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Le triomphe de la vérité

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Manifestations publiques officielles: Les journalistes béninois dénoncent la ségrégation et les entraves dans l’exercice de leur fonction


Le Collectif des journalistes

Le Collectif des journalistes

 Réunis au sein du Collectif des journalistes victimes de la ségrégation lors des manifestations du 1er Août à Lokossa, les acteurs de presse ont tenu à la maison des médias de Cotonou une conférence de presse pour dénoncer ce qu’ils appellent ségrégation et entraves dans l’exercice de leur fonction.
Une garantie des meilleures conditions d’exercice des fonctions du journaliste lors des manifestations officielles, un traitement équitable pour tous les journalistes sans exclusion. Ce sont les revendications fondamentales du Collectif des journalistes victimes de la ségrégation lors des manifestations du 1er Août à Lokossa qui s’adressait aux autorités et institutions compétentes du pays. Les manifestations commémoratives du 49ème anniversaire à Lokossa le 1er Août dernier ont été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.  Selon de nombreux témoignages effectués par les hommes des médias, aussi bien les photojournalistes, les cadreurs d’images que les journalistes, Lokossa a simplement constitué dans l’exercice de leur profession, un recul de plusieurs décennies dans le respect du travail des hommes des médias et dans la garantie des conditions minimales de travail. A titre illustratif, deux catégories de badge dont un Vip, ont été réalisées pour les journalistes ; certains reporters d’images malgré la détention de leur badge, ont été ordonnés par la garde républicaine à effectuer leur travail tournant dos à la tribune officielle où logeait le chef de l’Etat. D’autres cadreurs d’images interdits de filmer le décollage de l’hélicoptère du Président de la République, la plupart des journalistes confinés dans un espace exigu et mal situé privés de toute liberté de reportage. Etc.
Mais en réalité ce mépris pour les acteurs de la presse notamment privée ne date pas seulement de la manifestation de Lokossa ni des seules manifestations de la Fête nationale. Elle est aussi vieille que les manifestations officielles au Bénin mais a accru d’un cran ces derniers moments. Pour le Collectif, l’imputation de ces actes au zèle des agents de la garde présidentielle est une porte de sortie trop facile. D’autant plus que, estiment-ils, autant le Président de la République a constitutionnellement droit à une certaine sécurité dans ses déplacements, autant les acteurs de la presse bénéficient à travers cette loi fondamentale de garantie de sécurité et du droit au libre exercice de leur fonction. 
Les revendications de ce Collectif ont été perçues d’ailleurs par les Associations de presse comme légitimes. C’est ce qui justifie la présence à cette conférence de presse des responsables de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb) et du Syndicat national des professionnels des médias du Bénin (Synapromeb). Ensemble donc, les acteurs de la presse béninoise ont lancé un avertissement aux différentes directions publiques en charge de la presse ainsi qu’à la Haac afin que celles-ci prennent leur responsabilité dans la garantie des conditions de travail aux hommes des médias notamment  lors des manifestations officielles où la défaillance du Comité national des manifestations officielles (Conamo) se révèle chaque fois plus évidentes sur le volet Presse.
Médard GANDONOU

Collectif des reporters victimes de la ségrégation et du mépris dans le cadre de la couverture médiatique du défilé du 1er Août 2009 à LOKOSSA

Chères Consoeurs, Chers confrères,
et Messieurs !
Nous voudrions d’entrée de jeu vous remercier pour l’attention que vous aviez portée à notre invitation. Cela participe de l’intérêt que vous témoignez  au refus de l’humiliation, à la banalisation  de notre métier.
Aujourd’hui, nous nous sommes portés vers les micros, caméras et plumes pour porter à la connaissance de ceux qui prétendent gérer les manifestations officielles en République du Bénin, notre indignation quant au traitement qui nous été infligé  à Lokossa le 1er Août 2009.

 Les faits
1. Il y a eu une volonté manifeste de faire de la ségrégation en catégorisant la presse avec un identifiant orgueilleux.  Ainsi certains journalistes ont reçu un badge dit « Journalistes VIP » différent du badge  confectionné pour la circonstance par le CONAMO. Ce sont les journalistes de la Télévision Nationale qui ont porté ledit badge aux couleurs roses et plastifié au prix de la princesse avec un distinctif de journalistes VIP
2. Le suivi du cortège présidentiel pour le dépôt de gerbe n’a été réservé que pour la presse dite présidentielle (Caméraman et photojournaliste du Palais). Avec comme incident la bousculade enregistrée sur des caméramen de Golfe Television et Canal 3  les empêchant de monter à bord du véhicule apprêté pour la circonstance.
3. Il n’ y a pas eu une cabine de presse en pool position (en face de la tribune officielle) pour permettre de couvrir l’évènement au sens journalistique du terme : observations minutieuses du défilé, arrivée des personnalités, interviews des personnalités, impressions des populations. Ce sont les journalistes eux-mêmes qui se sont agglutinés quelque part avec une impertinence des forces de l’ordre qui ne cessaient de demander de reculer sans cesse.

II. Analyse de la situation
 La couverture médiatique du défilé militaire a été —comme chacun a pu le constater sur les écrans, dans les  journaux, à la radio,— un chaos retentissant. Ce fut une torture pour les auditeurs, de la platitude pour les lecteurs avec des vues peu expressives et mal précises. Les conditions déplorables de cette couverture médiatique en sont les causes. L’opinion publique, les auditeurs, téléspectateurs  et lecteurs  ont besoins de le savoir.
 Ce quarante-neuvième anniversaire  a fait naitre une volonté des organisateurs de faire de la ségrégation en créant une frontière entre journalistes pompeusement appelés « VIP » et des journalistes ordinaires. Cette initiative de mettre une barrière entre les journalistes de l’audiovisuel du service public et ceux de la presse privée est insensée, pâteuse, mal pensée et contraire à l’esprit de ce qu’on appelle « le  journaliste ».
 La collecte de l’information et son traitement  ne sont pas liées à un statut de « VIP ». Encore que l’opinion nous observe et elle seule juge du professionnalisme de chacun de nous.

III. Recommandations
1. Le Collectif des reporters victimes de la ségrégation  dans le cadre de la couverture médiatique du défilé du 1er Août 2009 exige des explications sur les incidents énumérés de la part :
· Du comité  national des manifestations officielles (CONAMO) ;
· De la Direction Générale du Développement des Médias ;
· De la Direction de la Communication des Armées.
2. Le collectif des reporters victimes de la ségrégation  dans le cadre de la couverture médiatique du défilé officiel du 1er Août  2009 condamne avec la dernière rigueur l’organisation approximative du volet « Presse »  et met en garde tous ceux qui s’amuseraient dorénavant à classer officiellement  en classe « VIP » et les autres en classe ordinaire.
3. Le Collectif des reporters victimes de la ségrégation  dans le cadre de la couverture médiatique du défilé du 1er Août 2009 invite les organisations professionnelles des médias à sortir de leur léthargie pour se rendre disponibles à prendre en charge les volets « Communications » des manifestations officielles.

Fait à Cotonou, le 05 août 2009

Le Collectif des reporters victimes de la ségrégation  dans le cadre de la couverture médiatique du défilé du 1er Août 2009 exige des explications sur les incidents énumérés.

 

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