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Le triomphe de la vérité

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Entretien avec l’Honorable Chabi Sika : «Nous n’avons pas opté pour une Céna permanente juste parce qu’on ne se fait pas encore confiance au Bénin»


Les parlementaires béninois ont adopté à l’unanimité mardi 18 septembre dernier une nouvelle loi portant règles générales des élections en républoque du Bénin. A l’origine c’était une proposition de loi de l’honorable Karimou Chabi Sika entre temps retiré et réintroduite par un autre de ses collègues. Pourquoi une telle proposition de loi et quelles sont les innovations que cette dernière apporte par rapport à l’ancienne? Quelles sont les raisons qui ont conduit à son retrait et sa réintroduction pour étude. Autant de questions que tente de répondre l’Honorable chabi Sika à travers cet entretien.

L’Evénement Précis : Honorable CHABI Sika, l’Assemblée nationale vient de voter une nouvelle loi concernant les élections au Bénin. Quelles sont les grandes innovations que cette loi apporte par rapport à l’ancienne loi votée par le passé ?
Qu’il vous souvienne que le Chef de l’Etat avait commis une commission d’experts et de juristes indépendant qui a fait un travail. Ce travail était envoyé au président de l’Assemblée Nationale et parmi les remarques faites, il y a que notre système électoral devenait de plus en plus cher. Nous sommes passés de un (1) milliard cinq cent mille à deux, trois(3) milliards, 9 milliards et c’est exponentiel. Il fallait donc arrêter si non ça risque d’entamer notre processus démocratique, surtout que la gestion au niveau des différentes CENA était devenue une recherche de sous, et dans quelle mesure on allait revenir sur le statu quo. Ledit rapport indiquait aussi que la CENA est une institution qui n’était pas professionnalisée. Il fallait passer à une CENA permanente. Vous constatez là que ce n’est pas le choix que nous avons fait parce que dans leurs rapports les juristes indépendants sont revenus sur la politisation à outrance de l’administration dans notre pays qui est telle que nous sommes aujourd’hui dans une situation où on ne se fait pas mutuellement confiance. Les élections chez-nous, c’est toujours avec des risques de violence, des risques de déchirement et autres. Si vous êtes dans un environnement où les gens ne se font pas confiance ce n’est pas la peine de rechercher à mettre en place une CENA permanente. Cela risque de déstabiliser l’ensemble du système. Donc ce que nous avons choisi c’est de prendre en compte d’abord la préoccupation première,celle de réduire le coût des élections. A ce niveau , nous avons constaté en regardant donc à la dernière CENA au niveau de son budget, malgré tous les efforts de compression qu’on a puis faire, les CEA ont coûté environs 800 millions, donc à peu près le milliard et les autres structures de la CENA aussi ont coûté et vous remarquez aussi que c’est beaucoup les questions de prime et autre qui pèsent en plus évidemment du matériels surtout au niveau de l’impression et autres.

Au niveau de ces chapitres, nous avons essayé donc de compiler d’abord l’effectif. On l’a fait au niveau de la CENA et finalement ce qui a été adopté, c’est 17 au lieu de 25. La commission est allée même jusqu’à 13 mais finalement nous nous sommes entendus sur 17. Le bureau doit être composé de cinq (5) membres et les douze (12)autres seront des coordonnateurs des départements. Nous avons essayé aussi de revoir totalement le SAP CENA qui ne sera plus les gens choisis un peu comme ont fait à la CENA. Ici nous avons essayé déjà de donner les niveaux qu’il faut avoir. Mais aussi les spécialisations; il faut un informaticien, il faut un stasticien, il faut un démographe, il faut un financier pour les questions de budget. Donc nous sommes allés vers une certaine spécialisation plus ou moins du SAP/ CENA qui va être la structure beaucoup plus permanente. Mais on n’a pas suivi les juristes indépendants qui proposaient qu’on aillent vers une CENA permanente tout simplement parce qu’on ne se fait pas mutuellement confiance et c’est encore prématuré de le faire. Nous avons suffisamment tenir compte de toutes les remarques c’est pourquoi on a diminué les membres au niveau de la CENA, les CEA sont maintenus aussi bien pour le recensement électorale, que pour le vote mais la durée et leur fonctionnement est réduit à 4 semaines avec la signature d’un contrat en bonne et due forme.

Vous avez beaucoup plus pesé sur les effectifs. Pensez-vous que c’est suffisant pour réduire vraiment les coûts ?
Non ! ce n’est pas suffisant, de toute les façons il faut remarquer que ce qu’on a fait au niveau des réductions, c’est le maximum, 17 membres à la CENA, 11 pour les CED et au niveau des CEC le nombre tient compte de la taille des populations.On est passé de 5 à 3pour certaines communes, de 7 à 5 pour d’autres et de 9 ou de 11 à 7 pour les plus peuplées.Mais nous avons également pensé qu’il faut coupler les deux élections prochaines parce que en le faisant on aurait des gains supplémentaires. On a peut-être juste augmenté le nombre d’assesseurs au niveau des bureaux de vote pour essayer de canaliser les votants parce que là on aura deux urnes. Il faudra tenir compte du faite que les gens peuvent un peu confondre au niveau des urnes ou même des bureaux de vote.

Honorable CHABI Sika, vous avez été à l’initiative de cette proposition de loi même si entre temps vous l’avez retiré, çà continue de porter votre griffe. Quelles impressions avez-vous à la fin de ce vote qui a sanctionné votre proposition de loi ?
J’ai lu dans la presse où on a dit que nous l’avons retiré parce qu’on veut faire du gachie et que c’est le contribuable béninois qui perd.Je tiens quand même à rappeler à tout un chacun que la loi a prévu les retraits et les remise de loi. C’est prévu par la loi. J’ai fait le retrait pour une raison toute banale. C’est pour qu’elle ne soit pas cassée par les collègues . Ca va peut-être entraîner des dépenses imprévues dans le budget, donc j’ai voulu tout simplement qu’on attende que la loi des finances restrictives soit votée et que les ressources soient formellement prévues avant que le processus ne se poursuive. Et vous avez donc constaté que dès que le collègue Tessi a réintroduit la loi, la commission a poursuivie et c’est ce que le règlement intérieur a prévu.

Donc vous êtes comblé maintenant ?
Au fait est-ce que je suis comblé, ou bien c’est les béninois qui sont comblés puisque je viens de faire quand même un travail important pour la démocratie béninoise, par conséquent nous devons être heureux. je vous salue surtout les hommes de la presse puisque c’est vous qui allez apporter aux populations les éclairages qu’il faut.

Réalisé par: Hugues E. Patinvoh (Coll)

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