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Le triomphe de la vérité

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Déclaration de l’ex ministre Alain Adihou après 1011 jours en prison: “Mon malheur, c’est d’avoir refusé d’intéresser des députés”


alain adihouC’est désormais fait! L’ancien ministre chargé des relations avec les institutions, Alain Adihou vient de briser le silence après trois années de traversée de désert à la prison civile de Cotonou. Pour une première fois après qu’il ait recouvré sa liberté depuis le 31 juillet dernier, l’homme vient de se prononcer sur le dossier Lépi pour lequel il aura passé 1011 jours derrière les barreaux. A son avis, son incarcération n’a d’autres explications qu’un pur acharnement de la part de certains députés avec qui il a refusé de pactiser sur le dos des populations. Sans nommément citer quelqu’un, Alain Adihou pointe un doigt accusateur sur les députés de sa propre famille politique, c’est-à-dire ceux de l’Union du Bénin pour le Futur (Ubf) qui lui auraient demandé des prébendes pour lui faciliter une bonne conduite du dossier Lépi, une opération qu’il juge d’ailleurs indispensable pour des élections acceptables en 2011. Se plongeant dans le passé, tristement, il relate le processus qui l’a conduit à la prison civile de Cotonou, un lieu qu’il considère comme un abattoir auquel l’ont voué ses détracteurs qui ont tôt fait de « faire croire à l’opinion publique nationale et internationale que j’avais détourné des milliards, des deniers publics alors qu’en réalité, il n’avait jamais été question de milliards dans le dossier Lépi ». D’ailleurs, l’homme ne comprend pas cet empressement du pouvoir à le priver de sa liberté alors même que plusieurs alternatives s’offraient pour que l’enquête sur cette affaire puisse bien être menée. A propos, il déclare : « Je ne comprends pas pourquoi on m’a privé de ma liberté alors même qu’on pouvait tout simplement m’interdire de voyage, m’assigner en résidence privée par exemples si tant est que l’on avait pas d’autres intentions », a-t-il laissé entendre. Et depuis sa prison, avec les durs moments qu’il a dus vivre avec les prisonniers, Alain Adihou a désormais sa petite idée de l’Homme béninois. « L’homme béninois est un danger du fait de l’autre ». Car, selon lui, la méchanceté doublée d’une jalousie maladive devient une culture. Et non seulement on ne court plus pour avoir une place dans la société, mais il met tout en œuvre pour détruire son vis-à-vis quoique cela lui coûte. C’est pour tout ceci qu’il conclut que la société béninoise est en crise de ses valeurs, car, « comme l’a dit un de mes amis français, l’argent passe avant l’homme pour le Béninois ». Et pour corriger le tir, d’une situation qui selon ses analyses conduit la société béninoise tout droit au déclin, l’homme recommande le retour de la vérité dans la gestion des affaires publiques étant entendu que la politique est par essence, un art de gérer la société. Pour ce qui concerne sa libération, Alain Adihou estime que cela n’a pas été possible juste parce qu’il est suffisamment nanti, mais parce qu’il a appris à être patient tout en faisant recours à ses ressources intérieures notamment spirituelles pour pouvoir survivre. C’est d’ailleurs pour cela qu’il rend grâce à Dieu et pardonne tous ceux qui ont manœuvré pour qu’il soit retrouvé en prison.

La gestion du Bénin sous le régime du changement

Apprécier la gestion faite actuellement du pays sous le régime du changement paraît un exercice difficile pour l’ancien ministre chargé des relations avec les institutions. Néanmoins, il ne manque pas de faire remarquer un certain nombre de choses qui pourrait fixer les uns et les autres. Première chose, c’est l’entretien accordé aux chaînes de télévisions par le Chef de l’Etat lors de la fête de l’indépendance, la première occasion qu’il avait eu pour suivre la presse au lendemain de sa libération. Morceau choisi par le ministre dans les déclarations du Chef de l’Etat dans l’interview sur le dossier Cen-Sad, c’est bien ceci : « Je suis responsable, mais pas coupable » Ce fut un choc pour Alain Adihou pour avoir entendu le Chef de l’Etat s’exprimer en ses termes. L’autre chose qui offusque l’homme dans la gestion sous le régime du changement, c’est la communication organisée autour des actions du Chef de l’Etat. « Le Chef de l’Etat fait des choses appréciables, mais il n’a pas besoin de courir partout pour dire qu’il fait toujours ce qu’il promet de réaliser. S’il le fait vraiment bien, ce sera visible et les populations pourront l’apprécier à juste titre », a-t-il fait observer.

 

Pour l’heure, ceux qui attendaient de l’ancien ministre chargé des relations avec les institutions, une clarification de sa position sur le paysage politique national devront encore attendre un peu. Et pour cause, l’homme attend d’abord de recouvrer totalement sa santé avant de se positionner. D’ailleurs, selon les clarifications qu’il a faites hier sur le plateau de Golfe Télévision, il estime que sa sortie médiatique n’était pas inscrite dans la logique de se positionner, mais de renouer le contact avec les populations et de leur dire qu’il revient bientôt sur la scène politique nationale. Avant de quitter les téléspectateurs de cette chaîne, le ministre Alain Adihou a fait une mise au point : « Que les gens ne pensent pas que je suis venu parler pour qu’on me donne quoi que ce soit. Mon objectif, c’est de renouer le contact avec les populations et de répondre aux sollicitations de ceux qui voulaient que je parle enfin. De toute façon, je reviens très bientôt pour servir mon pays ».

 Donatien GBAGUIDI

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