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Le triomphe de la vérité

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EDITORIAL: Une CENA, mille maux


C’est reparti. Les incertitudes qui planaient sur  l’organisation du scrutin d’avril prochain redoublent à nouveau avec la deuxième disqualification du bureau de la CENA par la Cour Suprême. Le bureau de Pascal Todjinou est forclos pour n’avoir pas respecté la configuration politique de l’institution, étant entendu qu’aucun représentant du gouvernement n’y figure. Cette situation faisait douter déjà les observateurs pour qui ce bureau mort né n’avait qu’une existence éphémère. C’est désormais confirmé, et c’est encore pire que tout ce qu’on pouvait espérer d’une institution sérieuse. Il n’y a peut-être rien de grave dans cette affaire puisqu’il suffit d’écarter un membre du bureau illégal pour trouver de la place au représentant de l’exécutif, la question étant précisément de savoir lequel  de ceux-là il va falloir éjecter. Est-ce le représentant du Prd qui en l’occurrence est le vice-président disqualifié ? Cela poserait un sérieux problème, parce qu’alors le parti de Me Houngbédji aura bon dos d’accabler le bureau de la CENA de tous les péchés. Idem pour celui de l’Add. En attendant que ne soit résolue cette équation électorale née sur les cendres du bureau mourant, on peut déjà supputer que cette énième crise n’est pas pour redorer le blason d’une CENA en bute à tous les obstacles. Au point de susciter une question autrefois tabou, mais plus que jamais d’actualité : faut-il revoir la CENA ? Ou faut-il la supprimer carrément ?
En vérité, les inquiétudes qui s’installent à chaque élection sont redevables pour une bonne part aux errements de la CENA qui apparaît comme le centre nerveux de toutes les  manÅ“uvres des partis pour gagner les scrutins ou faire perdre leurs challengers. Ici comme ailleurs en Afrique, on croit qu’il ne suffit pas d’avoir les voix des électeurs. Il faut encore disposer de l’appui de la structure organisatrice du jeu électoral, pour au besoin  trafiquer certains chiffres. Cette sociologie de la fraude fait croire que c’est le meilleur tricheur qui parvient à triompher dans ce marché de dupes. Aux prises avec ces réalités, la CENA n’a plus qu’une crédibilité hypothétique qui s’effiloche avec les nouvelles décisions de la Cour Suprême. Que représente une institution soumise à tant d’incertitudes ? Dès maintenant, toutes les décisions du précédent bureau sont nulles et de nul effet. Constitution du budget, installation des CED et des commissions, tout est à refaire. Au point où l’on se demande si ces consultations ne seront pas repoussées à nouveau.  En même temps c’est la survie  de la CENA qui est en jeu. S’il est clair qu’il n’est plus question de revenir à l’ancienne formule, il faut maintenant trouver une autre méthode qui échappe au jeu malsain des partis. Cette nouvelle version de la CENA devra ainsi respecter deux conditions majeures : une meilleure crédibilité et un coût moins onéreux. Il s’agit de détruire par là même l’impression encore répandue que la CENA est la vache à lait des politiciens. C’est la seule issue pour remettre d’aplomb l’institution face aux périls qui la menacent.
Olivier Djidénou

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