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Le triomphe de la vérité

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Editorial : Fauteuil en sursis


Nicephore SOGLO, ancien Président de la républiqueLa mairie de Cotonou va être arrachée aux Soglo. Le fauteuil municipal est en sursis dans la principale ville de notre pays et va passer en douce dans le giron présidentiel. Parce que les Soglo n’ont pas su maîtriser leur base électorale, parce qu’ils font une gouvernance familiale qui écarte certains pour d’autres, parce que leurs actions sur le terrain sont difficilement décelables sans le tapage assourdissant des médias, ils sont objets de toutes les critiques de la population. Parmi les plus critiques, il y a les chefs d’arrondissement. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ils sont pratiquement écartés des affaires de la mairie, certains jurant même ne plus vouloir se présenter pour les prochaines joutes électorales. Au fait, les griefs portés contre le maire ont trait à la concentration excessive des pouvoirs aux mains du couple papa et fils. Les arrondissements n’ayant aucune autonomie, sont gérés péniblement. Le CA doit faire le pieds de grue ou procéder par forcing pour obtenir la réalisation de ses projets, la satisfaction des besoins urgents de ses administrés.

Résultat, en dehors des rares qui sont proches de la famille, chaque chef d’arrondissement cultive la débrouille en attendant Godot, en attendant que le-premier-adjoint-qui-gère-tout concède quelques miettes. L’omnipotence de ce golden boy aux côtés de son père n’est pas pour faciliter les choses. Papa dirige peu, voyage beaucoup et adore montrer son bonet dans les grand’mess. Alors, il charge le destin de la municipalité sur les frêles épaules de son enfant qui s’imagine déjà maire dans quelques mois. Quel rêve ne peut-on pas assouvir sous le parapluie paternel ? L’absence d’un plan de développement communal aggrave la situation. Même les municipalités rurales disposent de cet outil essentiel de gestion de nos communes. Parce que cela évite de naviguer sans boussole. Soglo navigue définitivement à vue et à vie.

Devant ce tableau sombre, Boni Yayi a raison d’avoir quelques appétits : mettre des managers plus compétents à la tête de la mairie la plus importante du pays, et arrêter la chienlit. La stratégie du Chef de l’Etat pour y arriver est peu banale. Elle est faite d’une bonne dose de cynisme mtinée d’hypocrisie féroce. Ainsi au moment où il fait des efforts surhumains pour le cajoler dans le sens des poils (ce qu’il adore par-dessus tout), le Chef de l’Etat mène des actions en douce pour débaucher de la maison Soglo des lieutenants aussi fidèles que tapageurs. Hier c’était Zinzindohoué, ensuite Ganiou, aujourd’hui c’est Tamègnon qui est définitivement récupéré. A qui le tour ?

L’autre stratégie, c’est l’investissement de la base électorale même, au sein du petit peuple où un travail de fourmi semblable à la grande politique de 2006 est en cours. La consigne semble être d’endormir le maire par une entente cordiale pour le mieux descendre, sourires aux lèvres. Personne n’a le droit d’en dire du mal, parce qu’il faut les avoir dans du velours pour diminuer les dommages collatéraux. Malgré sa complotite légendaire, Nicéphore Soglo ne voit pourtant rien venir. Au sommet de l’Himalaya, il se préoccupe si peu de la petite politicaillerie des petites gens. Il est drapé dans sa superbe hauteur, attendant de cueillir bientôt le second mandat municipal. La chute lui sera inouï.

Olivier DJIDENOU

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