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Le triomphe de la vérité

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EDITORIAL: Pas de Black


Wabi Gomez n’a aucune chance de diriger les
Ecureuils pour l’expédition d’Accra. L’entraî
neur actuel de l’équipe nationale de foot a été
froidement sacrifié sur l’autel du mythe de
l’étranger, alors qu’il a apporté au peuple ce que jamais un autre Béninois ne lui apporta : la qualification à la phase finale de la CAN.  Pour cela, il a suffit à quelques-uns de monter en épingle les ressentiments de certains joueurs jamais à court de critiques, les uns arguant que le coach ne leur apporte rien en sélection nationale, les autres qu’il manque d’expérience.  Ceux qui attendaient l’occasion pour régler de vieux comptes ont sauté de joie pour enfoncer le clou : l’équipe qu’il a encadrée lors du tournoi de l’UEMOA a fait piètre figure. Si c’était un entraîneur étranger, les Ecureuils auraient battu la Côte-d’Ivoire, écrasé le Mali, laminé le Niger et remporté la coupe. C’est si facile de battre les autres dès qu’on est dirigé par un blanc. En fait, aussi paradoxal que cela puisse paraître, le reproche qui lui est fait ici est de n’être pas étranger, français, allemand ou yougoslave par exemple. Curieusement, ce reproche est aux antipodes de l’argument utilisé récemment encore pour remercier Didier Noteaux, un coach expatrié recruté par la Fédération béninoise de football  (FBF) dans le cadre des éliminatoires, le conseil des ministres ayant estimé à juste titre, qu’une compétence locale ferait bien l’affaire. Au nom d’un argument contraire, les mêmes idées autrefois combattues sont remises en selle. Cette contradiction à elle seule, montre que les coupeurs de tête aux trousses du coach béninois, font fausse route. Faut-il rappeler que tous les trophées de la CAN remportés par les Black Stars du Ghana ne l’ont été   que grce à des entraîneurs ghanéens ? Rappeler aussi que même dans les écoles de formation des entraîneurs, en France, en Allemagne ou ailleurs, les Africains sont souvent parmi les meilleurs à chaque promotion ?
En fait tous ces arguments ne peuvent désarmer ceux qui se sont enfoncés dans leurs certitudes qu’il nous faut un blanc. Même la victoire du Onze national dans le tournoi des quatre nations face aux Emirats arabes unis ne fait que décupler leur fougue. Certains apparatchiks n’ont pas manqué d’imputer à l’entraîneur béninois toutes les erreurs  des joueurs. Les ratages trop fréquents de Razack Omotoyossi devant les buts adverses, bien que traduisant depuis longtemps les limites de l’attaquant béninois lui-même,   sont ainsi  jugés comme des fautes de l’entraîneur. Qu’aurait-il pu faire si depuis 2005, le même joueur commet les mêmes erreurs ? Il est vrai, l’effectif béninois, composé d’éléments ayant déjà atteint l’ge de la retraite ne peut plus répondre comme auparavant. Gaspoz par exemple est déjà entraîneur en Suisse, bien qu’il continue à être joueur de champ ici. Pourtant, il est évident qu’en décidant de soustraire ces cadres à l’effectif, le sélectionneur béninois aura à essuyer la foudre de leurs fans qui vont l’accabler à nouveau de tous les péchés d’Israël. Il a beau faire des résultats, Wabi Gomez a commis le péché de n’être pas blanc. Là où le bt blesse aussi, c’est que Philippe Troussier, le nouvel entraîneur, tout sorcier noir qu’il est, ne pourra  pas faire des miracles avec une équipe qu’il prend moins de deux mois avant la compétition. Le délai est trop court et le contrat qu’il signera dans ces conditions ne sera que du vent. A moins qu’il soit  un vrai sorcier béninois.

Olivier DJIDENOU

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