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Le triomphe de la vérité

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EDITORIAL: Un certain Tamègnon


Joseph Tamègnon a du toupet. L’ancien homme de confiance des Soglo est passé dire dans nos locaux des choses absolument extraordinaires sur ses relations avec la RB. Dans notre parution d’avant hier, le DG actuel de la Sogema dit par exemple qu’il s’est « réfugié » à la RB pour faire face aux persécutions du pouvoir Kérékou. Explication de texte : cela veut dire qu’il est allé dans ce parti non pas par conviction mais par simple instinct de conservation. Même s’il voue encore une réelle admiration pour le maire de Cotonou, il a fini par démissionner à un moment donné de la mairie peut-être par déception mais surtout parce que « c’est tellement difficile d’être efficace dans un parti politique dans notre pays ». Explication de texte : il a souffert le martyre derrière les Soglo et a préféré s’en aller à un moment donné malgré l’admiration qu’il a pour le Président d’honneur du parti qui selon lui a fait des choses inoubliables pour ce pays. « Ce sont les politiques qui nous conduisent dans la dépravation », dit-il. Et il tient pour vraie cette vérité serinée pendant des années par Soglo et compagnie : « En 1996, Soglo n’a pas perdu les élections. Nicéphore Soglo a gagné les élections présidentielles de 1996 et je suis d’accord avec vous que les forces politiques l’ont fait partir. » C’est le discours-type des vrais fanatiques de Soglo. Mais le ton change dès qu’il s’agit du transfert des compétences.
Passant d’un bord à l’autre, Tamègnon estime qu’il faut faire fi de la loi qui place les marchés sous l’autorité des maires, même si la mairie continue de percevoir 3% du chiffre d’affaires de Dantokpa. Pour lui, la mairie n’a pas les moyens de moderniser le marché et d’y investir autant d’argent (environ 4 milliards en moins de 10 mois). L’ambition de Boni Yayi pour ce secteur serait radicalement différente de ce qu’on a vu jusqu’ici. Donc pas de transfert des compétences pour Dantokpa. Sur le même ton, il charge, cornes au clair, contre la RB : « Je ne comprends pas le positionnement politique de la RB », dit-il. Et d’expliquer : « Il y a des choses qu’il faut tolérer, il y a des choses qu’il faut dénoncer à jamais. Donc moi je ne peux pas mener cette lutte-là, la payer presque au prix de ma vie et le lendemain m’associer à ceux qui m’ont mené cette guerre-là pour combattre celui qui est venu pour tracer cette nouvelle ligne. Je ne le ferai pas, c’est vraiment mon problème avec la RB. » C’est, à quelques nuances près, la pomme de discorde du député Kindjanhoundé avec son parti. Prenant les taureaux par les cornes, il va créer probablement demain un parti pour faire bande à part, en « trahissant » la RB qui l’a fait. Comme Azanaï, comme Houédjissin, comme Tossè, comme Houdé et bien d’autres qui ont supporté les Soglo jusqu’à un moment avant de claquer la porte. Est-ce le même destin qui attend Epiphane Quenum ? Il ne faut pas en douter.
Il se passe en effet que le parti des Soglo fait plus souvent la soustraction que la multiplication et même l’addition. C’est un groupe d’exclusion. En analysant les torticolis verbaux du DG, on en vient à une seule conclusion : c’est un activiste blasé, floué dans ses convictions. Et j’ose prévoir que tant que la RB va maintenir ses positions incohérentes sur l’échiquier, suivant l’humeur de son président et de sa présidente, les agitations téléguidées d’un certain Quenum ou les élucubrations des Chanhoun et consorts, elle enregistrera toujours ces genres de défections. Elle passera alors son temps à jouer les persécutés.
Olivier Djidénou

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One thought on “EDITORIAL: Un certain Tamègnon

  1. KINTOHOU Abalo

    Le DG Tamègnon n’a fait que ressortir ce qu’il vit dans sa peau car il ne faut pas être opposant pour la forme. Tout le monde voit ce que Boni Yayi fait et sa vision est partagée par tous.

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