu qu’il ne peut y avoir de développement  économique sans démocratie. Lorsque vous n’avez pas de bonnes idées, de bons repères, investir les milliards ne donneront rien. Le développement économique part donc du respect des droits de l’homme, du respect des institutions de la République de l’unité nationale. Lorsque nous sommes dans une entreprise vous et moi, et qu’il n’y a pas la bonne ambiance parce que je vois que je suis victime d’une injustice et que mon frère qui est à côté, juste parce qu’il est le parent d’un ministre des finances, il est privilégié, comment voulez-vous que je rende ? J’avoue que la responsabilité de ce qui nous arrive est imputable à chacun de nous. Mais beaucoup plus à celui à qui nous avons confié la responsabilité de diriger les affaires de ce pays. C’est là la différence.

 NEP-MOXALODO au nouveau gouvernement ?

 Vous me voyez vraiment être dans cela ? Non, mon parti a des objectifs politiques. Je ne vois pas un militant de mon parti s’intéresser à entrer au gouvernement de YAYI Boni. Il est impossible que je m’asseye avec Boni YAYI pour discuter de quoi que ce soit  parce qu’il s’agit de deux repères diamétralement opposés. Participer au dialogue et au consensus ne veut pas dire participer à un gouvernement.

 Les courants actuels parviendront-ils selon vous à faire partir Boni YAYI en 2011 ?

   Je suis gêné de parler en termes de courant.  Vous posez la question  parce que vous lisez les instabilités qui se remarquent aujourd’hui au niveau des hommes politiques. Il y a des politiciens entrepreneurs. S’il est politicien entrepreneur donc entrepreneur à 95% et politicien à 5%, il est clair qu’il sera du côté du gouvernement. Nous avons des hommes politiques qui sont achetables sur le marché à coûts négociables. C’est vrai qu’il s’agit d’une donnée à prendre en compte. Nous n’allons pas créer une autre classe politique. Nous ne pouvons composer qu’avec la classe politique qui est la nôtre. Si nous avons eu le parti unique pendant tout ce temps, c’est parce que nous l’avons mérité d’une manière ou d’une autre. De la même manière, nous méritons la classe politique que nous avons aujourd’hui. En tout cas, NEP-MIXALODO a la conviction que YAYI va s’en aller.

Je m’interdis de faire une lecture primaire de l’Union fait la Nation. Je crois qu’avant de dire que l’entité en elle-même est régionaliste, il faut pouvoir démontrer qu’à partir de leurs idées, qu’ils sont des régionalistes. Je constate simplement comme tout le monde qu’au sein de l’union, il n’y a pas un parti dont le dirigeant est du Nord mais ils ont ouvert le protocole à tout le monde. Ils n’ont jamais dit que c’est seulement des partis dont les dirigeants sont du sud qui feront partie de l’union. C’est lorsqu’on peut sortir des écrits de leurs documents fondamentaux parlent du régionalisme ou carrément qu’ils posent des actes régionalistes. Le simple fait de ne pas constater les gens du nord dans la convention ne suffit pas au demeurant des natifs du nord son militant au sein des partis concernés.

 Les détails de l’arrestation de GNIMAGNON en 85

 En réalité, parlant de mon arrestation, j’avais été arrêté du fait de mon appartenance au Parti Communiste du Dahomey. J’ai été cité à la police politique du PRPB laquelle a été conduite à mon domicile dans la nuit profonde. Cette police était rassurée de retrouver par moi Thérèse Wahouwa, Jean KoKou Zounon, Baparapé. C’est une réalité que j’avais des informations concernant la plus part de ceux qui étaient recherchés. Par exemple : Thérèse Wahouwa qu’on recherchait partout dans Cotonou était avec moi. Personne ne devrait parler en principe. Mais il y a quelqu’un qui a parlé. Je dormais quand on a défoncé ma porte. J’étais prêt à  me sauver par la clôture quand j’ai remarqué que toute la maison et ma zone étaient militarisées. Et c’est là que j’ai été arrêté. Et juste après mon arrestation on m’a envoyé au petit Palais. J’ai désarmé monsieur Clément ZINZINDOHOUE et Alexis BABALAHO pour avoir répondu à leur question que je suis bel et bien membre du Parti Communiste du Dahomey et avoir justifié mon option politique. Monsieur Clément ZINZINDOHOUE dira que pour la première fois quelqu’un a eu le courage de reconnaître son appartenance et de la défendre.

En prison, on faisait les jeux et c’est là que j’ai commencé à jouer au scrabble. Ceux qui veulent apprendre les langues le faisaient. Donc ce sont nos parents qui n’étaient pas là-bas qui étaient plus malheureux que nous puisque psychologiquement nous on s’attendait à cela. On savait qu’on serait arrêté un jour et peut-être être, tué. Donc ça ne nous disait rien. Et là-bas, on créait l’ambiance pour ne pas être les plus malheureux du monde. On faisait nos théâtres, on dansait…. Les militaires étaient hargneux au départ, mais avec le temps, ils ont compris qu’on était dans une logique soutenable. Certains ont dit, attention, ceux-là demain quand ils seront ministres c’est à nous qu’ils vont s’en prendre premièrement. Surtout qu’ils traversaient aussi de moments difficiles. C’est le peu qu’on recevait de nos parents qu’ils partageaient avec nous. C’est eux qui nous ont aidés finalement à transmettre nos courriers et à écrire à l’extérieur et un peu partout. Dans tout cela, j’ai considéré ce que j’ai gagné en servant ma patrie. Aujourd’hui, je considère que j’ai reçu une formation politique  qui fait que je n’ai peur de personne, qui me démarque de ceux qui courent pour l’argent. C’est une fierté pour moi.

Déjà, j’ai connu ma femme qui était proche à une grande sœur  à moi. Elle me tentait déjà avant mon départ pour la prison. Je suis revenu mais bizarrement elle n’était pas encore mariée. Je lui ai fait la cour. Et quelques semaines encore, je me suis rendu compte que je devais encore m’en aller, parce que le bruit courait dans le pays qu’il y a d’autres qui sont enregistrés et que mon nom est sur la liste. Je vous avoue que j’avais le cœur gros quand je quittais ce jour mes parents pour quelle destination je ne savais. Tout ce que je savais,  était que je quitte le territoire. Avec l’aide d’un ami, j’ai traversé Cotonou pour le mono, j’ai traversé le cours d’eau pour me retrouver au Togo. L’idée m’est venue et je me suis rendu au Comité international de la Croix rouge (CICR) de Lomé puisqu’il avait une dame que je connaissais mais malheureusement elle était en congés. J’ai donc continué en traversant Aflao pour me retrouver en Côte d’Ivoire. Je me suis présenté au HCR. J’ai eu la chance de retrouver une correspondance qui m’avait hébergé en même tant que je négociais avec Amnesty International en Belgique et ils avaient accepté que je vienne là-bas. On était sur les formalités quand il y a eu amnistie au Bénin ; je me suis retourné au pays parce que je me suis dit après que je ne sais pas ce que je vais faire à l’étranger. Je tenais à mon cours d’anglais au centre culturel américain et à poursuivre mes études.

 En conclusion

Je vais commencer par vous remercier car vous n’êtes pas tenu d’inviter le président de NEP MIXALODO. Et je m’en vais vous dire qu’à travers tout l’entretien,  excusez moi le terme, je n’ai pas vu en face de moi des journalistes en mission pour chercher la bête noire et l’exploiter. Je vous remercie parce qu’en publiant les échanges que nous avons eus ce jour, vous contribuez à faire connaitre la vérité. Et je vais vous demander d’aller toujours dans ce sens parce que nous n’avons rien amené sur cette terre, et nous n’emporterons rien.

 Carte d’identité

A première vue, Paul Gnimagnon apparait à tout sauf un douanier béninois. Son ventre aplati, son corps svelte et son habillement simple trahit la coutume de ce corps où la grosseur du ventre, du corps, et le luxe de l’habillement  ainsi que des voitures et maisons sont les signes distinctifs. Paul a choisit ce mode de fonctionnement dans ce corps paramilitaire parce qu’il est un  » intru  » dans la maison douane. Il se plait d’ailleurs à répondre à quiconque l’interpelle  sur le sujet :  »  Je dis aux gens que je ne suis pas douanier mais que je suis fonctionnaire « . En réalité, la vocation première de Paul Gnimagnon n’était pas d’être douanier  » Dieu existe sinon je ne vais jamais me retrouver en douane « , insiste-t-il. Il s’était tracé autre perspective, mais Dieu en a décidé autrement :  » Dans mon plan je deviendrais  soit  administrateur des impôts ou des finances, pas fonctionnaire des  douanes « , confie-t-il pour justifier son mode de vie dans ce corps qu’il a intégré par la volonté divine. Car, c’est après des pressions de ses proches que Paul Gnimagnon a déposé sans conviction son dossier au concours des douanes. Et lorsque vint l’heure de la proclamation des résultats ce même jour, le réticent candidat Paul Gnimagnon retrouve son nom parmi les admis. Commence pour lui une carrière forcée qu’il a décidé bon an mal an d’assumer, mais en restant dans un état d’esprit de fonctionnaire de l’Etat avec la notion de service public. Cela lui a valu une carrière pas trop éclatante. Sa rigueur personnelle fait qu’il s’est simplement contenté de ce qu’on lui donne. Ainsi, après avoir travaillé  pendant longtemps à l’administration de la direction générale des douanes  où il était très utile dans la rédaction des rapports de séminaires, réunions et autres Foras, l’inspecteur des douanes Paul Gnimagnon occupe un premier poste de chef brigade adjoint des douanes  Cotonou port. Par la suite, il est muté à l’aéroport de Cotonou en tant que Chef de Brigade des douanes. A ce dernier poste, l’inspecteur des douanes qui est pourtant à quelques mois de son départ à la retraite a brutalement reçu une  » punition politique « . Quelques jours après avoir créé son propre parti politique qui a clairement affiché son opposition au pouvoir en place, Paul GNIMAGNON est affecté sans raison dudit dernier poste de Chef Brigade  des Douanes Cotonou-Aéroport.  Né vers 1960 à Abomey dans le village d’Adanhondjigon, Paul GNIMAGNON a, côté diplôme, presque le même palmarès que tout bon douanier béninois. Avec son Brevet d’étude des années 80, il a commencé très tôt par travailler, par concours direct au ministère des finances, aux imports, parce qu’il était très tôt confronté à des difficultés de santé d’ordre social.  Après les études primaire et secondaire à Abomey au  CEG 2 d’Abomey, le jeune Paul a fait un bref transfert  au lycée Houffon d’Abomey où il a décroché son Brevet qui lui a servi de débouché.  En tant qu’agent, il a   poursuivi par la suite les études en Capacité en Droit ; il a pris part au même moment à l’examen spécial d’entrée à l’université parce qu’après la détention politique qui lui a pris des années, il ne lui était pus possible de faire tout ce qu’il avait comme rêve. Après son succès, il poursuit les études universitaires jusqu’à décrocher une maîtrise en droit option administration générale  en 1997. Automatiquement, il va faire un diplôme supérieur spécialisé à Bruxelles en Belgique d’où il sort avec le titre d’Inspecteur des Douanes. Grade auquel il s’est arrêté dans sa carrière. Au plan politique, Paul GNIMAGNON a milité dans les associations et  organisations de jeunes très tôt. D’ailleurs son engagement, son dynamisme et sa détermination dans ce domaine lui ont valu une arrestation politique en pleine période révolutionnaire. Véritable artisan de la lutte antirévolutionnaire, le communiste Gnimagnon a été démasqué et arrêté en novembre 1985. Envoyé au petit palais après son arrestation pour y être torturé, le courage politique du communiste GNIMAGNON dissuade l’équipe de soldats apprêtée pour la mission. Pour la première fois en effet, les soldats révolutionnaires venaient de rencontrer un communiste qui a osé défendre  son idéologie à  savoir qu’il est contre le pouvoir révolutionnaire en place. Avec ce courage, Paul GNIMAGNON prend de l’avance sur les autres communistes de l’époque puisqu’il n’a pas subi la torture physique. La décision de son transfert a été simplement prise et pour la première fois que Paul GNIMAGNON prend l’avion dans sa vie, c’est pour aller faire la détention politique à Ségbana. Avant sa libération en 1989 il s’était déjà retiré du rang communiste.

Commence pour lui une nouvelle aventure politique à partir de 1990. Avec Damien Zinsou ALAHASSA et certains amis, Paul GNIMAGNON, contribue à la création du Parti du Salut, en tant que membre fondateur. Pour avoir milité avec ALAHASSA  en tant que communiste, Paul GNIMAGNON était convaincu que les acquis positifs allaient faire de ce parti, un parti différent des autres qu’il a vu jusque-là. Erreur ! Car grande a été sa déception de constater que le communiste ALAHASSA a changé et a voulu faire aussi de la politique politicienne. Quand le président du Parti du  Salut  ALAHASSA  est devenu Ministre, Paul GNIMAGNON tourne dos à son parti politique   »  j’ai dit, je ne peux pas être dans un parti politique qui va évoluer de cette manière là. Là où j’ai été forgé, je n’admets pas  quelqu’un qui a fait cette école là, et dirige un parti où il ramène tout à son intérêt personnel. Donc j’ai quitté « . Aussitôt parti, revoilà Paul Gnimagnon en face d’une autre initiative politique avec  quelques cinq camarades. Ensemble, ils créent ce qu’on a appelé le Groupe de Réflexions et d’Actions Politiques (GRAP) qui a donné naissance plus tard au Parti du Progrès et de la Démocratie  (PPD) que Barthélémy Agnan a eu à diriger. Mais là encore, nouvelle déception de Paul Gnimagnon. Ayant compris que l’objectif au sein de cette formation politique est   comment courir pour aller au gouvernement pour des intérêts. Ayant réussi à introduire le débat pour montrer aux membres que l’intention n’est pas d’aller au gouvernement de Boni YAYI, que ce n’est pas cela l’accord de départ, Paul Gnimagnon qui n’arrive pas à dissuader ses camarades, se retire. Après plusieurs réflexions, il se met lui-même à l’eau. Et le voilà à la tête de l’initiative de NEP-MIXALODO avec des camarades comme Séraphin AGBAHOUNGBATA, Anselme AGBAHOUNDO qui partagent la même  idéologie que lui. Bien sûr il n’y a pas que d’anciens communistes dans ce parti, s’empresse-t-il de clarifier avant d’ajouter :  »  il y en a d’autres qui ont les mêmes points de vue que nous et nous travaillons dans l’harmonie. A l’heure actuelle, il n’y a pas de décision que je prenne seule. « 

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