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Le triomphe de la vérité

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Critiques acerbes de députés de la mouvance adambi, Alia et consorts: Le Changement de Yayi est en panne


Le Député Fcbe Sam AdambiDans un stade de Parakou noir de monde, devant un parterre de députés, personnalités, cadres, notables et têtes couronnées de la cité des Kobourou et environs, les responsables  et sympathisants du parti du Rassemblement des Démocrates Indépendants (Rdi-Anfani) n’ont pas eu  froid aux yeux pour égrener les lacunes du régime de Boni Yayi.  Détails sur une cérémonie officielle du congrès constitutif des responsables du Rassemblement des démocrates Indépendants (Rdi-Anfani) à l’allure opposante et imposante samedi dernier.

Jamais un congrès constitutif d’une formation  politique n’a mobilisé si tant de monde à l’ère du changement dans la ville de Parakou. Seuls le député Samou Adambi et sa troupe politique en ont  eu le secret. Comme lors du premier meeting historique de déclaration de soutien au candidat Boni Yayi en 2006, le stade municipal de   Parakou a vibré ce 25 juillet 2009 à l’occasion du congrès du Rdi-Anfani. Avec des délégations venues de toutes les contrées  du pays,  l’appui  des sages ,notables et  responsables religieux musulmans,  la présence des députés fcbe, des maires, élus locaux, et des personnalités politiques sans occulter les partis politiques amis, les initiateurs du Rdi Anfani ont battu le rappel d’une troupe majoritairement frustrée par la gestion faite du pouvoir d’Etat depuis trois ans. Cette croisade politique a vu la participation effective des députés Affo Djobo Amissétou, Edgar Alia, André Dassoundo, Adam Boni Tessi, Justin Sagui, Luc da Matha Sant’Anna, Raoul Bio Kansi, Orou Yarou Bio Bagou, Moussa Yari issifou et Soulé Sabi moussa. Au banc des majestés, cardes, notables et personnalités, on a noté la présence remarquée du roi de Tourou,  l’Imam de Parakou, de Lolo Chidiac, Aladji Vita, El-Hadj soudeur, alias Sassif, l’ancien ministre Arouna Aboubakar, Ibrahim Adam Soulé, le 2ème adjoint au maire de Parakou, les trois chefs d’Arrondissement, le président de l’association des maires du Borgou et de l’Alibori, le préfet Dénis Ali Yérima pour ne citer que ceux-là. Comme partis amis conviés à cette grande messe politique, on peut citer l’Uds de Sacca Lafia, Ensemble c’est plus sûr de Daouda Takpara, parti Alafia de Alassane Séibou, Force nouvelle pour le changement (Fnc), le Fndd de Chabi Sanrigui, l’Upr de Issa Salifou et le mouvement « jeunesse émergente pour le développement ». Du point de vue délégation départementale, tous les 12 départements se sont faits représenter un peu comme pour affirmer la visée nationaliste du parti. Il faut noter que 46 véhicules remplis de militants sont venus de Djougou. C’est dans une telle foule que le Rdi-Anfani a mis en route son rouleau compresseur contre le régime en place

4 coups de gueule  contre le régime en place
Le premier coup de boutoir est venu, comme on peut s’imaginer, d’un certain Lolo Chidiac. « Vous avez pris en ce jour, l’initiative de mettre sur les fonds baptismaux, le rassemblement des démocrates indépendants Anfani, malgré les intimidations politiques et les tracasseries administratives, a fait observer le baron de Yara Kinnè, (un quartier populeux de Parakou). De l’avis de Lolo Chidiac, depuis l’avènement du changement, plusieurs partis n’existent que par leur logo, juste pour « satisfaire les appétits gloutons » de leurs leaders, soit pour se livrer « à l’autel de la marchandisation et du clientélisme politique au détriment de la base pour laquelle ils ont toujours clamé être les porte-voix ». Il va plus loin avec comme morceau choisi : « il n’est point besoin de porter des loupes pour faire une lecture objective de la gestion  actuelle de notre pays. Un pouvoir de plus en plus clanique et ethnocentrique, intimidations de tout genre, bâillonnement de la liberté d’expression et de pensée, clientélisme au sommet de l’Etat avec à la clé une gestion calamiteuse et aveugle  des fonds publics à des fins propagandistes avec pour conséquence la paupérisation  quotidienne de nos populations,  la cherté de la vie, l’amenuisement  du pouvoir d’achat, l’augmentation du prix de l’eau et de l’électricité ». Et à l’ancien colistier  de Rachidi Gbadamassi, de conseiller aux  responsables du RDI Anfani, d’œuvrer pour les  intérêts publics. Le 2ème coup de gueule  est venu du chef de file de la délégation de l’Ouémé-Plateau. Selon lui, on a assisté en trois ans de gestion du régime du changement à « des frustrations et des échecs ». Il métaphorise que « l’accouchement en 2006 a été très difficile que la naissance du bébé  a failli coûter la vie aux parents et aux médecins. Mais le bébé né ne s’est pas rapproché de ses parents pour savoir les circonstances dans lesquelles est intervenue sa naissance». Le chef de file  du  Rdi dans  l’Ouémé-Plateau précise que « seul le combat politique génère le pouvoir d’Etat ». Car, d’après lui, le changement a dévié de ses objectifs originels en invitant à la table, des révisionnistes et des coupleurs d’hier. L’honorable Edgar Alia se révèle l’auteur de la  3ème   giffle au régime actuel. « Autour du président Boni Yayi, il n’y a que des vautours, des gens qui cherchent à l’enfoncer. Ils déclarent soutiens indéfectibles, soutiens sans conditions et après des milliards disparaissent », Ironise le député de Savalou avant d’ajouter : « Nous ne sommes pas contre le Chef de l’Etat ; on  a créé notre groupe parlementaire avec Sam Adambi qui en est d’ailleurs le vice-président pour dire  la vérité au Chef de l’Etat. On nous a diabolisé. Je ne suis pas venu ici pour faire plaisir à quelqu’un ». Edgar Alia précise que l’emblème Rdi Anfani symbolisé par un buffle montre qu’il va « défoncer ceux qui bouffent le pays ». La boucle des coups de gueule a été celle du coordonnateur départemental Borgou-Alibori, Ali Salifou Ibrahim, alias Sassif : « Le Rdi Anfani ne soutiendra rien qui ne soit dans l’intérêt de la nation,  du Borgou et de Parakou, prévient-il avant de préciser qu’il n’y aura pas de soutien chèque à blanc

Réactions des Yayistes.
Visiblement indisposés par la teneur des critiques, les disciples de Boni Yayi présents à la manifestation  ont dû recourir à la modération. L’honorable Soulé Sabi Moussa, représentant l’Uds a reconnu que le Rdi naît avec des dents. Il a préconisé à cette formation politique « de regarder dans la même direction pour le triomphe du changement », avant de « suggérer la possibilité de solides alliances pour les prochains combats politiques ». Affo Djobo Amissétou, représentante du parti Ensemble c’est plus sûr, estime qu’il  « ne faut pas négliger les alliances quelles- quelles  soient ». Le représentant du parti Alafia a suggéré aux responsables de Rdi Anfani « de faire preuve d’esprit d’ouverture et de tolérance ». Ibrahim Adam Soulé, militant du Fard Alafia propose que « le Rdi Anfani soit un creuset pour dissiper la méfiance » avant d’ajouter qu’il a confiance que le courage, l’intelligence et les hommes ne manqueront pas au sein de cette formation politique. Paraphrasant, Clémenso, le président de la Céna des législatives de 2003 estime que « rien n’est à craindre, tout est à comprendre. Mais si la méfiance et la suspicion s’installent, tout est à craindre ». Pour le représentant des forces nouvelles pour le changement (Fnc), « 2011 est un tournant décisif. Tout est encore possible à condition que le Chef de l’Etat se méfie de certains de ses proches ». Selon lui, « 2011 ne se jouera pas sans le Rdi Anfani, qui n’exige qu’un changement basé sur des valeurs originelles ». Même son de cloche pour le Fndd et le mouvement « Jeunesse émergente pour le développement ». Vu l’intensité des chocs qu’ils ont reçu, plusieurs n’ont pas pu attendre la fin de la cérémonie pour  rompre les rangs. C’est le cas des députés Soulé Chabi Moussa, Raoul Bio Kansi, Orou Yarou Bio Bagou, Ibrahim Adam Soulé, et le préfet Ali Yérima.

La détonation  Samou Séidou Adambi
L’ancien patron de l’hôtel de ville de Parakou, aujourd’hui député à l’Assemblée nationale, Samou Séidou Adambi, leader du Rdi Anfani n’est pas allé du dos de la cuillère dans son discours politique. « Après plus de trois ans de gestion, le changement tel que vécu aujourd’hui ne reflète pas l’esprit et les idéaux de départ. Le changement est en panne », a-t-il solennellement  déclaré sous les ovations d’un public égayé par une kyrielle d’artistes conviés pour la circonstance. Le jeune parlementaire estime qu’il est « nécessaire et impérieux de lui donner un nouveau souffle afin de répondre aux aspirations légitimes  du peuple ». A l’en croire, l’annonce de la création de Rdi Anfani a écœuré certains qui ont commencé par intoxiquer l’opinion publique. De son avis, on ne doit pas créer un parti politique comme on crée une entreprise industrielle ou commerciale car la politique est l’affaire de destin collectif.  Le député Adambi précise que le Rdi Anfani se veut un parti de masse dont l’objectif est de défendre  les intérêts du bas peuple. C’est  pourquoi il lance un appel au peuple béninois à s’engager pour le respect du credo de départ « ça peut changer, ça doit changer, ça va changer », car selon lui, c’est le pari le plus engageant la cause la plus juste à défendre. 
 Marc David MOLLI(Coll)

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