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Le triomphe de la vérité

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ENTRETIEN AVEC LE Pr HONORAT AGUESSY PRESIDENT CNI/MAEP:  » Nous avons préparé le Maep et déjà on nous écarte « 


LE Pr HONORAT AGUESSY PRESIDENT CNI/MAEP  Le Bénin bénéficie depuis quelques jours de réelles possibilités d’amorcer un tournant décisif dans sa marche vers son développement. En effet,  il est devenu lors du dernier sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba le premier pays francophone de l’Afrique noire à bénéficier d’une aide massive des Etats-Unis estimée à plus de 1000 milliards de francs pour mettre en oeuvre son plan d’actions présenté à la face du monde à travers le Mécanisme Africain d’évaluation par les Pairs. Cette prouesse qui augure de perspectives heureuses pour notre pays est le fruit de la conjugaison de nombreuses expertises notamment de dignes fils du pays. En effet, composée d’une cinquantaine de personnes, la Commission Nationale Indépendante de mise en Å“uvre du Maep, a, grce à la pertinence de ses travaux permis au Bénin de graver son nom parmi les pays les plus respectés du continent africain. A travers cet entretien qu’il nous a accordé, le président de cette institution composée de compétences locales nous retrace le long chemin qui a abouti à cet heureux résultat, les difficultés rencontrées, les relations avec les autres acteurs de cette victoire et du degré d’implication prochaine des membres de cette commission dans la mise en Å“uvre du Maep au Bénin.
L’Evénement Précis: Quel sentiment anime le président de la Cni/Maep aux lendemains du satisfecit décerné au Bénin par l’UA et les Usa au sujet du rapport du Maep ?
Professeur Aguessy Honorat: Tout comme vous, je suis ravi, émerveillé par l’exemplarité de ce qui vient d’advenir, c’est vraiment beau. Que l’on puisse partir d’un travail sérieux, conséquent d’un pays pour parvenir à ce résultat quand bien même, il faut transiter par d’éminentes personnalités d’autres nations pour vérifier si ce qui vient du pays est exact ; si ce qui est dit va jusqu’au bout et ne cache rien. Vraiment, je suis ravi que ce travail ait pu être réalisé par des compatriotes et apprécié à sa juste valeur.

Croyez-vous réellement lors de vos travaux parvenir à un résultat aussi éclatant ?
Dès l’élection du bureau de la Commission Nationale Indépendante (Cni) de mise en Å“uvre du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs ce fameux jour du 11 novembre 2005, ce bureau élu directement par des compatriotes délégués de nombreuses associations identifiées au cours de la réunion d’informations, nous avons su comment corriger ce qui était proposé par certains cadres  » cadrés  » qui ne pouvait déboucher que sur   » l’administrativisme « , tout simplement, nous avons su corriger cela pour faire en sorte que nous ayons dans la commission, affaire à des compétences avérées  et c’est ce qui nous a toujours donné de la confiance pour le sérieux du travail à faire. Pour ce qui nous a été proposé, je ne dis pas imposé mais ce qui avait été apprêté par ces cadres  » cadrés  » du ministère des Affaires Etrangères, je crois que ça aurait été du gchis.

Retracez- nous M. le président le processus qui a abouti à ce résultat ?
Quand le bureau qui doit conduire la Cni a été élu, nous avons immédiatement commencé le travail en suivant les termes de référence qui nous ont été présentés par le ministre Rogatien Biaou, c’est lui qui nous avait précisé comment la Cni devait contrôler toutes les étapes de l’exercice c’est-à-dire il y avait d’abord l’auto-évaluation qui devait être réalisé au niveau du Bénin et nous devrions travailler sur les quatre domaines qui ont été retenus à savoir : La Démocratie et la bonne gouvernance (la gouvernance politique), la gestion économique et la gouvernance économique, la gestion des entreprises et le développement socio-économique. Dès qu’il y a eu cela, nous avons fait réaliser le travail qu’il fallait en ne laissant de côté aucune compétence disponible au niveau de notre pays ; tous ceux qui pouvaient apporter leur contribution ont été associés c’est-à-dire les cabinets d’étude ont été identifiés pour pouvoir s’occuper chacun de tel ou tel domaine, tel autre cabinet pour s’occuper de la gouvernance économique, tel cabinet pour s’occuper de la gouvernance des entreprises, tel autre cabinet pour s’occuper de la gouvernance socio-économique. Donc c’est tout cela qui a été fait. Nous n’avons pas crû devoir faire ce qui se fait habituellement où quand on est sur un champs pareil, on procède à l’élimination des gens. Nous, nous sommes restés attentifs à la nécessité de faire intervenir des acteurs scientifiques, des intellectuels de choix pour ces différents domaines d’étude. Et c’est la contribution de tous ceux-là qui donne les résultats que nous avons aujourd’hui.

 Faites nous connaître alors M. le président la substance du rapport d’auto évaluation des experts nationaux?
C’est le cas de dire que le document est substantiel à savoir que c’est dense car pour chaque domaine, vous avez au moins 100 pages.  Avec tous ces quatre domaines , ce qu’on peut dégager maintenant comme synthèse, vous voyez  vous même  que c’est vraiment substantiel. Mais après tout le travail qui a été fait dans chaque domaine, nous avons demandé à des consultants de bien vouloir reprendre tous ces résultats relatifs à chaque domaine de gouvernance pour en dégager la synthèse. Nous avons demandé à des professeurs, des chercheurs de faire ce travail pour suivre les règles parce qu’il y a le questionnaire pour chaque domaine ; le domaine de la gouvernance et de la Démocratie. De même, il y a des questionnaires au secrétariat du Maep pour les trois (03) autres domaines. Cela a été suivi correctement.

 Si nous prenons le domaine de la Démocratie et de la gouvernance, qu’est ce que votre commission a concrètement retenu après son travail ?
Je crois qu’en suivant les questionnaires, il y a les problèmes qui déchirent les différents pays à l’heure actuelle. Vous prenez le cas du Kenya, il y a les problèmes d’élections. Je crois qu’il y a dans le problème des élections, comment interviennent les différentes parties prenantes de la politique à savoir les partis politiques, la société civile, le privé etc. Tous les problèmes qui se réfèrent à la bonne conduite politique. La politique politicienne, ne pas s’en tenir là. Il faut aller au-delà et voir  comment chaque couche de la population doit intervenir pour la réalisation de la démocratie participative. Il ne s’agit pas de quelque chose qui doit tenir compte de la démocratie arithmétique où tout simplement il y a telle ou telle élection à l’issue de laquelle tel parti arrive grce à l’industrie de la fraude à obtenir 50% des voix plus une (50% + 1) donc de régenter le pays tout le temps. Nous avons vu les  possibilités de consensus, d’échanges. Tout cela est bien précisé dans le texte. Vraiment, au lieu de mon commentaire, il vaut mieux que vous ayez en main tout cela. Pour la gouvernance économique, la nécessité d’étudier ce qui se passe sur le plan formel, sur le plan informel, le problème de la corruption : qu’ est- ce qui est à la base de la  corruption, qu’est ce qu’il faut pour enrayer tout cela, comment notre pays peut profiter de ses potentialités, de ses capacités endogènes pour son développement, comment sans rester dans le cadre autarcique, critiquable, notre pays peut grce à des principes bien fixés, travailler avec d’autres pour son économie ? Nous n’avons pas manqué de tenir compte bien sûr de tout ce qui était prévu dans les études prospectives.
Certains membres de votre équipe ont fait cas de conditions difficiles pour mener à bien leur mission; qu’en dites- vous ?
C’est vrai et c’est pourquoi je tiens à saluer l’exemplarité, leur prestation de service . A tout moment, je leur ai convié à l’abnégation, à tout moment, je leur ai demandé de se faire petit pour que le pays grandisse. A tout moment, je leur ai rappelé  les procédures d’obstacle et non d’ouverture des voies aux bailleurs de fonds avant de décaisser, il y a tellement de tracasserie . Nous n’avons pas manqué au cours de nos travaux d’injecter notre argent, de mettre la main à la poche. Je peux dire que conformément à notre perspective on a fait en sorte que l’élitisme ne soit pas de mise dans ce travail. Tenant à ce que le citoyen, la citoyenne du dernier hameau du pays le plus éloigné soit informé de ce que nous étions en train de faire, nous n’avons pas manqué nous -mêmes  d’injecter des millions de francs afin de permettre aux populations d’être informées dans toutes les langues nationales de ce que nous étions en train de faire. Contrairement à ce qui s’est toujours passé, quand il y a de tels travaux émanant de l’Etat,  l’argent  a été utilisé à quoi il a été destiné.  Je peux dire que là, j’ai été entendu par les membres de la commission qui ont été magnifiques. Aucune grogne, aucun mécontentement. Ils ont suivi en apportant le meilleur d’eux-mêmes et c’est merveilleux.

Pensez- vous avoir décelé en vos collaborateurs un esprit de patriote ?
De véritables patriotes, c’est le cas de le dire. Grce à cette circonstance, ce cadre, j’ai pu prendre contact avec de vrais compatriotes. Je les salue encore, je les saluerai toujours. Ils n’ont jamais eu à réclamer telle ou telle chose même si parfois, il fallait les inviter à l’Institut de Développement Endogène et des Echanges (Idee)-Ndlr: situé à Ouidah- ils se déplaçaient de Cotonou pour venir ici en comptant sur les infrastructures financées par moi-même et qui sont disponibles. Ils n’attendent pas  de l’argent de personne ni d’aucun bailleur de fonds pour que nous puissions faire avancer les travaux. Mais ils ont toujours accepté d’être présents pour que le travail avance.

En ce qui concerne vos travaux, est-ce la seconde phase du projet  » Alafia 2025  » ou carrément quelque chose de complètement différent ?
Vous faîtes bien de poser cette question. Si l’on devait tenir compte de la perspective de certains cadres  » cadrés  » , de certains « administrativistes », on devait dire que nous étions partis ex nihilo. Mais nous, dès le départ, nous avions imposé l’articulation  avec les études prospectives. C’est pourquoi les premières conférences qu’on a organisées pour briefer les membres, c’étaient sur les études prospectives et c’étaient très bien. Les unes et les autres ont pu saisir que nous ne partions pas de zéro. Il y a déjà certaines choses qui sont dites dans les études prospectives et il nous faut rester attentifs à cela. Ce n’est pas ce qui se fait habituellement. Alors que l’argent est disponible pour tel ou tel projet qui arrive, on ignore complètement les études qui existent avant ce projet là. Non! Nous autres, nous avons procédé de façon scientifique. Il ne s’agit pas d’une activité politicienne où il faut mettre la croix sur ce qui est venu avant. Il faut dégager de l’ensemble qui préexiste les leçons qui s’imposent.

Retracez- nous le processus qui a abouti à cette heureuse perspective pour notre pays ?
L’exercice qui est proposé à tout pays au Maep doit déboucher sur un plan d’actions ; ce que propose le pays pour juguler les dysfonctionnements, pour corriger les  aspects de mal développement pour parvenir à un développement approprié internationalement et panafricainement. C’est de cela qu’il s’agit. Dans ce cadre, nous devions,  en tenant compte des études prospectives et de ce que nous-mêmes, nous avons réalisé sur le terrain, en prenant contact directement avec les populations dans le cadre de la démocratie participative, nous devions déboucher sur un plan d’actions. Ce plan d’actions a été vu et retouché par le Panel des experts venus de la part de l’Union Africaine pour voir si c’est en harmonie avec les analyses que nous avons menées  dans les quatre domaines de la bonne gouvernance et voir si ça concorde avec ce qu’il convient de prendre comme décision pour corriger ce qu’on aurait noté et ce qu’on a noté effectivement comme dysfonctionnement. Tout cela a pu déboucher sur les conclusions actuelles.
 Certains estiment que votre rapport, en raison de sa qualité, n’a été retouché que très légèrement par les experts de l’UA. Qu’en dites- vous ?
Nous ne pouvons que saluer cet esprit d’amour du prochain de la part de ceux qui expriment une telle confiance. En tous cas, pour ce que nous avons fait, nous n’avons pas manqué de mettre au service de notre pays tout ce que nous pouvions avoir appris. Moi-même, pour ce qu’il convient de faire avec les sciences sociales et humaines, n’oublions pas que c’est quelques 20 ans au centre de recherches scientifiques au 15 quai Anatole France à Paris. Dans la recherche scientifique, ce que nous avons pu tirer de ce travail, nous l’avons mis ; ce que nous nous avons appris en tant que doyen de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines de l’Université d’Abomey-Calavi que nous avons fondée ; ce que nous avons appris des enseignants des chercheurs, nous les avons mis au service de notre pays. Ce que nous avons appris en tant que directeur général de la recherche scientifique et technique au Bénin, nous l’avons mis également au service du pays pour que l’on évite de dire qu’on part ex-nihilo. Ce que nous avons pu acquérir aussi sur le plan international pendant plus de 12 ans de direction du Programme Enseignement Supérieur de l’Unesco pour l’Afrique et de la formation des personnels de l’éducation, nous avons mis cela au service de notre pays. Connaissant bien comment les choses pouvaient marcher sur le plan international, il ne pouvait pas y avoir beaucoup de défectuosités dans le travail fourni ; et faisant confiance à nos cabinets d’étude qui ont pris tel ou tel aspect, tout a été bien conduit et on n’a pas laissé les cabinets d’étude travailler seuls et décider de la conclusion des résultats sur lesquels ont débouché les travaux dans différents cabinets d’étude .

 Lorsque vous aviez été appelé pour faire ce travail, croyez- vous atteindre un résultat aussi éclatant pour notre pays ?
L’essentiel pour nous autres, c’était de faire pour notre pays le travail possible, de mettre à disposition nos capacités intellectuelles, nos compétences pour que notre pays en tire le plus grand bien sans tenir compte de ce que cela pourrait lui apporter et qui saurait attirer de la part de certains des mentalités d’exclusion ou des courses pour se partager le gteau. Pour nous autres non ! on peut ne pas avoir un franc de ces 1000 milliards, pour les membres de la Cni/Maep ça ne leur dira rien.

 Après ce résultat, les membres de la Cni ne peuvent-ils pas encore servir pour la mise en Å“uvre du programme ?
Normalement, dans les termes de référence qui nous ont été présentés le 11 novembre 2005 par le ministre Rogatien Biaou, la commission est là pour les différentes phases du mécanisme.  Après l’acceptation du rapport présenté par notre cher président de la République, nous devions nous engager dans la phase de suivi-évaluation. Mais dans la tête de certains cadres « cadrés », il y a le fait qu’ayant vu arriver l’argent, il faut oeuvrer à créer un dysfonctionnement c’est-à-dire de tout faire pour que ce ne soit  pas ceux qui sont au courant de tout le processus qui continuent de sorte que je peux vous dire de la part de certains, dès qu’il y a eu l’auto-évaluation conduite par nous et dès réception de la première équipe qui est arrivée avec notre sÅ“ur Angélique Savané et son équipe, on a voulu exclure totalement les membres de la Cni. Mais ceci n’est que la résultante des élucubrations de certains cadres  » cadrés  » et surtout d’un individu qui est au niveau de la Direction de l’intégration Africaine ; mais nous, ça ne nous a rien dit. Nous autres, nous continuons notre travail et nous n’avons pas manqué d’informer le président de la République sur une certaine entreprise de goujaterie qui est entreprise au niveau du ministère des affaires étrangères parce que c’est à l’arrivée du ministre actuel fin juin- début juillet qu’il a été pris en mains et instrumentalisé par le directeur de la Direction de l’Intégration Africaine pour agir dans tel ou tel sens pour  écarter complètement la commission, afin de mettre fin à son travail. Alors que dans ce qui nous a été dit par le ministre Biaou, à toutes les étapes, même si on ne joue pas le rôle prépondérant telle que la phase qui a été gérée par le panel des experts qui sont venus pour le compte de l’Union Africaine avec Mme Marie Angélique Savané, on doit être associé .A l’heure actuelle, la commission selon les textes, doit prendre en mains la phase du suivi-évaluation pour faire ce que vous attendez d’elle.

 Depuis le résultat d’Addis-Abeba, aviez- vous été contacté par le gouvernement ?
Vous pensez que chez nous, on a cette culture. Quels que soient les régimes, vous pensez qu’on a cette culture du sérieux pour dire il y a telle ou telle chose, voilà que nous venons d’en finir avec ce qui donnait lieu à beaucoup d’inquiétudes, il nous faut revoir avec la commission le travail à faire maintenant. Personne n’a pris contact.
 Comment éloigner ceux qui ont fait le travail pour que vraiment on puisse faire du n’importe quoi, c’est ça qui est dans l’esprit des gens.  On sait qu’on peut créer n’importe quel désordre, ce sera à l’insu du président de la République parce que quand il voudra avoir des informations à ce sujet, c’est toujours quelqu’un du ministère qui va se rendre devant lui pour lui tenir un faux discours sur la marche des choses et compte tenu de ses préoccupations multiples, il va prendre ça pour vérité ; c’est ainsi que ça se passe dans notre pays, nous nous en sommes rendu compte. Et aucun conseiller non plus n’est capable de suivre cela et de lui dire, attention, il y a telle ou telle chose.

– A qui pensez- vous lorsque vous évoquez les coups bas contre la commission ?
 C’est celui qui dit qu’il va prendre les informations à l’Union Africaine et que personne d’autre n’a le droit de se rendre à l’Union Africaine. Je donne l’exemple de ce qui s’est passé à Accra en juin-juillet. Il est vrai que moi, j’avais un autre créneau mais il se trouve que le conseil des ministres avait pris une décision pour que le président de la Cni/Maep et le coordonnateur de l’équipe se rendent à la réunion d’Accra. Il devait y avoir la réunion des différentes commissions. Ça a été pris par le conseil des ministres. Le coordonnateur est venu annoncer cela et j’ai laissé tomber toutes mes activités pour me rendre à Accra. Savez- vous que nous ayant rencontré là-bas, un certain individu se disant directeur de l’Intégration Africaine, c’était la foudre, le mécontentement vis-à-vis du coordonnateur qu’on a engagé pour lui dire:  » Même si le conseil des ministres a dit telle ou telle chose, est- ce que moi, le directeur de l’intégration africaine, je vous ai dit que vous avez le droit de faire le voyage avec le président? ». C’est ainsi que les choses marchent à l’insu des autorités. Or dans son discours quand le président s’est présenté devant le forum des chefs d’Etats sa première phrase a été :  » Je salue la présence dans la salle du professeur Aguessy Honorat, président de la Commission Nationale Indépendante de mise en Å“uvre du Maep qui a travaillé sur le rapport du Bénin ». Et c’est au cours de cette réunion qu’on a décidé que tout se fera à Addis-Abeba. Mais après, il peut être chambré par ses collaborateurs au point que quand  il se rendait à Addis-abeba,  c’est quand même curieux qu’un tel président qui connaît le président de la commission, qu’il n’ait pas dit que j’ai besoin du président de la commission là-bas même si la dernière phase a été menée par le panel des experts de l’UA, mais ça n’a pas été fait.
Ce n’est pas qu’il n’ait pas exprimé ce desideratum, ce souhait mais le milieu qui sert de carapace au président est tel que ça peut annihiler tout ce qui est indispensable pour ce processus.

Voulez-vous dire qu’il existe des craintes pour la mise en Å“uvre du programme ?
Ceci est ce qu’il y a de plus exact, il existe un risque incroyable. Il y a ces personnes là qui agissent comme des goujats et jusqu’à présent, c’est le directeur de l’Intégration Africaine à savoir Séraphin Lissassi qui est à la base de cela car si l’actuel ministre des affaires étrangères a commencé à grouiller de telle ou telle manière tout en ignorant la commission, si quelques semaines seulement après son installation, il a commencé par aborder ce sujet de façon négative alors qu’avant lui, le ministre Alhadji Diallo était vraiment admirable, il y a problème. S’il y a cela, c’est parce que ces responsables de hauts lieux sont instrumentalisés par leurs collaborateurs et il y a des risques.

Après ce résultat, croyez-vous que les membres de la Cni/Maep soient encore utiles pour la suite pour la mise en Å“uvre de ce vaste chantier ?
Vous savez, si c’est à la commission comme les textes le disent, ce n’est pas un ministre qui nous a choisi, ce n’est pas un individu qui nous a porté; c’est un décret du gouvernement qui a mis en place la Cni/ Maep. Il peut ne pas s’agir de la totalité des membres de la commission mais avec ce que nous avons vu dans les autres pays à savoir le Ghana, le Kenya, le Rwanda et bien d’autres pays qui sont déjà partis à ce mécanisme, ce sont les mêmes membres de l’unique commission nationale qui peut prendre d’autres dénominations, qui sont restés là pour gérer l’après acceptation du plan d’action présenté par leur président. C’est exclusivement en ce qui concerne le Bénin qu’il y a ces gens qui sont en train de manigancer le pouvoir.

 Combien de membres composent la Cni/ Maep ?
Normalement, avec ce que le gouvernement a retenu, ce sont quelques 93 personnes. Cependant, c’est une cinquantaine de personnes qui ont toujours participé aux réunions du début à la fin. La première monture accordait la priorité aux représentants des différents ministères. Sur une cinquantaine de personnes, on avait plus de vingt sept (27) venant des ministères mais nous avons dit que ce n’est pas cela en relisant les textes du Maep où l’on met l’accent sur l’implication lourde du privé et de toutes les composantes de la société, nous avons intégré toutes les composantes de la société, les vendeuses des marchés, tels artisans, telles associations de femmes etc. De façon diversifiée, nous avons proposé beaucoup de groupes et même l’association des handicapés que représente notre aîné le professeur Adjo Bocco Moumouni puisqu’il est atteint maintenant de la cécité. Je ne sais pas mais je me suis toujours demandé pourquoi on a ajouté le mot  » Indépendante  » à la désignation de la commission nationale. N’est-ce pas parce que les gens avaient à l’esprit leur pensée de détourneurs , de gens qui manigancent beaucoup ? Sachant qu’ils vont bousculer les gens de toutes les manières , ils ont voulu ajouter  » Indépendante « .
 
 Est-ce à dire que le Maep date du gouvernement de Mathieu Kerekou ?
Le processus a débuté depuis le gouvernement défunt mais le gouvernement actuel n’a fait aucune difficulté pour poursuivre ce qui était déjà initié sous le gouvernement défunt. D’ailleurs, les gens n’ont pas manqué de mettre l’accent là-dessus. Madame Savané n’a eu de cesse à  dire que c’est le premier pays où l’on voit que ce qui a été initié par un ancien gouvernement est pris en charge par le nouveau gouvernement sans problèmes, sans critiques.

 Quel message pouvez-vous délivrer aux populations avec ces 1000 milliards?
Ce que je peux envoyer comme message  aux populations est de leur demander d’aider les autorités à bien gérer ces 1000 milliards dans le cadre de suggestions et recommandations qui sont faites pour les quatre domaines de la bonne gouvernance. Que ce soit bien géré pour ce cadre là et rien que pour cela. Qu’on ne se dise pas qu’il y a 1000 milliards et qu’il faille maintenant oppresser vers quelque extrémité pour pousser le gouvernement pour dépenser cet argent à d’autres fins. On aide le gouvernement à bien gérer cela et à bien comprendre pourquoi ça a été obtenu.

 Vous ne souhaitez donc pas voir cet argent servir à financer les élections ?
Surtout pas, car là c’est toujours inutile. Essentiellement dans tous les pays africains avec l’industrie de la fraude -c’est heureusement moins développé au Bénin- Il faut être vigilant. Vous voyez ce qui s’est passé au Kenya, pays qui est parti au Maep et siège au sein du forum des Chefs d’Etats qui juge chaque nouveau postulant avec son plan d’actions. Mais vous voyez ce qui se passe dans ce pays ?

Propos recueillis par Jean-Claude D. Dossa et Gérard AGOGNON

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