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Le triomphe de la vérité

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EDITORIAL : Abrogation stop et fin


Les leaders du G13 ont parlé hier. Ils ne sont pas favorables à l’abrogation de la loi sur la LEPI. C’est donc
terminé pour l’aventure de l’Union fait la Nation (UN) qui avait déposé une proposition de loi abrogatoire ayant largement accéléré le dialogue politique autour de la réalisation de la liste électorale permanente informatisée (LEPI). Mais depuis mardi, la cause est entendue. Non seulement la commission des lois de l’Assemblée nationale a rejeté cette proposition avec la participation active de Rosine Soglo qui était pourtant signataire de la demande de session extraordinaire pour abroger la loi, mais encore la rencontre du Chef de l’Etat avec les acteurs socio-politiques a provoqué un dégel favorable à de nouvelles avancées. Mais il y a eu la cerise sur le gâteau déjà cuit depuis fort longtemps. Epiphane Quenum, la bête noire de l’opposition, a fini par jeter l’éponge après avoir essuyé un vote de défiance synonyme de destitution. Dès lors, l’UN ne pouvait plus disposer d’aucun argument valable pour bloquer le processus. Et nous titrions déjà mercredi que le G13 s’est tranquillement démarqué en faisant savoir qu’il soutiendrait non pas une abrogation mais une amélioration de la loi sur la LEPI.

Comparativement aux discours véhéments de naguère, ces nouvelles positions indiquent que la plénière d’aujourd’hui à l’Assemblée nationale s’attardera beaucoup moins sur l’abrogation que sur une nouvelle proposition de loi corrigeant la mouture actuelle. L’UN a déjà pris la mesure de la situation en déposant hier une proposition de loi rectificative qui annule tranquillement ses premières intentions. Avait-elle vraiment d’autre choix si elle tenait à sauver la face ? Pas vraiment.  Les nouvelles fissures intervenues dans le rang des partisans de l’abrogation aussi bien du côté de la RB que de celui du G13 ne l’incitent  plus  à nuire au processus. Ces divergences diffuses mais réelles sont venues effriter le front anti-Quenum et mis en vedette le G13 dont le coordonnateur sera investi ce jour dans ces nouvelles attributions de coordonnateur de la Commission politique de supervision de la LEPI (CPS-LEPI). L’Honorable Bako Arifari tient désormais le premier rôle d’une institution qui risque de subir d’autres mutations issues de la plénière  de ce jour   au Parlement. D’autant que la proposition de loi rectificative déposée par l’Union fait la Nation impose le consensus au long de tout le processus. C’est un sauf-conduit dans les incertitudes actuelles au moment où l’Honorable Bako Arifari pourrait bientôt être cloué au pilori s’il ne contente pas tous les camps en présence.

Mais ne nous réjouissons pas trop tôt. Les acteurs politiques savent trouver la petite bête dans un climat vicié par la peur obsessionnelle de la fraude. La présence d’un opposant des premières heures à la tête de la CPS pourrait rassurer l’opposition sur la crédibilité du processus. Nous n’avions plus d’autre alternative que celle de la sagesse après que le pays a engagé des ressources colossales dans la LEPI et que les partenaires du Bénin nous regardent avec des yeux gros d’interrogations et d’inquiétudes.  Mais il reste la variable RB toujours incalculable, toujours imprévisible. Contrairement à ce que pensent la plupart des analystes, j’estime que la violente sortie de Rosine Soglo dénonçant un régionalisme rampant sous Yayi, est surtout à mettre sur le compte d’un calcul désastreux de la RB qui a précipité Epiphane Quenum sur la touche. Elle s’est simplement  rendu compte qu’elle perdait en lui un pion stratégique important dans le dispositif de la LEPI avant de se ruer en une violente dénonciation qui eût pu trouver une meilleure opportunité sur des sujets plus adaptés.

Hormis cela, il faut maintenant s’interroger sur la lucidité vacillante des Honorables députés. Si tant est qu’ils ont adopté à l’unanimité la loi sur la LEPI en mai 2009, on comprend difficilement que moins   d’un an après ce vote historique, ils se rebiffent au point de chercher aujourd’hui à corriger les imperfections béantes apparues en cours de chemin. La louable démarche de rectification n’est louable que dans la mesure où elle nous permet de nous rendre compte qu’une bonne partie de nos textes législatifs sont adoptés dans le  folklore et l’amateurisme.

Olivier  ALLOCHEME

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