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Le triomphe de la vérité

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EDITORIAL: Le calvaire de Nago


La cinquième législature bat  tous les records. Après les injures au Chef de l’Etat, après la bagarre entre députés, voici l’heure du tambour.  Tam-tam assourdissant d’un Epiphane Quenum surexcité, vociférations outrées d’un Tidjani-Serpos survolté et coups de marteau affolés d’un Mathurin Nago tourné en ridicule par ses pairs, spectacle désopilant d’un Parlement qui sombre dans une abjection devenue si commune et si banalement ordinaire au Palais des Gouverneurs. Ce spectacle ignominieux en a fait regretter à plus d’un, l’incompétence du Chef de l’Etat à balayer la clique  actuelle pour nous faire faire une élection plus à même de nous offrir une représentation nationale représentant vraiment les soucis quotidiens du commun des Béninois. Je suis convaincu maintenant au regard de tout ceci, que la législature actuelle est fondamentalement une erreur. C’est une parenthèse de honte pour le Bénin et qui durera encore trois longues années au cours desquelles les Parlementaires se joueront de nous et se moqueront de leurs électeurs.

Ce qui est prévisible pour les semaines à venir c’est simplement  l’escalade de la surenchère. De coups de thétre en coups de thétre on aboutira bientôt à un Parlement qui ne fera pratiquement plus rien. D’autant plus que depuis cinq mois, il est plongé dans une profonde crise qui l’empêche de légiférer. Cinq mois de guéguerre et d’enlisement dont l’issue reste encore incertaine. La bataille juridique qui va s’enclencher avec les recours devant la Cour Constitutionnelle, ne pourra pas empêcher que la procédure de destitution prenne une tournure plus décisive. Contrairement à ce que laisse penser les fuites en avant de Mathurin Nago, les députés protestataires ne baisseront pas les bras et ne reculeront devant aucune alternative pour atteindre leur objectif, dussent-ils pour cela  convoquer une nouvelle session sur ce motif, en prenant cette fois toutes les précautions nécessaires. C’est pourquoi, Mathurin Nago aurait dû prendre le risque d’écouter ses adversaires et même de les laisser faire, si possible même en foulant aux pieds le règlement intérieur du Parlement. Ils iront jusqu’au bout mais se heurteront au piège arithmétique des 2/3 qu’il ne leur est pas possible  d’atteindre dans les conditions actuelles. Cet échec final tempèrera les ardeurs et montrera simplement à la face de tous que le Président n’est pas rejeté par ses pairs. Il aura également pour effet de consolider son assise quelque peu ébranlée par les tentatives actuelles qui jettent de l’opprobre sur lui et son institution.

La peur de perdre son fauteuil et la hargne de ses adversaires, voilent aux yeux du Président de l’Assemblée cette voie de conciliation nécessaire qui le lavera face à ses détracteurs. A défaut de ce consensus, il faut s’attendre à ce que les députés révoltés demandent une nouvelle session pour en finir. Ils vont peut-être tout aussi bien attendre sagement le verdict de la Cour avant d’entamer une autre action, ce qui n’est pas dans la nature guerrière des députés de la cinquième législature. De toutes les façons, la session budgétaire prévue pour octobre prochain aura toutes les chances d’être très mouvementée si jusque-là il n’y a pas dégel de la situation. Il peut évidemment y avoir dégel en cas de remaniement avec l’entrée au gouvernement de quelques ténors de la contestation ou de leurs satellites. Si donc le G4 et le G13  qu’on annonce pour probablement morts, entrent dans l’équipe gouvernementale, Mathurin Nago peut sauver définitivement son fauteuil. Dans le cas contraire, il va vivre trois années de calvaire.

Olivier Djidenou

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