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Le triomphe de la vérité

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EDITORIAL: Municipales et déchirures


Le régime du changement traverse sans doute la plus grosse tourmente depuis son avènement en 2006. Sur le front social comme dans l’arène politique, Boni Yayi et son équipe doivent faire face à une avalanche de critiques qui traduisent deux choses. La plus élémentaire est qu’elles montrent que la fébrilité inhérente à toute période électorale commence chez nous sur des airs très agressifs. J’ai rarement vu pré-campagne plus calme mais paradoxalement plus chargée  en événements de portée politique indéniable. Signe de son indifférence ou de sa méfiance, la population ne semble pas très intéressée par cette fébrilité qui reflète le choc des appétits et la cacophonie des ambitions.  Alors, tel un géant qui ne s’émeut guère des moustiques qui assaillent sa toison, elle fait mine de ne pas voir ces menus fretins qui veulent décider de son sort et s’acharnent à parler et à agir en son nom. C’est pourquoi le calme apparent de cette masse fortement politisée, prompte à rougir à tout propos, me laisse sans voix.
La deuxième chose c’est qu’avec les prochaines consultations, des schismes inexorables vont apparaître dans l’appareil politique. Tout s’y fait  comme si les insatisfaits des législatives, obligés de montrer profil bas pour avoir part aux bénéfices de la majorité, dégainent maintenant pour se faire plus de places et s’arc-bouter plus solidement à un navire dont ils se sentent presque exclus, pour n’en être pas les premiers passagers. Ce sont des ouvriers de la dernière heure réclamant plus d’égard et surtout une meilleure prise en compte de leur force politique. C’est ainsi que peut s’analyser la fronde de la fameuse minorité parlementaire. C’est une tentative de prise en main de l’initiative politique au moment précis où elle risque de lui échapper dans les urnes avec les prochaines élections. C’est aussi une manière de faire la nique à la majorité arrogante qui semble vouloir tout prendre pour elle. Même si je récuse avec un violent dégoût cette manière artisanale de faire de la politique un art de la marchandisation, je constate toujours l’ancrage de cette pratique dans nos mÅ“urs politiques. Toutes les chapelles politiques n’osent hausser le ton que lorsque leurs intérêts sont menacés. Quand la SBEE s’enfonce dans le délestage, lorsque les nouveaux programmes déciment les niveaux scolaires, au moment où la pollution menace Cotonou au point d’en faire une ville-enfer, aucun de ces opportunistes sans foi ni loi n’ose lever le plus petit doigt pour proposer  » ses  » solutions. Vous ne les entendrez jamais que lorsqu’il s’agit de plaider la  cause de leurs intérêts pour lesquels ils sont prêts à tuer père, mère et enfant. Et pourtant leur poids sur l’échiquier peut décider du sort de tout un parlement. C’est le cas du Groupe des Treize, une nouvelle trouvaille des treize parlementaires dont la récupération a permis de faire basculer le bureau de l’Assemblée dans le giron de la mouvance. Ils se sont constitués en un bruyant groupe  de revendication,   menaçant de faire perdre  son fauteuil à Mathurin Nago, évidemment pour des raisons fallacieuses. Leur ralliement au PRD et à la fameuse minorité va en effet conduire l’Assemblée au chaos.
Le prochain succès de la mouvance, sonnera le glas de ces  » mouvanciers  » très mouvants, d’autant qu’ils sont en face de leur dernière chance de chantage lucratif.  Leur méthode reste toutefois analogue à celle des syndicalistes de tout bord, entrés en transe depuis quelque temps pour réclamer le ciel, en profitant de la période largement propice  aux promesses. Sur ces différentes braises et surtout accusé d’être un dictateur, Yayi Boni est pris dans la tourmente. L’avenir nous dira si d’un faux pas, il sait faire un pas de géant€¦
Olivier Djidénou

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