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Le triomphe de la vérité

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Editorial: A l ‘heure de la région


Les vieux démons sont de retour. De plus en plus en
 effet, des politiques laissent entendre des voix discor
 dantes  sur de présumées dérives régionalistes du ré
 gime du changement, au regard de la distribution régionale  des grandes réalisations  en cours dans le pays. On en a conclu que le Chef de l’Etat favorise une région au détriment des autres et que  les citoyens de la région en question seraient les plus favorisés dans les arcanes du pouvoir.
Pour des raisons évidentes, il serait inutile de revenir sur ces discours suspicieux, étant bien entendu  qu’il faut les inscrire dans le contexte des élections prochaines qui autorise toutes les surenchères verbales. Ce n’est pas nouveau.  Ce qui est surprenant, c’est l’entêtement des politiques à toujours se servir de cette ficelle usée du régionalisme malgré la charge sociologique négative qu’elle comporte pour le pays. C’est la preuve d’une part que l’idée de la région ne laisse personne indifférent chez nous, chacun étant attaché à son  terroir, et que d’autre part elle comporte une certaine pertinence politique qui dure depuis longtemps.
Il serait inopportun de nier la prégnance du fait identitaire dans le discours politique. Au Bénin comme dans la plupart des pays africains, la région , la tribu et le clan sont des espaces d’identification qui structurent les relations sociales. Mais ici plus qu’ailleurs sans doute, le fait identitaire est le principal tremplin des hommes et femmes politiques puisque la région et ses avatars ethniques ou claniques leur servent de base de mobilisation électorale. En l’absence d’une pertinence de la pratique politique généralement en déphasage par rapport aux attentes de la population, le message régionaliste sert de ciment pour souder la masse derrière un homme, quoi que puissent être ses turpitudes. De ce fait, le fait régionaliste sert à gommer les malentendus pour ne tendre que vers le soutien à un  » fils du terroir « . Cette stratégie était surtout utile et parfois même incontournable dans le cas des zones sans cadres où le seul intellectuel  faisait figure de fils providentiel. Il pouvait tout se permettre : tant qu’il avait le soutien de la région les places lui étaient assurées en haut lieu, l’impunité aussi. L’équation électorale des dirigeants assure son prestige et l’absout de toutes ses  fautes. C’est un cercle infernal qui a fait des ravages dans les premières années de l’indépendance du Bénin notamment avec l’ère des grands électeurs qui décidaient pour les autres. Mathieu Kérékou a réussi à  briser le cercle par une politique très habile de  » Diviser pour régner  » consistant à positionner pour le même patelin deux ou plusieurs cadres dans des postures concurrentielles qui finissent par se solder par   une opposition ouverte entre eux : Dassigli # Houdé, Akobi # Omichessan. Boni Yayi a suivi ses traces, sans rechigner.
De la sorte, tout le monde se rend compte que, tout en jouant son rôle structurant, la région n’est plus d’un suivisme moutonnier comme par le passé.
C’est précisément ce dont devraient se rendre compte les politiques qui se prennent pour le nombril de leur terroir : Ils ne sont plus aussi indispensables que par le passé parce que de nouvelles têtes apparaissent dans le personnel politique. Aujourd’hui, le recours à la fibre identitaire ne fonctionne donc plus que comme un attrape-nigaud : seuls les ignorants y croient.
Olivier DJIDENOU

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