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Le triomphe de la vérité

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Déclaration politique au 2ème congrès ordinaire du Psd: Le Psd attaque le changement et s’oppose à la gestion de Yayi


Amoussou congrès(Liste des membres du nouveau bureau)

C’est dans une salle bleue du Palais des Congrès de Cotonou archi comble que les militantes et militants du parti Social Démocrate (Psd) ont tenu hier, leur 2ème congrès ordinaire. Jamais à l’ère du changement, on a assisté à un rassemblement politique suscitant autant de curieux et d’intérêts pour les populations. Mais vu l’évolution de la situation nationale actuelle, il est aisé de comprendre l’engouement que cet événement historique suscite au sein des Béninois. Des électrochocs, le changement en a reçu hier. La géante mobilisation de tous les opposants au régime du Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi témoigne bien entendu de l’ampleur de l’événement.  C’était un véritable ballet des opposants. Jamais la classe politique ne s’est mobilisée pour le congrès d’un parti. Le Président-Maire Nicéphore Dieudonné Soglo, la Présidente de la Renaissance du Bénin, Rosine Vieyra Soglo malgré son état de santé fragile a marqué de sa présence, Maître Adrien Houngbédji et toute sa troupe, le Président de Force Clé,  l’honorable Lazare Sèhouéto et ses compagnons,  Arifari Bako, le coordonnateur du G13 et sa troupe, Paul Gnimagnon, le Président de Nep-Mixalodo, Andoche Amègnissè, le premier opposant déclaré et même le Coordonnateur national des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (Fcbe) ont tous marqué de leur remarquable présence à l’ouverture de ce second congrès ordinaire du Parti Social Démocrate. C’était une occasion saisie par tout ce parterre d’hommes politiques pour réaffirmer au peuple béninois, leur solidarité et leur ambition de conquérir le pouvoir en 2011. En témoignent d’ailleurs, les messages acides délivrés par chacun d’eux à l’endroit du régime.

Le vitriol oppositionnel déversé  sur le régime du changement
A l’entame de l’ouverture de ce congrès ordinaire du Psd, tout ce gratin d’hommes politiques désormais opposants confirmés a décidé de faire une entrée en grand dans la salle où les attendaient les militantes et militants du parti. Alignés les uns derrière les autres avec en tête du peloton, la Présidente de la Renaissance du Bénin Madame Rosine Vieyra Soglo suivi de son époux, Nicéphore Dieudonné Soglo et des autres, ils ont fait leur entrée sous un tonnerre d’ovations du public. Il sonnait déjà 11 heures. Mais là, ce n’était que la forme que les ténors de l’opposition ont tenu à respecter pour donner une solennité à leur regroupement. C’est après cette démonstration d’union que commence le bal des allocutions. Mais avant, c’est le secrétaire général du Psd qui, dans son mot de bienvenue va situer le cadre de l’événement en rappelant aux uns et aux autres que le moment est venu pour que les coudes soient serrés car « 2011 approche », dira-t-il. Après lui, le champ est alors devenu libre pour que les esprits s’expriment ! Mais qui fera l’ouverture ? C’est bien évidemment le représentant du tonitruant député, Wallis Zoumarou, un jeune représentant loquace qui  a su tenir en haleine toute la foule. Il n’a pas fait de cadeaux au Chef de l’Etat et à ses collaborateurs. Morceaux choisis : «  Le docteur a pris le pays sans que le pays ne se porte mieux. Nous sommes aujourd’hui à l’ère de vomissure des hommes intelligents, dynamiques et des plats délicieux  pour des hommes médiocres. Avec ce docteur, c’est la détérioration de la cohésion sociale, j’en veux pour preuve, les déclarations du  « Christiano Ronaldo », l’honorable Rachidi Gbadamassi dans le septentrion, celle du ministre Nicaise Fagnon à Dassa. Nous sommes à l’ère de la liquidation des valeurs républicaines et laïques. Le changement se met désormais aux trousses des fonctionnaires, des syndicats et des hommes politiques. Militantes et militants, faisons en sorte  que désormais, le Président de notre pays soit élu dans la main des plus méritants ». Après cette bonne dose de propos satiriques lancés en pleine figure au représentant de la famille Cauris, Eugène Azatassou, l’adrénaline va monter. Ainsi, la parole sera donnée au premier opposant déclaré au régime du changement, Andoche Amègnissè. Dans son tissu « Lessi » habituel, l’homme montrera sur le podium pour lancer le coup fatal contre le gouvernement du changement. Le Président de l’Union des Laissés pour compte (Ulc), fidèle à son verbe, prend la parole devant l’assistance qui s’impatientait de l’écouter. L’homme n’ira pas par quatre chemins pour déverser sa bile sur Yayi. Solennellement, il déclare sous les ovations d’un public particulièrement attentif aux moindres détails : « Je m’impatientais de prendre la parole devant vous pour m’adresser aux Béninois. Oui, j’ai beaucoup à vous dire. Depuis que j’ai envoyé limer mes dents contre les barrots du dictateur, je n’en avais pas eu l’occasion. En 2006,  chers aînés, vous avez formé Wologuèdè qui nous amené quelqu’un qui a foutu en l’air notre démocratie si chère à nous tous. Je suis donc là pour m’adresser aux femmes et aux hommes qui voudront bien nous sortir de la gadoue dans laquelle nous sommes actuellement. J’ai l’intime conviction que mon appel sera entendu. Oui, Yayi aura un successeur en 2011. Et si celui-ci est là dans cette salle, ce sera bien Maître Adrien Houngbédji. Mais s’il n’est pas là, il sera certainement le Président de la Boad, Abdoulaye Bio Tchané ». Du Président de Nep-Mixalodo au président du Prd-Nouvelle Génération, le langage sera le même. Après ces déclarations, l’heure a sonné pour que les leaders du G4 prennent la parole pour dire leur désolation et confirmer leur solidarité à œuvrer pour une alternative apaisée et crédible en 2011. C’est le Vice-président du Madep, l’honorable Kolawolé Idji qui donne le top de cette série d’allocutions impatiemment attendues des militantes et militants ayant fait le  déplacement du Palais des Congrès ce samedi. Tous ont d’ailleurs pressenti un danger qui se pointe à l’horizon si rien n’est fait. Mais chacun y est allé de son style. Morceaux choisis pour le Président Kolawolé Idji : « Cela devient une redoutable urgence, plus que jamais en ce moment où les acquis démocratiques obtenus au prix de luttes et de sacrifices, au prix même de la vie de certains  de nos camarades sont mis en péril par une idéologie dont la tactique consiste à tuer le militantisme et les partis politiques ! Nous avons ainsi intérêt, nous militants du Madep, de même que les autres démocrates béninois, nous avons intérêt et nous souhaitons que votre congrès réussisse, que le Psd et tous ses militants restent debout et vigilants, solidement arrimés aux aspirations populaires et aux valeurs qui les ont fait grandir et qui ont rendu votre parti incontournable dans tout débat politique national dans notre pays…….. Aujourd’hui, nous nous attelons à bâtir un édifice encore plus grand, dans ce mouvement populaire et démocratique que le public appelle les G et F, né de la conscience commune que c’est ensemble que nous irons de l’avant, c’est uni que nous construirons notre nation ». Loin, Idji Kolaolé n’a pas raté ses collègues ayant fait le choix de faire l’expérience gouvernementale. A leur endroit, il déclare : « Que certains camarades nous aient lâchés en cours de route, qu’importe !!! Ceux-là ont fait fausse route !!!Par impatience ? Sans doute ! Par faiblesse ? Certainement ! Par manque de courage et de lucidité politique ? Absolument !!! Ils ont fait fausse route. Ils sont partis prendre les postes qu’on leur a donnés en lieu et place du pouvoir que nous avons conquis ensemble et qui leur était promis, mais qu’on  leur a soustrait sans aucun ménagement, sans explication et sans autre forme de procès. Je crois qu’ils commencent déjà eux-mêmes aujourd’hui à s’apercevoir de leurs erreurs. Mais attendons encore un peu… ». Maître Adrien Houngbédji, le plus prisé d’ailleurs de ce géant rassemblement politique, dans son nouveau costume de présidentiable n’a pas manqué de faire quelques propositions pour faire avancer le pays avant d’appeler les uns et les autres, surtout la classe politique à l’union afin que leur combat porte ses fruits en 2011. «  Loin de la marmite, nous avons décidé de travailler  et de rester ensemble pour sauver la démocratie….Nous avions constaté que la situation nationale était alors de plus en plus préoccupante. Nous avions observé plusieurs entraves à la consolidation de la démocratie. Des manquements graves aux règles élémentaires de la bonne gouvernance et de l’assainissement des finances publiques ainsi que dans la gestion des grands dossiers de l’Etat. Cette perception que nous partagions sur la gestion de notre pays nous permet d’entrevoir et d’imaginer l’avenir ensemble. Le séminaire d’Abomey et Bohicon en a été le cadre… Nous y avons travaillé à la constitution d’un front commun de concertation et de la sauvegarde de la démocratie et l’avènement d’un changement qualitatif et réel qui garantit à tous Béninois, ses droits et ses devoirs. Nous nous sommes également résolus à continuer à conjuguer nos efforts et à consolider sans relâche, la dynamique unitaire à laquelle adhère notre peuple pour la réalisation à moyen terme, d’une alternance au sommet de l’Etat…..C’est notre devoir aujourd’hui d’asseoir au Bénin et de laisser à notre jeunesse, une vie politique apaisée, normalisée, structurée et prometteuse d’un bel avenir….Le sens de notre union, c’est la volonté qui nous anime de réduire la balkanisation de la classe politique, la fragmentation des forces politiques, car, c’est sur ce terrain que naissent et prospèrent non pas  de vrais projets politiques, mais des aventures et les virages qui menacent l’idéal démocratique. » Le Président maire, Nicéphore Soglo quant à lui a d’abord regretté l’imposition dans la loi fondamentale, du système du multipartisme intégral qui à ses yeux constitue la source des malheurs que vivent les Béninois. Tout en rassurant la classe politique sur sa disponibilité  à réussir une alternance crédible au pouvoir en 2011, il invite les uns et les autres à jeter les vieilles rancunes et querelles intestines dans les oubliettes afin de faire avancer le pays.
Mais à toutes ses  flèches lancées contre le gouvernement, le représentant du camp présidentiel y a résisté en répliquant : « La lutte contre la corruption n’est pas une chose aisée. Plusieurs dirigeants s’y ont donné, mais ont échoué…..Les portes de la mouvance présidentielle demeurent toujours ouvertes pour tous ceux qui souhaitent nous rejoindre pour le développement de notre cher pays »

Le sévère réquisitoire de Bruno Amoussou contre les dissidents de l’opposition
 En attendant de lire l’intégralité du discours du Président du Psd, il convient de sélectionner quelques séquences pour mieux permettre à nos lecteurs de s’approprier de ses déclarations. Morceau choisi, c’est la réponse de Bruno Amoussou aux dissidents de son parti. Fidèle à son style ironique et parfois très sarcastique, il annonce des lendemains sombres à ceux qu’il nomme des mercenaires politiques. En ces termes, il déclare sous les ovations du public : « Notre combat ne s’arrêtera pas en 2011. Ceux qui n’ont que des visées électorales ont déjà déserté nos rangs Mercenaires politiques et chercheurs de trésor, ils sont partis offrir leur service au Pouvoir qui les utilise à de basses besognes en attendant de trouver mieux. Déçus de n’avoir pas amassé des biens à la hauteur et à la vitesse de leur appétit vorace, ils animent un vacarme médiatique nécessaire à leur survie. Nous n’avons pas perdu des militants, mais nous nous sommes épurés de ceux qui ne partagent pas les mêmes ambitions que nous. Nous avons gagné en cohésion, en militantisme et en engagement sincère pour le bonheur des populations ».
Donatien GBAGUIDI

Recommandations du congrès

Nous, militants du Parti Social Démocrate réunis en Congrès ordinaire les 07 et 08 juillet 2009 au Palais des Congrès de Cotonou, adressons toutes nos félicitations au Bureau Exécutif National élu.
Réaffirmant et témoignant à nouveau notre attachement aux idéaux du Parti, recommandons expressément : 
– Au Président Bruno AMOUSSOU, Président du Parti
1-De poursuivre les échanges avec les forces politiques amies et alliées en vue de la constitution d’une Alliance forte pour assurer l’alternance en 2011 ;
2- De lutter pour la désignation d’une candidature unique aux élections présidentielles et la confection d’une liste unique pour les élections législatives en 2011 ;
3- D’insuffler par son leadership une dynamique nouvelle au fonctionnement du Parti ;
4- D’œuvrer pour le rayonnement du Parti à l’échelle sous-régional et internationale.
– Au Bureau Exécutif National (BEN)
1- De soutenir avec abnégation le Président du Parti dans toutes ses démarches politiques ;
2- De mettre la formation politique des militants au cœur des actions de mobilisation des masses ;
3- D’accompagner les organisations de masse du Parti dans leur fonctionnement et de faciliter leur organisation ;
4- De chercher les voies et moyens pour instaurer la culture de cotisation des membres au sein du Parti ;
5- D’œuvrer pour la promotion des jeunes cadres du Parti dans les administrations.
– Aux militantes et militants
1- De se mobiliser et de soutenir le Bureau Exécutif National et son Président dans toutes les décisions qu’ils prendront.

Communiqué final

Conformément aux dispositions statutaires, le deuxième congrès ordinaire du Parti Social Démocrate (PSD) a tenu ses assises au Stade de l’Amitié et au Palais des Congrès de Cotonou les 07 et 08 Août 2009.
 La cérémonie d’ouverture a été marquée par le mot de bienvenue du Président du Comité d’organisation, les messages des Partis alliés et amis et des invités de marque.
Ils ont exprimé leur intérêt et sympathie pour le parcours politique du PSD depuis l’historique Conférence Nationale de février 1990 avant de déplorer les multiples atteintes actuelles à la démocratie au Bénin. Ils ont invité le PSD à poursuivre ensemble avec eux, la lutte pour le renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit dans notre pays.
 Les congressistes ont ensuite suivi avec intérêt le discours d’ouverture du Congrès prononcé par le Président du Bureau Exécutif National du Parti Social Démocrate, Monsieur Bruno AMOUSSOU, qui a invité les militants du Parti à organiser une active campagne d’explication du programme politique et des conclusions du congrès.
 Les congressistes ont par ailleurs procédé à l’analyse de la situation politique nationale et de l’expérience des alliances de Partis politiques connues par le PSD notamment celle en cours des G et F.
 Après la relecture et l’actualisation des statuts et règlement intérieur du Parti, le Congrès a adopté quatre résolutions et des recommandations à l’endroit du Président du Parti, du Bureau Exécutif National et des Députés PSD à l’Assemblé Nationale.
 
A l’issue des travaux, un Bureau Exécutif National de quarante et un (41) membres a été élu avec à sa tête, le Président Bruno AMOUSSOU. La liste des autres membres du Bureau est jointe en annexe au présent communiqué.

     
Fait à Cotonou, le 08 Août 2009
 PJ : 1     Le CONGRES

 

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