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Le triomphe de la vérité

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EDITORIAL: L’impossible entente


Il faut avoir l’optimisme chevillé au corps pour croire en la réussite du dialogue politique engagé par Boni Yayi en direction de l’opposition. C’est un exercice périlleux dans lequel il a été contraint de s’engager, bien  malgré lui, à cause de l’ampleur des difficultés entravant son chemin. Le péril ici, c’est l’ensemble des erreurs politiques accumulées notamment dans les relations entre lui et la classe politique. Ces erreurs ont entraîné une méfiance naturelle des acteurs à son égards. Ils l’accusent ainsi de renier ses engagements, de gouverner sur ses humeurs, de contourner les forces politiques non issues de sa base originelle et surtout de chercher à les détruire dans leurs fiefs. Cette dernière revendication rejoint une autre selon laquelle le Chef de l’Etat ne devrait pas se mêler de tout ce qui se passe au plan politique. Il devrait selon eux, laisser par exemple le jeu parlementaire se dérouler, sans chercher coûte que coûte à dicter son comportement au Président de l’Assemblée. Il devrait selon eux, laisser par exemple le leadership au sein de l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb). Il devrait selon eux les associer à la prise des grandes décisions du gouvernement, de sorte à pouvoir éviter d’être mis devant le fait accompli, alors qu’ils font partie de la majorité présidentielle dont ils sont censés être des avocats. Ces  » revendications  » s’ajoutent à des antécédents fâcheux qui entachent la sérénité des relations entre les deux camps.
Cette fois, le camp de l’opposition en construction est de plus en plus organisé, parlant d’une même voix. Il se satisfait même de son unité apparente, malgré les divergences du passé, pour dicter sa loi au pouvoir. C’est le sens des assises de Bohicon qui réunissent dès demain les  » G et F « , en passe de créer une coalition anti Yayi. C’est un danger incommensurable pour le régime du changement de voir se former une telle machine de guerre à quelques encablures de 2011. Avec des personnalités comme Me Houngbédji ou Bruno Amoussou, il faut s’attendre à ce que les pages de 2011 s’écrivent dans la confrontation des ambitions. Les forces coalisées en naissance à Bohicon, s’entendront sans nul doute pour propulser l’un des leurs au deuxième tour, en l’occurrence Me Houngbédji qui serait alors à sa dernière cartouche de présidentiable. Ces calculs prévisionnels feront qu’il ne sera jamais pour une entente parfaite entre la coalition naissante et le régime du changement.
Si du côté du G13, les choses paraissent plus complexes, c’est parce que les hommes d’affaires qui y ont trouvé refuge sont mal placés pour exercer un lobbying négatif contre le pouvoir, par peur de perdre plus qu’ils n’en ont perdu jusqu’ici. Ce qui n’exclut pas du reste qu’ils se fassent adouber auprès de Houngbédji dont l’élection en 2011 leur ouvrira sans doute les portes d’un nouvel horizon. Le sens des affaires guidera forcément leur positionnement sur l’échiquier, d’autant que le pouvoir est prêt à lâcher du lest, à concéder des marchés et des prébendes juteuses. Avec eux, le dialogue promet d’être un jeu de cache-cache jusqu’au dernier moment.
Mais le signe le plus patent de l’échec des négociations reste la position du gouvernement. Il est en position de faiblesse, à la merci des forces politiques adverses pendant que des fissures apparaissent de plus en plus dans ses propres rangs. Même si l’on susurre qu’il y a bien  » quelque chose  » au sein des FCBE, personne n’ose révéler publiquement ce point d’achoppement. Le mystérieux malaise qui secoue cette alliance risque de se muer bientôt en une fièvre de démissions. A moins que les intérêts personnels viennent bouleverser la donne.
L’un dans l’autre, Boni Yayi doit affronter et le peuple qui lui  reproche ses promesses non-tenues, et le corps politique qui entend agir sur le régime, et l’ensemble de la mouvance présidentielle minée par ses propres contradictions internes. S’en sortir dans ces conditions dans deux ans relève d’un tour de force.
Olivier Djidénou

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