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Le triomphe de la vérité

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PUBLICATION: Le Pr Mahougnon KAKPO offre une nouvelle lisibilité à l’Å“uvre d’Oympe Bhêly- Quenum


Le Pr KAKPO Mahugnon     Après la publication en 2006 de son quatrième  Le livre Poétique baroque dans les littératures africaines   essai intitulé Introduction à une poétique du Fa, le professeur Mahougnon KAKPO, spécialiste des littératures africaines francophones, met de nouveau sur le marché littéraire un autre ouvrage dénommé Poétique baroque dans les littératures africaines francophones. Parue aux éditions des Diasporas en décembre2007, cette Å“uvre de 215 pages ouvre une nouvelle piste d’interprétation des Å“uvres littéraires africaines.
Poétique baroque dans les littératures africaines francophones est un essai littéraire dont la présente parution qui en constitue le Tome I, est consacrée à l’ensemble des Å“uvres de l’écrivain béninois Oympe Bhêly Quenum. En prenant pour objet d’études l’archaïque, une caractéristique du baroque, Mahougnon KAKPO, à travers une analyse quadripartite démontre la portée initiatique, psychanalytique, philosophique et symbolique des Å“uvres de celui qu’il convient d’appeler le chef de file des écrivains béninois.

Dans la première partie intitulée   le fait religieux :

L’archaïque comme rémanence de l’initiatique  (p 13 à 54), Mahougnon KAKPO affirme qu’en dehors des « thèmes afférents à la sociologie et à la politique, le fait religieux ou l’initiatique est, sans aucun, l’une des voies qui a le mieux permis à Olympe Bhêly Quenum de révéler l’Afrique des profondeurs ».(13)Selon lui, les sociétés négro-africaines sont particulièrement des sociétés d’initiation et, parlant d’initiation, il en dénombre un certain nombre notamment l’initiation clanique, l’initiation aux forces de la nature, et démontre leur manifestation dans les Å“uvres d’O.B.Q comme l’Initié, Les appels du Vodou, Liaison d’un ét逦.Il en déduit que le fait religieux dans l’Å“uvre d’O.B.Q fonctionne comme une résistance à l’oppression coloniale, illustration faite dans le roman Un piège sans fin à travers le suicide du personnage Affognon qui préfère s’offrir en holocauste au dieu du fer Gou plutôt que de subir les atrocités de l’univers carcéral colonial. Il en est de même de la mort mystérieuse de Houngbé dans Le chant du lac.

La deuxième partie de l’Å“uvre a pour titre   Une épiphanie de la peur : l’archaïque comme permanence .

(p55 à 76 )  Cette partie est une étude psychanalytique des personnages d’O. B. Q. Ici, Mahougnon KAKPO, muni d’ un scanner Freudien fait une incursion dans l’univers mental des personnages quenumiens et révèle leurs états psycho- psychanalytiques telles que
la peur, la folie l’angoisse, la détresse, la tristesse€¦dont l’une des causes est paradoxalement l’amour. Il remarque à cet effet que «  que ce soit dans Un piège sans fin, dans le chant du lac ou dans As-tu vu Kokolie ?, l’amour qui, en principe, devrait révéler les vrais visages de l’hédonisme, n’expose plus qu’une entropie négative qui s’accentue progressivement par l’intermédiaire d’une isotopie de la peur, de l’angoisse, de la tristesse, de la détresse, de la folie et de la mort€¦. » (p 57 )Par ailleurs, il démontre la manifestation d’une palingénésie individuelle dans Un piège sans fin à travers les personnages Ahouna et  Anatou, d’une palingénésie collective dans le chant du lac à travers des personnages tant humains, animaux que divins.

La troisième partie titrée  l’isomorphisme de la mort : l’archaïque comme rémanence 

Est une véritable démonstration de la portée philosophique de l’Å“uvre d’O. B Q .avec pour éléments de réflexion la problématique de la mort. La prépondérance de ce thème dans les écrits de l’auteur serait due, selon Mahougnon KAKPO au fait qu’il en est obsédé : « la mort se manifeste de façon quasi permanente dans l’Å“uvre de l’auteur. On comprend qu’il en éprouve une cruelle obsession et sa démarche métaphysique est de la banaliser, de l’exorciser. »(78) Il en conclut que c’est là sûrement le compte qu’O.B . Q a à régler avec la mort. Ainsi , pour le critique, la mort chez cet écrivain revêt un symbolisme pluriel. Elle est perçue à la fois comme une acceptation, une punition et une vie continuelle. Pour justifier le symbolisme de la mort comme chtiment, Mahougnon Kakpo donne l’exemple des personnages Ahouna (Un piège sans fin) ; Houngbé, Houinssou, Tovignon, Houéfa (Le chant du lac) ; Akpanakan (Liaison d’ un été) ; Djessou (L’initié) et même des dieux  qui sont morts pour avoir commis le crime qu’est l’homicide. En ce qui concerne le symbolisme de la mort comme vie continuelle, Kakpo Mahougnon remarque qu’ « Olympe Bhêly Quenum, dans une démarche spiritualiste et en parfait accord avec la philosophie de l’ontologie chez les Négro- Africains, abolit la frontière entre la vie et la mort. » (p103) Selon lui, l’occurrence de la mort comme vie continuelle dans l’Å“uvre d’O ; B .Q se manifeste notamment chez les initiés véritables quel que soit le pôle auquel ils appartiennent. Morceaux choisis :
« Ogboni ! nous sommes des initiés authentiques, ceux qui ont vu le jour avec la terre africaine. Ecoute, mon fils€¦ Tout initié meurt ignoré des siens, méprisés de son peuple, haï de ses amis pour qui la vie est jouissance, passage bruyant, fracassantes exhibitions dans la calme confrérie des btisseurs. Mais aucun initié véritable ne meurt complètement€¦Agis, Kofi ! Oh ! Agis éternellement, mais au-dedans de toi tout d’abord. » ( l’initié  p228)
« Je peux partir maintenant ou un peu plus tard : tu as vu en moi ce que personne d’autre ne verra et qui, jamais ne deviendra squelette ou poussière »
( Loni- Loni Jè).

Dans la quatrième partie intitulée  les symboles de l’inconscient collectif :L’archaïque comme résurgence 

(147à195)  Mahougnon Kakpo montre que les livres d’O. B. Q .épouse les formes d’un éternel retour avec pour principaux supports notamment les symboles de l’inconscient collectif. Il souligne que «  l’analyse de la rémanence de l’archaïque dans l’Å“uvre d’Olympe Bhêly Quenum a révélé que l’auteur éprouve fondamentalement une angoisse profonde devant le temps et devant la mort. Aussi voulait-il les abolir par l’occurrence de leurs items » (p 148 ) L’éternel retour dans l’Å“uvre de cet auteur se note aussi bien au niveau des personnages que des espaces. A titre illustratif, le personnage Abikou se manifeste dans la plupart des Å“uvres de l’auteur. Le critique justifie cet état de choses par le fait que, O. B. Q lui- même est Abikou et, à propos, voici ce qu’en dit l’auteur dans son roman l’initié :
« (€¦.)
Je suis Abicou
Venu avant tous les autres
Né après la mort de tous les frères et sÅ“urs
Je suis l’enfant qu’on a eu peur
De voir repartir
Parce qu’il était
Venu plusieurs fois déjà€¦ »
Par ailleurs en remontant dans la généalogie d’O. B. Q le critique a montré que la plupart de ses personnages portent les noms de ses parents. Ainsi, dans Un piège sans fin l’un des personnages narrateurs s’appelle  Houénou alors que le père de l’auteur a pour nom Paul Houénou, même constat avec l’héroïne du roman Les appels du Vodou qui se nomme Vicédêssin, nom que porte sa mère .Il en est de même d’autres personnages tels que Yaga, Gbénoumi qui dans la réalité sont respectivement les noms de sa grand-mère et de sa sÅ“ur.
L’autre aspect important de cette quatrième partie est l’analyse faite du symbolisme de certaines images catamorphes tels que l’eau, le ventre la forêt qui jalonnent les écrits d’O.B.Q ; Cet essai littéraire prend fin par une petite anthologie de la règle d’or qui est l’ensemble des paroles initiatiques empreintes de sagesse qui guident l’initié et lui ouvrent les horizons de l’univers.
Avec ce tome I  de Poétique baroque dans les littératures africaines francophones, Kakpo Mahougnon devient sans doute le premier critique a avoir mené une réflexion originale approfondie qui prend en compte l’ensemble des Å“uvre d’ Olympe Bhêly Quenum qui d’ailleurs aura 80 ans le 20 septembre prochain.

Né en 1965 à Bopa (Bénin), Mahougnon Kakpo est à la fois écrivain et critique littéraire. Docteur ès lettres, il enseigne depuis une dizaine d’années à l’université d’Abomey-Calavi. Il est par ailleurs directeur des éditions des Diasporas et président de l’association littéraire Le scribe noir. Il est actuellement le directeur des examens et concours du ministère de l’enseignement secondaire et de la formation technique et professionnelle.

Armand k. ADJAGBO (Coll. extérieur)

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