.
.

Le triomphe de la vérité

.

Bénin: A quand une véritable politique de développement culturel?


Le ministre de la Culture Soumanou TOLEBA   Au soir de l’année 2007, le gouvernement du changement a affiché de façon remarquable, toute sa bonne volonté de promouvoir autrement la chose culturelle. Les différents concerts organisés  et les dotations financières allouées aux artistes sont encore des illustrations évocatrices même si les artistes apprécient diversement cette initiative du pouvoir exécutif. Toutefois, il est d’une évidence irréfutable que promouvoir la culture, c’est bien avant tout créer des conditions d’éclosion et de perfectionnement des valeurs culturelles longtemps  reléguées au second plan. Il est vrai que les artistes jubilent déjà par rapport au milliard culturel qui  leur est alloué pour le compte de cette année 2008. Cependant, la promotion de la culture ne peut aucunement se limiter à d’interminables regards de bienfaisance du gouvernement à travers des donations de ressources financières autour desquelles une minorité  d’artistes s’arrose le droit de bénéfice exclusif, laissant ainsi derrière eux, une horde d’artistes qui pourtant méritent également le fruit de ces retombées. D’ailleurs, les artistes sont déjà divisés et certains crient même à la mascarade et une ségrégation artistique.

Une enquête que nous avons faite tout dernièrement dans ce sens révèle bien les limites de ce geste que s’évertue à faire le gouvernement. Les artistes comédiens approchés tels que ceux de la compagnie Sèmako et bien d’autres dénoncent avec véhémence l’injustice que le gouvernement crée dans le rang des artistes béninois en octroyant aux seuls artistes musiciens, des millions après des concerts et oubliant ainsi les artistes comédiens, les écrivains et autres. De toute façon, la carence d’une vision claire pour l’émergence culturelle reste encore  pour le gouvernement du changement, un défi à relever. Seules des actions hardies véritablement  révolutionnaires pourront permettre un réel essor de la culture béninoise.

La nécessité de la création d’une industrie culturelle
Qui veut voyager loin ménage sa monture dit-on. Mais, le Bénin, un pays qui a de nobles ambitions de se faire  compter parmi les pays émergents du monde a-t-il vraiment ménagé sa monture, ou du moins en ce qui concerne le domaine culturel ? En réalité, on ne peut que répondre par la négative à cette interrogation. Comme nous l’avions fait remarquer plus haut, le Bénin manque toujours d’un plan de développement culturel. Même si tout dernièrement, le comité chargé de finaliser les travaux  du forum sur la culture a récemment  laissé son rapport au Chef de l’Etat, il est tout aussi clair que le gouvernement n’en a pas encore tiré les conclusions pour en déduire un plan de développement culturel. Promouvoir la culture passe inévitablement par la création d’infrastructures adéquates permettant un décollage de la chose culturelle. Et ceci  nécessite bien de moyens tant financiers que structurels. Jusqu’à ce jour, l’Etat béninois n’a pas encore pour les artistes, une structure industrielle dans laquelle les artistes pourront facilement se faire enregistrer afin de sortir leurs produits avec une qualité irréprochable. Des artistes continuent de subir le calvaire pour pouvoir mettre sur le marché des Å“uvres artistiques. A défaut donc d’une industrie culturelle gouvernementale, des individus, formés sur le tas et avides de gagner leur vie ont créé çà et là des soit-disant studios d’enregistrement dont l’accès est très difficile pour les artistes qui ont très peu de ressources financières. Même ceux qui parviennent à faire recours à ces derniers ne trouvent toujours pas satisfaction dans les différentes réalisations, à cause de l’amateurisme qui caractérise le secteur. L’Etat devra alors penser à une réorganisation de ce secteur et penser également à la création des industries culturelles afin de permettre aux artistes riches en inspiration de se faire enregistrer et à moindre coût. Ceci éviterait aux artistes d’inutiles dépenses et des déceptions notées quant à la qualité de leurs Å“uvres.
  
Qui est réellement artiste au Bénin ?
L’artiste béninois peut-il se prétendre professionnel ? Si nous l’acceptons, sur quelles bases juridiques repose alors cette profession ? A cette dernière interrogation, on peut sans doute dire qu’il n’en existe aucune. En réalité, le monde artistique béninois ressemble à une véritable poubelle puisque tout le monde peut y pénétrer sans pour autant avoir les qualités requises pour se prévaloir faire partie de ce cercle pourtant très important quant à l’image d’une nation. Le développement d’un pays, c’est aussi une vision claire pour l’émergence d’une culture au service du peuple. Mais, jusqu’à présent, aucun document n’existe pour permettre aux uns et aux autres de faire la différence entre les amateurs et les vrais artistes. En principe, toute action doit commencer d’abord par un apurement de ce secteur afin que tous ceux qui d’une manière ou d’une autre s’improvisent artistes et déshonorent ainsi cette noble profession puissent être écartés du lot. Ce faisant, le partage du fonds alloué à la culture se fera de façon plus consistante et plus rigoureuse. Les amateurs de la musique pourront connaître également leurs limites et cesser de honnir le monde des artistes qui demeure encore pollué.
Donatien GBAGUIDI

N'hésitez pas à partager ...Share on Facebook
Facebook
0Share on Google+
Google+
0Tweet about this on Twitter
Twitter
0Share on LinkedIn
Linkedin

Reviews

  • Total Score 0%



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *