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Le triomphe de la vérité

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Fonds non budgétisés de l’escorte de véhicules d’occasion: Cafouillage au sommet de l’Etat


En violation des principes budgétaires qui éditent l’unicité des caisses de l’Etat, le gouvernement du changement a choisi de loger dans un compte parallèle à celui de l’Etat béninois les fonds de l’escorte de véhicules d’occasions et les dépenses au gré de ses humeurs, sans l’aval de l’Assemblée nationale, l’organe habileté à autoriser les dépenses publiques. Cette façon de gérer les ressources de l’Etat dénote d’un cafouillage inexplicable pour lequel le gouvernement de Boni Yayi doit faire profil bas au lieu de défendre ce qui sent mauvais.  
Les explications de divers financiers en poste au ministère des finances, au trésor publique et même d’anciens députés membres de la commission des finances concordent sur les principes élémentaires de gestion des fonds de l’Etat. Après les nombreuses interrogations suscitées dans la presse nationale et les accusations d’opacité au sujet de l’escorte des véhicules d’occasions par la Douane Nationale, le gouvernement s’est empressé de réagir pour rassurer de la transparence qui préside à sa gestion. Cette réaction, manifestée lors du compte-rendu du conseil des ministres du dimanche dernier, n’a cependant pas produit les effets escomptés. En effet, les justifications gouvernementales ont davantage accentué les interrogations au sein des observateurs quant aux procédures qu’il a suivi pour soustraire cette importance filière, des zones d’ombres dénoncées chez les précédents gestionnaires de l’escorte et ayant conduit à son retrait au profit de la Douane Nationale. Selon les termes du conseil des ministres en effet: « €¦après 19 mois de mise en Å“uvre de cette décision gouvernementale, l’inspection Générale d’Etat a procédé à une vérification exhaustive de la gestion de ces recettes pour compter de la période de reprise de l’escorte par l’administration douanière, à savoir de juin 2006 au 31 décembre 2007.
   De cette vérification opérée par l’Inspection Générale d’Etat, il ressort ce qui suit :
*En ce qui concerne les recettes pour cette période de dix-neuf (19) mois :
– Le montant total des produits selon la situation produite par le caissier central du Guichet Unique de la Direction Générale de la Douane et des Droits indirects est de vingt cinq milliards deux cent cinquante neuf millions cinq cent cinquante mille (25.259.550.000) francs Cfa, fonds entièrement versés dans le compte b0026122000 B0000 60177 « Trésor Public : Fonds de dépôt » ouvert par le trésor public à la Bceao€¦ »
– Le même conseil des ministres poursuit en ces termes : « €¦s’agissant particulièrement des indemnités allouées pour la période du 24 mai 2006 au 31 décembre 2007, elles s’élèvent à un milliard deux cent trente neuf millions trois cent mille (1.239.300.000) francs Cfa€¦ »
A la lumière de ces différents usages faits des fonds générés par l’escorte, de nombreuses interrogations ne manquent de voir le jour.
En premier lieu, le montant de vingt cinq milliards générés au terme de dix neuf mois d’exercice semble au citoyen le plus ordinaire une preuve de l’inopportunité d’un transfert de compétence de la Structure « Défi Emplois » à l’Administration Douanière. En effet, ces recettes sont en deçà des attentes les plus pessimistes quant aux potentialités que regorgent ce secteur. Décrié pour son incompétence et sa mauvaise gestion par le régime défunt, « Défis Emplois » de Wilfried Kérékou rapportait pourtant plus de recettes que celles exposées par le conseil des ministres.
Par ailleurs, selon les propos du gouvernement, plus de 1.239.300.000 de francs Cfa ont été consacrés aux indemnités. De quelles indemnités nous fait-on cas alors même qu’un décret présidentiel surseoit d’autres faveurs financières que celles issues du traitement mensuel aux agents permanents de l’Etat ? Autrement dit, il ne doit plus être perçu en République du Bénin des primes autres que le salaire dans l’exercice des activités y donnant droit. Dès lors, le gouvernement paraît bien peu convaincant au sujet des indemnités évoquées pour expliquer la disparition de cet important montant.
Pire le gouvernement du changement qui est l’apôtre de la transparence a foulé aux pieds les règles élémentaires en matière de dépenses publiques. En choisissant de verser les fonds de l’escorte dans un compte parallèle à celui du trésor public, le gouvernement de Boni Yayi viole le principe de l’unicité des caisses qui veut que les recettes de l’Etat soient logées dans un même compte. En n’attendant pas l’onction de l’Assemblée nationale, organe constitutionnel qui autorise les dépenses publique, pour engager des dépenses sur les recettes de l’Etat, le pouvoir en place a tourné dos à la transparence. Ce qui est contraire à l’orthodoxie budgétaire et met du coup le gouvernement de Boni Yayi au banc des mauvais gestionnaires des fonds de l’Etat.

Nécessité d’un contre-audit  par un cabinet indépendant
Il se dégage une constance dans la gestion faite des fonds de l’escorte, le gouvernement de Boni Yayi a lourdement péché dans cette affaire. Car rien de convainquant  n’a été dit dans le conseil des ministres consacré à cette affaire pour donner la preuve d’une transparence de ce dossier. Bien au contraire ! Le gouvernement a étalé ses limites dans sa gestion des fonds de l’escorte, ce qui met en doute la crédibilité des résultats du contrôle effectué par l’IGE. En effet, rien ne crédite les chiffres avancés par le conseil des ministres et les doutes sont plus épais sur la fiabilité du contrôle. Car personne ne peut aller vérifier à la BECEAO l’effectivité du travail fait. C’est pourquoi il est urgent que le gouvernement commette un cabinet indépendant pour contrôler la gestion faite des fonds de l’escorte. Bonne gouvernance oblige.
Wandji A.

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