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Le triomphe de la vérité

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EDITORIAL: Le Gospel, un appel


Le Festival Gospel et Racine s’est achevé dimanche dernier dans la plus parfaite indifférence. On pourrait même dire que cette cinquième édition a été victime d’un plan de communication  d’autant plus mal pensé que l’événement lui-même a été noyé dans le flot de la célébration du 1er Août qui lui a largement ravi la vedette. Et là encore ce n’est que l’un des ratés de ce festival qui aura perdu de son attrait. Et pourtant, il y a quelques années encore, ce festival passait pour être le must du Gospel africain, événement pratiquement mondial où sont passés les meilleurs : Nicoletta de France, Diane Cameron des Usa, Manu Dibango, Sabatha Masoka d’Afrique du sud ou encore O’Nel Mala de Côte-d’Ivoire . L’hibernation forcée qu’a subi ce festival depuis trois ans  a sans doute déteint sur l’intérêt réel qu’il a revêtu pour le public béninois. Et c’est là justement que se pose un gros problème.
L’avènement du régime du changement a été l’un des obstacles à la perpétuation de cette initiative de réconciliation afro-américaine. Le festival lui-même est une branche du processus Réconciliation et développement mis en branle par le Président Mathieu Kérékou en 1999. L’idée  était d’utiliser le tremplin de la traite négrière pour drainer vers notre pays les hommes d’affaires et un tourisme culturel afro-américain. Le Bénin s’est alors présenté avec raison comme le berceau de la traite dont les douloureux stigmates parsèment encore des villes comme Ouidah, Porto-novo  ou Kétou. Cette connivence économico-culturelle a trouvé son répondant dans l’attribution à notre pays de l’aide américaine du Millenium challenge account évaluée à environ 170 milliards de FCFA. En dehors de cette conséquence immédiate et tangible, l’apport de ce grand rendez-vous panafricain reste la mise en exergue de nos attraits touristiques. Mais voilà que l’avènement du changement l’a relégué aux oubliettes avant de le ressusciter sous les espèces malheureuses d’un malfaçon qui ne trompe personne. Ceux qui ont vécu les heures les plus chaudes  de ce festival témoigneront que l’édition de cette année a été une ple copie des quatre éditions antérieures. Preuve d’un budget largement resserré, les grands artistes qui en faisaient la réputation sont venus en nombre restreint. Seul bonne note sur ce tableau, le forum économique Alabama Bénin qui vient rappeler que la toile de fond de cette manifestation est d’abord tissée de préoccupations économiques.

Le problème c’est que le pouvoir n’est malheureusement pas une continuité au Bénin. Gospel et Racine a failli mourir parce que l’équipe mise en place en 2006 aurait décidé de faire l’état des lieux avant de s’engager. Et cet état des lieux dura deux bonnes années. Personne n’est dupe, évidemment. On sait le forcing ferme mais doucereux exercé par des milieux autorisés pour ne pas voir  s’achever en si bon chemin une Å“uvre qui rappelle à tous notre commun devoir de mémoire. On sait aussi que dans d’autres ministères, de nombreuses réformes disparaissent simplement parce que le ministre qui les a initiées a été remplacé. Autant par incompétence que par égocentrisme déplacé, on les met sous le boisseau, alors qu’elles traduisent dans la plupart des cas la réponse apportée à des impératifs vitaux. Le pays fait ainsi des pas en avant et des bonds en arrière. La résurrection mitigée de Gospel et Racine est une manifestation de cette marche à reculons qui doit cesser pour qu’émerge la vraie marche, celle qui mène au développement.
Olivier Djidénou

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