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Le triomphe de la vérité

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SOLIDARITE EN FAVEUR DE L’EDUCATION: Vivre et souffrir de l’assistance populaire quand on est un pauvre écolier


Antoine IDJI KOLAWOLE, Ex Président Assemblée NationaleAntoine IDJI KOLAWOLE, ex Président de l'assemblée nationale du BéninAntoine IDJI KOLAWOLE, ex Président de l'assemblée nationale du BéninAntoine IDJI KOLAWOLE, ex Président de l'assemblée nationale du BéninAntoine IDJI KOLAWOLE, ex Président de l'assemblée nationale du BéninAntoine Idji Kolawolé, l'ex Président de l'Assemblée nationaleAntoine Idji Kolawolé, l'ex Président de l'Assemblée nationaleAntoine Idji Kolawolé, l'ex Président de l'Assemblée nationaleAntoine Idji Kolawolé, l'ex Président de l'Assemblée nationaleAntoine Idji Kolawolé, l'ex Président de l'Assemblée nationaleAntoine Idji Kolawolé, l'ex Président de l'Assemblée nationaleTous deux orphelins au même ge, ils ont eu des destins différents. L’un est mécanicien vélomoteur et tutoie la misère. L’autre a été ambassadeur, ministre, député et Président de l’Assemblée nationale. Pourtant, avant le décès de leurs pères respectifs, ils avaient le même rêve : devenir de grands cadres. Il fallait avoir le soutien des mes généreuses pour continuer l’école et y parvenir. La solidarité humaine en a décidé différemment pour chacun d’eux.
Assis sur sa caisse à outils, Joseph Zohan (28 ans), mécanicien vélomoteur, n’a pour seul compagnon, en ce début de la matinée du lundi 7 mai 2007, que ses clés et tournevis. Une chaleur suffocante vient renforcer cette ambiance morose et annonce pour la journée, une pluie tant souhaitée par tous les habitants en majorité paysans de l’arrondissement de Mougnon dans la commune de Djidja au centre du Bénin à environ 130 km au Nord-Ouest de Cotonou. Comme pour l’isoler de l’ennui qui commençait par le gagner, le manguier, qui supplante et élargit le hangar lui servant d’atelier de fortune, le couvre de son ombrage et de sa fraîcheur. Les feuillages, servant d’éventail naturel dans leur va-et-vient sous l’effet du vent, ne tardent pas à le bercer en l’emportant dans un sommeil malheureusement trop court pour lui faire oublier ses peines et ses mésaventures quotidiennes depuis la mort de son père. A peine a-t-il commencé par ronfler qu’une voix familière, mais inhabituelle en cette heure des jours ouvrables, lui sert un « Bonjour Papa » inattendu et le ramène à la réalité. C’est la voix de François, son aîné de douze (12) ans, écolier en classe de CM2 et candidat à l’examen du Certificat d’étude primaire (CEP). Il est revenu plus tôt de l’école. En réponse à l’étonnement de son père qui s’apprêtait à lui demander ce qui se passe, il s’explique avec une voix tremblotante : « Le maître a demandé d’apporter la contribution ». Joseph Zohan s’affaisse contre le mur, ses yeux rougissent et tentent de retenir, malgré eux, les deux filets de larmes qui parcourent déjà ses joues. La contribution, objet de suspension de son enfant des cours, constitue la deuxième tranche des frais de scolarité et est estimé à 1500 francs Cfa. Pour se libérer de la colère et de la tristesse qui l’accablent déjà, Joseph Zohan s’est dirigé mécaniquement vers la vendeuse de haricot installée dans un hangar à côté de son atelier pour vider son cÅ“ur. « Quel crime ai-je commis pour que la vie s’acharne si tant contre moi et ma famille ? », se demande-t-il en s’adressant à son interlocutrice. C’est alors qu’il commence par parler de sa vie, de son enfance difficile, de ses rêves d’enfants qui sont demeurés des rêves, de sa situation financière difficile de mécanicien vélomoteur et de ses obligations familiales. « Depuis plus d’une semaine, les clients viennent difficilement vers moi. En huit jours, j’ai gagné à peine 2 000 francs Cfa. Hier, c’est avec les 400 francs difficilement acquis auprès d’un client que nous avons pu manger à la maison. Je ne sais même pas encore de quoi ce soir sera fait et voilà qu’on renvoie mon enfant de l’école pour 1 500 francs à la veille de l’examen », se plaint-il. « On dirait que Dieu ne veut pas de grands cadres dans ma famille. Tant pis pour moi qui comptais sur mon garçon pour prendre la revanche sur la nature qui m’a fait mécanicien malgré moi », ajoute-t-il.

MEDECIN DANS LE REVE, MECANICIEN DANS LA MISERE
C’est en effet une revanche contre la nature et tous ceux qui ont fait de Joseph un mécanicien malgré lui. Fils d’un riche notable de son village, à dix (10) ans au CM1, il rêvait de devenir un grand médecin pour soigner les enfants par défi contre le paludisme qui a ravagé à un moment donné une bonne partie de ses compagnons de jeu. Son père aussi voulait avoir un grand cadre parmi ses enfants.  Mais la mort a décidé autrement. Son père est décédé à quelques semaines de la date de l’examen. Et ses rêves se sont évanouis. « Mes oncles qui voulaient contrôler les biens de mon père, ont imposé à ma mère de se remarier à l’un d’entre eux. Sur son refus, ils l’ont menacée de mort et renvoyée du domicile conjugal avec interdiction d’emmener ses enfants ou quelque bien appartenant à mon père», raconte-t-il avec beaucoup d’émotions. «Le premier acte de mes oncles après son départ, poursuit-il, a été de suspendre notre scolarité et de nous exploiter au champ. Et comme moi j’étais un peu rebelle, ils m’ont envoyé en apprentissage pour que je ne contamine pas les autres qui sont plus dociles. Voilà où j’en suis aujourd’hui sans moyens avec, à ma charge, une femme, trois enfants et ma mère devenue aveugle. » Puis brusquement, il s’énerve en secouant vigoureusement l’un des poteau en bois servant de support au hangar de son atelier. « Mon enfant risque d’avoir le même sort que moi pendant que des gens ont les moyens et sont sourds et aveugles face la misère des autres. Juste 1 500 francs pour sauver la scolarité de mon fils qui va s’occuper de moi et me libérer de la souffrance pendant ma vieillesse et il n’y a personne pour m’aider », se lamente-t-il.

 L’histoire pathétique de la scolarité de Joseph Zohan et de son fils s’oppose systématiquement à celui d’un ancien président de l’Assemblée nationale du Bénin. Il s’appelle Antoine Kolawolé Idji.

LE MIRACLE DE LA SOLIDARITE
Contrairement à Joseph Zohan et son enfant, il a bénéficié, en tant qu’orphelin de père à dix (10) ans, du soutien populaire et de la solidarité de sa communauté pour aller à l’école. « Après le décès de mon père, je voyais disparaître, comme une fumée, mes rêves et mes ambitions de grand cadre pour sortir mes parents de la misère. Mais je n’ai pas eu le temps de me décourager. Des proches parents, des amis et même des personnes inconnues m’ont apporté spontanément soin et assistance », déclarait-il en février dernier lors d’un entretien avec des journalistes. «Heureusement que moi j’ai bénéficié de la solidarité et de la générosité populaires sinon je ne mettrai pas aujourd’hui mes potentialités au service de mon pays au plus haut niveau. Elles vont rester tranquillement inexploitées avec le petit paysan que je serais devenu dans mon petit village d’Illikimou dans la Commune de Kétou », disait-il avec un peu d’humour. Cependant, il regrette les métamorphoses de la société moderne qui tuent de plus en plus la solidarité. «C’est un comportement qui est propre à nos traditions en Afrique.

Malheureusement, cela tend à disparaître de plus en plus. Surtout au niveau des riches et des grands cadres qui n’ont pas cette spontanéité d’aider leurs frères. Ils sont certainement nombreux ces orphelins qui n’ont pas pu avoir la même chance que moi. Le Bénin n’aura jamais la chance de profiter des potentialités qu’ils ont. C’est une perte. Il faut que nous ayons la spontanéité d’aider les enfants qui veulent aller à l’école », suggère-t-il aux Béninois. « Il ne faut pas faire de la comptabilité. Le bénéfice n’est pas dans l’immédiat. C’est pour la Nation. C’est peut-être l’enfant de la rue que nous aidons à aller aujourd’hui à l’école qui va sauver notre pays de la misère et donner la chance à nos enfants de mieux vivre demain ou de faire prospérer l’héritage que nous allons leur laisser.

Les vraies solutions du développement du Bénin sont peut-être dans les têtes de ses enfants de la misère. Il faut que nous y pensions », concluait Antoine Kolawolé Idji en invitant tous les Béninois à une prise de conscience. C’est peut-être vrai, mais c’est profond. Chaque citoyen, l’Etat et la société civile ont donc un important rôle à jouer dans ce cadre pour sauver ces trésors qui circulent en haillons dans les rues et les marchés à la conquête du pain quotidien et du minimum pour s’instruire et servir le Bénin.

INVESTIR DANS L’EDUCATION POUR ACCELERER LE DEVELOPPEMENT
L’Ong €˜’Aide et Action » est restée attachée à la solidarité et à la générosité africaines dans sa mission en faveur de l’éducation pour construire le Bénin de demain. Depuis l’année dernière, elle a lancé un mois de solidarité pour permettre à tous les Béninois d’aider à faire de l’éducation un pilier du développement et à diminuer l’influence de l’ignorance qui devient de plus en plus une menace multidimensionnelle pour toutes les couches. Les cÅ“urs compatissants, solidaires et généreux existent encore sûrement au Bénin, mais ils ne savent pas comment aider les pauvres et n’ont certainement pas le temps d’aller vers eux. €˜’Le mois de solidarité pour l’éducation », qui est à sa deuxième édition, est initié pour leur donner l’occasion de mettre leur aide à la disposition d’organismes et de structures officielles et spécialisés pour investir et travailler en faveur de l’éducation.
Combien de Béninois sommes-nous à n’avoir pas profité de la mandature de Antoine Kolawolé Idji à la tête de l’Assemblée nationale ? Il a représenté le Bénin et chaque Béninois partout dans le monde. Combien sommes-nous également à ne pas bénéficier de Boni Yayi, actuel Président de la République, lui aussi orphelin de père très tôt, mais qui a bénéficié de l’assistance de ses oncles et d’autres personnes de bonne volonté ? Combien sommes-nous qui n’aurons jamais la chance de profiter des clés de développement qui se sont brisées dans la misère de Joseph Zohan abandonné par la communauté ? Combien de Béninois du présent et du futur n’auront pas la chance de profiter des trésors qui sont cachés dans la tête de son fils François qui peine à suivre normalement les cours parce que régulièrement suspendu de l’école pour non payement de frais d’écolage ? Combien sont-ils ces milliers d’enfants qui sont dans le cas de François dans le Bénin profond auquel est rattachée la corde ombilicale de chaque Béninois ?

Les réponses très simples à ces questions sont en chacun de nous. Le geste, quelle que soit la valeur, en nature ou en espèces, de chaque Béninois au cours du mois de solidarité est indispensable. Cela participe à la construction de salles de classe, au recrutement d’enseignants, à la mise en place de cantines scolaires, à la construction de logements pour les enseignants et de centres d’appuis à la formation en milieu rural ainsi que des prises en charge de contributions scolaires. C’est aussi pour l’alphabétisation des adultes. C’est le développement du Bénin qui est en jeu.
A. P. Virgil HOUESSOU

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